Close

Rentrez de vacances pour le 31 ! Compte-rendu de la manif 24 juillet contre le pass sanitaire

Comme beaucoup sont en vacances actuellement, je vous fais un petit compte-rendu très subjectif et rapide du cortège parisien de la manif du 24 juillet 2021 contre le pass sanitaire mais pas que. C’est aussi un appel à se préparer pour la manif du 31 et à celles qui ne manqueront pas de suivre.

J’avoue, je me suis rendu.e à cette manif avec l’inquiétude qu’elle soit pleine de complotistes et de nationalistes … Disons que j’ai été très agréablement surpris.e et j’aimerais partager cette surprise et mon enthousiasme avec celleux qui n’étaient pas là. Voici mon compte-rendu, c’est une perspective personnelle depuis un bout de la manif et quelques idées pour l’avenir, rien de plus.

Les thèmes abordés par la manif

Rappelons que, dans la mobilisation de la manif, sur les visuels et sur Twitter, il y avait aussi des références à la loi Sécurité Globale, à la réforme Chômage, au mouvement GJ et donc aussi au mépris de classe centralisateur à la française. Donc déjà, en fait, ça commençait bien.
Finalement, sur les pancartes et dans les slogans, l’essentiel, c’était l’opposition au pass sanitaire et au capitalisme, le manque de liberté et la haine des flics. C’est déjà chouette. Il y a encore beaucoup de sujets, à mon avis, qui mériteraient qu’on les mette un peu plus en avant parce qu’ils sont liés à la question du pass sanitaire, par exemple la lutte contre les frontières et le racisme (comment peut-on être contre le pass sanitaire sans être contre les passeports ?) ou encore le contrôle et la surveillance en général (comment peut-on être contre le flicage sanitaire sans être contre la vidéo-surveillance ?).

Premières impressions

La manif est partie de Bastille autour de 13h, donc avec une heure d’avance. Par conséquent, beaucoup de personnes ont du passer une partie de l’après-midi à lui courir après. Le côté positif, c’est que, dès le départ de la manif, les flics ont du être débordés. Quand j’ai pu enfin la rejoindre, on m’a raconté une altercation de la manif avec les BRAV, apparemment les BRAV se seraient « chié dessus » et une de leurs motos aurait été renversée. Après vérification, j’ai trouvé cette vidéo qui fait plaisir et confirme cette histoire. Tout le monde était électrisé et l’ambiance était géniale, très énergique.
Comme Philippot et les autres fachos avaient mobilisé ailleurs, nous au moins on était tranquilles. Des personnes arrivant dans la manif tenaient à vérifier que c’était bien celle « pas de droite ». Il y a eu quelques marseillaises, quelques drapeaux français et j’ai vu un seul mec déguisé en gaulois. Quelques « les putes à Macron » et « Macron enculé » aussi, mais qui ont été faciles à désamorcer à chaque fois. Je n’ai pas vraiment été confronté.e à des complotistes, tout au plus des gens un peu confus, un mec qui évoquait, en plaisantant à moitié,la possibilité que tou.tes les vacciné.es meurent.

Mon impression générale, c’était vraiment le retour aux manifs du samedi, l’ambiance GJ des meilleurs journées, celles avec plein de gens différents, où on fait quelques compromis pour les drapeaux français, où on discute beaucoup et où il y a une énergie et un potentiel exceptionnels.

Déroulement de la manif et stratégie

Stratégiquement, c’était vraiment pas mal. Il m’a semblé qu’un objectif clair se cristallisait : l’envie de faire notre propre trajet et d’aller reprendre les Champs. Et c’est ce qu’il s’est passé.

La manif commençait à Bastille, le point d’arrivée était Porte de Champeret à 19h. Le cortège est passé par République et par la gare Saint Lazare. Après celle-ci, des petits groupes ont commencé à se détacher lors des tentatives de départs en sauvage vers les Champs. Il y avait tellement peu de flics (peut-être grâce au départ anticipé de Bastille ?) que je ne saurais même pas dire à quel moment le gros du cortège a quitté le trajet autorisé.
Il ne m’a pas semblé y avoir beaucoup d’intérêt pour attaquer les flics ou les boutiques, je n’ai même pas vu de graffitis. Par contre, quand il s’agissait de partir en sauvage, les BRAV ou les cordons de gendarmes ont été poussés. On s’est laissé déconcentrer quelques fois par de pauvres embrouilles avec des rageux dans la rue ou des automobilistes relous, pour moi c’est une perte de temps et une prise de risque, surtout en sauvage. Par contre les stratégies étaient souvent proposées clairement, distinctement et spontanément par des personnes différentes (aussi beaucoup par des meufs et ça fait plaisir), type « on va par là et par là pour rejoindre le gros groupe » ou bien « on reste ensemble », « ils nous courent après, courez ». C’était assez carré. A un moment, la foule a commencé à scander « on prend le chemin qu’on veut ! » pour se donner du courage à partir en sauvage et ça a bien marché.

Quand on a réussi à partir en sauvage et qu’on a réalisé qu’on avait totalement débordé les flics, on était euphoriques, mais pas autant qu’à notre arrivée sur les Champs. C’était une manif franchement réussie, et plusieurs voix s’élèvent pour dire que ce serait aussi le début d’un nouveau mouvement. Peut-être que c’est une occasion à ne pas manquer.

Et la suite ?

Je pense que le 31 juillet, ce ne sera pas aussi facile, je crains que la répression ne nous attende au tournant. Je pense aussi que cette mobilisation du 24 a mis un joli coup de pression, mais si on veut que cela se développe en mouvement sur la durée, il va falloir faire évoluer le concept, sinon on risque de retomber dans une phase de lutte où on essaie désespérement d’atteindre les Champs (ou n’importe quel objectif symbolique) et on se prend échec sur échec. Cerveaux Non Disponibles ont publié un thread où il est question de prendre du temps et de l’espace pour se rencontrer et faire grandir ce début de mouvement. L’un des moments où cela est possible, ce sont justement les manifs, et la prochaine, c’est le samedi 31 juillet.

Voici donc quelques idées pour la suite :

  • diffuser des flyers et des brochures pour faire partager des idées et pour faire se rencontrer des luttes.
  • continuer à aller à ces manifs et à parler aux gens, à les contredire ou à leur dire quand quelque chose nous gêne ou nous révolte : ne pas s’habituer au sexisme, à l’homophobie, au complotisme, au patriotisme qu’on peut y croiser. Pour ça, ça peut être utile de préparer un petit argumentaire en amont pour savoir quoi dire face à un « Macron enculé » ou un drapeau français.
  • ramener du matos pour jeter, bloquer, casser, peindre, salir. Les rues des riches sont totalement aseptisées, ça fait peine à voir.
  • s’organiser et se ramener en groupes, car sans cela, difficile de créer des moments d’attaque ou de créativité où l’on se sente en sécurité. Les groupes affinitaires, ça crée aussi des bulles de sécurité pour les personnes qui font pas partie du groupe et se grèffent spontanément aux actions, et ça a manqué à cette manif.
  • réfléchir à l’avance à quelques slogans qui nous permettent de partager nos contenus avec les autres sur la manif, ou bien de remettre un peu les idées en place quand ça dérape. Quelques idées, des classiques et des nouveautés :
  • « A bas l’État, les flics et les fachos », « A bas l’État, les flics et les patrons », « A bas l’État, les flics et les machos » (à adapter selon la situation)
    « Macron, Macron, on t’encule pas ; la sodomie, c’est qu’entre ami.es »
    « A bas l’État, à bas les frontières ; pas de passeports ni de pass sanitaires »
    « Tout le monde déteste la police »
    « Tout le monde déteste les QR codes »

On se voit dans la rue le 31 !

Chili : Contre le sectarisme. Pour une affinité fondée sur la pratique. Quelques mots des compas Mónica et Francisco

Contra Info / mercredi 28 juillet 2021

Face à ce que nous considérons comme des sommations à notre encontre*, nous ressentons la nécessité d’écrire ce texte, afin de clarifier certaines questions.

Comme nous l’avons écrit à plusieurs occasions, individuellement et collectivement, nous entendons l’anarchie non pas comme une réalisation ou un point d’arrivée, mais comme une tension, une confrontation permanente qui se fait à la première personne, en plaçant au centre la recherche de la liberté individuelle.

Pour nous, cette lutte constante a été réelle, nous l’avons menée dans les faits, sans interruption, raisons pour laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui derrière les barreaux. Une situation, celle-ci, qui est ponctuelle et circonstancielle et qui ne nous a pas empêché de continuer à construire des initiatives de lutte ou y participer, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.

Au fond, pour nous l’anarchie est une éthique et une pratique permanente contre l’autorité, une pratique par laquelle nous avons rencontré d’autres personnes (pas nécessairement des « anarchistes »), ce qui a enrichit et amélioré nos perspectives et nos capacités et qui a forgé des relations étroites de complicité, renforcées au fil des années et des luttes. Affirmer que ces relations n’ont lieu ou ne peuvent avoir lieu qu’avec ceux/celles qui se disent « anarchistes », en plus d’être une mensonge (comme il peuvent le démontrer seulement celles/ceux qui se sont aventuré.e.s sur les chemins du conflit et non ceux/celles qui pensent les fouler, dans leurs rêveries devant à un ordinateur) est quelque chose que nous rejetons, à partir du moment où nous privilégions l’établissement de liens fondés sur des pratiques communes plutôt que sur des étiquettes vides ou des slogans répétés ad nauseam. S’autoproclamer rageusement « anarchistes irréductibles » ne signifie rien, si cela n’est pas accompagné par une pratique de lutte qui le justifie. Sur du papier ont peut tout écrire.

D’autre part – et surtout – le fait de présupposer que les anarchistes ne devraient avoir des relations qu’avec des anarchistes reflète un purisme absurde et un sectarisme qui, sans aucun doute, sont une expression d’autoritarisme. Établir des coordinations et faire des initiatives communes de lutte uniquement parmi ceux/celles qui se définissent comme « anarchistes » signifie restreindre et limiter considérablement nos relations et donc nos possibilités de croissance. Cela signifie s’enfermer stupidement dans des dogmatismes qui nous limitent et qui nous empêchent de nous associer librement. De cette manière, nous voyons que, au nom de la liberté, certain.e.s proposent carrément son contraire, en fondant des sectes sur la base d’étiquettes.

Par là, nous ne voulons pas dire que nous nouons des relations de façon indiscriminée ou que nous n’avons aucune sorte de filtre.

Dans des communiqués précédents, nous avons clairement indiqué les points qui sont pour nous infranchissables : les repentirs, les dissociations et le recours aux institutions correspondent à des lignes rouges et ils constituent des aspects insurmontables qui empêchent de mener toute initiative commune avec ceux/celles qui choisissent des telles voies. Comme on peut le voir, ces points ne correspondent pas à des étiquettes vides, mais à des pratiques concrètes, à des manières de vivre la prison et pas seulement cette dernière. A notre avis, les sommations qui ont été faites ne font que détruire d’un seul coup tout notre discours et tout notre travail, en créant une contradiction totale entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Eh bien, peut-être que pour certain.e.s ce qui compte ou qui aurait de la valeur est seulement ce que l’on dit ou alors les proclamations incendiaires sur internet ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, nous donnons la priorité à la pratique et c’est à partir de là que nous établissons des affinités et des ruptures.

Et évidemment les pratiques autoritaires sont un point sur lequel nous ne ferons pas de compromis. Nous n’avons jamais établi des relations de lutte sur la base de l’autoritarisme et l’expérience des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s ne fait pas exception. Les points en communs que nous avons, entre nous tou.te.s, sont beaucoup plus forts que les divergences que nous pouvons avoir, des divergences qui ne représentent évidemment pas des aspects insurmontables, sinon nous deux nous serions retirés de cette initiative dès le début. Les liens qui nous unissent à nos compagnons ont été forgés dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis plus d’une décennie, ce qui a signifié pour nous une relation et une expérience enrichissantes, qui ont sans aucun doute nourri, renforcé et amélioré notre parcours anarchiste. Aujourd’hui, dans cette nouvelle situation d’enfermement, nous avons renforcé encore plus ces liens, ce qui s’est traduit par cette initiative commune, qui n’est pas nouvelle, mais qui, cette dernière année, a vu des mobilisations importantes qui nous permettent d’élaborer des projets intéressants.

Or, comme nous l’affirmions dans l’article « Sur la nécessité de poursuivre la lutte à l’intérieur de la prison… », dans le quatrième numéro de la revue Kalinov Most, nous, les anarchistes, avons brisé certains codes internes aux prisons, des codes qui avaient été établis et reproduits, depuis les années 1980, par les membres des groupes armés de gauche ; des codes qui avaient principalement à voir avec la reproduction, à l’intérieur de la prison, de la logique d’organisation/de parti et aussi avec le fait d’établir une relation de supériorité vis-à-vis du reste de la population carcérale.

Ça va sans dire que nos compagnons sont lointains de ces codes et s’y opposent – cela dans la complexité de la pratique à l’intérieur de la prison, non par un discours confortable fait depuis une maison avec une connexion internet. Ils se sont chargés de maintenir en vie des codes subversifs auxquels nous nous identifions et qu’il nous semble indispensable de concrétiser et de reproduire.

Nous parlons ici d’une position et d’une attitude réfractaire vis-à-vis de l’institution carcérale, ce qui confère une identité particulière, vue et reconnue à la fois par les prisonnier.e.s sociaux.les et par les maton.ne.s. Nous parlons également du fait indéniable de continuer la lutte à l’intérieur de la prison, pour démontrer en pratique que rien ne s’arrête avec l’enfermement, qu’il s’agit simplement d’un autre champ de bataille ; il y a là quelque chose qui rompt avec la victimisation et l’assistanat souvent présents dans la lutte pour la libération des prisonnier.e.s.

Pendant des décennies, les compagnons ont construit et fait avancer une pratique anti-carcérale qui a dépassé les murs, une pratique dont nous faisions partie en étant dans la rue et dont nous faisons partie aujourd’hui en prison. Ce ne sont là que quelques-uns des codes subversifs que nous partageons avec nos compagnons, ce qui renforce nos liens d’affinité dans notre travail quotidien et nous éloigne de ceux/celles qui, même en se disant anarchistes, choisissent des voies distantes de la lutte ou s’en dissocient complètement. Que disent les puristes de ceux/celles qui se proclament « anarchistes » mais prennent complètement les distances de leurs idées et pratiques, lorsqu’elles/ils passent en jugement ou sont emprisonné.e.s ? Peut-être se sentent-ils/elles plus en affinité avec ces dernier.e.s, du moment qu’elles/ils donnent la priorité à une étiquette vide. Encore une fois, nous construisons des relations sur la base de pratiques communes et non sur la base de mots ou de communiqués incendiaires publiés sur internet.

Enfin, nous voyons la nécessité de mentionner le danger représenté par le sectarisme ou le purisme dans nos milieux ; ils portent – en plus des relations autoritaires mentionnées plus haut – à des attitudes d’auto-complaisance qui ne font que nous faire stagner, au lieu d’approfondir ou d’améliorer la lutte.

À partir de notre position clairement anarchiste, fondée sur le conflit permanent et la liberté individuelle, nous allons établir des relations et des coordinations qui nous renforceront et nous rendront plus sûr.e.s de nous, dans ce chemin vers la libération totale.

Comme il l’ont dit il y a quelques années les compas emprisonné.e.s de la Conspiration des Cellules de Feu :
Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et les irréductibles de toutes les tendances révolutionnaires !

Aujourd’hui nous disons :
Liberté pour les compagnons Pablo Bahamondes, Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Juan Flores y Joaquín García !

Mónica Caballero Sepúlveda
C.P.F San Miguel

Francisco Solar Domínguez
C.P. Rancagua

* Note d’Attaque. Voir les textes suivantes :
Danzando en el abismo (en espagnol, en anglais ou en italien)
Con la anarquía más allá de los limites (en espagnol)
A contracorriente (en espagnol et en anglais)

Marmonne (Seine-Maritime) : Les ballons gonflables, bonne idée !

76actu / 28 juillet 2021

Le trafic a été interrompu sur la ligne SNCF Rouen-Le Havre mercredi 28 juillet 2021 vers 18 h30. En cause, un incident sur une caténaire au niveau de Maromme a provoqué plus d’une heure de retard.

La SNCF évoque un « acte de malveillance sur une installation électrique ». « Les équipes étaient sur place dès 18h35, précise la compagnie. Une reconnaissance de voie a été effectué assez rapidement. » Le trafic a pu reprendre au bout d’une heure, mais sur une seule voie seulement, occasionnant de nouveaux retards.

L’association d’usagers Le Havre Rouen Paris évoque quant à elle une cause plus cocasse : un lâcher de ballons. « Des ballons de baudruches se sont emmêlés dans le fil caténaire », relate-t-elle sur sa page Facebook.
Cette information, selon l’association été donnée aux passagers par des chefs de bord dans plusieurs trains. « On a eu beaucoup de choses sur nos lignes, mais alors là c’est le pompon ! », s’exclame un membre de l’association. Cette cause n’a cependant pas été confirmée par la SNCF.

Ce contenu a été publié dans Bloquer les flux, avec comme mot(s)-clé(s) Le Havre, Marmonne, Rouen, Seine-Maritime, SNCF, transport ferroviaire. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Ardèche : L’État défend les installations de télécommunications

France Bleu / jeudi 29 juillet 2021

Une convention a été signée ce mercredi, en préfecture de l’Ardèche, à Privas, entre l’Etat, les opérateurs de téléphonie et les forces de l’ordre. Il s’agit de la déclinaison locale d’une convention nationale.

Le but est d’instaurer une meilleure collaboration entre ces différents intervenants pour limiter le risque de vandalisme (voire d’attentat), mais aussi de réagir plus efficacement si des dégradations interviennent malgré tout.

Pour le préfet de l’Ardèche, cette convention est basée sur trois points :

  • Eviter les atteintes aux réseaux : les forces de l’ordre vont notamment proposer des audits de sécurité pour mieux protéger les sites
  • Réagir le plus vite possible en cas d’acte de vandalisme : les opérateurs s’engagent à prévenir dès que possible policiers ou gendarmes, notamment pour permettre une éventuelle arrestation en flagrant délit
  • Faciliter l’élucidation des faits : en préservant la scène, le temps que les enquêteurs fassent les prélèvements nécessaires.

Après l’incendie de l’antenne de Rosières dans le Sud Ardèche en mars dernier ou les feux contre un central téléphonique à Crest, et des installations à Pierrelatte et Gigors et Lozeron dans la Drôme en février, les exemples de vandalisme ne manquent pas.

Or au moindre acte de malveillance, ce sont plusieurs milliers de clients qui sont privés de téléphone fixe ou mobile et d’internet, pendant parfois de longues semaines.

Ce contenu a été publié dans Les outils de l’ennemi, avec comme mot(s)-clé(s) antenne-relais, Ardèche, Bouygues, Cellnex, fibre optique, Hivory, Orange, SFR, TDF. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) : mutinerie et triple évasion au centre de rétention

Mesnil-Amelot, nuit du 28 au 29 juillet : restes de draps utilisés pour franchir les barbelés du centre de rétention

Seine-et-Marne: des évasions et des incidents au centre de rétention du Mesnil-Amelot
Le Parisien, 29 juillet 2021

Ils ont profité des troubles pour prendre la poudre d’escampette. Trois ou quatre étrangers enfermés au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot ont réussi à s’évader dans la nuit de mercredi à jeudi. Dans ce centre, le plus grand de France, situé à seulement quelques centaines de mètres des pistes de l’aéroport de Roissy, un début de mutinerie a éclaté peu avant 22h30.

Environ 95 sans-papiers étaient regroupés et ont commencé à s’en prendre aux forces de l’ordre, en leur jetant des projectiles. Ils ont également allumé quelques feux. Certains sont même montés sur les toits. Selon une source policière, l’un de ces étrangers en situation irrégulière aurait été légèrement blessé en chutant de plusieurs mètres de haut et un autre aurait été blessé par une branche.

Des renforts de police sont arrivés : des fonctionnaires du commissariat d’agglomération de Villeparisis, des effectifs de la Direction départementale de la sécurité publique ainsi que la Brigade anti-criminalité (BAC) de nuit de Seine-Saint-Denis ont été envoyés sur place.

Les forces de l’ordre ont utilisé des grenades de désencerclement ainsi que des lacrymogènes pour rétablir le calme, notamment parce que certaines de leurs collègues du CRA se trouvaient en difficulté. Le calme a été rétabli au cours de la nuit. « Depuis plusieurs jours, des personnes retenues tentent de s’enfuir. La situation est tendue », a déclaré à l’AFP Mathilde Godoy, responsable Île-de-France de la Cimade, association de soutien aux migrants et réfugiés, disposant d’une antenne sur place.

Le 20 janvier, dans ce CRA de Seine-et-Marne, des étrangers avaient déclenché un incendie pour protester contre une décision de justice les maintenant en rétention car ils avaient refusé un test PCR, nécessaire à leur expulsion du territoire français.

Grande-Synthe (Nord) : la mairie perd trente véhicules d’un coup

La piste criminelle envisagée après l’incendie qui a détruit
les ateliers de la ville de Grande-Synthe

La voix du Nord, 28 juillet 2021

Il ne reste plus rien des ateliers municipaux de la ville de Grande-Synthe après l’incendie qui s’est déclaré cette nuit de mercredi. Tout le matériel d’entretien de la municipalité et une trentaine de véhicules sont partis en fumée. La piste criminelle est privilégiée.

L’incendie s’est déclaré entre minuit et une heure, dans la nuit de mardi à ce mercredi. Deux alarmes anti-intrusion se sont déclenchées successivement. Puis le feu est parti du fond du bâtiment d’une surface de 2 700 m2. Il s’est propagé à une vitesse folle. À l’arrivée des sapeurs-pompiers (une cinquantaine de soldats du feu mobilisés), les ateliers municipaux de Grande-Synthe, avenue de Suwalki, étaient totalement embrasés.


Les compagnies aériennes et associations qui font tourner la machine à expulser

Expulsions : les compagnies aériennes y trouvent leur compte
A bas les CRA, 27 juillet 2021

Expulser a un coût et là-dessus, l’Etat ne lésine pas. En 2021, il prévoit de consacrer plus de 34 millions d’euros à ce que l’administration nomme pudiquement les « frais d’éloignement ». 5ème volet de notre série sur les boîtes collabos.

L’essentiel de cette somme va permettre à la PAF d’acheter des billets d’avions aux compagnies aériennes comme Air France sur des vols réguliers.Pour réserver les billets, le ministère de l’intérieur passe par « son » agence de voyage. Depuis 2017, AMEX TRAVEL (American Express Global Business Travel), située au 18 rue des deux gares, bâtiment ouest, à Rueil-Malmaison, est chargée de gérer les déplacements des keufs.

En plus d’utiliser des compagnies traditionnelles, le ministère de l’intérieur affrète aussi un Beechcraft 1900 D, un appareil à hélice de 19 places, qui permet de réaliser des expulsions notamment de familles vers les Balkans et le Caucase.Cet avion est mis à dispo par la société Twin Jet. Une collaboration fructueuse pour cette compagnie située au 1070 rue du Lieutenant Parayre à Aix en Provence et dirigée par Guillaume Collinot. Montant de l’appel d’offre remporté en 2018 : 6 millions d’euros.

La France fait aussi de plus en plus appel à Frontex pour déporter des étrangers. En 2018, l’État avait utilisé 54 vols organisés par l’agence européenne (contre 3 en 2014) déportant alors 1 050 personnes. Avantage pour l’État, ces vols sont réalisés sur le budget de Frontex, lui–même alimenté par l’Union européenne.

Depuis 2015, voici les compagnies de transport qui ont collaboré ou collaborent toujours avec l’État dans les déportations : AMEX TRAVEL, Twin Jet, Air France, Royal Air Maroc, Régie des Transports Métropolitains (Marseille).

Premier épisode (29 juin) :
Une aubaine pour les architectes de l’enfermement
Deuxième épisode (6 juillet) :
De juteux contrats pour les constructeurs de taules
Troisième épisode (12 juillet) :
Surveillance, bouffe, nettoyage… les boîtes charognards qui font tourner les CRA
Quatrième épisode (12 juillet) :
Surveillance, bouffe, nettoyage… les boîtes charognards qui font tourner les CRA
Cinquième épisode (20 juillet) :
Médecins et associations profitent aussi du business de l’expulsion
Sixième épisode (27 juillet) :
Expulsions : les compagnies aériennes y trouvent leur compte

Prochain épisode :
Les avocats au service de la Préfecture touchent des millions


Médecins et associations profitent aussi du business
de l’expulsion

A bas les CRA, 20 juillet 2021

Cette année, 25 millions d’euros serviront à financer ce que l’Etat appelle « la prise en charge sanitaire et l’accompagnement social » des détenus en centre de rétention. Une thune qui sert notamment à financer les assos’ et les médecins présents dans les CRA. 4ème volet de notre série sur les boîtes collabos.

Cette somme va ainsi permettre le financement des UMCRA -unités médicales – qui résultent de convention entre les hostos (CHU de Bordeaux, Hôpital de Calais, Centre Hospitalier de Meaux etc etc) et le ministère de l’intérieur, moyennant quoi ils envoient des médecins et infirmiers en CRA.

Cette thune sert aussi à payer les 5 associations présentes dans les CRA : ASSFAM-groupe SOS Solidarité, Forum réfugiés-Cos, France terre d’asile, La Cimade, Solidarité Mayotte.

Pour vous donner une idée des sommes en jeu, lors du dernier appel d’offre de décembre 2020, la Cimade a empoché le marché de 7 CRA pour près de 10 millions d’euros ; Forum réfugiés-Cos a remporté 6 CRA pour plus de 6 millions d’euros ; France Terre d’asile a obtenu 4 CRA et 2,8 millions d’euros ; ASSFAM-groupe SOS Solidarité repart avec 4 CRA et 5 millions d’euros.

En acceptant d’intervenir en CRA, médecins et asso légitiment l’existence de ces taules et donc participent à la machine à expulser. En étant présents, ils cautionnent les mauvais traitements subis par les prisonniers, lorsqu’ils ne les provoquent pas. Régulièrement des détenus témoignent sur les (mauvaises) pratiques des médecins en CRA.

[Portugal] Camp en défense du Barroso, 13-18 Août

La population du Barroso [région à l’intérieur nord du Portugal] se bat pour la défense du territoire et de son mode de vie face à la menace de l’exploitation minière [surtout du lithium]. Depuis que nous avons perçu que la compagnie minière Savannah Resources veut faire une grande mine à ciel ouvert ici, nous nous sommes organisé.e.s et mobilisé.e.s pour suivre le courant. Nous sommes de plus en plus vigilant.e.s, engagé.e.s et conscient.e.s qu’il faut arrêter ce projet de destruction.

– Nord du Portugal –
JPEG - 1.9 Mo

Non aux mines, oui à la vie !

La mine de Savannah est le projet d’extraction de minéraux de lithium le plus avancé au Portugal. C’est la première de plusieurs mine que l’État Portugais a l’intention de développer, certaines ici dans la région du Barroso, mais aussi dans d’autres parties du pays. Bientôt, si l’Agence portugaise de l’Environnement [APA] donne un avis favorable au développement du projet, quels que soient les impacts négatifs qu’il portera, ça ouvrira la porte à la destruction de plusieurs territoires.

Nous sommes dans un combat inégal et nous le savons. Parfois, nous nous sentons impuissants face aux desseins du pouvoir politique et économique et nous avons le sentiment que notre voix est étouffée et n’a aucune force pour se faire entendre. Mais nous pensons que grâce à la solidarité et au soutien mutuel, nous pouvons contrer ce sentiment. Joignez votre voix à la nôtre jusqu’à ce que le cri assourdi le pouvoir qui insiste à ne pas nous entendre.

Savannah Resources a son siège social au Royaume-Uni et est cotée sur l’Alternative Investment Market (AIM), un sous-marché de la Bourse de Londres pour les petites entreprises. Elle a des liens privilégiés avec des groupes d’intérêt de l’Union Européenne et du gouvernement portugais, dans le cadre de l’Alliance Européenne pour les Batteries, un lobby de l’industrie automobile au sein de la Commission européenne. Dans l’autre mine qu’elle entend développer au Mozambique, Savannah s’est associée à Rio Tinto, une société minière responsable de plusieurs attaques environnementales et sociales.

Bien qu’elle soit présentée comme faisant partie de la solution à la mobilité durable au niveau européen, la mine de Savannah poursuit une logique d’extraction qui nous prive de terres, met en péril les moyens de subsistance, aggrave la qualité de vie et aggrave encore le problème de déstabilisation auquel nous sommes confrontés. Elle menace également la classification du Patrimoine Agricole Mondial dont nous sommes si fièr.e.s en tant que peuple Barrosão. Et, comme si cela ne suffisait pas, elle met toujours en danger les populations vivant sur les rives des fleuves Beça, Tâmega et Douro.

Nous devons agir, et nous devons le faire ensemble ! Les gens de Barroso, les gens d’autres territoires menacés, au Portugal et dans le monde, et tous ceux qui veulent sympathiser avec cette lutte. Nous vous invitons à camper à Covas do Barroso, entre le 14 et le 18 août 2021. Nous campons pour faire connaître notre lutte et notre mode de vie, afin que nous puissions partager et apprendre des expériences d’ailleurs. Pour qu’ensemble, nous puissions organiser des actions futures. Rejoignez-nous !

Bienvenue au Barroso !

Site officiel du campement : https://barrososemminas.org

Fil d’infos Telegram : https://t.me/minanao

Athènes (Grèce) : Attaque au marteau contre la société de recouvrement Paladino SA

Act for freedom! / dimanche 25 juillet 2021

Dans la conscience des gens, l’une des professions les plus infâmes est celle d’agent de recouvrement de créances. Quelle que soit sa forme, des hommes de main de l’usurier au percepteur des impôts, en passant par les bureaux rutilants des centres d’appels des sociétés de recouvrement d’aujourd’hui, l’agent de recouvrement est un personnage universellement détesté.

Et, toujours, les « professionnels » du secteur gagnent leur argent en pourcentage de ce qu’ils parviennent à soutirer, à force de menaces, à des personnes faibles et effrayées, qui risquent de tout perdre.

Le recouvrement est l’endroit où les services traditionnels de la mafia rencontrent les besoins de l’État moderne. Ce n’est pas par hasard que derrière tous les grands patrons de sociétés de recouvrement, vous trouverez directement des personnes de pouvoir ou des entrepreneurs dans d’autres secteurs.

Et autour des grands sociétés du secteur, une horde de corbeaux : des cabinets d’avocats aux personnes à la limite entre la légalité et l’illégalité.

Il y a beaucoup d’argent à collecter auprès des pauvres et maintenant que la crise du Covid se transforme en crise économique et que de nouveaux Mémorandums viendront, les prêteurs de fonds nationaux, notamment les banques, vont resserrer encore plus les cordons de la bourse.

Nous avons beaucoup entendu parler des moyens qu’ils utilisent pour recouvrer les dettes.
Nous voyons que l’État se moque de nous, avec de prétendus projets de loi visant à limiter le harcèlement de ces sociétés, alors qu’ils ne sont même pas capables d’arrêter ce que fait un agent de recouvrement.

Nous savons à quoi nous mènera le programme des banques pour se débarrasser des prêts en retard de payement. Des coups de pression pour le payement des recettes et des ventes aux enchères, voilà le scénario pour l’avenir.
Les gens doivent réagir et tôt ou tard ils le feront.

Nous visons les sociétés de recouvrement de manière incessante, persistante, agressive, comme nous le faisons pour n’importe quel parasite de l’État et n’importe quel patron.

Que la période à venir ne soit pas difficile seulement pour les pauvres qui décrochent le téléphone et entendent des sociétés de recouvrement les menacer.

REFUSER LA PEUR EST LE PREMIER PAS EN AVANT

Syndicat Noir

Ce contenu a été publié dans International, Les affameurs / les empoisonneurs, avec comme mot(s)-clé(s) Athènes, Grèce, mafia, société de recouvrement. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Vire et Loctudy : L’Bon Dieu dans la merde, le livre de prières en feu

A Vire (Calvados) :

La Manche Libre / mardi 20 juillet 2021

Mégots, canettes et déjections canines sur les trottoirs sont hélas des incivilités courantes à Vire. Mais, un nouveau seuil dans l’incivisme vient d’être franchi. A trois reprises, dernièrement, dont samedi 17 juillet, une personne pour le moins indélicate a satisfait ses besoins naturels dans…l’église Notre-Dame.


« Dans le passé, nous avons déjà constaté des tentatives de vol de l’argent déposé dans le tronc de l’église par des fidèles venus allumer des cierges. En 2019, les précieux santons de la crèche avaient été déplacés. Mais là visiblement, c’est un acte de malveillance volontaire et répété », s’indigne le père François Lecrux, vicaire de la paroisse. « On souhaite bien sûr que l’église reste ouverte mais on ne peut pas accepter de tels agissements. Le maire est venu constater », complète le père François. Une meilleure signalétique pour indiquer l’emplacement des toilettes publiques, situé à quelques dizaine de mètres de l’édifice religieux est d’ores et déjà envisagée. « Et pourquoi ne pas mettre en place un système de surveillance vidéo ? »

*****

A Loctudy (Finistère) :

Ouest-France / lundi 26 juillet 2021

L’église Saint-Tudy, à Loctudy (Finistère) est exceptionnellement fermée ce lundi 26 juillet 2021 en raison d’un départ de feu survenu la veille, dimanche 25 juillet, en milieu d’après-midi. Elle reste accessible pour les cérémonies officielles.

Selon un prêtre de la paroisse, le feu a été mis à un classeur en plastique contenant des feuilles de chants et de prières, dans le déambulatoire de l’église, à proximité de la statue de la Vierge.

Les flammes ne se sont pas propagées mais la fumée se dégageant du classeur a alerté des visiteurs. Au même moment se déroulait le festival Rock in Loc, « l’un des bénévoles est intervenu à l’aide d’un extincteur », raconte Sylvain Cosnard, premier adjoint à la mairie de Loctudy.
« C’était certainement un acte volontaire », selon la gendarmerie. Aucune plainte n’a été déposée pour le moment.

Cet événement fait suite à plusieurs incidents qui faisaient craindre à Alain Cariou, bénévole de la paroisse, que des personnes malintentionnées « mettent le feu » à l’église.
Sylvain Cosnard assure que la municipalité « souhaite être vigilante » et qu’elle « va prendre des dispositions pour protéger ce bâtiment. »

Ce contenu a été publié dans Anticlérical, avec comme mot(s)-clé(s) Calvados, Finistère, Loctudy, Vire, Vire Normandie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.