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Chili : Contre le sectarisme. Pour une affinité fondée sur la pratique. Quelques mots des compas Mónica et Francisco

Contra Info / mercredi 28 juillet 2021

Face à ce que nous considérons comme des sommations à notre encontre*, nous ressentons la nécessité d’écrire ce texte, afin de clarifier certaines questions.

Comme nous l’avons écrit à plusieurs occasions, individuellement et collectivement, nous entendons l’anarchie non pas comme une réalisation ou un point d’arrivée, mais comme une tension, une confrontation permanente qui se fait à la première personne, en plaçant au centre la recherche de la liberté individuelle.

Pour nous, cette lutte constante a été réelle, nous l’avons menée dans les faits, sans interruption, raisons pour laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui derrière les barreaux. Une situation, celle-ci, qui est ponctuelle et circonstancielle et qui ne nous a pas empêché de continuer à construire des initiatives de lutte ou y participer, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.

Au fond, pour nous l’anarchie est une éthique et une pratique permanente contre l’autorité, une pratique par laquelle nous avons rencontré d’autres personnes (pas nécessairement des « anarchistes »), ce qui a enrichit et amélioré nos perspectives et nos capacités et qui a forgé des relations étroites de complicité, renforcées au fil des années et des luttes. Affirmer que ces relations n’ont lieu ou ne peuvent avoir lieu qu’avec ceux/celles qui se disent « anarchistes », en plus d’être une mensonge (comme il peuvent le démontrer seulement celles/ceux qui se sont aventuré.e.s sur les chemins du conflit et non ceux/celles qui pensent les fouler, dans leurs rêveries devant à un ordinateur) est quelque chose que nous rejetons, à partir du moment où nous privilégions l’établissement de liens fondés sur des pratiques communes plutôt que sur des étiquettes vides ou des slogans répétés ad nauseam. S’autoproclamer rageusement « anarchistes irréductibles » ne signifie rien, si cela n’est pas accompagné par une pratique de lutte qui le justifie. Sur du papier ont peut tout écrire.

D’autre part – et surtout – le fait de présupposer que les anarchistes ne devraient avoir des relations qu’avec des anarchistes reflète un purisme absurde et un sectarisme qui, sans aucun doute, sont une expression d’autoritarisme. Établir des coordinations et faire des initiatives communes de lutte uniquement parmi ceux/celles qui se définissent comme « anarchistes » signifie restreindre et limiter considérablement nos relations et donc nos possibilités de croissance. Cela signifie s’enfermer stupidement dans des dogmatismes qui nous limitent et qui nous empêchent de nous associer librement. De cette manière, nous voyons que, au nom de la liberté, certain.e.s proposent carrément son contraire, en fondant des sectes sur la base d’étiquettes.

Par là, nous ne voulons pas dire que nous nouons des relations de façon indiscriminée ou que nous n’avons aucune sorte de filtre.

Dans des communiqués précédents, nous avons clairement indiqué les points qui sont pour nous infranchissables : les repentirs, les dissociations et le recours aux institutions correspondent à des lignes rouges et ils constituent des aspects insurmontables qui empêchent de mener toute initiative commune avec ceux/celles qui choisissent des telles voies. Comme on peut le voir, ces points ne correspondent pas à des étiquettes vides, mais à des pratiques concrètes, à des manières de vivre la prison et pas seulement cette dernière. A notre avis, les sommations qui ont été faites ne font que détruire d’un seul coup tout notre discours et tout notre travail, en créant une contradiction totale entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Eh bien, peut-être que pour certain.e.s ce qui compte ou qui aurait de la valeur est seulement ce que l’on dit ou alors les proclamations incendiaires sur internet ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, nous donnons la priorité à la pratique et c’est à partir de là que nous établissons des affinités et des ruptures.

Et évidemment les pratiques autoritaires sont un point sur lequel nous ne ferons pas de compromis. Nous n’avons jamais établi des relations de lutte sur la base de l’autoritarisme et l’expérience des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s ne fait pas exception. Les points en communs que nous avons, entre nous tou.te.s, sont beaucoup plus forts que les divergences que nous pouvons avoir, des divergences qui ne représentent évidemment pas des aspects insurmontables, sinon nous deux nous serions retirés de cette initiative dès le début. Les liens qui nous unissent à nos compagnons ont été forgés dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis plus d’une décennie, ce qui a signifié pour nous une relation et une expérience enrichissantes, qui ont sans aucun doute nourri, renforcé et amélioré notre parcours anarchiste. Aujourd’hui, dans cette nouvelle situation d’enfermement, nous avons renforcé encore plus ces liens, ce qui s’est traduit par cette initiative commune, qui n’est pas nouvelle, mais qui, cette dernière année, a vu des mobilisations importantes qui nous permettent d’élaborer des projets intéressants.

Or, comme nous l’affirmions dans l’article « Sur la nécessité de poursuivre la lutte à l’intérieur de la prison… », dans le quatrième numéro de la revue Kalinov Most, nous, les anarchistes, avons brisé certains codes internes aux prisons, des codes qui avaient été établis et reproduits, depuis les années 1980, par les membres des groupes armés de gauche ; des codes qui avaient principalement à voir avec la reproduction, à l’intérieur de la prison, de la logique d’organisation/de parti et aussi avec le fait d’établir une relation de supériorité vis-à-vis du reste de la population carcérale.

Ça va sans dire que nos compagnons sont lointains de ces codes et s’y opposent – cela dans la complexité de la pratique à l’intérieur de la prison, non par un discours confortable fait depuis une maison avec une connexion internet. Ils se sont chargés de maintenir en vie des codes subversifs auxquels nous nous identifions et qu’il nous semble indispensable de concrétiser et de reproduire.

Nous parlons ici d’une position et d’une attitude réfractaire vis-à-vis de l’institution carcérale, ce qui confère une identité particulière, vue et reconnue à la fois par les prisonnier.e.s sociaux.les et par les maton.ne.s. Nous parlons également du fait indéniable de continuer la lutte à l’intérieur de la prison, pour démontrer en pratique que rien ne s’arrête avec l’enfermement, qu’il s’agit simplement d’un autre champ de bataille ; il y a là quelque chose qui rompt avec la victimisation et l’assistanat souvent présents dans la lutte pour la libération des prisonnier.e.s.

Pendant des décennies, les compagnons ont construit et fait avancer une pratique anti-carcérale qui a dépassé les murs, une pratique dont nous faisions partie en étant dans la rue et dont nous faisons partie aujourd’hui en prison. Ce ne sont là que quelques-uns des codes subversifs que nous partageons avec nos compagnons, ce qui renforce nos liens d’affinité dans notre travail quotidien et nous éloigne de ceux/celles qui, même en se disant anarchistes, choisissent des voies distantes de la lutte ou s’en dissocient complètement. Que disent les puristes de ceux/celles qui se proclament « anarchistes » mais prennent complètement les distances de leurs idées et pratiques, lorsqu’elles/ils passent en jugement ou sont emprisonné.e.s ? Peut-être se sentent-ils/elles plus en affinité avec ces dernier.e.s, du moment qu’elles/ils donnent la priorité à une étiquette vide. Encore une fois, nous construisons des relations sur la base de pratiques communes et non sur la base de mots ou de communiqués incendiaires publiés sur internet.

Enfin, nous voyons la nécessité de mentionner le danger représenté par le sectarisme ou le purisme dans nos milieux ; ils portent – en plus des relations autoritaires mentionnées plus haut – à des attitudes d’auto-complaisance qui ne font que nous faire stagner, au lieu d’approfondir ou d’améliorer la lutte.

À partir de notre position clairement anarchiste, fondée sur le conflit permanent et la liberté individuelle, nous allons établir des relations et des coordinations qui nous renforceront et nous rendront plus sûr.e.s de nous, dans ce chemin vers la libération totale.

Comme il l’ont dit il y a quelques années les compas emprisonné.e.s de la Conspiration des Cellules de Feu :
Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et les irréductibles de toutes les tendances révolutionnaires !

Aujourd’hui nous disons :
Liberté pour les compagnons Pablo Bahamondes, Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Juan Flores y Joaquín García !

Mónica Caballero Sepúlveda
C.P.F San Miguel

Francisco Solar Domínguez
C.P. Rancagua

* Note d’Attaque. Voir les textes suivantes :
Danzando en el abismo (en espagnol, en anglais ou en italien)
Con la anarquía más allá de los limites (en espagnol)
A contracorriente (en espagnol et en anglais)

Santiago (Chili) : Sur la « reformalisation » des accusation contre Mónica et Francisco

Publicacion refractario / mardi 20 juillet 2021

Mercredi 14 juillet 2021, les compas Mónica et Francisco, ont eu leur audience de « reformalisation » des accusations, de la part du Parquet Sud, devant la 11ème Tribunal de Garantie.

A travers une audience en visioconférence, Mónica, de la prison de San Miguel, et Francisco, de la prison de Rancagua, ont écouté le monologue du procureur Claudio Orellana, qui a reformulés les accusations, tout en maintenant les mêmes délits et les mêmes chefs d’accusation en vertu de la loi sur le contrôle des armes, du code pénal et de la justice militaire, mais ajoutant aussi quelques petits détails.

L’extension de la période d’enquête, qui a déjà été prolongée de près d’un an, est prévue pour le mois d’août. Face à la possibilité que l’enquête soit close ou que le tribunal ne donne pas un autre délai, le parquet a décidé de reformuler les accusations, de façon que la procédure reste cohérente et sans faille, au cas où l’on arriverait au procès.

En résumé, les compas sont toujours accusé.e.s des délits suivants :

Francisco : envoi de deux colis explosifs contre le 54e commissariat de police et contre l’ancien ministre de l’Intérieur Hinzpeter, ce qui donne 2 délits d’envoi d’explosif, 2 tentatives d’homicide contre des policiers, 1 tentative d’homicide qualifié contre Hinzpetter, 6 blessures légères contre des policiers, 1 délit d’usurpation d’identité et 1 délit de dégradation aggravée.

Mónica et Francisco : double attaque explosive contre le centre Tánica, ce qui donne 2 délits de pose d’engin explosif sur la voie publique.

Mónica : de la marijuana aurait été trouvée dans un lieu commun de la maison perquisitionnée, ce qui porte au délit de trafic illicite de stupéfiants, en petite quantité.

Le même jour que la « reformalisation », un rassemblement a été appelé dans le centre de Santiago. Pour geste des autorités, une réponse de la rue. Les choses sont claires : les compas ne sont pas seul.e.s !

Solidarité et complicité avec Mónica et Francisco !
Sédition contre l’État policier !

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Santiago (Chili) : Audience de « reformalisation » pour Mónica Caballero e Francisco Solar

Contra Info / mercredi 14 juillet 2021

Quelques jours avant que ça fasse un an de l’arrestation et de l’emprisonnement de Mónica et Francisco, la 11ème Cour de Santiago a fixé pour mercredi 14 juillet, à 11h00, une audience pour la « reformalisation de l’enquête » à charge de nos compas, ce qui en termes concrets signifie une reformulation des accusations.

Il faut noter qu’en août se termine la deuxième période d’enquête, après le prolongement de 6 mois de la période d’enquête initiale. Compte tenu de la ligne punitive suivie par les juges et les procureurs, ainsi que de leur choix de prolonger déjà une fois l’enquête et la détention préventive, il est certain que la durée de l’enquête et de leur incarcération sera prolongé encore.

Nous appelons à prêter attention à la situation de Mónica et Francisco et à montrer, par une solidarité toujours active et combative, que nos compas ne sont pas seul.e.s.

LIBERTÉ POUR MÓNICA ET FRANCISCO
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER.E.S ANARCHISTES ET SUBVERSIF.VE.S

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Palembang (Indonésie) : Attaque au cocktail Molotov contre un poste de police

325 / mercredi 3 mars 2021

Attaque au cocktail Molotov contre un poste de police, en solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes

Revendication d’une attaque au cocktail Molotov contre un poste de police, à Palembang, en Indonésie, le 25 février, en solidarité avec des prisonnier.e.s anarchistes :

Nous revendiquons l’attaque d’un poste de police, dans la ville de Palembang, dans la province de Sumatra du Sud, en Indonésie. Cela a eu lieu au matin de vendredi 26 février 2021, en solidarité avec les compas Dimitris Koufondinas, Toby Shone, Mónica Caballero, Francisco Solar et les autres.

Faisons preuve de solidarité et mettons le feu !

De la part de l’anarchiste individualiste !

Île de Java (Indonésie) : Attaque d’un poste de police

AMW English / mercredi 24 février 2021

Il y a environ quatre jours, quand nous avons appris qu’un anarchiste, Toby Shone*, avait été arrêté pour terrorisme (pour avoir géré un site web) et possession de drogue, nous avons attaqué un poste de la police locale, dans une ville située dans le centre de l’île de Java ; un des keufs a été brûlé. Nous ne savons pas pourquoi cela n’a pas été relayée par les médias et, pour différentes raisons, nous avons intentionnellement différé la publication de ce communiqué.

Toutefois, nous ne revendiquons pas les attaques incendiaires contre des nombreux distributeurs automatiques de billets, menés hier dans la ville de Yogyakarta par des individus ou des groupes que nous ne connaissons pas. Il n’y a aucune revendication pour les attaques des DAB, seulement une couverture médiatique sensationnaliste.

Solidarité avec chaque prisonnier.e.s politique ! Mónica Caballero, Francisco Solar, Toby Shone et les autres !

La solidarité c’est l’attaque !

Vengeance Unit/FAI

* Note d’Attaque : Toby Shone est accusé d’être l’administrateur d’un site internet anarchiste où on peut trouver les instructions pour construire des engins explosifs artisanaux, ainsi que de lever des fonds pour « financer le terrorisme ». Interpellé une première fois en novembre, il a été arrêté à nouveau le 10 février et enfermé dans la prison anglaise de Wandsworth. Il passera devant le tribunal de Bristol le 6 octobre prochain.

Chili : Des nouvelles des compas anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar

Publicacion Refractario / lundi 22 février 2021

Le 4 février 2021, il y a eu une audience, suite à la fin de la période d’enquête de 6 mois décrétée lors de l’arrestation des compas Mónica et Francisco, en juillet 2020. Il/elle sont accusé.e.s de l’envoi de colis explosifs au 54e commissariat et de l’ancien ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpetter, ainsi que de la double attaque explosive contre la société immobilière Tanica, à Vitacura.

Au cours de l’audience, le Procureur a souligné qu’il y avait encore quelques étapes de l’enquête en cours, et a demandé 6 mois de plus pour les investigations. La défense s’y est opposée, mais au final la 11ème chambre du Tribunal des libertés a accepté la demande du proc’ : l’enquête reste ouverte pendant 6 autres mois.

Lors de la même audience, il y a eu le réexamen de la détention préventive de Francisco ; finalement elle été maintenue et, après quelques jours, la Cour d’appel l’a ratifiée.

Le 10 février a eu lieu l’audience de réexamen de la détention préventive de la compagnonne Mónica ; elle aussi a été maintenue.

Les deux audiences se sont déroulées en visioconférence et ont été suivies par des compas, ainsi que par un grand nombre de parties civiles, qui ont rempli l’écran.

Nous rappelons que Mónica est incarcérée dans la Módulo de Connotación Pública de la prison de San Miguel et Francisco dans la Unidad de Máxima Seguridad de la Cárcel de Alta Seguridad.

Renforçons les différentes initiatives et l’agitation en solidarité avec nos compas !
Complicité et solidarité avec Mónica et Francisco, sédition contre l’État policier !

Pour leur écrire :

Francisco Solar Domínguez
Unidad especial de alta seguridad – Sección de Máxima Seguridad
Avenida Pedro Montt 1902
Santiago Centro, Región Metrópolitana (Chili)

Mónica Caballero Sepúlveda
Centro de prisión preventiva de mujeres de San Miguel
San Francisco 4756
San Miguel, Región Metrópolitana (Chili)

Chili : Sur l’harmonie nécessaire entre la rue et la prison

Publicacion Refractario / mardi 16 février 2021

Sur l’harmonie nécessaire entre la rue et la prison. Un communiqué de Mónica et Francisco

Comprendre la solidarité anti-autoritaire comme une relation qui implique comme acteur.e.s principaux.les les prisonnier.e.s et les milieux actifs dans la rue, signifie qu’il est indispensable de lutter à l’intérieur de la prison, sinon la pratique solidaire se transforme en assistance et en charité et le/la prisonnier.e est le simple bénéficiaire passif.ve du soutien qui peut venir de l’extérieur, sans participer ni contribuer aux initiatives conflictuelles. Il est nécessaire que le slogan « Rien ne s’arrête avec la prison » soit mis en pratique, en utilisant tous les moyens disponibles, qui, même si limités, peuvent être extrêmement efficaces. C’est ce que ont démontré les différentes luttes de la longue et riche histoire des prisonnier.e.s politiques, caractérisée par leur force de volonté et leur détermination à aller jusqu’au bout, afin d’atteindre leurs objectifs. À l’intérieur de la prison, chaque minute passée dans la cour, chaque livre qui entre, chaque article qu’on est autorisé.e a garder dans la cellule ou chaque espace d’autonomie et de développement individuel, aussi petit soit-il, a été obtenu par la lutte : rien n’est gratuit ; pour s’en rendre compte, il suffit de se rappeler ou de demander par exemple comment les matons ont accepté de garder les portes des cellules ouvertes plus longtemps, dans la Prison de sécurité maximale, ou de l’inexistence des parloirs dans le C.A.S [Cárcel de Alta Seguridad, à Santiago, un des plus important centres pénitentiaires du Chili ; NdAtt.].

La mobilisation active à l’intérieur des prisons a aussi permis de remporter d’importantes victoires pour ce qui est des libérations des prisonnier.e.s, en forçant la main aux lois et en arrivant à exercer une pression efficace sur l’État, qui, à plusieurs reprises, a été contraint à accepter des négociations et à donner satisfaction aux revendications.

Cependant, ces triomphes n’auraient jamais été atteints sans le soutien solidaire, et les demandes et les exigences des prisonnier.e.s resteraient confinés à l’intérieur de ces hauts murs, sans une mobilisation constante qui brise la normalité, même de façon momentanée. Il est donc essentiel qu’il y ait une réelle harmonie entre les différents collectifs et individus solidaires, ce qui se traduit par une communication et un échange de visions orientés vers le conflit ; indéniablement, cela renforce la lutte et les milieux qui s’y sont engagés. De cette façon, la solidarité devient une pratique combative et offensive qui prend la parole et saisit les moments opportuns, qui donne naissance à des fait et à des ruptures.

Ceci dit, nous soulignons clairement que nous ne concevons pas la lutte sans conflit. Même si souvent nous n’atteignons pas nos objectifs, au moins nous avons insisté sur la nécessité du conflit et nous continuerons à le faire, simplement parce que c’est la façon dont nous avons décidé de mener notre vie. Nous persisterons dans le conflit et s’il ne se présente pas par lui-même, nous irons le chercher et nous le provoquerons, parce que c’est seulement en donnant des coups que nous créerons des fissures dans la société.

Contre le rallongement des peines !
Abrogation de la modification du D.L 321* !
Amnistie pour les prisonnier.e.s de la révolte !
Liberté pour les prisonnier.e.s de guerre !

février 2021
Mónica Caballero Sepúlveda
(Sección de connotación Publica – Cárcel de San Miguel)
Francisco Solar Domínguez
(Sección de Máxima Seguridad – Cárcel de Alta Seguridad)

* Note d’Attaque : la reforme, avec valeur rétroactif, de la loi 321 oblige les détenu.e.s à purger les deux tiers de leur peine avant de pouvoir accéder à la libération conditionnelle (avant on leur demandait d’en avoir fait la moitié). De même, est obligatoirement exigé l’avis favorable d’un rapport psycho-social effectué par la Gendarmerie (au Chili, la Gendarmerie est le corps des maton et elle a un statut militaire), ce qui rend encore plus difficile de sortir de prison, dans un pays où seulement les pauvres finissent en taule et où le 95 % des condamnations sont pour des délits contre la propriété privée.

Chili : Des nouvelles des compas anarchistes Francisco Solar et Mónica Caballero

Publicacion Refractario / jeudi 28 janvier 2021

Les compas sont en prison depuis le 24 juillet 2020, après avoir été arrêté.e.s et mis.e.es en cause pour des attaques à l’explosif qui ont eu lieu en juillet 2019 et en février 2020. Les 6 mois d’enquête décrétés au début sont terminés il y a peu et, comme prévu, le Parquet demandera une prolongation, lors d’une audience prévue pour le 11 février.

Tous deux restent en détention sous un régime très strict, Francisco dans la Unidad de Máxima Seguridad, au sein de la Cárcel de Alta Seguridad et Monica dans le Módulo de Connotación Pública de la prison de San Miguel. Après une mobilisation difficile, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons, pour la remis en place des parloirs pour tous les prisonnier.e.s, à partir de la mi-décembre Monica et Francisco ont réussi à avoir des parloirs, qui restent cependant encore loin des conditions de dignité qu’on voulait atteindre : les parloirs durent deux heures, ils ont lieu toutes les trois semaines et une seule personne peut y prendre part.

Les compas restent fort.e.s, fermes dans la conviction que la prison ne signifie pas la fin de quoi que ce soit, mais que c’est une nouvelle bataille dans la lutte anarchiste. Depuis cet endroit, les deux ont continué a apporter leur contribution à la discussion et à la lutte, montrant que les murs qui sont censés les isoler ne résistent pas à la solidarité et à la complicité entre acrates.

Sédition de l’État policier !
Que la révolte fasse exploser les prisons !
LIBERTÉ POUR MONICA ET FRANCISCO !

Santiago (Chili) : Attaque explosive contre le 21ème commissariat, à Estación Central

Contra Info / jeudi 31 décembre 2020

Campagne d’attaque et de vengeance contre les bourreaux.

Acte 1 : Attaque à l’explosif contre le 21ème commissariat, à Estación Central [commune limitrophe de Santiago ; NdAtt.].

Nous revendiquons l’attentat à l’explosif mené le 24 décembre 2020 contre le bâtiment du 21ème commissariat, à Estación Central, avec un engin composée de plus d’un demi kilo de dynamite et d’ANFO [mélange de nitrate d’ammonium et de gazole ; NdAtt.], disposé à l’intérieur d’un tuyau renforcé et muni d’un système d’activation mécanique.

Par ce moyen, nous cherchons l’efficacité et de porter le plus grand dommage possible à l’infrastructure de la police, et même d’atteindre à la vie d’un quelque gros bras en uniforme. Nous précisons que notre attaque n’a pas pour but de nuire aux passant.e.s, c’est pourquoi, pour cette action, nous avons pris toutes les mesures de sécurité nécessaires.

Nous acceptons les changements constants que le mouvement a connus à partir du 18 octobre [2019, le début de la révolte qui a secoué le Chili ; NdAtt.]. Maintenant, les rues ne brûlent plus. Nous ne sommes pas nostalgiques d’un moment précis, nous croyons à l’attaque constante, à l’augmentation et au perfectionnement de nos actions. Étant donné que tout changement est transversal, nous ne sommes pas naïf.ve.s et nous savons que les forces de police se sont perfectionnées, que le contrôle social et la surveillance se sont intensifiés, que la peur de la pandémie et les conséquences des actions d’octobre (répression, persécution, prison) essayent de démobiliser et de réprimer toute manifestation de révolte.

Aujourd’hui, nous cherchons ces points de la ville où nous sommes à nouveau invisibles, nous perfectionnons nos méthodes et aussi nos mouvements.

L’attaque du 21ème commissariat est une action de vengeance pour les centaines de mutilé.e.s et de mort.e.s et les milliers de prisonnier.e.s que la répression et ses appareils ont provoqué le long de l’histoire. Ce qui se renforce dans l’impunité la plus complète depuis le 18 octobre.

Avec cette attaque, nous cherchons à rendre une partie des durs coups que nous avons reçu, en démontrant que la vengeance est possible et en rappelant que ce commissariat est responsable de l’éborgnement d’un jeune rebelle de Villa Portales [un quartier d’Estación Central  ; NdAtt.], qui a été la cible de plus de quatre tirs de la part de la police, le 21 décembre 2019, à l’âge de 17 ans. Ils sont également responsables de la torture des marchands ambulants – ne croyez pas que nous l’avons oublié, nous avons une bonne mémoire.

Avec cette action, nous voulons serrer dans nos bras les compas anarchistes Monica Caballero et Francisco Solar, qui risquent de recevoir de longues peines de la part de l’État. Nous épousons leur intrépide détermination face à l’assaut du pouvoir. Que la chaleur de cette action dépasse les murs qui, en ce moment, les enferment.

Il s’agit aussi d’un geste envers celles/ceux qui maintiennent une attaque constante contre l’État et intensifient les actions offensives dans le Wallmapu.

Cette action est également un appel à étendre, à renforcer et intensifier la nouvelle guérilla urbaine anarchiste. A passer à l’offensive, à se protéger et agir avec prudence, en essayant de faire en sorte que nos attaques soient à chaque fois sont plus durs, plus précis, et à montrer en pratique que tout moment est propice pour l’attaque.

Nous saluons, nous embrassons et encourageons tou.te.s celles/ceux qui embrassent le conflit et assument leur vie dans la guerre contre l’État et le capital.

Que les tueurs et les bourreaux ressentent de la terreur, chaque seconde qui passe nous nous rapprochons.
Nos balles chercheront leurs corps, nos bombes feront exploser leurs maisons.

Dix ans après l’incendie de la prison de San Miguel.
Liberté pour les prisonnier.e.s politiques, Mapuches, Anarchistes et Subversif.ve.s.
Dans n’importe quelle partie du monde, la police est une cible.

Avec Claudia Lopez, Jhony Cariqueo, Mauricio Morales et Sebastián Oversluij dans nos souvenirs.
Que la voix de la dynamite parle à nouveau.
VIVE L’ANARCHIE !

Bande informelle VENGEANCE NOIRE

Chili : Une lettre et un dessin de Mónica Caballero, contre l’isolement

Publicacion Refractario / dimanche 22 novembre 2020

« La prison est le seul endroit où le pouvoir peut se manifester à l’état nu dans ses dimensions les plus excessives, et se justifier comme pouvoir moral. »
Michel Foucault*

Au fur et à mesure que les mesures restrictives prises par l’État pour empêcher la propagation du virus du Covid-19 sont supprimées, les temples de la consommation s’ouvrent : le flux du commerce ne s’arrête pas. Pendant que des centaines (ou peut-être des milliers) de personnes remplissent les grands magasins pour satisfaire leur soif d’acheter des marchandises, dans les prisons chiliennes on continue à interdire aux prisonnier.e.s de recevoir la visite de leurs proches.

Le fait que les prisonnier.e.s puissent voir leurs amis et leurs parents en personne est sans importance pour l’économie, parce que les détenu.e.s ne produisent rien, du coup elles/ils ne génèrent aucune plus-value et leur capacité de consommation ne change pas s’ils/elles sont plus ou moins isolé.e.s. Les puissants n’ont pas pris la peine de mettre en place les conditions pour une reprise des visites dans les prisons, car cela ne leur profite d’aucune façon.

Le coronavirus a porté avec soi des mesures de contrôle et d’isolement plus nombreuses et plus efficaces pour l’ensemble de la population, les prisons ne font pas exception. Le contrôle et l’isolement font partie des formes fondamentales de la prison, qui, à son tour, serait la principale structure de punition.

La prévention et la prise en charge d’éventuelles infections dues au Covid-19 semblait à des nombreuses personnes un argument solide pour perpétuer l’isolement, un argument qui, après des mois où les prisonnier.e.s n’ont pas pu embrasser leurs proches, n’est rien d’autre qu’un excès injustifié… une autre forme de punition.

L’isolement n’est jamais fortuit, ni arbitraire, il prend parfois les nuances typique d’une vengeance d’État. L’exemple le plus clair est le cas de Mauricio Hernández Norambuena, qui a été détenu pendant 17 ans en régime d’isolement complet (RDD), dans le territoire dominé par l’État brésilien, et qui, en 2019, a été transféré à la prison de Haute sécurité de Santiago ; là, même si ses conditions de détention soient « un peu meilleures », il reste toujours à l’isolement.

La domination se concrétise dans des multiples rapports de pouvoir et si nous voulons les détruire, nous devons les rendre visibles, les comprendre et les attaquer.

Main ouverte pour le/la compagnon.ne, poing fermé pour l’ennemi !

Mónica Caballero Sepúlveda
prisonnière anarchiste,
novembre 2020

Note d’Attaque :
* « Les intellectuels et le pouvoir. Entretien entre M. Foucault et G. Deleuze », 4 mars 1972. En « Dits et écrits », tome II, texte n°106