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Chili : les attaques en zone mapuche continuent de plus belle

Vendredi 9 juillet à Carahue, un ex-étudiant en anthropologie de 29 ans qui avait  rejoint la lutte mapuche à travers la CAM (Coordinadora Arauco Malleco), Pablo Marchant, était assassiné par un carabinier d’une balle en pleine tête au cours d’une attaque contre des véhicules de l’entreprise forestière Forestal Mininco. Loin de réclamer une quelconque justice à l’État assassin, différents groupes mapuche radicaux de plusieurs régions (Biobío, La Araucanía et Los Ríos) avaient alors immédiatement entrepris de continuer à faire vivre les idées de « Toño » en s’en prenant à des entreprises qui exploitent l’eau ou la forêt : en moins d’une semaine, le pouvoir recensait déjà 44 blocages de routes, 22 attaques par armes à feu contre des patrouilles de carabiniers ou des vigiles, et 11 attaques incendiaires qui avaient détruit 39 véhicules (camions et engins de chantier forestiers).

Aujourd’hui 1er août, un peu moins d’un mois plus tard, tous ceux qui espéraient réduire ces attaques vengeresses à une inévitable flambée passagère de rage et de colère de quelques jours, ont reçu une petite douche froide lors du traditionnel bilan officiel du ministère de l’Intérieur. Ce dernier a en effet non seulement pointé une augmentation générale de 94% des « faits de violence » en zone mapuche (Macrozona Sur) lors du premier semestre 2021, mais aussi recensé plus de 150 « attentats » menés suite à l’assassinat de Pablo Marchant.

Voici donc la suite de notre petit aperçu chronologique des sabotages menés contre les entreprises de la région, qui ont détruit une cinquantaine d’équipements forestiers supplémentaires ces deux dernières semaines…

Río Negro, 18 juillet : trois des sept engins forestiers incendiés

Région de los Lagos
La nuit du 18 juillet vers 3h dans la commune de Río Negro (région d’Osorno), s’est produite une double attaque qui a laissé 7 engins de chantier et 1 pick-up en cendres. La première s’est déroulée sur le domaine El Mirador appartenant à l’exploitant forestier Arauco, et la seconde sur le domaine Popóen, appartenant à l’exploitant forestier Huempeleo (1).

Curanilahue, 22 juillet : une partie des vingt-quatre équipements forestiers détruits

Région de Biobío
Le 22 juillet à partir de 8h du matin dans la commune de Curanilahue, s’est produite une attaque coordonnée de trois groupes qui a laissé 24 équipements forestiers en cendres (machines, engins de chantier, transformateurs de biomasse et camions) dans les zones de El Tesoro et Bajo Cifuentes. Tous appartenaient à l’entreprise Bosques Arauco, un des principaux dévastateurs industriel de la forêt. (2)

Freire, 24 juillet : deux camions et une pelleteuse des six incendiés

Région de La Araucanía
La nuit du 24 juillet vers 2h dans la commune de Freire, s’est produite une attaque par une dizaine de personnes masquées, qui ont laissé 6 engins de chantier (deux camions, deux pelleteuses et deux chargeurs) en cendres, appartenant à deux familles de petits-entrepreneurs d’origine mapuche qui se font sous-traitants de l’industrie forestière de granulats de bois (3).

Quilaco, 30 juillet : une partie des 11 engins de chantier réduits en cendres

Région de Biobío
Le 30 juillet au soir vers 23h dans la commune de Quilaco près du pont Quilmes, s’est produite une attaque qui a laissé 11 engins de chantier (des camions, bulldozers, tractopelles et broyeurs de gravier) en cendres, appartenant à Serviterra, un sous-traitant de tous les gros chantiers dévastateurs de la région, spécialisée dans l’extraction de sable et de gravier (4).

Enfin, concernant d’autres types d’attaques récentes qui se produisent en zone mapuche, on pourrait par exemple revenir sur le domaine de Santa Ana Tres Palos situé dans la commune de  Carahue (région de La Araucanía), soit là où Pablo Marchant a été assassiné le 9 juillet dernier par un carabinier.
Eh bien, mardi 27 juillet vers midi, c’est exactement à cet endroit que des inconnus se sont discrètement rendus, avant de faire feu contre une patrouille de carabiniers en camionnette affectés au Contrôle de l’Ordre Public (COP), qui protègent toujours cette zone d’exploitation forestière. Ils ont réussit à en blesser deux par balles, l’un au bras et l’autre à l’œil (un travailleur forestier a aussi reçu un éclat), provoquant le transfert en hélicoptère des deux bourreaux en uniforme vers l’hôpital régional de Temuco pour l’un, et vers celui des forces armées de Santiago pour le second, afin qu’ils y soient opérés d’urgence. Inutile de préciser que le ministre chilien de l’Intérieur, Rodrigo Delgado, faisait la gueule lors de sa conférence de presse, et pas uniquement parce qu’il devait une nouvelle fois réviser à la hausse son petit bilan semestriel des attaques contre les autorités en zone mapuche…

[Synthèse de la presse chilienne, 1er août 2021]

1. Une banderole retrouvée sur place et signée des groupes coordonnés (ORT) Kunko-Williche/Millalikan de la Coordinadora Arauco Malleco (CAM) disait notamment « weichafe Toño, nous nous souviendrons toujours de toi avec le sabotage contre le capital. Guerre aux entreprises forestières ». C’est le groupe (ORT) Kalfulicán de la Coordinadora Arauco Malleco (CAM) qui a pris la responsabilité de la seconde attaque.
2. Cette attaque coordonnée a été revendiquée par un communiqué du groupe Resistencia Mapuche Lafkenche (RML). Il a précisé que « cette action a été menée en hommage à notre weichave Lemuel Fernández, deux ans après sa mort au combat le 19 juillet 2019 dans une action de sabotage à Tirúa », tout en rappelant leur sabotage incendiaire précédent du 12 juillet dernier à Cañete contre 18 engins forestiers, qui avait cette fois été dédié à Pablo Marchant. Le communiqué se termine par « Exploitants forestiers, entreprises hydroélectriques, latifundistes et yanakonas, dégagez du Wallmapu ».
3. Une banderole retrouvée sur place et signée du groupe (ORT) Kulapan de la Coordinadora Arauco Malleco (CAM) disait notamment  « A bas les investissements capitalistes dans le territoire mapuche (Wallmapu) », tout en faisant référence au « weichafe Toño ».
4. Une banderole retrouvée sur place disait notamment  » A bas les entreprises forestières, A bas central Rucalhue (un projet de centrale hydroélectrique dévastateur), Pablo Marchant est présent».

sur le

Chili : Contre le sectarisme. Pour une affinité fondée sur la pratique. Quelques mots des compas Mónica et Francisco

Contra Info / mercredi 28 juillet 2021

Face à ce que nous considérons comme des sommations à notre encontre*, nous ressentons la nécessité d’écrire ce texte, afin de clarifier certaines questions.

Comme nous l’avons écrit à plusieurs occasions, individuellement et collectivement, nous entendons l’anarchie non pas comme une réalisation ou un point d’arrivée, mais comme une tension, une confrontation permanente qui se fait à la première personne, en plaçant au centre la recherche de la liberté individuelle.

Pour nous, cette lutte constante a été réelle, nous l’avons menée dans les faits, sans interruption, raisons pour laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui derrière les barreaux. Une situation, celle-ci, qui est ponctuelle et circonstancielle et qui ne nous a pas empêché de continuer à construire des initiatives de lutte ou y participer, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.

Au fond, pour nous l’anarchie est une éthique et une pratique permanente contre l’autorité, une pratique par laquelle nous avons rencontré d’autres personnes (pas nécessairement des « anarchistes »), ce qui a enrichit et amélioré nos perspectives et nos capacités et qui a forgé des relations étroites de complicité, renforcées au fil des années et des luttes. Affirmer que ces relations n’ont lieu ou ne peuvent avoir lieu qu’avec ceux/celles qui se disent « anarchistes », en plus d’être une mensonge (comme il peuvent le démontrer seulement celles/ceux qui se sont aventuré.e.s sur les chemins du conflit et non ceux/celles qui pensent les fouler, dans leurs rêveries devant à un ordinateur) est quelque chose que nous rejetons, à partir du moment où nous privilégions l’établissement de liens fondés sur des pratiques communes plutôt que sur des étiquettes vides ou des slogans répétés ad nauseam. S’autoproclamer rageusement « anarchistes irréductibles » ne signifie rien, si cela n’est pas accompagné par une pratique de lutte qui le justifie. Sur du papier ont peut tout écrire.

D’autre part – et surtout – le fait de présupposer que les anarchistes ne devraient avoir des relations qu’avec des anarchistes reflète un purisme absurde et un sectarisme qui, sans aucun doute, sont une expression d’autoritarisme. Établir des coordinations et faire des initiatives communes de lutte uniquement parmi ceux/celles qui se définissent comme « anarchistes » signifie restreindre et limiter considérablement nos relations et donc nos possibilités de croissance. Cela signifie s’enfermer stupidement dans des dogmatismes qui nous limitent et qui nous empêchent de nous associer librement. De cette manière, nous voyons que, au nom de la liberté, certain.e.s proposent carrément son contraire, en fondant des sectes sur la base d’étiquettes.

Par là, nous ne voulons pas dire que nous nouons des relations de façon indiscriminée ou que nous n’avons aucune sorte de filtre.

Dans des communiqués précédents, nous avons clairement indiqué les points qui sont pour nous infranchissables : les repentirs, les dissociations et le recours aux institutions correspondent à des lignes rouges et ils constituent des aspects insurmontables qui empêchent de mener toute initiative commune avec ceux/celles qui choisissent des telles voies. Comme on peut le voir, ces points ne correspondent pas à des étiquettes vides, mais à des pratiques concrètes, à des manières de vivre la prison et pas seulement cette dernière. A notre avis, les sommations qui ont été faites ne font que détruire d’un seul coup tout notre discours et tout notre travail, en créant une contradiction totale entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Eh bien, peut-être que pour certain.e.s ce qui compte ou qui aurait de la valeur est seulement ce que l’on dit ou alors les proclamations incendiaires sur internet ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, nous donnons la priorité à la pratique et c’est à partir de là que nous établissons des affinités et des ruptures.

Et évidemment les pratiques autoritaires sont un point sur lequel nous ne ferons pas de compromis. Nous n’avons jamais établi des relations de lutte sur la base de l’autoritarisme et l’expérience des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s ne fait pas exception. Les points en communs que nous avons, entre nous tou.te.s, sont beaucoup plus forts que les divergences que nous pouvons avoir, des divergences qui ne représentent évidemment pas des aspects insurmontables, sinon nous deux nous serions retirés de cette initiative dès le début. Les liens qui nous unissent à nos compagnons ont été forgés dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis plus d’une décennie, ce qui a signifié pour nous une relation et une expérience enrichissantes, qui ont sans aucun doute nourri, renforcé et amélioré notre parcours anarchiste. Aujourd’hui, dans cette nouvelle situation d’enfermement, nous avons renforcé encore plus ces liens, ce qui s’est traduit par cette initiative commune, qui n’est pas nouvelle, mais qui, cette dernière année, a vu des mobilisations importantes qui nous permettent d’élaborer des projets intéressants.

Or, comme nous l’affirmions dans l’article « Sur la nécessité de poursuivre la lutte à l’intérieur de la prison… », dans le quatrième numéro de la revue Kalinov Most, nous, les anarchistes, avons brisé certains codes internes aux prisons, des codes qui avaient été établis et reproduits, depuis les années 1980, par les membres des groupes armés de gauche ; des codes qui avaient principalement à voir avec la reproduction, à l’intérieur de la prison, de la logique d’organisation/de parti et aussi avec le fait d’établir une relation de supériorité vis-à-vis du reste de la population carcérale.

Ça va sans dire que nos compagnons sont lointains de ces codes et s’y opposent – cela dans la complexité de la pratique à l’intérieur de la prison, non par un discours confortable fait depuis une maison avec une connexion internet. Ils se sont chargés de maintenir en vie des codes subversifs auxquels nous nous identifions et qu’il nous semble indispensable de concrétiser et de reproduire.

Nous parlons ici d’une position et d’une attitude réfractaire vis-à-vis de l’institution carcérale, ce qui confère une identité particulière, vue et reconnue à la fois par les prisonnier.e.s sociaux.les et par les maton.ne.s. Nous parlons également du fait indéniable de continuer la lutte à l’intérieur de la prison, pour démontrer en pratique que rien ne s’arrête avec l’enfermement, qu’il s’agit simplement d’un autre champ de bataille ; il y a là quelque chose qui rompt avec la victimisation et l’assistanat souvent présents dans la lutte pour la libération des prisonnier.e.s.

Pendant des décennies, les compagnons ont construit et fait avancer une pratique anti-carcérale qui a dépassé les murs, une pratique dont nous faisions partie en étant dans la rue et dont nous faisons partie aujourd’hui en prison. Ce ne sont là que quelques-uns des codes subversifs que nous partageons avec nos compagnons, ce qui renforce nos liens d’affinité dans notre travail quotidien et nous éloigne de ceux/celles qui, même en se disant anarchistes, choisissent des voies distantes de la lutte ou s’en dissocient complètement. Que disent les puristes de ceux/celles qui se proclament « anarchistes » mais prennent complètement les distances de leurs idées et pratiques, lorsqu’elles/ils passent en jugement ou sont emprisonné.e.s ? Peut-être se sentent-ils/elles plus en affinité avec ces dernier.e.s, du moment qu’elles/ils donnent la priorité à une étiquette vide. Encore une fois, nous construisons des relations sur la base de pratiques communes et non sur la base de mots ou de communiqués incendiaires publiés sur internet.

Enfin, nous voyons la nécessité de mentionner le danger représenté par le sectarisme ou le purisme dans nos milieux ; ils portent – en plus des relations autoritaires mentionnées plus haut – à des attitudes d’auto-complaisance qui ne font que nous faire stagner, au lieu d’approfondir ou d’améliorer la lutte.

À partir de notre position clairement anarchiste, fondée sur le conflit permanent et la liberté individuelle, nous allons établir des relations et des coordinations qui nous renforceront et nous rendront plus sûr.e.s de nous, dans ce chemin vers la libération totale.

Comme il l’ont dit il y a quelques années les compas emprisonné.e.s de la Conspiration des Cellules de Feu :
Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et les irréductibles de toutes les tendances révolutionnaires !

Aujourd’hui nous disons :
Liberté pour les compagnons Pablo Bahamondes, Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Juan Flores y Joaquín García !

Mónica Caballero Sepúlveda
C.P.F San Miguel

Francisco Solar Domínguez
C.P. Rancagua

* Note d’Attaque. Voir les textes suivantes :
Danzando en el abismo (en espagnol, en anglais ou en italien)
Con la anarquía más allá de los limites (en espagnol)
A contracorriente (en espagnol et en anglais)

Santiago (Chili) : Sur la « reformalisation » des accusation contre Mónica et Francisco

Publicacion refractario / mardi 20 juillet 2021

Mercredi 14 juillet 2021, les compas Mónica et Francisco, ont eu leur audience de « reformalisation » des accusations, de la part du Parquet Sud, devant la 11ème Tribunal de Garantie.

A travers une audience en visioconférence, Mónica, de la prison de San Miguel, et Francisco, de la prison de Rancagua, ont écouté le monologue du procureur Claudio Orellana, qui a reformulés les accusations, tout en maintenant les mêmes délits et les mêmes chefs d’accusation en vertu de la loi sur le contrôle des armes, du code pénal et de la justice militaire, mais ajoutant aussi quelques petits détails.

L’extension de la période d’enquête, qui a déjà été prolongée de près d’un an, est prévue pour le mois d’août. Face à la possibilité que l’enquête soit close ou que le tribunal ne donne pas un autre délai, le parquet a décidé de reformuler les accusations, de façon que la procédure reste cohérente et sans faille, au cas où l’on arriverait au procès.

En résumé, les compas sont toujours accusé.e.s des délits suivants :

Francisco : envoi de deux colis explosifs contre le 54e commissariat de police et contre l’ancien ministre de l’Intérieur Hinzpeter, ce qui donne 2 délits d’envoi d’explosif, 2 tentatives d’homicide contre des policiers, 1 tentative d’homicide qualifié contre Hinzpetter, 6 blessures légères contre des policiers, 1 délit d’usurpation d’identité et 1 délit de dégradation aggravée.

Mónica et Francisco : double attaque explosive contre le centre Tánica, ce qui donne 2 délits de pose d’engin explosif sur la voie publique.

Mónica : de la marijuana aurait été trouvée dans un lieu commun de la maison perquisitionnée, ce qui porte au délit de trafic illicite de stupéfiants, en petite quantité.

Le même jour que la « reformalisation », un rassemblement a été appelé dans le centre de Santiago. Pour geste des autorités, une réponse de la rue. Les choses sont claires : les compas ne sont pas seul.e.s !

Solidarité et complicité avec Mónica et Francisco !
Sédition contre l’État policier !

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Santiago (Chili) : Audience de « reformalisation » pour Mónica Caballero e Francisco Solar

Contra Info / mercredi 14 juillet 2021

Quelques jours avant que ça fasse un an de l’arrestation et de l’emprisonnement de Mónica et Francisco, la 11ème Cour de Santiago a fixé pour mercredi 14 juillet, à 11h00, une audience pour la « reformalisation de l’enquête » à charge de nos compas, ce qui en termes concrets signifie une reformulation des accusations.

Il faut noter qu’en août se termine la deuxième période d’enquête, après le prolongement de 6 mois de la période d’enquête initiale. Compte tenu de la ligne punitive suivie par les juges et les procureurs, ainsi que de leur choix de prolonger déjà une fois l’enquête et la détention préventive, il est certain que la durée de l’enquête et de leur incarcération sera prolongé encore.

Nous appelons à prêter attention à la situation de Mónica et Francisco et à montrer, par une solidarité toujours active et combative, que nos compas ne sont pas seul.e.s.

LIBERTÉ POUR MÓNICA ET FRANCISCO
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER.E.S ANARCHISTES ET SUBVERSIF.VE.S

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Chili : la zone mapuche s’enflamme après l’assassinat de Pablo Marchant

Au Sud du Chili, une partie de la population mapuche mène depuis de nombreuses années une lutte acharnée aussi bien contre les grands propriétaires latifundistes (incendie de leurs villas et occupations de terres) que contre les exploitants agro-forestiers, les grands barrages hydro-électriques ou les élevages intensifs de saumon. C’est dans ce cadre que vendredi 9 juillet à Carahue, Pablo Marchant Gutiérrez a été assassiné lors d’un sabotage contre des véhicules de l’entreprise Forestal Mininco (filiale du géant de la cellulose CMPC).

L’ex-étudiant en anthropologie de 29 ans qui avait ensuite rejoint la lutte mapuche à travers la CAM (Coordinadora Arauco Malleco), venait de participer vers 17h à l’incendie d’un minibus, d’un skidder et d’un camion-citerne sur le domaine forestier Santa Ana-Tres Palos, lorsqu’il a reçu une balle en pleine tête tirée à courte distance par des carabiniers chargés de protéger les intérêts des exploitants forestiers. Un autre saboteur ainsi qu’un employé ont également été blessés par balle lors de l’échange de tirs, et le parquet a immédiatement fait l’hypothèse que celle qui a envoyé le second à l’hôpital venait du M16 qu’aurait tenu Pablo Marchant.

De son côté, la CAM a immédiatement rendu public le fait qu’il venait d’être abattu lors d’une action de sabotage menée par un de ses groupes locaux (Órgano de Resistencia Territorial, ORT), nommé Lafkenche-Leftraru, devenant ainsi un combattant mapuche (weichafe) tombé au cours de la lutte. Son corps a été accompagné le lendemain par 300 personnes depuis l’institut médico-légal de Temuco jusqu’à la commune de Lumaco, où se tiendra la veillée de son corps (féretro) jusqu’à mardi 13 juillet, jour de son enterrement.

L’annonce de cet assassinat a bien entendu déclenché des manifestations de colère le dimanche suivant de Santiago à Antofagasta, mais aussi de nombreux barrages de routes, des tirs contre les carabiniers ou contre des vigiles de domaines fonciers, ainsi que des attaques incendiaires d’autres groupes mapuche radicaux dans plusieurs régions différentes (Biobío, La Araucanía et Los Ríos). Loin de réclamer une quelconque justice à l’Etat assassin, ces derniers ont ainsi immédiatement entrepris de continuer à faire vivre les idées de Pablo Marchant en s’en prenant à des entreprises qui exploitent l’eau ou la forêt à travers le territoire mapuche…

Vilcún, 10 juillet : trois des sept engins incendiés de l’entreprise de granulats de bois

Région de La Araucanía
La nuit de vendredi à samedi 10 juillet vers 4h30 dans la commune de Vilcún sur le domaine de Quintrilpe, trois camions-benne, une pelleteuse, un chargeur frontal et deux containers d’une entreprise d’extraction de granulats de bois sont partis en fumée. Un petit tract sans signature retrouvé sur place disait simplement « weichafe Pablo Marchan, nous te ferons justice dans la lutte armée« .

Victoria, 10 juillet : le camion de l’usine Coca-Cola

Région de La Araucanía
Samedi 10 juillet
vers 18h à Victoria, où des barricades ont été montées sur l’autoroute qui relie le sud au nord du pays sur plus de 3000 kilomètres (la Ruta 5), un camion de l’entreprise Embotelladora Andina/Coca-Cola a été intercepté par une cinquantaine de manifestants, son chauffeur obligé de descendre après avoir mis le véhicule en travers des voies, puis sa cabine a été enflammée.

Panguipulli, 11 juillet : un des trois engins incendiés de Forestal Arauco

Région de Los Ríos
Dimanche 11 juillet vers une heure du matin à Panguipulli, sur le domaine Santa Rosalía, trois engins forestiers et un pick-up de l’entreprise Forestal Arauco ont cramé après que le vigile ait été neutralisé de manière contondante. Attaque revendiquée par un court message laissé sur place, signé Liberación Nacional Mapuche (LNM) et disant :  » Entreprises forestières dégagez ! Pablo Marchant vit dans le weichan [lutte] « .

Pidima (Ercilla), 12 juillet : cinq camions stoppés puis cramés sur la Ruta 5

Région de La Araucanía
Lundi 12 juillet
vers six heures du matin à Ercilla, dans le secteur de Pidima, quelques dizaines d’inconnus ont coupé à l’improviste la Ruta 5  avec une petite barricade de pneus enflammés, forçant un premier camion à s’arrêter, et les suivants à stopper. Ils ont ensuite enjoint les chauffeurs à descendre de gré ou de force (trois récalcitrants ont été blessés), puis ont arrosé d’essence les six premiers véhicules professionnels sur plus d’une centaine de mètres : un camion porte-container, trois camions-citernes (d’une entreprise de Puerto Montt qui transportait des saumons), un camion-grumier (transport de bois), et une camionnette ont été détruits. Attaque revendiquée par Resistencia Mapuche Malleco (RMM), qui a précisé à l’aide d’une banderole laissée sur place :  » Pablo Marchant, en ta mémoire nous vengerons ta chute dans le combat contre les entreprises forestières, balles et feu pour la police”.

Cañete, 12 juillet : deux des seize engins et camions incendiés

Région de Biobío
Lundi 12 juillet
vers 9h30 à Cañete, dans le secteur de Paso Los Negros sur le domaine forestier El Hualle, une dizaine d’inconnus en armes a neutralisé le personnel en plein travail sur la zone, puis a incendié pas moins de seize engins de chantier forestiers et camions travaillant pour Forestal Arauco. Un tract trouvé sur place et signé Resistencia Mapuche Lafquenche (RML) faisait là aussi directement référence à l’assassinat de Pablo Marchant (« qui continue de vivre à travers la lutte« ), ainsi qu’à des prisonniers mapuche. Selon le porte-parole de l’association nationale des contractants forestiers (Asociación de Contratistas Forestales) qui est allé se plaindre dans un journal local, leurs pertes directes suite à ce genre d’attaques s’élèvent depuis 2014 à près de 160 millions de dollars…

Enfin samedi matin toujours à Cañete, soit deux jours plus tôt, cette fois dans le secteur de Peleco situé à une dizaine de kilomètres plus au sud, c’est le pied-à-terre que le procureur Luis Morales avait conservé depuis sa mutation en 2019 après quinze années sur place, qui avait volontairement été réduit en cendres, tandis qu’un message identique sur l’assassinat de Pablo était tagué sur son mur d’enceinte.

[Synthèse de la presse chilienne, 13 juillet 2021]


Des camions et des engins agricoles appartenant à des entreprises forestières ont été incendiés lundi dans la région de l’Araucanie, dans le sud du Chili, trois jours après la mort d’un militant mapuche lors d’affrontements avec la police.

Cinq camions et machines agricoles ont été brûlés par des inconnus qui ont érigé et incendié des barricades et tiré des coups de feu pour effrayer les conducteurs sur une route près de la ville d’Ercilla, à quelque 600 km au sud de Santiago, a indiqué Pablo Urquizar, coordinateur régional pour la sécurité publique. «Je demande immédiatement à tous les dirigeants des organisations radicalisées de rendre leurs armes et de choisir la paix», a-t-il déclaré. Sur les lieux des incendies, des banderoles et des brochures ont été découvertes, émanant de groupes de militants mapuches radicaux, selon la même source.

Ces derniers protestent contre la mort de Pablo Marchant, un Indien mapuche abattu vendredi lors d’un affrontement entre des manifestants et la police qui surveillait une entreprise forestière sur la commune de Carahue, dans la région de l’Auracanie. Ces affrontements ont également fait un blessé grave parmi les travailleurs. D’autres attaques ont été enregistrées pendant le week-end après le décès du militant, qui faisait partie de la Coordination Arauco Malleco (CAM). Ce collectif radical qui revendique des sabotages contre les entreprises forestières et installations privées, réclame la restitution de terres ancestrales. Il est considéré comme un groupuscule radical «terroriste» par le gouvernement.

Les militants mapuche ont multiplié ce type d’attaques et d’incendies volontaires dans le sud du Chili ces dernières années. Après l’arrivée des Espagnols au Chili en 1541 et à la suite de conflits avec les gouvernements successifs, le territoire des Mapuches s’est considérablement réduit. Aujourd’hui, ils ne possèdent plus que 5% de leurs anciennes terres. Les Mapuches représentent 700.000 personnes, sur les 18 millions d’habitants du Chili. Le 5 juillet une Indienne mapuche a été élue présidente de l’Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Dix-sept sièges sur les 155 de cette Assemblée ont été réservés à des représentants des peuples originaires.

Prison de San Miguel (Chili) : Quelques mots de Mónica Caballero

Anarquia.info / jeudi 1er juillet 2021

Compas, ami.e.s et membres de ma famille,
Une fois de plus, je vous écris depuis une cellule. Je me retrouve enfermée dans la
prison de San Miguel et je resterai en isolement pendant 14 jours, à cause du protocole de prévention du Covid-19 ; après ils vont me classer et m’envoyer dans un module définitif.

Cela fait presque 10 ans que je suis entrée pour la première fois dans une prison, en tant qu’inculpée. Pendant toutes ces années, d’une manière ou d’une autre ma vie a toujours été liée aux prisons, car même si les systèmes de contrôle peuvent changer, leur structure ne change pas pour l’essentiel, elle continue à viser la punition et la repentance.

Il y a presque 10 ans, quand je suis entrée en prison, j’étais pleinement convaincue que l’ensemble des idées et de pratiques anti-autoritaires sont des clés fondamentales pour affronter la domination et pendant tout ce temps, il n’y a pas eu un seul jour où j’ai pensé le contraire. Je marche dans la
prison la tête haute, fière du chemin que j’ai parcouru.

Solidarité avec toutes les luttes anticapitalistes.
Liberté pour les prisonniers politiques mapuches
et pour les prisonniers subversifs et de la révolte !
Newen Peñis [« Force frères », en langue Mapudungun, si on a bien compris ; NdAtt.]

Mónica Andrea Caballero Sepúlveda
Prisonnière Anarchiste

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Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Quelques mots de Natascia, en solidarité avec la grève de la faim des prisonniers anarchistes au Chili

Il Rovescio / dimanche 27 juin 2021

J’écris ce lignes pendant mon dixième jour de grève de la faim, en solidarité avec les compagnons chiliens qui sont à nouveau en grève de la faim : vous n’êtes pas seuls.

Une accolade fraternelle pour chaque compagnon enfermé.
Pour une solidarité active et révolutionnaire, partout.

Natascia, prisonnière anarchiste
26 juin 2021

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

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Prison de Rancagua (Chili) : Du bordel contre l’isolement et le régime pénitentiaire

Publicacion Refractario / dimanche 13 juin 2021

Le 9 juin 2021, vers midi, la mobilisation, sous forme de grève de la faim, commencée après le transfert à la prison de Rancagua des prisonniers de la CAS et de la Section de sécurité maximale, à cause de la rénovation de la prison où ils étaient, a franchi une nouvelle étape.

Les prisonniers enfermés dans le module 2, c’est à dire ceux transférés de la Section de sécurité maximale, dont le compagnon anarchiste Francisco Solar, ont foutu le bordel, en brûlant des vêtements et des papiers, ce qui a provoqué une grande quantité de fumée à l’intérieur de la prison. Les matons sont arrivés pour tenter de contenir les désordres et est arrivée aussi la Brigade spéciale anti-incendie (BECI), qui les a virés des cellules, ce qui a provoqué, en pratique, la rupture de l’isolement total auquel ils étaient soumis.

Ce acte fait partie de la grève de la faim massive des prisonniers transférés (de la CAS et de la Section de sécurité maximale), contre de l’isolement complet à cause de « quarantaine » (24 heures d’enfermement en cellule et l’interdiction des parloirs avec les avocats), contre le régime alimentaire auquel on veut les soumettre (d’innombrables restrictions aux produits qu’ils peuvent cantiner, le refus de tout ce qui a été acquis à la CAS.) et pour exiger un régime de « portes ouvertes » digne.

SOLIDARITÉ ACTIVE ET COMPLICITÉ AVEC LES PRISONNIERS EN LUTTE ET EN GRÈVE DE LA FAIM !

CONTRE LA PUNITION ET L’ISOLEMENT SOUS EXCUSE DE LA PANDÉMIE !

POUR LA DÉFENSE DE TOUS LES ACQUIS DE LA LUTTE À L’INTÉRIEUR DES PRISONS !

Buscandolakalle
bulletin d’information sur les prisonnier.e.s subversif.ve.s et des anarchistes en lutte dans les prisons chiliennes.

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Prison de Rancagua (Chili) : Communiqué des compagnons Ignacio et Luis Avaca

Contra Info / mardi 8 juin 2021

C’est difficile de se mettre à écrire quand le cœur et l’esprit sont encore dans la tourmente. Les seules choses dont j’ai envie sont une accolade fraternelle, la lumière du soleil et sa chaleur sur ma peau et tout ce que j’ai ici c’est le ciment, le froid, l’humidité et la mauvaise odeur.

Peut-être que ce sera plus facile pour moi de commencer avec les remerciements :
Tout d’abord, merci à ma famille proche, qui, loin de tout essentialisme, nous a fait sentir aimés, mon frère et moi. Merci de votre soutien sincère.
Deuxièmement, à tous les compas et ami.e.s qui sont en train de « se bouger » dehors, avec des gestes de solidarité. En ce moment, chaque chose aide et, comme pour ma famille, je vous remercie pour votre soutien honnête.

Maintenant, pour ceux/celles qui se posent la question à ce sujet, je dis : OUI. Notre emprisonnent est politique. Politique comme n’importe quel emprisonnement, dans ce système. J’aimerais aborder des questions plus « théoriques », mais ce n’est pas le moment.

Je dirai seulement que, si cet emprisonnement n’était pas politique, ils ne nous auraient pas prélevé des échantillons de sang, contre notre volonté, sous la menace qu’ils « les prendraient quand-même ». Si cet emprisonnement n’était pas politique, alors le Parquet ne voudrait pas des copies de ce que nous lisons et écrivons… et ils le font. La preuve évidente de ça est leur accès à nos ordinateurs et nos téléphones, et tout ce qu’ils trouvent dedans pourra les aider à tisser leurs intrigues. Si cet enfermement n’était pas politique, les procureurs de la Région métropolitaine sud ne seraient pas rentrés chez nous avec un show médiatique dégueulasse et des caméras, au moment de notre arrestation. Et enfin, si cet enfermement n’était pas politique, nous n’aurions pas été cités dans les déclarations de Galli [Juan Francisco Galli, sous-sécretaire à l’Intérieur ; NdAtt.], il y a quelques jours.

Aujourd’hui plus que jamais, nous disons : même si nous ne sommes pas coupables, nous sommes encore moins innocents.

Le travail de déterminer la culpabilité, en plongeant les prisonnier.e.s et leurs familles dans la misère, appartient au Parquet. C’est ce que, en démocratie, on appelle la « justice ». Ils/elles sont dans leurs maisons, opulent.e.s, confortables et avec une conscience « propre ». Nous dans des taules, sans eau, sans lumière, loin de tou.te.s ceux/celles qui nous aiment, d’une manière ou d’une autre.

Merci à tou.te.s ceux/celles qui se bougent, un salut chaleureux à tou.te.s les prisonnier.e.s politiques de ce monde.

Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s !

Ignacio et Luis

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Chili : Les prisonniers enfermés au CAS transférés à la prison-entreprise de Rancagua

Publicacion Refractario / dimanche 6 juin 2021

Les prisonniers subversifs et anarchistes transférés de la Prison de Haute Sécurité à la prison/entreprise de Rancagua

Aujourd’hui, samedi 5 juin 2021, dans l’après-midi, les prisonniers anarchistes et subversifs Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Joaquín García et Juan Flores ont été transférés de Santiago à Rancagua [quelques 90 km au sud de la capitale chilienne ; NdAtt.], du CAS [Cárcel de Alta Seguridad, Prison de haute Sécurité ; NdAtt.] à la prison en gestion privée de cette deuxième ville.


En octobre 2019, avant la révolte, l’Administration pénitentiaire envisageait de fermer l’UEAS [Unidad Especial de Alta Seguridad, Unité spéciale de haute sécurité ; NdAtt.], qui comprend le CAS et la prison pour riches « Capitán Yaber » [Anexo Penitenciario Capitán Yáber, destiné à des « personnalités », comme des politiciens ou des patrons ou bureaucrates accusées de délits financiers ; NdAtt.], afin de la rénover. La révolte et la pandémie ont reporté ces mesures jusqu’à ce qu’elles soient finalement appliquées aujourd’hui.

Les intentions des puissants sont de rétablir le régime de punition original par lequel ce centre d’extermination est né, il y a 27 ans, en février 1994, dans le but de punir des subversifs qui ont combattu la transition démocratique.

Aujourd’hui, les buts des puissants sont de renforcer et d’améliorer le régime de punition et les mesures restrictives de ce centre d’extermination. A l’heure actuelle, le CAS a été complètement vidé, les compagnons/camarades ont été transférés à Rancagua, nous savons qu’ils sont arrivés, qu’ils vont bien et qu’ils sont enfermés tous ensemble dans une section de sécurité maximale.

Au moment où nous écrivons ces lignes, nous n’avons aucune information sur le compagnon Francisco Solar, enfermé jusqu’à là section de sécurité maximale de l’UEAS.

Face aux nouveaux obstacles et aux exigences de cette époque, nous appelons à consolider toutes les initiatives de solidarité et contre la prison qui existent déjà, pour donner forme à une infrastructure de solidarité avec les compagnons qui ont été transférés et en vue des futures luttes contre ce régime de punition renouvelé.

« Ce sera un combat qui prendra du temps, parce que la volonté manifeste du pouvoir est d’augmenter la répression à notre encontre, ainsi que notre isolement, afin d’entraîner la vengeance comme une leçon et un exemple pour ceux/celles qui osent se rebeller. »
Prisonniers subversifs et anarchistes. Octobre 2019, avant le transfert imminent et la fermeture du CAS.

Tissons à nouveau et renforçons les réseaux de solidarité avec les prisonniers subversifs et anarchistes !
Retrait des modifications du Décret-Loi n°321 !
Contre la perpétuité des peines : liberté pour Marcelo Villarroel !
Tant qu’il y aura de la misère, il y aura de la rébellion !
Mort à l’État et vive l’anarchie !

Buscandolakalle
bulletin d’information sur les prisonnier.e.s subversif.ve.s et des anarchistes en lutte dans les prisons chiliennes.