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Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Quelques mots de Natascia, en solidarité avec la grève de la faim des prisonniers anarchistes au Chili

Il Rovescio / dimanche 27 juin 2021

J’écris ce lignes pendant mon dixième jour de grève de la faim, en solidarité avec les compagnons chiliens qui sont à nouveau en grève de la faim : vous n’êtes pas seuls.

Une accolade fraternelle pour chaque compagnon enfermé.
Pour une solidarité active et révolutionnaire, partout.

Natascia, prisonnière anarchiste
26 juin 2021

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

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Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Une lettre de Natascia sur sa grève de la faim

Malacoda / lundi 21 juin 2021

Heureusement qu’en Campanie on mange bien !

17 juin 2021

Salut les gars !
Voici deux mots de mise à jour, vite fait.

Sans perdre une minute, la nuit après la dernière audience préliminaire de l’opération Scintilla, on m’a embarquée sur un avion pour me renvoyer dans cet endroit de merde : S. Maria Capua Vetere. Je savais que mon transfert dans l’Italie du Nord n’était que temporaire, mais je pensais sincèrement que j’aurais eu un peu plus temps et j’espérais, naïvement, qu’ils auraient au moins lu les différentes demandes que moi et mon avocat avons présentées, pour que je sois envoyée dans une autre taule.

Depuis le jour où on m’a transférée ici, il y a trois mois, je n’ai plus eu la possibilité de communiquer dignement avec mon avocat ; maintenant il y a à nouveau la possibilité de faire des parloirs, du coup il n’y a plus d’appels visio, ni d’appels sur la demande de l’avocat ; il y a un appel par mois, de 10 minutes, même pour les personnes qui sont inculpées dans un procès, même pour les personnes qui sont à 1000 km de chez elles ou du lieu de leur procès. Le directeur peut concéder, s’il est d’humeur, un deuxième appel, extraordinaire, au cours du mois, mais, bien entendu, il n’est pas obligé de le faire et, en tout cas, il est hors de question de dépasser les deux appels par mois. Vingt minutes par mois, dans une petite pièce étouffante, à l’heure et le jour établis, en espérant que ton avocat soit au bureau ce jour-là. Vingt minutes par mois, à partir d’un mois et demi avant le début du procès et jusqu’à aujourd’hui, quand le débat au tribunal est essentiellement clos. Il ne reste plus que deux audiences avant le réquisitoire, deux audiences au cours desquelles on aurait dû raisonner à propos des déclarations des inculpés, de l’examen et du contre-examen, mais apparemment il me faudra raisonner toute seule. Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’il semble qu’on fasse le possible pour m’empêcher une défense « digne »… même, pour m’empêcher toute défense… il ne faut surtout pas que le grandiloquent et un peu morbide château de cartes de l’accusation perde de pièces. C’est bien mieux si cette possibilité, ma défense au tribunal, est réduite au minimum. Je ne vais pas m’étendre ici sur le fait que le procès en visioconférence se marie parfaitement avec cette stratégie, quelque chose dont on a déjà beaucoup (même si peut-être pas assez) discuté. On le sait, en étant mauvaise langue, souvent on devine. Parmi les 20 jours que j’ai passé à la taule de Vigevano, j’ai été 15 jours en isolement sanitaire et un au tribunal, deux autres à préparer mes affaires, entre allée et retour… bref, cela non plus n’a pas été une occasion pour parler avec mon avocat, étant donné que les personnes en isolement ne peuvent pas faire de parloirs. Inutile d’ajouter qu’en ce moment je suis à nouveau en quarantaine.

Bref, trêve de bavardages, je suis lucidement consciente de la stratégie punitive (et préventive ?) que l’Administration pénitentiaire met en place à mon encontre et au même temps je suis prise par la rage et le dégoût, du coup j’ai décidé que, même si je n’ai pas de moyens pour m’opposer concrètement à leurs logiques de vengeance, j’ai au moins la possibilité de ne pas leur laisser faire avec ma collaboration. Quand j’ai appris de mon retour à S. Maria Capua Vetere, le 16 juin à 18h, j’ai immédiatement communiqué le début d’une grève de la faim de durée indéterminée. Je sais que certaines décisions n’appartiennent pas à la direction de la prison, mais je ne vais plus rien manger dans cet endroit de merde. Dommage, parce que les autres femmes enfermées ici font des pizzas superbes… mais je n’ai vraiment plus faim !
A ce jour, aucun médecin ne m’a visitée ni pesée.
Les autres femmes qui sont ici pensent que c’est une bêtise, un signe d’obstination de ma part, d’ailleurs ici il y a des personnes qui risquent des condamnations à PERPÉTUITÉ et qui s’adaptent à ces conditions… mais ça c’est une autre histoire.
Je sais que certains d’entre vous n’ont jamais arrêté de réfléchir aux questions de l’isolement et de la dispersion des prisonniers loin de chez eux… je suis désolée de ne pas pouvoir fournir des nouvelles approches ou des idées « innovantes », mais en ce moment, ayant décidé de façon instinctive de me lancer dans ce nouveau défi, je n’ai pas réussi à penser à rien de mieux qu’à utiliser à nouveau mon corps, en jeûnant.

Je vous ai écrit ces quelques mots d’un trait, dans le même état d’âme qui m’a envahie en voyant à nouveau ces murs de merde : un dégoût absolu.
J’espère de ne pas avoir été trop confuse.

Je vous donne l’accolade, à tout le monde, avec beaucoup de force !
Le ventre vide et la tête haute,
Salud y Anarquia,

Nat

P.S. : une petite remarque quant au tract d’appel pour le rassemblement du 13 juin à Vigevano. Pour mal qu’on puisse se trouver dans une section AS3, où les conditions sont punitives, je ne ferais pas de comparaisons avec le régime 41bis, pour respect avec les personnes qui y sont vraiment soumises. A mon avis, ce parallèle était un peu déplacé. J’espère que personne ne s’offusque de ma remarque et en tout cas, ça a été très beau de vous entendre !

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Prison de Rancagua (Chili) : Du bordel contre l’isolement et le régime pénitentiaire

Publicacion Refractario / dimanche 13 juin 2021

Le 9 juin 2021, vers midi, la mobilisation, sous forme de grève de la faim, commencée après le transfert à la prison de Rancagua des prisonniers de la CAS et de la Section de sécurité maximale, à cause de la rénovation de la prison où ils étaient, a franchi une nouvelle étape.

Les prisonniers enfermés dans le module 2, c’est à dire ceux transférés de la Section de sécurité maximale, dont le compagnon anarchiste Francisco Solar, ont foutu le bordel, en brûlant des vêtements et des papiers, ce qui a provoqué une grande quantité de fumée à l’intérieur de la prison. Les matons sont arrivés pour tenter de contenir les désordres et est arrivée aussi la Brigade spéciale anti-incendie (BECI), qui les a virés des cellules, ce qui a provoqué, en pratique, la rupture de l’isolement total auquel ils étaient soumis.

Ce acte fait partie de la grève de la faim massive des prisonniers transférés (de la CAS et de la Section de sécurité maximale), contre de l’isolement complet à cause de « quarantaine » (24 heures d’enfermement en cellule et l’interdiction des parloirs avec les avocats), contre le régime alimentaire auquel on veut les soumettre (d’innombrables restrictions aux produits qu’ils peuvent cantiner, le refus de tout ce qui a été acquis à la CAS.) et pour exiger un régime de « portes ouvertes » digne.

SOLIDARITÉ ACTIVE ET COMPLICITÉ AVEC LES PRISONNIERS EN LUTTE ET EN GRÈVE DE LA FAIM !

CONTRE LA PUNITION ET L’ISOLEMENT SOUS EXCUSE DE LA PANDÉMIE !

POUR LA DÉFENSE DE TOUS LES ACQUIS DE LA LUTTE À L’INTÉRIEUR DES PRISONS !

Buscandolakalle
bulletin d’information sur les prisonnier.e.s subversif.ve.s et des anarchistes en lutte dans les prisons chiliennes.

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Montevideo (Uruguay) : Solidarité

reçu par mail / jeudi 20 mai 2021

Du territoire usurpé par l’État uruguayen.
Dans la nuit du mardi 18 mai, nous avons décidé de bloquer, par le feu, l’une des voies d’accès à la ville de Montevideo.

Cliquer pour voir la vidéo


Nous nous sentons aux côtés des compas qui, jour après jours, défient la quotidienneté de la prison, en utilisant leurs corps comme un bastion pour lutter.
Nous envoyons leur un clin d’œil complice, fait d’amour et de rage, qui dépasse les frontières imposées par les États et le capital.

En mémoire de Mauricio Morales, compagnon tombé au combat le 22 mai 2009 ; nous voulons envoyer une accolade affectueuse et chaleureuse à ses ami.e.s et à ses affinités, qui le rappellent chaque jour dans la lutte.

Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s à travers le monde !

Pour l’extension de la révolte !
Vive l’insurrection permanente !
Vive l’anarchie !

En ce mois de mai de souvenir noir, nous nous souvenons des compas tombé.e.s au combat et, en solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s au Chili, en Italie, en Grèce et dans le monde entier, nous concrétisons notre rage par le feu complice et anarchique de la lutte.
Pour dépasser les frontières, les murs et les barreaux.

Pour l’extension de la révolte !
Vive l’insurrection permanente !

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Chili : Communiqué de fin de la grève de la faim des compas subversif.ve.s et anarchistes

Contra Info / mardi 11 mai 2021

Communiqué de fin de la grève de la faim

Aux peuples, aux individus, aux communautés et territoires en lutte et en résistance.
A celles/ceux qui se révoltent, face à ce présent d’oppression et de misère.
A nos bandes, nos familles, nos ami.e.s, nos complicités, compas et amours, à travers le monde.
A tout le monde !

« Les idées sans actions ne valent rien, ce n’est que de la merde théorique, du coup l’idée et l’action doivent être et sont une seule et même chose »
Mauricio Morales

Nous, prisonnier. e.s anarchistes et subversif.ve.s de la guerre sociale Mónica Caballero Sepúlveda, enfermée dans la prison pour femmes de San Miguel, Marcelo Villarroel Sepúlveda, Juan Flores Riquelme et Joaquín García Chanks, dans la prison de Haute sécurité (CAS), Francisco Solar Domínguez, dans la Section de sécurité maximale et Pablo Bahamondes Ortiz, dans le module 2 de la prison-entreprise Santiago 1, ainsi que Juan Aliste Vega, dans le CAS, qui y adhère mais n’est pas en grève, pour des raisons médicales, déclarons :

– notre décision de mettre fin à notre mobilisation, une grève de la faim (en continuant à ingérer de liquides), après 50 jours intenses d’agitation et d’action, dans les prisons et dans les rues, dans un cadre de contrôle pressant et de répression sociale, pour demander : Contre les peines à perpétuité ! Pour l’abrogation des modifications du décret-loi n°321 ! Et pour la libération de notre camarade Marcelo Villarroel !

Après tout ce temps pendant lequel nous nous sommes activé.e.s, nous déclarons qu’aujourd’hui nous sommes déterminé.e.s à mettre un terme à cette mobilisation et que nous recevons, le cœur plein de joie et avec complicité anarchiste et subversive, chacun des gestes et des initiatives qui ont été réalisés pendant cette mobilisation.

Depuis la Suède, la Finlande, la Grèce, l’Italie, la Catalogne, le Pays Basque, l’Espagne, l’Allemagne, le Mexique, le Guatemala, le Costa Rica, le Pérou, la Bolivie, la Colombie, le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine, le Chili et d’autres territoires où il y a de la Résistance et de l’Offensive, sont arrivées des initiatives complices et solidaires de la part de compas, qui, de multiples façons, ont agi et agissent en adhérant à nos combats, dans cette époque d’enfermement.

Depuis le ventre de l’ennemi, nous montrons une fois de plus que nous sommes loin de rester silencieux.ses, que nous sommes motivé.e.s et cohérent.e.s et que nous donnons de la continuité à une vie d’insubordination et de rébellion, en luttant depuis la prison pour la possibilité d’une pleine liberté, individuelle et collective, et en visant toujours à la destruction du système de domination dans tous ses dispositifs de contrôle ; ceci est et sera l’essence de nos vies et aujourd’hui, en tant qu’otages, nous soulignons avec insistance combien nous sommes fier.e.s d’avoir emprunté, contre toute attente, le chemin agité de la guerre sociale.

Pour cette raison, nous trouvons dans le passage à l’action qui comporte l’agir collectif des étapes importantes pour le développement de notre individualité dans son ensemble, nous reconnaissons nos différences et, en les surmontant, nous cherchons de nouveaux chemins communs par lesquels miner la pensée, avec la critique acérée de la négation ; aujourd’hui nous nous sentons plus à l’aise et plus uni.e.s que jamais, sur le pied de guerre, prêt.e.s et disposé.e.s à continuer dans cette bataille et dans toutes celles qui naîtront de nos luttes. C’est cette méthode-ci, cette forme, que nous laisserons momentanément de côté ; l’étincelle, l’idée qui a provoqué l’utilisation de cet outil reste intacte ; intacte et satisfaite de son action cohérente. Parce que nous sommes capables d’établir des liens d’affinité, réels, parce que nous nous présentons avec authenticité et décision ; mais il n’y a pas de formules parfaites, c’est la pratique de la vie elle-même qui nous unit dans la lutte quotidienne contre le pouvoir et toute sa réalité d’oppression et de misère.

Nous assumons comme des avancées importantes de la lutte, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, le fait de montrer clairement à tout le monde l’existence du décret-loi n°321 et l’emprisonnement à perpétuité que celui-ci cache, en montrant aussi que nous n’avons pas besoin de canaux institutionnels pour le faire et que nos voix, amplifiées, arrivent à être entendues comme la vérité de prisonnier.e.s qui luttent pour la libération totale, qui démasquent aussi l’aberration juridique représentée par ce décret-loi, qui jouit de la complicité de toute la classe politique qui soutient le pouvoir.

Nous avons aussi pu articuler une lutte à partir de différentes prisons et territoires et de différentes tendances révolutionnaires anti-autoritaires, à partir d’une solidarité subversive qui a su s’unir sur des critères communs et ce groupe de compas prisonnier.e.s, avec leurs réseaux complices et de solidaires dans différentes parties de la planète, en sort clairement plus fort, contribuant à la fraternité internationaliste pour la démolition des prisons et avec celle-ci à la lutte anti-carcérale dans chaque territoire.

L’état de mobilisation permanente continuera à vivre, par un ensemble de complicités et, certainement, d’amour en guerre.

En plus, nous considérons comme des avancées substantielles qui vont dans le sens de nos demandes :
– l’institution d’une caution de garantie en faveur de Marcelo Villarroel, pour qu’il puisse avoir accès à son droit à la demande de libération conditionnelle.
– La restitution de 665 jours de réduction de peine, pour Juan Flores Riquelme.
– L’activation d’un dispositif politico-juridique pour une remise en cause profonde du décret-loi n°321 et de ses implications néfastes dans les prisons d’État, ce qui exige que l’INDH [Instituto Nacional de Derechos Humanos, Institut national des droits de l’homme ; NdAtt.] prenne clairement position.
– L’attention et l’intervention spécifique d’autres organismes quant au régime d’isolement qui est vécu dans la Section de haute sécurité et la sections de Sécurité maximale.
– La non-application de punitions pour ceux/celle qui ont participé à la grève de la faim.

Nous savons que notre combat quotidien contre l’emprisonnement est plein de difficultés, d’autant plus que nous sommes dans des prisons et dans des situations juridiques et carcérales différentes, mais l’essentiel a été l’accord clair de tout notre univers actif de compas, qui à aucun moment n’a baissé les bras vis-à-vis de notre objectif de libération totale.

On peut tirer des milliers d’enseignements de ces 50 jours. L’essentiel, c’est la force de nos convictions qui, depuis la plus profonde horizontalité, dans l’affinité et l’entraide, a réussi, à travers une pluralité de formes d’action, à faire passer nos revendications dans de nombreuses langues et dans des nombreux territoires différents, en approfondissant la lutte anti-carcérale de cette époque.

C’est ici et maintenant que nous continuons à appeler à la persévérance et à l’action, en élevant le niveau des actions, en essayant de renforcer ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare, parce que le chemin que nous avons tracé a été, est et sera celui d’une lutte constante, millimètre après millimètre, qui exige les expériences et les volontés les plus amples.

Ce temps de lutte irréductible a été un joli acte collectif qui parvient à unifier les époques et qui reflet la continuité des luttes insurrectionnelles, partie des batailles multiformes de la guerre sociale.

Cette mobilisation, qui a duré un laps de temps considérable, est le résultat de toute notre haine et notre rage, transformées en action, et aucune barrière peut entraver notre position, qui représente un défi contre toute forme de domination ; notre condition de prisonnier.e.s subversif.ve.s et anarchistes se manifeste dans cette pratique qui dépasse le temps et l’enfermement.

Remuer les eaux, jusqu’à ce qu’elles parviennent à déplacer les pierres.

« De mon côté, j’ai choisi la lutte. Vivre dans la monotonie des heures moisies des personnes médiocres, des résignés, des nantis, des commodités, ce n’est pas vivre, c’est seulement végéter et transporter, sous une forme ambulante, une masse de chair et d’os. Il faut offrir à la vie l’exquise élévation du bras et de l’esprit ».
Severino di Giovanni

Nous considérons ce moment comme un tournant dans cet univers de compas prisonnier.e.s subversif.ve.s et anarchistes qui ont vécu la prison pendant des années, en subissant la lâche vengeance de l’État.

Notre choix a toujours été la lutte, devant nos frères et sœurs, sans rien cacher, en apprenant jour après jour de nos chutes et de nos erreurs et retournant toujours au combat sans jamais nous résigner.

Cette période de mobilisation, malgré le silence total du pouvoir et de sa presse servile, a été riche de différents gestes de solidarité, dont nous sommes reconnaissant.e.s, que nous admirons et respectons. A ceux/celles qui se lancer à l’attaque, à celles/ceux qui multiplient et amplifient la voix des prisonnier.e.s, à ceux/celles qui nous ont soutenu.e.s avec un attachement et une loyauté totale, à chaque compa qui résiste après des décennies d’emprisonnement et de longues peines, à notre frère Juan Sorroche Fernandez, aujourd’hui emprisonné dans la prison de Terni, en Italie, à son cœur irréductible , à Pola Roupa et à Nikos Maziotis va notre fraternité révolutionnaire, à nos complices de toutes les régions et territoires va notre amour dans la guerre.

Nous pensons aux exploité.e.s et aux rebelles en révolte dans la région colombienne, aujourd’hui meurtrie par les paramilitaires nazi-fascistes de l’État, et nous sommes solidaires avec eux/elles.

Nous pensons au Punky Maury et nous nous unissons à la Mémoire Noire de ce compagnon ; nous pensons à son passage à l’offensive, à son parcours, qui est liée à l’avancée constante des cœurs noirs qui continueront à faire exploser les égouts du pouvoir ; c’est le pari toujours mouvant de la nouvelle guérilla urbaine ; c’est la résistance dans le Wallmapu ; c’est la conscience irréductible qu’il n’y a ni maîtres ni esclaves ; ce sont les éternelles complicités visant à atteindre la justice ; c’est le plomb vindicatif contre ceux qui n’ont pas été punis ; c’est une marche sans retour à la recherche du bon chemin. C’est le fait de mettre le meilleur de chacun.e d’entre nous au service de notre liberté. Nous sommes un ensemble de complicités en lutte.

De même, nos luttes quotidiennes continuent :
– pour l’extension de la solidarité active avec les prisonnier.e.s subversif.ve.s, anarchistes, de la révolte et de la libération Mapuche !
– Pour la fin de la détention préventive comme outil de punition !
– Nous soutenons la demande des Mapuches d’appliquer la Convention n°169 de l’OIT à la situation de leurs frères et sœurs emprisonné.e.s.
– Pour la fin des sentences de la justice militaire contre Juan et Marcelo !

Nous continuons à porter tout haut chaque demande, qui nous a motivé dans cette urgence :
Pour l’abrogation des modifications du décret-loi n°321 !
Liberté pour Marcelo Villarroel !

Nous embrassons tou.te.s ceux/celles qui nous ont accompagné.e.s et toutes les personnes avec qui nous avons tissé et renforcé des liens dans ce moment de lutte autonome contre les prisons. Sans ralentir le rythme de l’action, en faisant appel à tou.te.s celles/ceux qui luttent contre l’État, la prison et le capital.

Avec la force de notre grand-mère, présente et éternelle, Luisa Toledo !
Nous continuons !!!!

Notre souvenir et anti-carcérale va a Daniel Vielma, Ramiro Silva, et à tous nos frères et sœurs qui ont lutté au prix de leur vie.

Avec la détermination pour une lutte éternelle !

Tant qu’il y aura de la misère, il y aura de la rébellion !
Mort à l’État et vive l’anarchie !
Tissons des réseaux, multiplions les complicités, faisons avancer l’offensive insurrectionnelle et subversive !
Ni coupables, ni innocent.e.s, insurrection permanente !
Contre toute autorité, autodéfense et solidarité !
Pour l’extension de la solidarité avec les prisonnier.e.s de la guerre sociale, de la révolte et de la libération mapuche !
Que les prisons explosent !

Pour l’abrogation de l’article 9 et rétablissement de l’art.1 du décret-loi n°321 !

Liberté pour Marcelo Villarroel et tous les prisonniers subversif.ve.s, anarchistes, de la révolte et de la libération mapuche !

Jusqu’à la destruction du dernier rempart de la société carcérale !
Jusqu’à la libération totale !

Santiago, Chile
Lundi 10 mai 2021
au 50ème jour de grève de la faim

Mónica Caballero Sepúlveda
Marcelo Villarroel Sepúlveda
Joaquín Garcia Chanks
Juan Flores Riquelme
Francisco Solar Domínguez
Pablo Bahamondes Ortiz
Juan Aliste Vega

Thessalonique (Grèce) : La solidarité c’est l’attaque

Act for freedom now! / mardi 4 mai 2021

La technologie a toujours été une puissant alliée de la domination. Mais aujourd’hui on peut dire qu’elle est l’une de ses armes les plus importantes. Ainsi, la technologie a envahi tous les recoins de notre vie quotidienne. Des « téléphones intelligents », des « montres intelligentes », des « maisons intelligentes » et même des « villes intelligentes ». Tout est prêt et prédisposé pour notre confort. Derrière cet confort apparent qu’on nous a donné, il y a un business énorme. Une collecte massive d’informations sur chaque individu. Évidemment, les sociétés de téléphonie mobile ont une place de premier plan dans cette situation. Toujours disponibles pour filer des enregistrements de conversations, des messages et toute les autres informations dont elles disposent, elles ont prouvé à maintes reprises leur bonne coopération avec les institutions du pouvoir.

Un de ces exemple est la période dystopique 2020-2021. Au premier avertissement d’un « emprisonnement de masse », ces entreprises se sont empressées de réconforter les gens avec des offres de forfaits, pour dorer la pilule pour des personnes qui étaient obligés de rester chez elle. Pourtant, ils ont été et sont encore l’un des instruments fondamentaux du contrôle social, étant donné que les autorisations de déplacements sont données principalement par sms et qu’à tout moment la protection civile a la possibilité d’envoyer des messages, avec des sons ridicules de sirènes hurlantes.

Au-delà de ce contexte social et de la situation de pandémie, nous savons bien que ces entreprises fournissent aux flics les informations que ceux-ci « souhaitent », lorsqu’ils veulent intenter des nouveaux procès et déclencher des nouvelles vagues répressives. Les interceptions de conversations téléphoniques, coupées et remontées selon les intérêts de la sécurité d’état, et la surveillance des personnes à travers leurs téléphones portables ont souvent été des éléments à charge contre des combattant.e.s/des exploité.e.s. Aux quatre coins du globe, cette coopération a aidé les pouvoirs en place à localiser leurs ennemis, à les emprisonner et à essayer de les exterminer de toutes les manières.

Notre haine de ce monde pourri est en train de déchire vos frontières, de démolir vos antennes, ne laissant que de la fumée qui envoie nos signaux de solidarité. Ainsi, dimanche 25 avril, nous avons mis le feu à une voiture de COSMOTE [la plus grande compagnie grecque de téléphonie mobile; NdAtt.], sur la rue du 25 mars, à Triandria [quartier de l’est de Thessalonique ; NdAtt.].

Nous dédions cette action aux compas Monica, Marcelo, Joaquin, Juan, Pablo, José, Tomas et Gonzalo [il y a aussi Francisco qui participe à cette grève de la faim ; NdAtt.] qui, le 22 mars, ont commencé une grève de la faim dans les prisons infernales du Chili, avec les revendications suivantes :
– l’abrogation de l’article 9 et le rétablissement de l’article 1 du décret-loi n°321, qui réglemente la « libération conditionnelle » (d’un.e prisonnier.e), et qui a transformé un droit en privilège.
– La libération du camarade Marcelo, qui est emprisonné depuis plus de 25 ans pour des actions contre l’État et le capital.
– La fin de la détention préventive, qui dure jusqu’à la condamnation, des personnes accusées d’actions dans le cadre du soulèvement.
– La révision des condamnations de Marcelo et Juan, qui se fondent sur la torture, sans qu’ils aient eu le droit de se défendre.

Nous voyons que partout dans le monde notre ennemi améliore constamment ses moyens, pour cibler les individus et dans un but répressif. Ne regardons pas ailleurs, donc, en pensant que tout cela est loin de notre propre réalité. Organisons-nous, armons nos pensées et nos désirs, afin de devenir cette flamme dangereuse dont on craindra qu’elle ne brûle, à un moment donné, tous ceux qui essayent par tous les moyens de l’éteindre.

POUR L’ANARCHIE
SOLIDARITÉ AVEC LES COMPAS AU CHILI
FEU AUX CELLULES DE L’ÉTAT
NOUS N’OUBLIONS PAS EMILIA, TUÉE PAR DES VIGILES PRIVÉS
LIBERTÉ POUR VANGELIS STATHOPOULOS

Groupes de troublions pyromanes

Buenos Aires (Argentine) : Une voiture incendiée en solidarité avec la grève de la faim dans les prisons chiliennes

Contra Info / samedi 24 avril 2021

« Les mesures coercitives ne peuvent que semer la haine et la vengeance. C’est un cycle fatal. Du reste, depuis que vous tranchez des têtes, depuis que vous peuplez les prisons et les bagnes, avez-vous empêché la haine de se manifester ? »
Alexandre Marius Jacob*

La nuit du dimanche 18 avril, en nous promenait dans la rue, sous les restrictions du couvre-feu, on a mis le feu à une poubelle et à une voiture haute de gamme : une Volkswagen Polo 1.6. Le théâtre de cette libération par les flammes se situe au 4000, calle Yerbal, dans le quartier de Flores.

Nous avons laissé sur place quelques tracts qui disent : « Vive la lutte subversive/insurrectionnelle. Notre solidarité est l’attaque. Liberté pour le prisonnier.e.s subversif.ve.s, anarchistes et mapuches. Merde au décret-loi 321 au Chili ! Liberté pour Marcelo Villaroel »

Au 28ème jour de grève de la faim !

PS : une salutation spéciale et une accolade au compagnon Juan Sorroche, pour son geste. Ils ne pourront pas nous arrêter.

* Note d’Attaque : A. M. Jacob, « Pourquoi j’ai cambriolé », déclaration au procès d’Amiens, publiée dans Germinal, n°11, 19 mars 1905.

Rome (Italie) : Une antenne-relais en feu

Round Robin / mardi 27 avril 2021

A l’aube du 24 avril, on a incendié une antenne-relais en via Tor Cervara, à Rome, en solidarité avec Juan et avec les compagnons chiliens en grève de la faim, avec tous les compagnons anarchistes enfermés dans les taules de leurs pays.

Pour l’anarchie et l’action directe

Porto Alegre (Brésil) : Action en solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s en grève de la faim

Contra Info / samedi 17 avril 2021

Aux compas Anarchistes qui luttent contre les prisons.
Avec amour et haine.

A quelques anarchistes, nous avons visité le siège du représentant de l’État chilien à Porto Alegre, peu avant son horaire « de travail » ; nous avons aspergé l’entrée des voitures avec de l’huile brûlée, en rendant ainsi difficile ou en bloquant l’entrée des voitures ; nous avons aussi laissé un pneu en feu sur le trottoir devant l’entrée et nous sommes parti.e.s en laissant des tracts qui disaient :
« Solidarité combative avec les anarchistes en grève de la faim dans les cachots de l’État chilien. Force à vous, guerrier.e.s , vous n’êtes pas seul.e.s ! Vive l’Anarchie ! »

Sachez qu’aucun.e guerrier.e n’est seul.e.
Voilà notre geste rempli de tendresse, en soutien à votre grève de la faim.
Force compas !

Komotiní (Grèce) : Pour la continuation de la tradition incendiaire

AMWEnglish / vendredi 23 avril 2021

« Il y a des personnes qui sont des balles, pour des armes qui ont disparu ou qui n’ont pas encore été découvertes. D’autres sont des couteaux qui ne reconnaissent que le cœur comme fourreau. D’autres sont des fleurs qui fleurissent dans le ciment. Le reste pourrait également ne pas exister. »

Depuis le 22 mars, des prisonnier.e.s politiques ont entamé une grève de la faim, à Santiago, au Chili. Les demandes des combattant.e.s sont que l’amendement du décret-loi n°321 ne passe pas. C’est une loi qui vise à tuer les prisonniers politiques, car elle réduit considérablement la possibilité de libération conditionnelle. Ils/elles luttent aussi pour la libération des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s, des prisonniers de la révolte [d’octobre 2019 ; NdAtt.] et de celles/ceux emprisonné.e.s à cause de la lutte de libération des Mapuches. Un exemple typique de la modification de la loi contre les ennemis du pouvoir est celui du camarade Marcelo Villaroel, emprisonné depuis 25 ans pour des attaques contre l’État et le capital. En vertu de cette loi, il n’aura pas le droit de faire une demande de libération conditionnelle avant 2036.

En voulant montrer notre solidarité avec les compas anarchistes chilien.ne.s, samedi 17 avril nous avons incendié un véhicule de l’État, appartenant à la région Macédoine orientale et Thrace, ainsi qu’un véhicule de la Sécurité. En voyant ces véhicules s’enflammer, un large sourire s’est formé sur nos visages, car notre action avait été une réussite.

Nous envoyons un signal de guérilla aux compas au Chili, qui luttent dans les rues avec rage et conscience, contre le pouvoir et ses défenseurs. Des batailles qui maintiennent vivant et actuel le pari de la révolte anarchiste permanente, menée avec les armes, le feu, le plomb et la passion, pour la destruction de l’existant.

En suivant le réveil du mouvement anarchiste en Grèce, à l’occasion de la grève de la faim et de la soif de Dimitris Koufontinas, nous avons vu la dynamique et les effets de la lutte anarchiste multiforme, avec des éventements de masse, des conflits avec les forces de la répression, des interventions de toutes sortes, ainsi qu’une vague impressionnante d’attaques anarchistes, avec des centaines de coups de guérilla et de sabotages, ce qui a déplacé la peur et la guerre dans le camp ennemi. La flamme de la révolte anarchiste reste vivante en Grèce. Ici, la résurgence de la guérilla a déjà commencé.

Conspiration anarchiste pour la diffusion de la révolte « Sebastian Oversluij Seguel »