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Prison de San Miguel (Chili) : Quelques mots de Mónica Caballero

Anarquia.info / jeudi 1er juillet 2021

Compas, ami.e.s et membres de ma famille,
Une fois de plus, je vous écris depuis une cellule. Je me retrouve enfermée dans la
prison de San Miguel et je resterai en isolement pendant 14 jours, à cause du protocole de prévention du Covid-19 ; après ils vont me classer et m’envoyer dans un module définitif.

Cela fait presque 10 ans que je suis entrée pour la première fois dans une prison, en tant qu’inculpée. Pendant toutes ces années, d’une manière ou d’une autre ma vie a toujours été liée aux prisons, car même si les systèmes de contrôle peuvent changer, leur structure ne change pas pour l’essentiel, elle continue à viser la punition et la repentance.

Il y a presque 10 ans, quand je suis entrée en prison, j’étais pleinement convaincue que l’ensemble des idées et de pratiques anti-autoritaires sont des clés fondamentales pour affronter la domination et pendant tout ce temps, il n’y a pas eu un seul jour où j’ai pensé le contraire. Je marche dans la
prison la tête haute, fière du chemin que j’ai parcouru.

Solidarité avec toutes les luttes anticapitalistes.
Liberté pour les prisonniers politiques mapuches
et pour les prisonniers subversifs et de la révolte !
Newen Peñis [« Force frères », en langue Mapudungun, si on a bien compris ; NdAtt.]

Mónica Andrea Caballero Sepúlveda
Prisonnière Anarchiste

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Chili : Des nouvelles des compas anarchistes Francisco Solar et Mónica Caballero

Publicacion Refractario / jeudi 28 janvier 2021

Les compas sont en prison depuis le 24 juillet 2020, après avoir été arrêté.e.s et mis.e.es en cause pour des attaques à l’explosif qui ont eu lieu en juillet 2019 et en février 2020. Les 6 mois d’enquête décrétés au début sont terminés il y a peu et, comme prévu, le Parquet demandera une prolongation, lors d’une audience prévue pour le 11 février.

Tous deux restent en détention sous un régime très strict, Francisco dans la Unidad de Máxima Seguridad, au sein de la Cárcel de Alta Seguridad et Monica dans le Módulo de Connotación Pública de la prison de San Miguel. Après une mobilisation difficile, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons, pour la remis en place des parloirs pour tous les prisonnier.e.s, à partir de la mi-décembre Monica et Francisco ont réussi à avoir des parloirs, qui restent cependant encore loin des conditions de dignité qu’on voulait atteindre : les parloirs durent deux heures, ils ont lieu toutes les trois semaines et une seule personne peut y prendre part.

Les compas restent fort.e.s, fermes dans la conviction que la prison ne signifie pas la fin de quoi que ce soit, mais que c’est une nouvelle bataille dans la lutte anarchiste. Depuis cet endroit, les deux ont continué a apporter leur contribution à la discussion et à la lutte, montrant que les murs qui sont censés les isoler ne résistent pas à la solidarité et à la complicité entre acrates.

Sédition de l’État policier !
Que la révolte fasse exploser les prisons !
LIBERTÉ POUR MONICA ET FRANCISCO !

Prison de San Miguel (Chili) : Fin de la grève de la faim de la compagnonne Monica et des deux autres prisonnières

reçu par mail / vendredi 11 décembre 2020

Lundi 7 décembre 2020, Monica Caballero et deux autres prisonnières de la section pour détenues « réfractaires » de la prison de San Miguel ont commencée une grève de la faim pour exiger le rétablissement immédiat des parloirs.

Cette mobilisation à la taule de San Miguel voulait également à soutenir la grève de la faim entamée dans la Prison de haute sécurité, qui vise elle aussi à obtenir le rétablissement des parloirs.

Le 10 décembre 2020, les compagnonnes ont décidé de mettre fin à leur grève de la faim, après une ordonnance du tribunal qui intime à l’administration pénitentiaire de dire à quelle étape de la quarantaine les parloirs seront à nouveau acceptés.

Étant donné l’ampleur des grèves et des mobilisations pour le rétablissement des parloirs, les prisonnières ne devraient pas être punies par les matons.

Nous pourrons à nouveau embrasser nos compas en prison !

Chili : Une lettre et un dessin de Mónica Caballero, contre l’isolement

Publicacion Refractario / dimanche 22 novembre 2020

« La prison est le seul endroit où le pouvoir peut se manifester à l’état nu dans ses dimensions les plus excessives, et se justifier comme pouvoir moral. »
Michel Foucault*

Au fur et à mesure que les mesures restrictives prises par l’État pour empêcher la propagation du virus du Covid-19 sont supprimées, les temples de la consommation s’ouvrent : le flux du commerce ne s’arrête pas. Pendant que des centaines (ou peut-être des milliers) de personnes remplissent les grands magasins pour satisfaire leur soif d’acheter des marchandises, dans les prisons chiliennes on continue à interdire aux prisonnier.e.s de recevoir la visite de leurs proches.

Le fait que les prisonnier.e.s puissent voir leurs amis et leurs parents en personne est sans importance pour l’économie, parce que les détenu.e.s ne produisent rien, du coup elles/ils ne génèrent aucune plus-value et leur capacité de consommation ne change pas s’ils/elles sont plus ou moins isolé.e.s. Les puissants n’ont pas pris la peine de mettre en place les conditions pour une reprise des visites dans les prisons, car cela ne leur profite d’aucune façon.

Le coronavirus a porté avec soi des mesures de contrôle et d’isolement plus nombreuses et plus efficaces pour l’ensemble de la population, les prisons ne font pas exception. Le contrôle et l’isolement font partie des formes fondamentales de la prison, qui, à son tour, serait la principale structure de punition.

La prévention et la prise en charge d’éventuelles infections dues au Covid-19 semblait à des nombreuses personnes un argument solide pour perpétuer l’isolement, un argument qui, après des mois où les prisonnier.e.s n’ont pas pu embrasser leurs proches, n’est rien d’autre qu’un excès injustifié… une autre forme de punition.

L’isolement n’est jamais fortuit, ni arbitraire, il prend parfois les nuances typique d’une vengeance d’État. L’exemple le plus clair est le cas de Mauricio Hernández Norambuena, qui a été détenu pendant 17 ans en régime d’isolement complet (RDD), dans le territoire dominé par l’État brésilien, et qui, en 2019, a été transféré à la prison de Haute sécurité de Santiago ; là, même si ses conditions de détention soient « un peu meilleures », il reste toujours à l’isolement.

La domination se concrétise dans des multiples rapports de pouvoir et si nous voulons les détruire, nous devons les rendre visibles, les comprendre et les attaquer.

Main ouverte pour le/la compagnon.ne, poing fermé pour l’ennemi !

Mónica Caballero Sepúlveda
prisonnière anarchiste,
novembre 2020

Note d’Attaque :
* « Les intellectuels et le pouvoir. Entretien entre M. Foucault et G. Deleuze », 4 mars 1972. En « Dits et écrits », tome II, texte n°106

Chili : Une lettre de Mónica Caballero depuis la prison de San Miguel

reçu par mail / vendredi 4 septembre 2020

Pour les ennemi.e.s de ce système de terreur, aller en prison est toujours une pilule amère à avaler et fait toujours mal.

La prison et moi, nous sommes de vieilles connaissances : à plus d’une occasion je m’y suis retrouvée ; au fil des ans nous avons changé et nous avons toutes les deux appris l’une de l’autre… mais peu importe le temps qui passe, au fond nous restons les mêmes, la prison et moi. La prison est toujours le monstre qui phagocyte nos capacités, qui grandit avec la soumission et le repentir ; moi, je continue avec les mêmes désirs séditieux d’antan.

Les puissant.e.s ont réussi à enfermer mon corps tumultueux, elles/ils veulent le garder pendant de nombreuses années, mais même si je suis enfermée, mon cœur est toujours dehors, loin des barbelés, des hauts murs et des yeux vigilants… la grisaille de cet endroit ne me touche que superficiellement.

La prison est un champ de bataille de plus sur le chemin de l’affrontement, pour moi la lutte anti-autoritaire n’est pas terminée, elle a seulement changé de forme.
Chers Juan Aliste, Joaquín García, Marcelo Villarroel et Dinos Giagtzoglou, vos mots sont une bouffée d’air frais dans cette cellule.

Beaucoup reste encore à construire et à détruire !
Solidarité active avec les prisonniers politiques mapuches en grève de la faim.

Vive l’Anarchie !

Mónica Caballero S.
Prisonnière anarchiste.
Santiago, Chili
septembre 2020.

(CHILE) AFICHE SOLIDARIDAD: FUEGO Y EXPLOSIONES AL PODER Y SUS PRISONES

Flyer.gif(~201 KB)
Actforfree received on: 14/8/20
14 DE AGOSTO 2020: 10 AÑOS DESDE CASO BOMBAS 1

23-30 AGOSTO 2020: SEMANA INTERNACIONAL DE SOLIDARIDAD CON LXS ANARQUISTAS ENCARCELEDXS

SOLIDARIDAD INSURRECTA CON MÓNICA, FRANCISCO Y TODXS LXS PRESXS ANARQUISTAS, SUBVERSIVXS, MAPUCHE Y DE LA REVUELTA EN CHILE Y EL MUNDO.

SEGUIMOS ESTANDO EN TODAS PARTES (A)