Close

La petite suggestion de Lagertha

Érigé sur la pointe nord de l’île danoise de Seeland, le majestueux château d’Elseneur a contrôlé pendant quelques siècles le détroit menant vers la mer baltique. Si ce monument fait aujourd’hui encore la fierté des habitants du coin, d’autres ne manquent pas de rappeler avec malice qu’il reste surtout connu en dehors de l’île pour avoir servi de cadre à une célèbre tragédie, de laquelle on ne retient généralement que le fait qu’ « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Et qui plus est, on ne peut même pas compter sur l’actualité récente pour démentir le vieil adage shakespearien. Au contraire. N’est-ce en effet pas là que le 3 juin dernier a été votée la loi permettant de dégager en masse les demandeurs d’asile du pays, en sous-traitant désormais leur « accueil » à des pays-tiers hors Union européenne le temps de l’étude du dossier (des discussions sont en cours avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Rwanda) ? Et n’est-ce pas ce territoire du vieux continent qui a été pionnier dans l’imposition à la population d’un Coronapas dès le 21 avril, obligatoire pour les plus de 15 ans dans les cinémas, les stades, les bibliothèques, les bars ou encore… les auto-écoles et autres salons de coiffure ?

D’un autre côté, c’est également dans ce pays nordique qu’une petite suggestion anonyme a alors resurgi, offerte à tous les contestataires qui brûlent actuellement d’en finir avec ces nouvelles mesures liberticides. Une petite suggestion qui s’est même répétée par deux fois (au cas où quelqu’un n’aurait pas bien entendu) à une trentaine de kilomètres du château d’Elseneur, en touchant précisément quelque chose de pourri du royaume du Danemark et d’ailleurs. Celle-ci consiste rien moins qu’à perturber les contrôles d’identité de la police et ceux du QR code sanitaire effectués par n’importe quel autre larbin en sabotant les ondes qui connectent smartphones et tablettes à leurs indispensables bases de données en tout genre.

Vejby (Danemark), 25 mai 2021

La première alarme pour les autorités est venue dès le 25 mai dans le bourg de Vejby, près de la côte zélandaise de Kattegat, à environ 50 km au nord de Copenhague. Là, un incendie nocturne s’est déclaré contre une antenne-relais et son bâtiment adjacent, coupant l’ensemble des opérateurs de téléphonie mobile de la zone. Mais ce n’est pas tout, puisque les autorités ont révélé sur la pointe des pieds que l’infrastructure calcinée hébergeait en sus non seulement un radar de l’armée pour la surveillance des eaux (en l’occurrence de la Marine), mais aussi plusieurs équipements du réseau crypté de la police danoise nécessaire aux contrôles (SINE, SIkkerhedsNettet). Les enquêteurs d’abord circonspects ont vite été intrigués par la présence « d’un grand trou effectué dans la clôture à l’arrière de l’installation sécurisée », puis ont immédiatement bouclé la zone avant de la faire ratisser par des chiens toute la journée du lendemain.

Helsinge (Danemark), 15 juillet 2021

La seconde alarme est venue le 15 juillet dernier dans la ville de Helsinge, située à 5 kilomètres de Vejby, lorsqu’une seconde antenne-relais est partie en fumée vers 2h30 du matin. Cette fois encore, le feu a rongé les câbles entre le bâtiment hébergeant les équipements de télécommunications et l’antenne elle-même, avant de grimper le long de cette dernière. Les autorités dépitées ont alors précisé que « tout lien avec des incendies antérieurs de nature similaire sera également inclus dans l’enquête », puis ont là aussi fait appel à de fidèles canidés (ceux à quatre pattes) pour inspecter la zone.

Tandis que les fins limiers danois, certes moins rodés en la matière que d’autres collègues européens, se penchent à présent sur la fumeuse théorie des auto-combustions d’antennes – certainement lasses de servir le contrôle policier et sanitaire ou d’assister au télétravail –, comme sur le fait qu’il puisse « simplement s’agir d’une étrange coïncidence », on pourrait de notre côté se risquer à une autre hypothèse. Et un peu plus réaliste, que diable !
Pour cela, il nous faut remonter aux mythiques skjaldmö vikings, ces guerrières au bouclier qui combattirent parfois à plusieurs centaines contre les Goths ou les Huns, selon le récit des sagas nordiques. L’une d’entre elles, peut-être la plus connue, se nommait Lagertha et avait gagné le Valhalla il y a plusieurs siècles déjà, lorsqu’elle comprit soudain qu’attendre auprès d’Odin la grande catastrophe finale n’était qu’un décalque millénariste des inepties chrétiennes. Et que quitte à finir en ce fade 21e siècle sous forme de musique électro, de jeu vidéo, de série télévisée ou pire, de fantasmes néo-nazis, autant retourner direct à Kattegat pour saccager tout ce qui avait rendu cela possible. Une fois revenue dans sa chère baie, c’est donc là, au printemps dernier, qu’elle fut écœurée par ce monde médié par toujours plus d’appendices technologiques, où trop d’êtres brandissent avec délectation l’écran de leur propre servitude. Loin de toute résignation, elle entreprit alors une fois de plus de « glisser la panique de ses amis vers le camp ennemi », comme le contait déjà l’odieux moine qui transcrivit autrefois sa légende. Si elle manquait certes de temps pour comprendre les nouveaux rapports sociaux à l’origine de tout ce merdier, il en fallut peu pour incendier avec délice les deux tours de câbles et de radars qui l’environnaient. Non seulement ces structures de télécommunication heurtaient sa propre sensibilité, non seulement elles barraient tout horizon désirable, mais elles procuraient aussi concrètement à l’ennemi les moyens d’un contrôle diffus permanent lui épargnant de nombreuses batailles.

En apprenant un peu plus tard ce que le poète anglo-saxon avait casé dans Hamlet à propos du Danemark, Lagertha ne put s’empêcher de sourire. Cheminant au bord des vagues, elle continua même de plus belle, en songeant que si l’ensemble de la planète était désormais touchée par une même pourriture technologique nous privant petit à petit de toute autonomie, le remède primitif qu’elle venait d’employer par réflexe à Vejby comme à Helsinge fonctionnait par contre toujours à merveille…

[synthèse de la presse danoise, 31 juillet 2021]

Wanted interconnectés

Saarlouis, petite bourgade allemande de 35 000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres de Metz (Moselle), ne fait pas souvent parler d’elle de ce côté-ci en dehors des manuels d’histoire. Les nostalgiques d’une France expansionniste se souviendront par exemple que cette ville-forteresse fondée par Vauban en 1680 est restée un morne poste frontalier jusqu’à la chute de l’empire napoléonien en 1815, avant de redevenir hexagonale par deux fois lors de l’occupation forcée de la région de la Sarre ayant suivi chaque guerre mondiale (1920-1935, 1945-1956). Quant aux plus autoritaires, ils écraseront certainement une larme en découvrant que Saarlouis fut la ville de naissance de Marx-père, né sujet du Royaume de France et mort sujet du Royaume de Prusse, alimentant peut-être la vindicte de son célèbre rejeton contenue dans sa lettre à Engels du 20 juillet 1870 lors de la guerre franco-prussienne, quelques mois avant que la Commune de Paris ne vienne rebattre les cartes : « Les Français ont besoin d’une raclée. Si les Prussiens l’emportent, la centralisation du pouvoir d’Etat favorisera la centralisation de la classe ouvrière allemande… la suprématie allemande déplacerait [enfin] le centre de gravité du mouvement ouvrier ouest-européen en le transférant en Allemagne. »

Oubliée de beaucoup, Saarlouis a pourtant refait parler d’elle le 2 juillet dernier, lorsque le journal Bild a publié deux photos du visage d’un inconnu (masqué) en pleine action, capté par une caméra de vidéosurveillance, sous ce titre retentissant : « Prime de 2000 euros offerte. Qui connaît cet incendiaire d’antennes-relais ? ». Jusqu’alors plutôt discrète sur des faits qu’elle n’avait pu entièrement taire, et certainement lasse de faire chou blanc, c’est donc aux lecteurs d’un torchon populiste que la police a décidé de faire confiance pour l’aider dans ses recherches, n’ignorant pas qu’une bonne partie de son lectorat est justement composé des milliers d’ouvriers et de leurs familles de l’usine automobile Ford-Europe, qui fait vivre la bonne ville de Saarlouis depuis une cinquantaine d’années. Rien de nouveau sous le soleil en tout cas, puisque la pratique délatoire du journal du groupe Springer et son étroite collaboration avec la police remonte aux lointaines et tumultueuses années 60 contre les dits « groupes extraparlementaires », ce qui lui avait d’ailleurs valu de nombreux déboires, y compris explosifs.

En ces temps de télétravail, d’enseignement à distance et autres pass sanitaire ou billets de train sur smartphone, l’heure semble en tout cas suffisamment grave pour que les autorités aient émis un Wanted photographique en bonne due forme, avec sa petite prime offerte aux chasseurs citoyens d’ennemis publics. Car de quoi s’agit-il, en réalité ? Rien moins que d’une série d’incendies volontaires contre des antennes de téléphones portables, d’armoires de distribution de téléphonie et de stations électriques dans le district de Sarrelouis, qui ne semblent pas vouloir s’arrêter. Le premier d’entre-eux remonte au 30 mai dernier, lorsque trois antennes-relais partent en fumée l’une après l’autre à quelques kilomètres de distance, deux situées le long de l’autoroute A8 (à Schwarzenholz et à Hülzweiler) et la troisième près du Saarpolygon, gigantesque monument d’acier à la gloire de l’industrie charbonnière situé à Ensdorf au sommet d’un terril, où une image du promeneur sous la lune sera d’ailleurs capturée. A chaque fois, les usagers seront non seulement privés de connexion sur leurs smartphones, mais parfois aussi d’internet.

Les nuits et les semaines suivantes, et puisqu’il faut bien varier les plaisirs tout en déjouant une surveillance policière planifiée, ce sont cette fois des armoires de distribution téléphonique puis deux postes de transformation électrique qui seront pris pour cible (le premier à Hülzweiler le 8 juin, et le second à Saarlouis le lendemain). Si les uniformes ne souhaitent pas livrer plus informations sur la liste des infrastructures détruites ou la fréquence ultérieure de ces attaques, ils ont simplement précisé qu’elles se sont déroulées dans toute la zone, à Schwalbach, Saarwellingen et Ensdorf, plus quelques incursions jusqu’à Saarlouis même, portant leur total à neuf attaques incendiaires au 11 juin dernier. Les enquêteurs se plaignent également de l’absence de toute revendication qui aurait pu les orienter vers une piste quelconque, et ajoutent que c’est après avoir passé plusieurs nuits blanches à planquer en vain devant certaines installations qu’ils se sont résignés début juillet à lancer ce Wanted en diffusant les images du saboteur, tout en sachant que la Sécurité d’Etat travaille aussi sur l’affaire, vu qu’il s’agit d’ « infrastructures critiques ».

Pour qui pense que saboter l’un des piliers technologique de la domination n’est certainement pas une mauvaise idée en soi, et que l’anonymat de ces attaques permet en plus à quiconque les partage de s’y reconnaître et de les porter plus avant, il aurait été dommage de ne pas se réjouir de celles survenues à Saarlouis. Par contre, lorsqu’on s’inquiète du fait que ces attaques « pourraient avoir de graves conséquences » en coupant aussi en passant les « appels d’urgence » destinés aux autorités, comme s’en est alarmé le groupe antifasciste local Antifa Saar/Projekt AK, en relayant la déclaration du directeur général d’un fournisseur de téléphonie mobile concerné, il est certain que rester sans rien faire ne pouvait être la solution. Alors autant y aller franco, d’autant plus lorsqu’on s’assigne une tâche aussi lourde que celle de combattre le fascisme, tout en restant aveugle à un totalitarisme technologique dont les plus farouches ennemis ne peuvent qu’être des bas de plafond.

C’est sans doute pour cela, et bien sûr pas pour aider le pouvoir à dénicher le coupable – ooooh non –, que ces amis de la connexion permanente ont publié sur leur site les résultats de leur propre enquête le 16 juin dernier sans même attendre les (vaines) conclusions de celle de la police, afin d’identifier si derrière ces sabotages ne se trouvaient pas des complotistes locaux anti-5G  ! Dans la logique toute campiste qui caractérise certains antifas, voulant par exemple que lorsqu’un ennemi s’en prend à un lieu d’oppression (par exemple des néo-nazis contre un lieu de culte ou contre une structure de contrôle étatique des réfugiés) il nous faudrait protéger nous-mêmes ces endroits plutôt que de jouer une partition dissonante, on serait curieux de savoir si le variant sarrois serait allé jusqu’à protéger les antennes en cas de réponse positive à leurs petites investigations. Mais passons. Toujours est-il qu’après avoir repris la propagande étatique sur la dangerosité potentielle de ces actes afin de mieux s’en dédouaner ; puis avoir souligné en toute innocence « qu’il n’est pas rare, notamment dans les milieux terroristes de droite, de se passer de communiqué de revendication » ; puis avoir reproduit des captures d’écran de messages internes extraits du groupe Telegram « Corona-Rebellen » appuyant ou se réjouissant de sabotages d’antennes (en Italie) ; leur attachée de presse officielle a tenu à révéler au monde le message qui suit : « Nous ne pouvons pas déterminer avec certitude si les attaques contre les antennes ainsi que les installations Internet et d’approvisionnement en énergie dans la région de Saarlouis ont en fin de compte été menées par les cercles de Corona-Rebellen & Co. Mais il y a beaucoup à dire sur cela – et il est facile de répondre à la question de savoir qui serait capable de faire ce genre de choses. La déclaration du porte-parole de la police selon laquelle il n’existe aucun indice menant à une action politique est donc tout simplement fausse.»

Au-delà de cette odieuse logique investigatrice qui sert bénévolement la soupe à la répression étatique au nom de la lutte antifasciste, reste une petite question qui semble aussi tarauder le petit monde militant de ce côté du Rhin : que penser d’actes totalement anonymes contre des cibles technologiques comme les antennes, quand on sait qu’il existe par ailleurs des d’idées très hétérogènes (dont certaines exécrables) qui peuvent animer les différents individus s’en prenant à elles ?
On nous dira peut-être que c’est une fausse question, au sens où le monde n’étant pas rempli d’anarchistes ni de révolutionnaires, elle pourrait dans ce même cas être posée quelle que soit la cible, qu’il s’agisse d’une permanence électorale, d’un engin de chantier, d’un utilitaire de telle ou telle marque, d’un commissariat, d’une église, d’une entreprise polluante, d’un mirador de chasse, etc. On nous répondra peut-être aussi que c’est une question sans objet, au sens où tenter d’identifier –même hypothétiquement– l’auteur (et les idées derrière) d’un acte entièrement anonyme relève avant tout d’une mentalité de flic. Car en effet, dans le contexte où nous vivons, des attaques se produisent quotidiennement contre des structures en tout genre : une partie de ces attaques est rendue publique par les autorités ou les responsables visés, on ne sait pas qui les commet, mais cela n’empêche ni de nous en réjouir, ni d’appuyer et de défendre celles qui nous parlent, nous stimulent et dont on souhaite la multiplication, évidemment pour nos propres raisons, analyses et perspectives, et puis… basta.
Oui basta. Parce qu’au fond, l’essentiel de la question ne concerne pas les pourquoi supposés de parfaits inconnus sur lesquels on ne saura de toute façon jamais rien (sauf en cas d’éventuelle arrestation, ce qu’on ne souhaite à personne), mais comment nous voulons, au sein de la guerre sociale, faire résonner les actes qui nous parlent et vibrent avec nos idées. Qu’ils soient collectifs ou individuels, diffus ou particuliers, largement partageables ou méchamment hétérodoxes, complètement anonymes ou labellisés subversifs, à l’ombre des projecteurs ou publicisés par leurs auteurs de différentes façons. Selon les cas, ces actes peuvent non seulement parler à des individualités variées, mais aussi dialoguer directement entre eux, y compris lorsqu’ils sont accomplis par des révoltés contre tel ou tel aspect de l’existant, et il n’y a aucune raison d’en ignorer une partie au seul prétexte qu’ils ont été réalisés sans autre expression publique que celle leur existence. Car si le monde n’est certainement pas rempli d’anarchistes, il n’est pas pour autant uniquement peuplé de fascistes et de réactionnaires (comme si les progressistes valaient mieux !), et d’autant moins lorsqu’on évoque des structures de la domination qui font l’objet de nombreuses contestations et critiques (quoi qu’on pense par ailleurs de leur caractère trop partiel)… comme c’est par exemple justement le cas des antennes-relais.

Mais pour en revenir à Saarlouis même et à ses Wanted croisés lancés de toutes parts contre les neuf sabotages de structures de communication et d’énergie, que pouvait-on voir sur le court extrait de la vidéosurveillance diffusé par les flics et ses plumitifs, avec un treizième mois à la clef pour la meilleure poukave de la ville ? Un homme seul qui découpe vers 2h du matin le grillage d’enceinte d’une antenne, répand ensuite un liquide inflammable sur les câbles et y met le feu. C’est tout ? Oui, des gants, une pince, une hachette pour défoncer le cadenas, une bouteille remplie d’essence, un briquet puis la déconnexion de toute une zone, soient des moyens et un mode opératoire très simples à la portée de tous, expliquant peut-être la réticence initiale des poulets à colporter un si mauvais exemple. Car si n’importe quel individu un peu insomniaque et déterminé peut ainsi couper impunément les veines du meilleur des mondes connectés, où va-t-on, n’est-ce pas ?
Ou plutôt, ce n’est pas tout à fait tout, puisqu’une partie du visage de l’inconnu a été chopée malgré sa casquette/capuche à l’aide d’une caméra à vision thermique fixée sur le pylône à environ cinq mètres de hauteur, juste au moment où celui-ci a levé sa tête plutôt que ses yeux afin d’évaluer l’enchevêtrement des câbles, et juste dans l’angle de la caméra plutôt que d’un peu plus loin. Un dispositif de vidéosurveillance nocturne qui risque bien de se multiplier ici aussi, au vu des plus de 120 sabotages d’antennes officiellement recensés par les autorités depuis mars 2020, et de la convention nationale signée le 9 mars de cette année entre le ministère de l’Intérieur et les opérateurs afin de les protéger. Une convention qui est en train d’être déclinée département par département, sous l’égide de chaque préfet.

A bons entendeureuses masqué.e.s… salut !

[Synthèse de la presse sarroise, 17 juillet 2021]

Roberval (Québec) : beau comme un tribunal réduit en cendres

A force de voir tant d’hommes et de femmes menottés être trimballés sans ménagement à travers d’interminables couloirs, puis partir en taule à la nuit tombée… A force d’assister à tant d’audiences en visioconférence où câbles et écrans empêchent désormais de cracher physiquement à la gueule des juges, ou de réfléchir plein de rage au bon moment pour sauter du box et tenter de prendre la poudre d’escampette… A force de contempler un bel échantillon de ce que le genre humain peut offrir de plus vil – bourreaux en uniforme, crapules en toges, journalistes consciencieux, experts de la raison du plus fort, greffiers je-ne-fais-que-mon-travail, balances repentantes… A force d’entendre les plaintes de beaux parleurs réclamer ce qu’un outil de la domination ne peut structurellement pas leur donner, à savoir une justice ou une vérité, qui plus est inexistantes au ciel comme sur terre… A force même, qui sait ?, de réflexions sur l’incompatibilité absolue entre autorité –celle qu’il incarnait si bien– et liberté… le tribunal de Roberval est parti en fumée dans la soirée du 8 mai 2021. Mais après tout, la célèbre devise du blason de cette petite bourgade québecoise située au bord du lac Saint-Jean ne professe-t-elle pas fièrement « À cœur vaillant, rien d’impossible » ?

Bien que les humains
aient souvent piètre mémoire, celle qui était l’une des dernières bâtisses historiques de la ville (1910), se souvient par contre très bien que dès l’année suivante lui fut adjointe une prison régionale. Certainement pour marquer une supériorité civilisationnelle sur leurs prédécesseurs des rives du lac, les nomades Innus, qui méconnaissaient jusqu’à leur arrivée autant les splendeurs de la centralisation étatique que ses progrès en matière de torture institutionnelle sous forme d’enfermement de masse. En la matière, l’imposant édifice de granit rose désormais calciné se souvient par exemple que le premier prisonnier qui fut jugé puis incarcéré dans cet ensemble aussi fonctionnel qu’expéditif couplant tribunal et taule, le fut pour deux mois ferme après avoir transféré trois dollars d’une poche à l’autre, ou qu’une femme y fut condamnée en 1926 à mort par pendaison dans la cour de l’enceinte, accusée d’avoir empoisonné son mari. Ou encore que des insoumissions, résistances et mutineries ont secoué ses murs épais, comme celle contée avec dépit par un maton des années 80, qui fut pris en otage par un prisonnier ayant réussi à scier des barreaux avant de lui arracher de force son trousseau de clés pour se diriger vers la sortie en inversant les rôles.

Mais, objecteront peut-être quelques esprits chagrins, cette prison adjacente ne fut-elle pas démolie l’année dernière après avoir définitivement fermé en 2015, soit tout de même plus d’une centaine d’années de bons et loyaux services rendus au pouvoir ? Certes, mais d’une part ce fut pour en reconstruire une nouvelle à 115 millions de dollars à l’extérieur de Roberval, surnommée l’Alcatraz du Québec par la presse à cause de ses moyens high tech destinés à écraser les corps et les esprits en les empêchant de s’évader, et d’autre part cette démolition avait pour objectif de profiter de l’espace gagné afin de quintupler la taille du Palais d’infâmie, dont les travaux étaient engagés depuis septembre 2019… avant de partir en fumée.

Malgré tout cela, et puisque le hasard fait parfois bien les choses, chacun pourra constater qu’alors que l’incendie du tribunal de Roberval (sur les causes duquel les autorités de gardent bien de se prononcer) aurait pu éclater n’importe quel jour de la semaine et à n’importe quelle heure, il a choisi de se déclarer en dehors des horaires de chantier et d’ouverture des salles d’audience, soit juste avant 19h, mais aussi un samedi soir quand la plupart des braves citoyenssont encore de sortie et s’empressent de finir leurs courses avant de rentrer chez eux pour le début du couvre-feu. Assurément de quoi leur offrir un rêve grandeur nature qui a été visible trente kilomètres à la ronde, certainement plus réel que n’importe quelle série dévorée le temps d’un week-end confiné : celui de la seule réforme intéressante de la justice, en tout cas lorsqu’on tient encore à la liberté.

Enfin, petite précision utile, bien que les pompiers des six casernes de Roberval aient mis onze minutes avant d’arriver, vite rejoints par leurs collègues de Saint-Félicien, Chambord, Sainte-Hedwidge et Mashteuiatsh, la danse des flammes est cependant parvenue à faire coup double. Elle a ainsi ravagé les deux parties du tribunal, autant la nouvelle en cours de construction que celle du bâtiment initial, puisque selon les premiers constats policiers celle-ci a justement commencé son chaleureux ballet pile à la jonction entre les deux structures. Quand on vous dit que le hasard fait parfois bien les choses, en choisissant même l’endroit le plus adéquat pour livrer cette odieuse structure du pouvoir à une destruction sans merci !

Le moins que l’on puisse dire, c’est donc que les travaux en cours à 66 millions de dollars avec livraison initialement prévue en 2024 ne sont même plus simplement à reprendre à zéro mais ont reculé d’une bonne longueur, puisqu’y compris les salles historiques dans lesquelles le tribunal continuait de siéger sont maintenant hors d’usage à Roberval pour un bon bout de temps…

[synthèse de la presse québecoise, 8-9 mai 2021]

Même les castors s’y mettent

[On avait déjà pu apprécier en août 2020 le travail des rongeurs à Privas (Ardèche) qui avaient envoyé en tilt 14 antennes-relais, et précédemment celui des petits amis férus de câbles qui avaient eu le bon goût de déconnecter la mairie de Poitiers (Vienne) grâce à leur appétence particulière pour la fibre optique. Cette fois, une nouvelle identique nous est parvenue de castors canadiens. Et comme il y a un an, « Qui sait à présent si certains animaux imaginatifs à deux pattes sauront saisir le message à leur façon pour alimenter autre chose que leur estomac ? Ce ne sont en tout cas pas les bonnes raisons qui manquent ».]

Des castors privent une ville entière d’internet pendant
36 heures

Métro Belgique, 30 avril 2021

Une petite ville de moins de 1.000 habitants s’est retrouvée sans internet pendant 36 heures à cause de castors. La panne a été identifiée vers 4h du matin samedi dernier à Tumbler Ridge, à l’ouest du Canada.

Lorsque les techniciens sont arrivés sur les lieux, ils ont trouvé des câbles complètement rongés, alors que ceux-ci se situent généralement un mètre sous terre et sont protégés par une gaine d’une dizaine de centimètres. Mais cela n’a pas fait peur aux rongeurs, qui ont endommagés le matériel sans aucun scrupule pour les habitants du village.

« Notre équipe a localisé un barrage à proximité, et il semble que les castors ont creusé sous terre le long du ruisseau pour atteindre notre câble. Les castors ont d’abord mâchouillé la gaine avant de mâchouiller le câble à plusieurs endroits », a indiqué dans un communiqué Telus, la compagnie de télécommunication touchée par la panne.

Les animaux ont donc utilisé le matériel pour construire leur barrage. Les 1.000 personnes concernées par cette coupure ont retrouvé un accès à internet le dimanche après-midi, 36 heures après le début de la panne. Les travaux ont en effet pris plus de temps à cause du sol gelé au-dessus du câble.

Monologue dans le vide de la grande antenne avant de s’éteindre

« Je veux m’en aller, je n’en peux plus de l’immobilité de ces gens, qui passent en-dessous de moi sans même me remarquer, alors qu’ils se tapent les ondes électromagnétiques que j’émets et restent les yeux fixés sur leurs smartphones comme des automates hagards, smartphones qui ne sont rien d’autre que l’outil qui les contrôle, les anesthésie et les abrutit, à leurs dépens mais pour le bien de l’Etat et des multinationales. A tout moment, de l’usine au petit tour dans le parc avec le chien, ils emmènent avec eux le bâton et la carotte de leur servitude obstinée. Il semble bien qu’ils se fichent d’être devenus complètement soumis à un rectangle composé d’une puce et d’un écran couleur LCD. Il semble qu’ils se foutent comme de l’an quarante d’être pris pour des cobayes et des marionnettes, réduits à l’os par une vie gouvernée, schématisée, happée et violée par un pouvoir schizophrène qui s’érige en défenseur ultime de la vie même, quand il agit pour lui de défendre l’économie et les privilèges, avant de démontrer dans les faits que la vie humaine, vraie, libre et complète, vaut moins que zéro. Ces bien-pensants peu pensants que je vois défiler chaque jour dans la rues de Rome, passent à mes pieds en laissant tout passer.

Hier ils se faisaient massacrer au travail, dans la rue, ils se laissaient inhaler toutes sortes de poisons, ils baissaient des yeux indifférents face à ceux qui meurent de faim et fulminaient contre celui qui est différent, apeurés de pouvoir perdre les maigres privilèges qu’ils avaient. Aujourd’hui je les vois courir bouleversés d’un endroit à l’autre à la recherche de quelqu’un qui puisse leur injecter dans le corps un extrait chimique dont ils n’ont pas la moindre connaissance et garantie, sinon celle donnée par ceux qui leur ont vendu cet extrait chimique. Ils ont une confiance, résignée et prostrée, dans leur gouvernement, dans le fait que ce dernier ait tant à cœur de les protéger et de les rendre à nouveau sains, propres, opérationnels.
Peu importe si ce gouvernement les a toujours laissés mourir, eux et les autres habitants de cette immonde planète. Morts au travail, morts en prison, morts de soins audacieux, pressés et inutiles dans les hôpitaux, morts dans les commissariats et les casernes, morts dans les rues, morts dans les guerres, morts en mer. Leur gouvernement se fout des morts, leur gouvernement est né et vit de la mort, c’est son pain quotidien. Sans la mort et la peur qu’elle instille chez ses citoyens, l’État périrait et succomberait aux émeutes et aux révoltes. La peur de la mort chez ses sujets et sa qualité de garant du salut, voilà sa force. Voilà la force du Dieu État.

Ces êtres déambulants feraient n’importe quoi pour leur supposé « salut ». Ils se barricadent volontairement à la maison sans jamais sortir, ils sont prêts à risquer la thrombose cérébrale en se faisant vacciner, de surcroît sous la menace de licenciement. Ils lisent le journal et applaudissent les nouveaux dirigeants et leurs politiques meurtrières, pour s’indigner lorsqu’ils réalisent l’effet négatif de ces politiques sur leur peau, et alors ils descendent dans la rue en compagnie de n’importe qui, même des pires rampants fascistes, pour aller gémir devant les matraques, se faire tabasser puis, incrédules et terrifiés du traitement de routine qui leur est réservé par l’Etat à travers la police, se distancient et enragent contre celles et ceux qui choisissent de ne pas se faire frapper et se défendent ou attaquent avec violence. Pourtant, ces êtres usés, répugnants et tristes, acceptent n’importe quoi, ils sont prêts à être étudiés, surveillés, contrôlés, organisés. Bientôt, ils seront prêts à se déplacer comme un troupeau, entrant dans les musées et les concerts en groupes ordonnés, le carnet de vaccination à la main, attendant impatiemment d’être introduits pendant quelques heures pour subir un paquet préchauffé de culture des riches et de misère musicale.

Mais comment font-ils à ne pas comprendre, à ne pas se rendre compte ? Ils réussissent vraiment à accepter tout cela sans bouger un doigt ? Je suis un amas électrique de fer et de câbles, créé par des humains et doté d’aucune forme évidente de pensée, et pourtant je n’en peux plus de me trouver face à ce dégoût. Je veux y mettre fin. Et si personne ne vient me saboter et me mettre le feu maintenant, je jure que d’ici cinq minutes je me mets le feu tout seul et je dis adieu à cette misère quotidienne, à ce petit théâtre macabre et grotesque que ceux dotés de respiration ont le courage d’appeler vie. Un truc en fer comme moi n’est peut-être pas capable de comprendre ce qu’est vraiment la vie, mais j’ai compris la dignité et ce que j’en vois de l’extérieur ne lui correspond pas du tout. Soyez heureux, humains et humaines, je fais un acte d’amour envers vous, même si vous ne le méritez peut-être pas, et je m’éteins. Ou mieux, je m’allume. Allez vous faire voir. »

L’antenne 5G qui est partie en fumée pour une raison mystérieuse à Rome, dans le quartier Tor Tre Teste la nuit dernière, n’a probablement rien pensé de tout cela, mais cela me plaît, romantiquement, de penser qu’elle l’ait fait et qu’il s’est agi d’une belle manière, pour un pylône, de briller de sa propre lumière et de disparaître avec dignité. Peu importe s’ils en construiront tout de suite un autre, peu importe qu’il se soit agi d’un court-circuit ou de souffles subversifs. C’est l’idée qui compte, non ? Ou plutôt, qui sait si les libres citoyens qui passent tous les jours sous feue la petite antenne (vingt-cinq mètres de hauteur) remarqueront ce qui s’est passé, ou seront trop occupés par le dernier post ou par le chiffre des morts sur le journal. S’ils continueront à se faire passer dessus ou s’ils passeront enfin sur tout, le feu à la main et la fumée dans le ciel. R.I.P. petite antenne, que mille autres comme toi suivent ton exemple.

[traduit de l’italien de nereidee, 15 avril 2021]


Alerte à Tor Tre Teste, l’antenne 5G brûle : le pylône sous séquestre
Corriere della sera, 15 avril 2021 (traduction, extrait)

Feu nocturne dans la cabine électrique de l’installation. Les pompiers sont sur place avec les carabiniers et les techniciens d’Acea Reti pour la déconnexion de l’alimentation électrique. Mystère sur les causes de l’incendie.

L’antenne 5G de via di Tor Tre Teste, dans le quartier Alessandrino à Rome, a été mise sous séquestre. Cette mesure prise par les carabiniers est la conséquence de l’incendie qui s’est déclaré mercredi soir sur ce pylône de 25 mètres de haut éteint par une équipe de pompiers avec l’appui d’un camion et de sa grande échelle. Les enquêtes sur les causes de l’incendie, qui a mis hors service cette installation de dernière génération se poursuivent. Une surchauffe du système n’est pas exclue. À leur arrivée, les pompiers ont éteint les flammes qui avaient affecté les câbles et les batteries de secours de la cabine électrique avec des extincteurs à poudre.

Acceptable

Nous nous sommes trompés, nous l’admettons. Mais c’était un réflexe conditionné qui a la peau dure. Ce matin, en lisant les nouvelles, nous n’avons pas pu contenir un élan de joie en apprenant que la nuit dernière, la porte d’entrée de l’Istituto Superiore di Sanità [équivalent de l‘Inserm] a été incendiée à Rome. Quelqu’un l’a aspergée de liquide inflammable et y a mis le feu, avant de disparaître. Les gardes sont aussitôt intervenus en donnant l’alerte et les dégâts sont limités, mais…

Mais ensuite, l’honorable ministre Speranza a pensé à nous ramener les pieds sur terre, avec ses admirables paroles: « Les actes d’intimidation contre l’Institut Supérieur de la Santé sont inacceptables. L’ennemi est le virus. Pas ceux qui s’ingénient à le combattre ». Oui, c’est vrai, comment avons-nous pu l’oublier ? L’ennemi est le virus – et dire que nous le savions ! Nous faisons donc amende honorable en public, et en guise de pénitence, nous rappelons à nos lecteurs que :

est acceptable l’instauration d’un état d’urgence pour s’opposer à une pandémie un peu plus banale qu’à l’ordinaire ; est acceptable le terrorisme sanitaire-médiatique qui fait passer pour une victime du virus quiconque meurt à cause de la gestion de l’urgence ou par infarctus ou noyé ou s’est suicidé… parce que positif au test anti-covid ; est acceptable la privation de toute bribe de liberté de mouvement ; est acceptable l’interdiction de toucher ou d’enlacer les proches qu’on désire toucher ou enlacer ; est acceptable l’obligation d’endosser en permanence ce qui coupe le souffle sans apporter aucun avantage ; est acceptable de ne pouvoir sortir de son domicile que muni d’un justificatif ; est acceptable le confinement et le couvre-feu ; est acceptable le massacre des prisonniers qui protestent contre leur propre isolement ; est acceptable d’imposer un internement administratif psychiatrique (TSO) à ceux qui invitent publiquement les gens à sortir de chez eux ; est acceptable la délation de masse ; est acceptable de ne pas pouvoir assister ses proches sur le point de mourir ; est acceptable le suicide de ceux qui se trouvent d’un coup sans aucun moyen de subsistance ; est acceptable la répression étatique ou le lynchage privé de ceux qui prennent le soleil ou promènent leur chien ; est acceptable de faire passer pour un vaccin salvateur une mixture pharmacologique dont [beaucoup d’] les effets ont inconnus ; est acceptable de répandre l’hypothèse d’imposer son injection en confiant cette tâche à un général ; est acceptable une vie privée de toute signification, de tout plaisir minimal, réduite dans le meilleur des cas à une simple survie biologique…

Il existe tant d’aberrations que nous avons découvert être acceptables au cours de cette dernière année, sur la vague de la grande mutation de l’être humain, qui de défier la mort afin de défendre ou conquérir la liberté en est arrivé à renoncer à toute liberté afin de ne pas courir le risque de mourir. Qu’il en soit ainsi, nous sommes désormais résignés. Mais les ministres, les préfets et les généraux, les enquêteurs et les guideurs de peuple devraient aussi se résigner. Ce qu’ils nomment  » actes d’intimidation » vont augmenter, sinon en quantité, au moins en qualité. Parce que rien ni personne ne pourra empêcher qu’au cours des prochaines années, parmi les rares êtres humains de chair et de sang restés en circulation, ne devienne littéralement irrésistible la tentation de tirer les conclusions pratiques d’une évidence décennale :

« C’est un grand malheur que de vivre en des temps aussi abominables. mais c’est un malheur encore pire de ne pas tenter, au moins une fois, pour la beauté du geste, de les prendre à al gorge ».

[traduit de l’italien de finimondo, 15 mars 2021]

Suisse : des antennes flambent sous le ciel alpin

Kiesen, 22 février 2021

Quand on peut lire ici ou là qu’il existe nombre de bonnes raisons de s’en prendre aux antennes de téléphonie mobile pour les empêcher de nuire avec le monde qu’elles produisent, chacun peut bien sûr penser à toutes les variations d’idées à l’intérieur du spectre révolutionnaire (ou pas), comme au vaste marécage qui va des citoyennistes de proximité aux démocrates radicaux, jusqu’aux différents ennemis de la surveillance policière ou aux amoureux de la nature. Mais bien entendu, on peut surtout facilement imaginer qu’il existe autant de raisons que d’individus déterminés à passer à l’action. En Suisse comme partout ailleurs.

Le 22 février à Kiesen par exemple, c’est ainsi qu’une antenne 5G de l’opérateur Swisscom située le long du poteau d’une ligne électrique (comme souvent chez les Helvètes) a flambé vers 1h30, après que des inconnus aient mis le feu aux câbles. Les dégâts sont estimés à 30 000 francs suisses. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois, puisque cet incendie est le cinquième de ce type en trois ans dans ce canton de la capitale fédérale Berne : les antennes-relais des communes de Grosshöchstetten, Langenthal, Burgdorf, Thoune y avaient déjà été sabotées, tandis qu’en juin 2019 c’était un émetteur qui avait été soufflé à Denens dans celui voisin de Vaud.

Cette fois pourtant, contrairement à tous les anonymes précédents, les auteurs du sabotage de Kiesen ont tenu à laisser quelques lignes tracées d’un bleu limpide sur le transformateur électrique de la structure. Plutôt précis, ils réclament une somme conséquente à chacun des trois opérateurs, faute de quoi ils annoncent qu’ils attaqueront d’autres antennes 5G : 3,6 millions d’euros de Swissscom, 2,7 millions d’euros de Sunrise-UPC et 1,8 millions d’euros de Salt. Soit environ 8 millions d’euros au total, ce qui est à la fois beaucoup et peu, vu les sommes en jeu que peuvent représenter une multiplication d’antennes flambées.

Au pays de l’argent sale et de la mauvaise conscience, ce n’est évidemment pas de demander une rançon qui a franchement surpris, mais plutôt le à qui cette dernière devait être versée : « aux enfants d’Afrique » disait le texte ! Une manière comme une autre –qui sait ? –, de faire le lien entre la téléphonie mobile et les mômes qui s’échinent dans les mines pour en extraire les précieux minerais dont elle est très gourmande (tantale, tungstène, coltan,…). Quand on dit qu’il existe certainement autant de raisons incendiaires que d’individus déterminés à passer à l’action…

Thoune, 7 mars 2021

Au final, tout aurait même pu s’arrêter là avec cette histoire peu banale que la presse suisse a qualité au choix de « gribouillis », de « maîtres-chanteurs » et de « tentative d’extorsion », si une seconde attaque ne s’était produite trois kilomètres plus loin à Thoune, au lieu dit Strättligwald, la nuit du dimanche 7 mars. Dans un bois quelque peu isolé à côté de l’autoroute 6, c’est en effet une antenne 5G de Sunrise également utilisée par ses deux concurrents qui est partie en fumée, provoquant des dégâts qui cette fois « pourraient s’élever à plusieurs centaines de milliers de francs, notamment parce que le pylône électrique de support a été endommagé ». La police a alors commencé à rigoler un peu plus jaune, d’autant que de nouveaux graffitis au marqueur ont été retrouvés sur place… représentant cette fois le pendu de nos jeux enfantins à côté de la mention 5G.

Puis lorsque des traces d’incendie et des dommages ont été retrouvés lundi 8 mars (sans savoir quand cela s’était produit) lors de travaux sur une troisième antenne-relais à Thoune, située dans la Seestrasse, les enquêteurs sont finalement revenus à la grande tradition du silence radio, en oubliant leurs communiqués de presse moqueurs. Tout juste sait-on par bribes qu’en voulant contrôler le lendemain lors de leurs rondes fébriles un badaud qui se trouvait près d’une autre antenne, ce dernier s’est enfuit à l’aide d’un scooter électrique et que les flics ont réussi à l’interpeller après une chasse à l’homme en forêt à l’aide de chiens.

Il n’est pas dit si ces trois attaques récentes ont un lien, ni ce qu’il est advenu depuis une semaine au type en question (relâché ?). Par contre, il est clair qu’à travers le continent européen, notamment en Angleterre, Pays-Bas, France, Allemagne, Italie ou Suisse, des centaines d’antennes-relais sont en train d’être sabotées depuis quelques années, avec ou sans 5G, et que cela n’est pas près de s’arrêter. Allez, à chacun.e la sienne comme on dit, tout en suivant ses propres chemins de traverse.

[synthèse de la presse suisse allémanique, 15 mars 2021]

Même les data-centers peuvent brûler…

Une info échappée à grand’peine au milieu de l’insoutenable pesanteur quotidienne faite d’urgences et de dispositions décrétées par les autorités.

Mercredi 10 mars à 00h47, un incendie s’est déclaré à Strasbourg au sein de l’un des quatre énormes data-centers de OVH, multinationale française de web hosting (c’est-à-dire de services télématiques). Malgré le déclenchement immédiat de l’alarme et malgré que soient intervenus sur place plus d’une centaine de pompiers — avec l’aide de moyens arrivés jusque de l’Allemagne voisine —, quelques heures plus tard il ne restait plus rien du data-center SBG2. Du silicium aux cendres. Les flammes, avant d’être domptées, ont aussi durement frappé le bâtiment de SBG1, dévastant plus de la moitié de ce dernier.

Le data center totalement détruit occupait un bâtiment de 500 mètres carrés divisé en cinq étages. C’est là qu’étaient hébergés des milliers et des milliers de serveurs, qui stockaient des milliards de données (dont celles relatives à la campagne vaccinale organisée par le gouvernement français contre le covid19). Tout, ou presque, est parti en fumée, perdu pour toujours, y compris les fichiers de millions de clients. Il semble que l’incendie ait mis hors service 3.600.000 sites, pas seulement en France mais aussi en Belgique, provoquant des dégâts littéralement incalculables et irréversibles.

Les 300 caméras de surveillance présentes à l’intérieur du siège de la compagnie n’ont rien pu voir, le dispositif de détection de fumée installé dans les locaux n’ont rien pu opposer, les exercices anti-incendie suivis tous les 6 mois par le personnel n’ont rien pu faire, rien n’a pu empêcher qu’en quelques heures se consume « la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire d’OVH« .

Selon les premières investigations, l’incendie serait parti d’un groupe de continuité électrique (un ondulateur), appareil servant à remédier aux anomalies imprévues dans la fourniture du courant électrique normalement utilisé, c’est-à-dire à protéger les équipements électroniques de risques comme une surcharge de tension. Au cours de la matinée précédant l’incendie, un de ces groupes de continuité avait subi des travaux de maintenance, et selon des experts les premières étincelles seraient parties de ces ondulateurs. Le mega data-center de OVH aurait donc été détruit par ce qui aurait dû en garantir la sécurité…

Tandis que le responsable affligé d’OVH déclare que la soudaineté de ce qui s’est passé l’ « interroge sur comment ça a démarré et pourquoi ça a démarré », nous pensons plutôt qu’il serait opportun de se poser bien d’autres questions. Sur comment le sourire de l’arrogance industrielle est voué tôt ou tard à se transformer en grimace, sur comment l’omnipotence technoscientifique peut découvrir sa propre fragilité en quelques heures, ou sur comment cela n’a pas de sens de se laisser anéantir par la stature de l’ennemi, et donc sur comment cesser d’attendre que de telles catastrophes industrielles se produisent…

[traduit de l’italien de finimondo, 13 mars 2021]

Technomonde : une nouvelle cible débarque dans l’Hexagone

Comme si le déploiement en cours de la 5G ne suffisait pas, ni celui de milliers d’antennes 4G d’ici 2026 pour boucher les zones dites blanches, ou encore la multiplication des réseaux de fibre optique avec 2025 pour horizon d’une couverture totale, voici qu’un nouveau projet est en train de débarquer. Cette énième nuisance dont l’objectif est rien moins que fournir un accès à internet à haut débit sur l’ensemble de la planète jusqu’aux zones rurales les plus reculées, est en train d’être mis en œuvre à travers plus d’un millier de petits satellites artificiels lancés à 550 km d’altitude. Il est porté par Starlink, une filiale de SpaceX, l’entreprise spatiale du milliardaire américain Elon Musk. Pour donner une idée, Starlink en est déjà à son dix-huitième lancement de minisatellites depuis 2018, avec 60 supplémentaires qui devaient être lancés ce 1er mars depuis Cap Canaveral en Floride.

Le technomonde interconnecté qui nous promet une survie toujours plus appauvrie et contrôlée, après avoir colonisé la mer pour ses câbles inter-continentaux, le sol pour ses dizaines de milliers d’antennes-relais, puis le sous-sol pour la fibre optique, entend donc à présent s’emparer massivement d’un des derniers espaces manquant à l’appel : le ciel. Et tant pis pour les amateurs d’étoiles dont les yeux déjà partiellement aveuglés par les lumières de la ville ne seront bientôt plus capables de distinguer les astres de ces milliers de machines électroniques qui infestent la nuit.

Comme le faisait ainsi récemment remarquer un petit mensuel d’agitation anarchiste, « Quand l’être humain d’un demain assez proche lèvera les yeux au ciel, il ne pourra plus discerner la Grande Ourse, Orion, Cassiopée ou Scorpion, mais bien Starlink, Kupier System et One Web. Nourri et vêtu par une agriculture industrielle hypermécanisée, se déplaçant grâce à des machines autonomes, surveillé et guidé par l’intelligence artificielle dans toutes ses activités, communiquant avec des objets connectés, cet être complètement intégré à la machine, pourra-t-il encore se considérer comme humain ? Dans ce monde où les étoiles seront submergées par les satellites, que restera-t-il de l’imagination et de la créativité, de cette capacité d’inventer et de narrer des histoires, de se détacher de la réalité quotidienne et de créer d’autres mondes ? » *

Bien sûr, il était déjà possible
 de se connecter à internet par satellite depuis la fin des années 1990 pour les cargos porte-containers, les avions de luxueux touristes, les assassins en treillis et autres journaflics, par exemple via celui de NordNet (Orange) en orbite géostationnaire à 36.000 km d’altitude, ou ceux d‘Iridium (quatre-vingt-dix satellites en orbite basse), mais disons que le projet Starlink pousse maintenant le bouchon encore plus loin avec ses concurrents de la même trempe **. Car si l’entreprise se concentrait jusqu’ici sur les marchés nord-américains, son internet planétaire – qui compte environ 1145 satellites en orbite autour de la planète… avec un objectif affiché de 12 000 –, elle lorgne à présent de près sur les marchés internationaux.

La base terrestre de Starlink, avenue Mirieu-de-Labarre, à Villenave-d’Ornon (Gironde)

Le 9 février dernier, l’Arcep, soit l’Autorité étatique de régulation des communications électroniques, vient de donner une salve d’autorisations à Starlink pour exploiter plusieurs stations passerelles ainsi que ses terminaux utilisateurs, en même temps que les fréquences qui transmettront le signal du satellite à la parabole domestique. Ces terminaux utiliseront les fréquences des bandes 10,95-12,70 GHz dans le sens Espace vers la Terre et la bande 14-14,5 GHz dans le sens contraire. En dehors des Etats-Unis, l’Australie avait déjà donné son feu vert en 2020, et la Grèce, l’Italie et l’Espagne devraient être les pays européens suivants après la France. En octobre dernier, l’Arcep avait de la même façon délivré au géant spatial des autorisations pour construire les trois premières bases terrestres de Starlink dans l’Hexagone, respectivement situées à Gravelines pour le Nord, Villenave-d’Ornon (Gironde) pour le Sud, et Saint-Senier-de-Beuvron (Manche) pour l’Ouest.

Si ce nouveau projet de la domination pourrait sembler un peu désespérant pour certains, en ne voyant pour l’instant pas comment aller flinguer dans le ciel cette myriade de satellites-internet en train d’infester l’horizon (déjà qu’on galère avec les drones policiers), il n’en reste pas moins que ces satellites ont d’une part besoin de bases très terrestres munies de dômes, et d’autre part que ces dernières sont elles-mêmes gourmandes non seulement en électricité, mais aussi en fibre optique. Ce que vient d’ailleurs confirmer de façon indolente à des journaflics Patrick Pujol, le maire de Villenave-d’Ornon où la construction de la première ces bases est la plus avancée, une base à laquelle il avait fourni sans sourciller un avis favorable en septembre dernier : « D’après ce que j’ai compris, ce projet se positionne là où il y a des projets de fibre optique. Et c’est vrai qu’à cet endroit-là, il y a beaucoup de fibre optique qui passe. C’est la raison pour laquelle ce site a été choisi » (F3 Nouvelle-Aquitaine, 1er mars 2021).

Si chaque futur terminal individuel de Starlink (par parabole sur un balcon ou le toit) communique directement avec ses satellites, et que ces derniers le font directement entre eux par laser, on pourrait ainsi se demander à quoi peuvent alors bien servir toutes les stations terrestres (une centaine en cours de construction aux Etats-Unis, et cinq millions sur toute la planète prévues pour un maillage complet), sinon de simple redondance du signal ?
Eh bien, si ces indispensables stations terrestres espacées de quelques centaines de kilomètres sont à chaque fois implantées à proximité des principaux points d’interconnexion physiques du réseau internet, c’est tout simplement parce qu’elles servent en réalité de passerelles-relais des données via la fibre haut-débit qui les connecte entre elles, lorsque qu’il s’agit du chemin le plus court selon la courbure de la Terre ou des obstacles géographiques et météorologiques rencontrés (en n’étant pas géostationnaires mais en orbite basse, les satellites Starlink se déplacent constamment). Les données qui voyagent d’un bout à l’autre de la planète passeront ainsi du satellite 1 à une station terrestre A puis vers une seconde B avant de remonter vers le satellite 3 ou 4, plutôt que directement d’un satellite à l’autre selon le schéma 1-2-3-4. Ceci afin d’essayer de maintenir un temps de latence (en millisecondes) le plus bas possible sans coupures, et que cet onéreux système puisse rester compétitif.

A côté des nombreuses antennes-relais de téléphonie comme de télévision qui continuent de se consumer sous les feux constants de la critique – officiellement 121 pour la seule année 2020 –, une des pistes prometteuses pour mettre directement à bas ce genre de structures de la domination, sans attendre rien ni personne et chacun.e pour ses propres (dé)raisons, pourrait alors être de regarder du côté des stocks de câbles entreposés chez tous les collaborateurs du technomonde comme Constructel et ses confrères, ou encore de soulever les petites plaques de fonte sous lesquelles serpente innocemment la fibre, comme il y a quelques jours à Pierrelatte. Tout un vaste réseau de câbles au coin de la rue et sans protection mis au service du télétravail, des terminaux bancaires et de l’appareil répressif qui, comme les antennes-relais d’ailleurs parfois reliées entre elles (si ce qui est arrivé à Yutz au début du mois nous dit quelque chose), n’attendent en réalité qu’une occasion chaleureuse pour enfin cesser de nuire.

Allez, qu’ils bouffent les étoiles comme ceux de Starlink, trônent au sommet des montagnes ou bordent champs, routes, voies ferrées et canaux, à chacun.e le sien, comme il est d’usage de dire !

Des amis d’Orion,
2 mars 2021

* Yaya, En regardant les étoiles. Quelques notes à propos de la colonisation des cieux et des esprits, in anarchie! n°8, novembre 2020, pp. 14-15
** A côté de Starlink, qui est le plus spectaculaire, existent aussi les projets concurrents de Kupier System (Amazon), qui prévoit d’envoyer 3 250 satellites, One Web de 650 à 2000, ou la franco-italienne Thalès Alenia Space avec trois groupes différents (Globalstar2, O3b et Iridium Next) pour un total de 125 satellites.

Allemagne : les mystérieuses auto-combustions d’antennes-relais

[synthèse de la presse régionale allemande du début de l’année]

Keltern, 31 décembre 2020. Dans le Bade-Wurtemberg, une antenne-relais de 50 mètres de haut située dans la carrière de Keltern s’est enflammée vers 19h40 sur la Regelbaumstrasse, comme l’a constaté une patrouille de la brigade de maîtres-chiens de la police de Pforzheim, qui avait été appelée pour cet incendie. Il est rapidement devenu évident que le feu s’est propagé jusqu’à la partie supérieure.

En cette soirée de réveillon du Nouvel An, ils ont évacué l’hypothèse des feux d’artifice, puisque l’incendie a directement pris au niveau des câbles. Les dommages matériels à l’antenne exploitée par une entreprise de fourniture d’énergie s’élèvent à bien plus de 100 000 euros. Elle était notamment utilisée par les opérateurs de réseaux mobiles O2 (Telefonica) et 1&1, et les habitants de la région sont restés sans téléphone et internet pendant deux semaines. La police s’est rendue sur place avec un total de sept véhicules, ainsi que huit pompiers de Keltern et Birkenfeld.

Le 21 janvier 2021, pour expliquer cette mystérieuse auto-combustion d’antenne à la tombée de la nuit du réveillon, un grand expert incendie a finalement rendu sa conclusion dans la presse du coin quinze jours plus tard, le Pforzheimer Zeitung, ce qui nous vaut ce titre spectaculaire : « Un animal à blâmer ? ». L’incendie aurait en effet été officiellement provoqué par une morsure de martre sur un de ses câbles ! A part le fameux « Martres de tous pays, unissez-vous !», il n’y a pas grand chose à ajouter à ce qui serait une première mondiale pour ce charmant animal qui maîtrise certainement autant que les humains le sens des dates et des horaires…

Wiesbaden, 2 janvier 2021. Dans le Land de Hesse, une antenne-relais de 50 mètres de haut de l’entreprise Telekom s’est enflammée au beau milieu d’une zone forestière située entre les villes de Wiesbaden et Taunusstein samedi 2 janvier, sur le chemin de randonnée de la Platte. Une grande partie des câbles de l’émetteur ont été calcinés, a déclaré un porte-parole des pompiers appelés vers 15h, et les dommages sont si importants que tous les câbles doivent être remplacé puisque le feu a les a remonté jusqu’au sommet.

Les quelque 20 pompiers de Wiesbaden et Taunusstein n’ont pas pu commencer à éteindre l’antenne-relais au début, car on ne savait pas à quelle source d’énergie elle était connectée. Ce n’est qu’après la coupure de l’électricité que plusieurs équipes ont pu éteindre le feu, et la route B417 a été complètement fermée dans les deux sens dans l’après-midi.

Les experts devraient déterminer plus précisément l’origine de l’incendie dans la semaine à venir, même s’ils penchent pour l’instant pour un fameux défaut technique. Dans le journal local, la Hessenschau du 3 janvier, le porte-parole des pompiers reste tout de même plutôt dubitatif sur cette pseudo origine accidentelle : « Une antenne-relais en feu c’est très rare, je ne sais pas si quelque chose comme ça s’est jamais produit dans notre région. »

Viechtach, 26 janvier 2021. En Bavière, la série noire des auto-combustion s’est poursuivie, et pas qu’un peu, puisque c’est une belle antenne-relais du réseau Tetra, c’est-à-dire portant la lourde charge de transmettre toutes les communications des autorités et des organisations chargées de la sécurité telles que la police, qui s’est consumée vers 10h du matin au beau milieu de la forêt sur le mont Weigelsberg, près de la frontière avec la Tchéquie.

Les pompiers de Wiesing ont été immédiatement envoyés sur place dans la forêt enneigée au-dessus de Neunussberg en raison de l’alarme incendie, où de la fumée sortait du local technique, qu’ils ont ouvert avec une clé spéciale. Bien que ne se prononçant pas sur les causes de l’incendie et en fournissant peu de détails, vu la sensibilité de l’objectif touché, c’est la police criminelle de Straubing qui a été chargée de l’enquête, puisque comme l’annonce le journal local du 28 janvier, la Passauer Neue Presse, « la police n’exclut pas un incendie criminel ». Apparemment, quand il s’agit des antennes Tetra des autorités, les phénomènes spontanés et les martres semblent d’emblée écartés des hypothèses des têtes molles en uniforme…