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Témoignages suite aux émeutes du CRA du Mesnil-Amelot

Dans la nuit entre mercredi 28 et jeudi 29 juillet, plusieurs prisonniers du CRA de Mesnil Amelot ont tenté de s’évader, alors que d’autres affrontez les keufs et montaient sur les toits des batiments du centre. Au moins 3 personnes sont arrivées à s’évader !

Dans la nuit entre mercredi 28 et jeudi 29 juillet, plusieurs prisonniers du CRA de Mesnil Amelot ont tenté de s’évader, alors que d’autres affrontaient les keufs et montaient sur les toits des batiments du centre. Selon les prisonniers, 3 personnes ont réussi à s’évader !

Il parait que l’action a été bien coordonnée entre les retenus de plusieurs batiments du CRA 2 et du CRA 3, au point que les flics de la PAF ont paniqué et ont appelé des renforts de la BAC et des CRS. Vers une heure du matin, presque deux heures après le début de l’action, les keufs sont malheureseument arrivés à mater la révolte à coups de lacrymos, grenades de désencerclement et matraques. Mais ils n’ont pas pu attraper tous ceux qui s’étaient enfuis : courage aux évadés et à toustes les autres !

Après les tabassages de la nuit, la répression a continué hier (jeudi) matin : fouilles dans tous les batiments, impossible d’avoir un café ou un truc à bouffer, coups de pression. Plusieurs retenus ont été mis en isolement ou transférés dans le batiment des femmes.

Hier soir, ils ont été transférés dans le CRA de Vincennes (3 personnes) et dans le CRA de Palaiseau. Parmi eux, des personnes qui ont été pas mal tabassées pendant la révolte. Certains voulaient porter plainte contre les flics…

Voici le témoignage de prisonniers de Mesnil Amelot à propos de la répression qui a suivi la révolte :

« Tu connais le jeu vidéo « Call of duty » ? C’était pareil. J’étais dans une chambre tranquil’ et d’un coup j’ai vu des flics courir dans les couloirs. Ils ont commencé à arroser tout le monde. Flash ball, grenades de désencerclement, lacrymo… ils ont balancé au moins une cinquantaine de projectiles. On a tout ramassé. On a un sac rempli ! Ils tiraient de loin, de derrière les barrières. J’ai un vieux là, il a plus de 50 ans, qui s’est pris un projectile dans la figure. Et quand ils ont fini de nous allumer, alors les CRS et d’autres flics sont intervenus. Ils nous ont forcé à sortir dehors les mains en l’air, tout en nous insultant. Ils ont fouillé les bâtiments, puis les CRS sont restés toute la nuit devant les grilles. Les flics ils ont le sum’ contre nous. Ca les a véner. Pourtant ils ont pris que quelques bouteilles d’eau dans la gueule, c’est pas méchant vu tout ce qu’ils nous ont envoyé. Et c’est rien vu comment on est traité ici. C’est crade, c’est humide, c’est mal aéré, c’est tellement dégueu qu’on tombe malade. Donc c’est normal que la situation soit tendue. »

Copain du CRA2 :

« Hier l’info a tourné qu’une action collective allait avoir lieu, les mecs du CRA 3 se sont préparés, vers les coups de 22h30 ils ont commencé à jeter des draps sur les barbelés et à crier.

Nous on a vu qu’au CRA3 ça commençait donc on a crié aussi. Des gens des deux CRA ont sauté sur le toit, il y avait beaucoup de monde sur le toit.
En bas, on a essayé de bloquer les flics en leur jetant des trucs dessus, en gueulant. 2 mecs ont réussi à sauter de l’autre côté mais les autres ont pas réussi, c’était galère en vrai, au fur et à mesure beaucoup de flics sont venus, les mecs étaient encore sur le toit, les CRS sont venus en renfort, ils ont jeté des lacrymo et des grenades partout pour nous faire fuir. Mais les flics sont pas montés sur le toit juste ils tiraient sur les mecs là haut.
Nous on était nous dans la cour, c’était le bordel
Des renforts sont venus, je pense il y avait au moins 100 flics en tout, ils nous ont alignés et ont contrôlé les cartes de tout le monde, ils se sont rendu compte de qui manquait et que certains étaient partis

Y avait des flics partout, y en a ils étaient dehors d’autres ils étaient dedans, pas mal de gens se sont blessés sur les barbelés, y a un mec qui est tombé du toit, mais il est pas trop blessé et lui ils l’ont attrapé.
Apès je voyais pas tout a cause des gaz, y avait v’la les flics mais on était aveuglés, ça tirait dans tous les sens
Après ils ont tout fouillé, dans chaque cellule, pour chercher les mecs. Certains sont redescendus du toit dans le bloc.
Les CRS sont partis vers 1h. On est tous rentrés dans les cellules.

J’ai vu des gars se faire frapper par des flics, à la matraque. »

  • Y a des gens qui sont partis à l’hopital ?

« Ca je sais pas, aujourd’hui j’ai vu un mec qui boitait, franchement ils ont été tellement violents »

  • Et là aujourd’hui il se passe quoi ?

« Maintenant ils nous font la misère pour se venger.
On peut plus avoir de bouffe en visite, aujd ils ont fermé à 19h. Ils sont venus ce matin pour fouiller et compter les gens
On pouvait pas acheter des trucs les machines étaient bloquées »

  • Vous avez un peu discuté aujourd’hui ?

« Y a des mecs qui sont pas d’accord avec l’action, parce que y en a qui ont rien a perdre, malheureusement on a pas tous la même situation ici.
Franchement c’était chaud, c’était comme un film j’te jure
Ca fait quelques temps que y a bcp de gens qui essayent de s’évader, parce que c’est ghetto ici t’as vu. Ils amènent pleins de nouveaux tous les jours, encore aujourd’hui ils ont ramené des nouveaux.
En vrai c’est normal que ca pète. »

Autre copain du CRA2 :

« Ce qu’il s’est passé c’était le bordel j’te jure comme a dit mon pote.
Après on a du dormir dans les cellules pleines de gaz, y avait des gars qui arrivaient même pas à respirer.

Là aujourd’hui ils nous font trop chier. Ils veulent se venger contre tout le monde pour nous faire payer le prix de la liberté.

Je crois que 7 ou 8 personnes se sont fait attraper, y en a un qui s’est fait salement tabasser à l’isolement, Y avait une voiture qui était garée devant l’isolement et qui le surveillait dans le batiment des femmes.
Ils ont même pas accepté que je lui passe une cigarette t’imagines. C’est pas la solution de les priver encore plus de liberté.

Franchement ici ca va pas, ca devient de pire en pire, chaque fois tu vois des nouveaux visages, des nouveaux systèmes, ils te laissent pas te reposer, même quand on est calmes, dans la cellule, ils viennent nous faire chier, nous fouiller, on est jamais tranquilles ici c’est du harcèlement. Eux même ils font en sorte de te faire péter un plomb, mais ils nous empêchent de nous défendre.

Aujourd’hui ils ont ramené au moins 5 personnes.
Ils en ont mis 3 en isolement. Celui qui s’est fait tabasser j’ai plus de nouvelles, son téléphone est éteint.
On dirait qu’ils ont tourné un film hier, j’te jure si on avait eu des caméras on aurait fait un film.
Les gens qui ont été le plus frappés ils les ont transférés pour leur éviter de porter plainte. »

Copain du CRA3 :

« On a voulu monter en haut, pour demander nos droits, voir nos enfants, demander la liberté, ils nous ont gazés, ils nous ont frappé, mais y a pas de changement.

Ils sont en train de se venger.

Moi je suis allé à l’hopital, ils m’ont filé une ordonnance, mais en arrivant au CRA ils ont refusé de me donnerles médicaments prescrits.
J’ai le diabète, ils veulent pas me donner mon traitement, même en prison j’avais accès à mon traitement la ils m’ont même pas laissé ma machine à insuline.

Y a un gars qui a déposé plainte contre les flics, et ils les ont transférés direct – franchement ils étaient pleins de bleus. Ils ont transféré ceux qui avaient été le plus frappés hier et qui voulaient porter plainte. Ils effacent les traces tu vois.
Mais ici c’est n’importe quoi.
Y a pas de lumière aux toilettes, c’est un truc de fou, on peut même pas acheter d’eau, on boit l’eau du robinet alors que moi j’ai des problèmes de reins, y a rien qui va ici.

Moi je suis en France depuis 40 ans mais je les connais, je me fais pas d’illusions. J’ai déjà été expulsé en 2006, j’avais ma carte de séjour dans la poche. C’était après les émeutes de banlieue, ils arrêtaient tous les noirs et arabes, ils m’ont mis a Vincennes, j’avais ma carte de 10 ans, j’ai fais un recours mais le lendemain ils m’ont mis du scotch et bim dans l’avion.
J’ai toute ma famille ici, je devrais pas être ici, j’ai eu 2 fois des cartes de 10 ans, c’est même pas légal que je sois sans papier maintenant, parce qu’en taule ils m’ont pas laissé renouveler mon titre et maintenant je suis ici.

Mais. Ca va pas se passer comme ca, on va continuer à lutter et faire des manifestations. »

Après la révolte et le gros incendie de janvier 2021, les luttes dans le CRA plus grand de France n’ont pas arretées. En mars, grève de la faim et refus collectif de rentrer dans les cellules. En juin, à l’occasion d’une manif contre les CRA, les prisonniers à l’intérieur répondent avec force et lancent une grève de la fraim. Et encore, les résistances individuelles n’ont jamais arreté et les refus de test pour empecher l’expulsion continuent, malgré la criminalisation et les menaces des flics.

Ces dernières semaines, l’administration du CRA avait commencé à installer des clotures encore plus hautes entre les batiments du centre [un témoignage suivra bientot]. Mais la répression, les violences policières et des murs de plus en plus hauts n’ont pas pu empecher la révolte et l’évasion.

Solidarité avec les prisonniers-ères

Force aux evadés
A bas les cra !

Contre la construction de prisons pour étranger.e.s, le 19 juin 2021, on marche sur le Mesnil-Amelot !

Écrit conjointement par des personnes avec et sans papiers, voici un appel à manifestation pour lutter contre la création de nouveaux centres de rétention administrative (CRA), en particulier au Mesnil-Amelot. Nous marcherons jusqu’au lieu choisi pour le nouveau CRA en passant par le centre de rétention actuel pour montrer notre soutien aux personnes enfermées.

L’État français ne cesse de durcir la répression envers les migrant.es. Le projet gouvernemental de construire des nouveaux Centres de Rétention Administrative (CRA) est la volonté manifeste de s’en prendre toujours plus aux libertés de circulation et d’installation. Trois nouveaux Centres de Rétention sont en projet : à Lyon, à Bordeaux et à Olivet (près d’Orléans), et deux extensions vont avoir lieu à Coquelles (près de Calais) et Lesquin (près de Lille). En tout, le gouvernement vise 800 places supplémentaires en rétention en 2023 par rapport à 2018, soit 60 % de plus !
En plus de ça, un nouveau projet vise à construire un autre CRA de 64 places au Mesnil-Amelot, à côté de l’aéroport de Roissy. Tous ces projets témoignent de la volonté d’enfermer toujours plus de personnes.

 En 20 ans, le nombre de places en Centre de Rétention a doublé : en 2019, 54000 personnes y ont été enfermées. La loi asile et immigration de 2018 permet d’enfermer les personnes jusqu’à 3 mois. Les contrôles de police et les mesures d’éloignement se multiplient. La répression aux frontières, et l’augmentation de l’enfermement et des expulsions ont un impact concret dans la vie des personnes sans-papiers. Les Interdictions de Retour sur le Territoire Français (IRTF) visent à faire de nous des sans-papiers à vie.

Alors que la crise sanitaire dure depuis plus d’un an désormais, l’État français continue de maintenir la machine à déporter des vies humaines. Retenues dans des conditions indignes, les personnes sont de plus en plus réprimées dans ces centres. Pour expulser, les tests sont généralement obligatoires : les personnes qui refusent de s’y soumettre prennent souvent des peines de prison ferme ou sont renvoyées au CRA pour une nouvelle période de 90 jours.

Nous marcherons aussi en solidarité avec les prisonnier.e.s des CRA qui se révoltent. Dans tous les CRA de France, des grèves de la faim s’organisent régulièrement et la solidarité à l’intérieur est la seule arme face aux conditions de rétention infectes, aux violences policières, à l’absence de soin, à la nourriture dégueulasse (et parfois périmée), à l’eau froide pour la douche, etc. Au Mesnil-Amelot, en janvier, des prisonniers ont mis le feu à une partie du CRA 3 et ont pris des peines de prison ferme pour ça : nous marcherons aussi pour eux !

Nous manifestons pour la fermeture de tous les Centres de Rétention.
Nous manifestons pour la fin des reconduites à la frontière.
Nous manifestons pour la régularisation de toutes et tous.
Nous manifestons pour la dignité et la liberté de circulation et d’installation.

Rendez-vous le Samedi 19 Juin 2021 à 15h à l’arrêt de RER B Aéroport Charles-de-Gaulle 1, sortie Gare routière
Départ collectif une heure avant (14h) du RER B Gare du Nord

abaslescra.noblogs.org
CSP-Montreuil
Gilets Noirs

Les tracts et affiches sont disponibles ici.
Collez, faites circuler, diffez et venez !

L’État construit des CRA et des prisons, détruisons-les !

L’État poursuit ses objectifs racistes de traque, d’enfermement et de déportation des personnes qui n’ont pas les bons papiers. Nous avons récemment appris l’existence d’un projet d’agrandissement du CRA du Mesnil-Amelot, pour 2025. Soixante-quatre nouvelles places seront créées sur un autre site !

L’État poursuit ses objectifs racistes de traque, d’enfermement et de déportation des personnes qui n’ont pas les bons papiers : après les nouvelles extensions des CRA de Coquelles (Calais) et de Lesquin (Lille) et les projets de création de nouveaux CRA à Lyon-Saint-Exupéry (un 2e à côté de celui déjà existant), à Olivet (à côté d’Orléans) et à Bordeaux.
C’est tout récemment que nous avons appris l’existence d’un projet d’agrandissement du CRA du Mesnil-Amelot, pour 2025. Soixante-quatre nouvelles places seront créées sur un autre site, à quelques minutes en voiture du CRA existant.

Actuellement, le CRA du Mesnil-Amelot est situé au 6, Rue de Paris, 77990 Le Mesnil-Amelot. Il est constitué de 240 places (120 dans la CRA 2 et 120 dans le CRA 3) et a enfermé 3684 personnes en 2019. Le CRA a pour voisinage direct l‘annexe judiciaire du Mesnil-Amelot, qui sert à juger les personnes enfermées (JLD), un cantonnement de CRS et le bruit continu des avions qui décollent et atterrissent sur les pistes à quelques centaines de mètres de là : on voit clair dans la volonté de l’État d’optimiser son industrie de la déportation.

Le mot d’ordre : enfermer toujours plus et toujours plus longtemps. D’un seul CRA en 1999, on est passé aujourd’hui à 25 CRA en France et dans les colonies et le nombre de places a doublé en 15 ans (passant de 1000 places en 2004 à presque 2000 aujourd’hui). Depuis 2018 et la Loi Asile et Immigration, la durée de rétention a doublé, passant de 45 à 90 jours. Cet allongement de la rétention implique nécessairement une augmentation du nombre de places et la construction de nouveaux CRA.
La dimension punitive et coercitive de la rétention n’échappe plus à personne. La collaboration entre taule et CRA se renforce elle aussi, visant à punir d’autant plus les « mauvais » étrangers. Et dans la même lancée liberticide, ce sont aussi 15000 nouvelles places en taule qui vont être construites sur huit sites sur tout le territoire national. L’enfermement a le vent en poupe !

Les informations qui émanent de la presse bourgeoise et pro-flic, cela va sans dire, sont très vagues et le ministère de l’Intérieur continue son enfumage : « la perspective [est] encore assez lointaine pour [ce] CRA, nous n’avons pas d’éléments à communiquer à ce stade. ». Pourtant, toutes les données concernant ce projet dégueulasse sont publiques et accessibles dans le dossier de l’appel à projet. On y apprend que l’extension se situera au 1, Rue du Périchet, 77990 Le Mesnil-Amelot (49.01572, 2.58369) dans deux bâtiments mitoyens pour une surface totale de 1725m² et 55 cellules. Il s’agit d’un ancien cantonnement des brigades mobiles de gendarmerie en charge de la gestion de l’ancien CRA (n°1) du Mesnil-Amelot, dont la construction date de 1995. Actuellement, le bâtiment est utilisé pour l’hébergement des militaires de l’opération sentinelle intervenant sur la zone aéroportuaire de Roissy.

Le coût prévisionnel du projet est de 4,9 millions d’euros pour une durée de 3 ans et 2 mois. Comme l’a dit Darmanin : « On a l’argent pour construire des CRA ». À l’heure actuelle, nous ne savons pas quelles entreprises remporteront le marché public puisqu’elles ont jusqu’au 03/05/2021 pour candidater.

Ce projet d’extension est partiellement financé par le FAMI (Fonds Asile Migration et Intégration de l’Union Européenne). Derrière ce nom se cache notamment le volet sobrement appelé « retour ». Dans

celui-ci, l’un des objectifs nationaux stipule que 51,1 millions d’euros ont été consacrés, sur la période 2014-2020, aux mesures accompagnant les expulsions et notamment les « mesures en faveur des retenus dans les centres de rétention administratives (travaux, formation des personnels dans les CRA, accompagnement des retenus, interprétariat) » — Ouais, on a tou.te.s bien lu, c’est écrit « en faveur »… — Ce discours hypocrite autour de l’amélioration des conditions de vie en CRA est tout autant à gerber que la nourriture servie à l’intérieur.

Comme dans tous les projets de marchés publics depuis quelques années, il apparaît une clause sociale, qui impose aux futures boîtes collabo d’engager un ou plusieurs jeunes décrocheurs, de 16 à 25 ans. De fait, un lieu broyeur de vies devient instantanément le parfait outil de raccrochage et d’intégration sociale des jeunes par le travail — Construire une taule, voilà un bel avenir !

Les documents sont disponibles ici au format PDF :

Présentation du site PERICHET

Dossier du marché public

Dès que nous connaîtrons les noms des boîtes, nous les publierons — Parce qu’on est vraiment sympa !

Soutien au prisonnier.e.s !
À bas l’enfermement ! Liberté de circulation pour tou.te.s !
À bas les CRA !

Il est toujours bon de rappeler que n’importe qui peut discuter avec les prisonnier.e.s en appelant les cabines des CRA. Nombre de témoignages sont déjà sortis des CRA mais combien d’autres ne l’ont pu ? Vous trouverez plus d’informations ici : https://abaslescra.noblogs.org/appeler-les-retenu-e-s-numeros-des-cabines-en-cra/.

La justice en boucle pour enfermer… Retour sur le procès d’une révolte.

Suite à l’incendie du CRA du Mesnil Amelot, 7 révoltés sont passé en procès le vendredi 5 mars 2021.

La justice en boucle pour enfermer… Retour sur le procès d’une révolte.

Vendredi 5 mars 2021 avait lieu au tribunal de Meaux le procès des personnes inculpées pour la révolte du CRA du Mesnil-Amelot. On y était présent.es, pour soutenir les révoltés et les luttes des prisonnier.es en général !

On a déjà beaucoup parlé de la révolte qui a eu lieu en janvier. Pour un rappel des faits, n’hésitez pas à lire cet article.
Depuis, l’Assemblée contre les CRA Paris-IDF a organisé, en soutien, une réunion publique, une cantine et un rassemblement devant le tribunal le 5 mars. Le but : que soient visibilisés au maximum la révolte et les conditions d’enfermement dégueulasses, ainsi que la criminalisation du refus des tests PCR et le doublement des 90 jours de rétention.

Devant le tribunal on était une quarantaine de personnes venues pour soutenir les inculpés. On n’a pas pu rentrer, les jauges Covid étant un bon prétexte pour supprimer la publicité des audiences ; la bonne dizaine de policiers présents devant les portes nous ont donc repoussé.es. En revanche, le fait que les inculpés soient collés les uns aux autres dans le box n’était pas un problème apparemment !

On s’est installé.e à quelques mètres, tentant à un moment de faire entendre nos voix, mais peine perdue, la salle d’audience étant trop éloignée de l’entrée du tribunal. On est resté.e quand même et jusqu’au couvre-feu !
Durant l’après-midi, on a improvisé une petite manif dans le centre-ville de Meaux, distribuant tracts et chantant des slogans de solidarité, afin d’informer la population de ce qu’il se passait dans le tribunal de la ville au moment-même. Un groupe d’ados près d’un arrêt de bus s’est mis à chanter avec nous le slogan de solidarité avec les inculpés ! Devant la Poste, on a rappelé que cette dernière avait collaboré (encore aujourd’hui) à la dénonciation des personnes sans-papiers.

Entre temps, à l’intérieur, le procès commençait. Une défense collective avait été élaborée. L’idée était la suivante : ne jamais parler des faits, ne pas rentrer dans le jeu de la justice qui essaie de rendre coupable ; ne pas se balancer les uns les autres, mais plutôt démontrer que les seuls responsables sont justement l’État et le système judiciaire, par un enfermement sans cesse prolongé, dans des conditions humiliantes et éprouvantes. Si les flics avaient bien réussi leur petit jeu en montant les retenus les uns contre les autres lors des gardes à vue, au procès, les inculpés ont fait preuve d’une solidarité belle à voir, en refusant de répondre aux questions de la procureure et des juges.

Plusieurs nullités ont été plaidées, notamment une remettant en cause l’heure à laquelle les inculpés ont été placés en garde à vue. En effet, leur GAV a commencé à 16h45, alors qu’ils étaient privés de liberté de mouvement depuis 5 heures déjà. Comme les autres, cette nullité a été « jointe au fond » puis rejetée. Dans le cas contraire, elle aurait permis de faire annuler toutes les auditions de garde à vue…

Sur le fond, les plaidoiries ont notamment porté sur les conditions de rétention, basées sur des témoignages de prisonnièr.es, ce qui a fait réagir le président qui ne voulait pas d’une « tribune politique » ! Un ancien retenu, un journaliste de L’Humanité (qui avait dernièrement été en visite en CRA auprès d’une sénatrice) et le juriste Serge Slama ont témoigné des conditions de rétention, de l’allongement de la période maximale d’enfermement, de la problématique du refus de tests PCR, qui est puni par des peines de prison ferme ou permet de ré-enfermer les personnes en CRA pour 90 jours. En réalité et contrairement à ce que veut faire croire le juge, tout ça est très politique !

Rappelons que le juge du tribunal de Meaux ce jour là , Mr Guillaume Servan, est un ancien Juge des libertés et de la détention du Mesnil-Amelot. Dans les centres de rétention, le JLD ne sert à rien d’autre qu’à valider la demande de la préfecture de prolonger les prisonnier.es en rétention, en vue de réussir à les expulser ! On peut donc imaginer à quel point cette personne était insensible aux récits des témoins… Ce même juge a condamné un certain nombre de retenu-e-s du CRA du Mesnil-Amelot à des interdictions judiciaires du territoire français pour des refus de test PCR. Par ailleurs, la procureur Carmelita Dijoux, présente lors de l’audience, était précisément celle qui avait fait passer en Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité (CRPC) deux des prévenus la veille de l’incendie du CRA. Ces deux retenus ont été condamnés à deux ans d’interdiction du territoire français ce qui renvoyait les personnes en rétention pour 90 jours ! C’est contre cela-même que les personnes se sont révoltées !

Au bout de 12 heures d’audience et d’un très court délibéré, les inculpés ont donc tous été jugés « coupables » de « rébellion commise en réunion » et pour quatre d’entre eux de l’incendie du CRA. Ils ont été condamnés à des peines de prison ferme, allant de quatre à seize mois, à l’exception d’une personne qui était sous contrôle judiciaire et qui a pris douze mois avec sursis. Comme toujours, la justice raciste a bien fait son travail pour maintenir l’ordre existant. Le juge a conclu en disant que, quelles que soient les conditions de rétention, « l’incendie de bâtiment public est absolument inacceptable. Si on tolère ça il n’y a plus de limite, après on peut mettre le feu à l’Arc de Triomphe ».

Plusieurs personnes inculpées ont réagi avec colère à l’annonce de leur condamnation, sous le sourire de la proc’. En s’apprêtant à passer la porte pour sortir du box vers le dépôt, un des prévenus s’est fait taper par un flic qui l’a pris à la gorge et plaqué contre le mur. Les avocates se sont mises à crier. Le président, les deux autres juges, la proc et la greffière n’ont « rien vu ».

Au final, une seule personne a fait appel de la décision, la justice s’étant arrangée pour suffisamment différencier les peines et ainsi faire en sorte qu’un appel collectif soit risqué pour plusieurs d’entre eux.

Kalimero, caisse de solidarité avec les prisonnièr.es de la guerre sociale, a commencé à leur envoyer des mandats . Sachant qu’une « caisse de solidarité a besoin de continuité », il est possible de leur faire un don pour participer à payer ces mandats, soit en passant à l’assemblée contre les CRA, soit à la réunion mensuelle de Kalimero, ou encore en leur écrivant directement à kalimeroparis(at)riseup.net.

Solidarité avec les prisonnier.es des CRA et des prisons !

A bas les CRA !
Voir le site : https://abaslescra.noblogs.org/

Le CRA du Mesnil en feu, 7 révoltés en procès : soutien à la « rébellion en réunion » !

Le vendredi 5 mars, 7 personnes passent en procès pour l’incendie de deux bâtiments du Centre de Rétention Administrative (CRA) du Mesnil-Amelot et pour « rébellion en réunion ». Appel à venir les soutenir au tribunal de grande instance de Meaux à partir de 12h30.

Depuis plusieurs mois la situation dans les Centres de Rétention Administrative (CRA, prisons pour sans-papiers) est encore plus pourrie que d’habitude. Les centres sont blindés, tous les jours les personnes enfermées risquent de tomber malades, alors que le suivi médical est inexistant. Si moins de personnes sont expulsées actuellement, c’est notamment grâce à des pratiques de résistance massive : pour être expulsé.e vers un certain nombre de pays, il faut faire un test covid, ce que les retenu.e.s refusent souvent.

Pour punir celleux qui n’acceptent pas de se faire tester, les flics les emmènent presque systématiquement en garde-à-vue, et les juges les condamnent souvent à des peines de prison. Il est aussi de plus en plus fréquent qu’une personne qui a passé 90 jours en rétention (le maximum légal) soit mise en Garde à Vue (GAV), condamnée à une nouvelle mesure d’éloignement, puis de nouveau placée en rétention : dans le CRA de Mesnil-Amelot, des prisonnier.e.s sont en train de redoubler leurs 90 jours. Six mois enfermé.e.s, pour ne pas avoir les « bons » papiers et pour refuser de se faire expulser 

Pour lutter contre cette situation, mercredi 20 janvier les retenus du CRA 3 de Mesnil-Amelot se sont révoltés. Deux bâtiments ont cramé ! Les flics ont dû appeler les renforts, certains prisonniers ont été hospitalisés et une dizaine d’autres ont été interpellés. Au total, 44 places en cellule sont aujourd’hui inutilisables : bravo à eux !

Bien sûr, ces révoltes amènent aussi leur lot de répression de la part des flics et de l’État : au Mesnil-Amelot, suite à l’incendie 6 personnes sont aujourd’hui en détention provisoire et une personne est sous contrôle judiciaire en attente d’un procès qui aura lieu le 5 mars. 7 personnes comparaitront pour « rébellion en réunion », dont 4 aussi pour « destruction d’un bien par incendie, une substance explosive ou un moyen de nature à créer un danger pour les personnes ».

Soyons solidaires avec les prisonniers et les prisonnières qui se rebellent 

Pour montrer que la machine à expulser et à enfermer ne peut pas tourner en toute tranquilité,
Pour montrer aux révoltés qu’ils ne sont pas seuls face à la répression,
Parce que la destruction des CRA est la seule revendication possible, et la révolte des prisonniers la seule façon efficace de faire fermer des bâtiments,

Nous appelons à un rassemblement devant le TGI de Meaux le 5 mars à 12 h30, pour le procès des 7 révoltés du Mesnil Amelot.

Soyons nombreux.euses et deter.e.s !

Cantine de soutien aux révoltes dans les CRA samedi 27 février !

Pour soutenir les révoltes dans les centres de rétention et les accusés de l’incendie du CRA de Mesnil-Amelot, l’assemblée contre les CRA organise une cantine à prix libre samedi 27 février au Marbré, à Montreuil.

Les centres de rétention administrative (CRA) sont des lieux où l’État enferme les personnes qu’il considère en situation irrégulière sur le territoire français, afin de pouvoir les expulser. Dans le contexte actuel de pandémie, bien que pas mal de frontières soient plus ou moins fermées, les CRA sont toujours remplis de gens. La situation à l’intérieur est insupportable : à la violence habituelle de l’enfermement et des flics qui travaillent dans les CRA, s’ajoutent les conditions sanitaires désastreuses. Les mesures mises en place pour tenter de ralentir la propagation du virus sont inefficaces et incohérentes. Résultat, le centre de rétention de Vincennes fait face à un gros cluster. Les détenu.e.s ont été placés en quatorzaine et n’ont plus le droit d’être visités.

Les prisonniers-ères s’organisent aussi pour résister aux expulsions, en refusant les test PCR, obligatoires pour se rendre dans la plupart des autres pays. Mais en face, la répression, elle aussi, a redoublé. Plusieurs des détenu.e.s qui ont refusé les tests ont été condamné.e.s à des peines de prison ferme, ou ont été placé.e.s à nouveau en rétention, pour un total de 180 jours. Face à tout ça, les prisonniers-ères n’ont pas arrêté de se rebeller : blocage de la promenade et grève de la faim au CRA de Vincennes, manifestation dans le CRA de Lyon, grève de la faim à Bordeaux, départ de feu à Lille, blocage de la promenade et grève de la faim à Oissel

Le 20 janvier dernier, pour s’opposer à ce nouveau prolongement du temps de rétention dans le CRA, une grosse révolte a eu lieu dans le CRA de Mesnil-Amelot. La protestation a même permis de brûler deux bâtiments et de rendre inutilisables 44 places en cellule. Pour cette révolte, sept personnes seront jugées au tribunal de Meaux le 5 mars 2021. Un rassemblement en solidarité avec les inculpés aura lieu le jour même, devant le tribunal, à 12h30 : soyons nombreux-ses, ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s !

Dans la perspective des audiences du 5 mars, l’assemblée contre les CRA IdF organise une cantine de soutien.
C’est samedi 27 février, au Marbré (39 rue des Deux Communes, Montreuil), à 12h.

Ce sera l’occasion de revenir sur ces semaines de luttes et de récolter de l’argent pour les inculpés de la révolte de Mesnil. Venez nombreux et nombreuses !

LIBERTE POUR TOU.TE.S & FEU AUX CRA !

Soutien aux révoltés de Mesnil ! Appel pour se rendre au tribunal de Meaux mardi 26

Mercredi 20 janvier les prisonniers du CRA de Mesnil Amelot se sont révoltés. Deux batiments de cette prison pour sans-papiers ont cramé. Comme c’est souvent le cas, la repression a été violente : les flics sont intervenus avec des renforts, des prisonniers ont été hospitalisés, et 5 personnes ont été arretées.

Après la garde-à-vue, une des 5 personnes arretées a été retransférée au CRA du Mesnil-Amelot : elle passera en procès en mars. Les 4 autres sont jugées au tribunal de Meaux (77) mardi 26 janvier.

Dans un moment où les préfectures, les flics et les juges testent des nouveaux outils pour enfermer toujours plus et plus longtemps les sans-papiers, en CRA et en taule, les prisonniers-ères réagissent, se révoltent et appellent à la solidarité. Il est fondamental de soutenir les prisonnniers-ères qui se rébellent et luttent pour la liberté. Ne les laissons pas seuls face à la justice !

En solidarité avec les inculpés du Mesnil, soyons nombreux et nombreuses
au tribunal de Meaux
RDV mardi 26 janvier à 12h30 devant le tribunal.

Liberté pour tous et toutes !
Feu au CRA !

Plus d’info sur la situation dans les CRA sur abaslescra.noblogs.org

Incendie au CRA du Mesnil-Amelot, révolte à Vincennes. Appel à Assemblée Publique

Ce mercredi 20 janvier les personnes enfermées dans les centres de rétention du Mesnil-Amelot et de Vincennes se sont révoltées, deux bâtiments ont brulé. Appel à une assemblée publique pour s’organiser en soutien le samedi 23 janvier à 15h !


Depuis plusieurs mois la situation dans les centres de rétention administrative (CRA, prisons pour sans-papiers) est encore plus pourrie que d’habitude.

Les centres sont blindés, tous les jours les prisonnièr.es risquent de tomber malades, et le suivi médical est inexistant. Il y a moins d’expulsions, mais il y a toujours des expulsions ! Si moins de personnes sont expulsées actuellement, c’est notamment grâce à des pratiques de résistance massive : pour être expulsé.e vers pas mal de pays, il faut faire un test covid, ce que les retenu.e.s refusent souvent.
Pour punir celleux qui n’acceptent pas de se faire tester, les flics les emmènent systématiquement en garde-à-vue, et les juges les condamnent souvent à des peines de prison. Il est aussi de plus en plus fréquent qu’une personne qui a passé 90 jours en rétention (le maximum légal) soit mise en GAV, condamnée à une nouvelle mesure d’éloignement, puis de nouveau placée en rétention : dans le CRA de Mesnil-Amelot, pas mal de prisonnier.e.s sont en train de redoubler leurs 90 jours. Six mois emprisonné.e.s dans une sale prison, pour ne pas avoir les « bons » papiers et pour refuser de se faire expulser !

Pour lutter contre tout ça, hier mercredi 20 janvier, les retenus du CRA3 de Mesnil-Amelot se sont révoltés. Deux bâtiments ont cramé, c’est énorme ! Les flics ont dû appeler les renforts, apparemment certains prisonniers ont été hospitalisés et une dizaine d’autres ont été interpellés.

Quelques heures plus tard, une révolte démarre dans le CRA de Vincennes aussi. Hier soir, les prisonniers du CRA1 ont découvert qu’au moins 4 personnes sont positives au covid, et ont décidé de protester contre les conditions sanitaires pourries et le fort risque de contagion. Pour ça, ils ont refusé collectivement de rentrer dans les cellules pendant presque deux heures, en résistant aux pressions des keufs. Voilà leur témoignage collectif, de mercredi soir.

On est enfermés au CRA de Vincennes

y’a plusieurs cas de Covid

la maladie est dans notre bâtiment

on sait pas comment faire on a besoin d’aide extérieure

l’extérieur doit voir ce qui se passe ici

parce qu’on est maltraités

on est en train de mourir tout doucement

on ne sait plus qui a le corona qui ne l’a pas

tout le monde est sorti dans la cour et on a fait du bruit

Y’a des flics partout, ils ont appelés les renforts

mais les flics ils évitent de nous approcher. Ils ont peur.

il faut qu’on ferme tous les centres !

Aujourd’hui, le jeudi 21 janvier une grêve de la faim a commencé à Vincennes, voici leur témoignage :

C’est suite aux multiples cas covid que nous avons eu hier (4 tout au long de la journée, plus 1 en soirée). Le fait de ne pas avoir eu d’explications, d’apaisement, de l’administration du CRA, c’est de la colère pour tous les retenus.

Dans l’idée on voudrait bien d’un dépistage massif mais en fait on a peur que ça facilite les éloignements pour l’administration.

On part donc plus sur une revendication de libérations !

On n’a pas de nouvelles des cas covid qui sont à l’isolement.

Pour la grève de la faim, on est majoritaires ! une seule personne n’a pas voulu suivre. Le réfectoire a ouvert à 12h, et là le mouvement est lancé, personne ne mange.

Il n’y aucune compassion de l’administration du CRA pour notre sort, elle ne cherche pas à savoir pourquoi il y a grève de la faim, pas d’explications, pas d’apaisement comme je disais, rien. Pas de compassion.

Les flics, les juges et les préfectures ont décidé que la vie des personnes sans-papiers ne vaut rien. Mais dans les CRA et à l’extérieur, les résistances contre un destin marqué par l’exploitation, l’enfermement et la menace constante d’expulsion sont en fait quotidiennes. Parfois, ces résistances prennent la forme de la révolte collective.

Soyons solidaires avec les prisonniers et les prisonnières qui se rebellent !
Pour soutenir les révoltes et pour continuer à lutter contre les centres de rétention, l’assemblée contre les CRA PARISIDF appelle à une RÉUNION PUBLIQUE :

SAMEDI 23 JANVIER, à 15H
à Mécasolid, au 161 rue Etienne Marcel, Montreuil – Metro Robespierre.

Destruction des CRA ! Liberté pour tou.te.s !

Tous.tes devant le CRA pour exiger la libération des retenus !

Le 22 novembre, nous nous rassemblerons devant le Centre de Rétention du Canet afin d’exiger la fin des rafles, la libération immédiate des personnes enfermées et exprimer notre soutien déterminé aux retenus.

Appel a rassemblement pour la libération des retenus du centre de rétention de Marseille

Le 22 novembre, nous nous rassemblerons devant le Centre de Rétention du Canet afin d’exiger la fin des rafles, la libération immédiate des personnes enfermées et exprimer notre soutien déterminé aux retenus.

Le 22 novembre se veut la première date d’une campagne de mobilisation anti CRA.
Chaque année en France, environ 50 000 personnes sont enfermées dans les Centres de Rétention Administrative (CRA).

D’après l’État, « le centre de rétention administrative n’est pas une prison car la privation de liberté ne relève pas d’une décision judiciaire mais d’une décision administrative. La privation de liberté n’a pas un caractère coercitif. Il faut donc parler de rétention et non de détention ou d’emprisonnement. »
D’après les centaines de témoignages de l’intérieur, communiqués, rapports d’associations et enquêtes médiatiques : ce sont des prisons pour sans papiers. On le sait. Ce sont des lieux de privations de liberté, de violences policières, des lieux où menaces et humiliations sont quotidiennes, d’alimentation exécrable, de mauvaise hygiène, des lieux où les mesures sanitaires anti covid-19 ne sont pas appliquées, des soins refusés, des lieux mal ou pas chauffés l’hiver, des lieux d’isolement.
Cette hypocrisie est insupportable. Ces enfermements sont insupportables.

Et ils le sont encore plus depuis le début de la crise sanitaire. Beaucoup de retenue.s sont enfermé.e.s jusqu’à 90 jours, le maximum légal, alors que leur expulsion est rendue impossible par la fermeture des frontières. Parfois, l’État les expulse de force, illégalement.
Alors, le 22 novembre, nous serons là !

Rendez-vous à 15H devant le CRA du Canet pour faire résonner le son des révoltes et des grèves de la faim qui ont émergé depuis le début de la crise sanitaire. Pour montrer notre soutien aux enfermés, notre détermination à être solidaires, jusqu’au bout.

Pour faire résonner le son des pas des marcheur.se.s qui ont traversé la France, pendant un mois, pour revendiquer haut et fort leur régularisation inconditionnelle, un logement pour tou.te.s et la fermeture des Centres de Rétention.
Mais nous n’arrêterons pas là.

Le 22 novembre sera la première pierre que nous enlèverons, puis nous continuerons, devant les CRA et ailleurs, devant les lieux de pouvoir et d’exécution de l’enfermement.
Nous nous battrons jusqu’à obtenir justice aux côtés des personnes sans papiers, enfermé.e.s, colonisé.e.s et exploité.e.s, de tou.te.s celles et ceux en lutte pour leur liberté.

A bas les CRA !
Force aux grévistes de la faim des prisons pour sans papiers !
Rendez-vous le 22 novembre a 15h au 15 boulevard des peintures (métro Bougainville)

Incendie au CRA de Marseille !

Le feu a pris au 1er étage vers 12h30, 3 cellules ont pris feu. Les autres bâtiment ont manifesté en criant liberté. La police cherche des responsables : ils ont déboulé avec matraque, chien et boucliers, en fouillant tous les prisonniers. Les retenus craignent la répression pénale.

Faites tourner l’info !

Communiqué des retenus du CRA de Marseille

Nous sommes actuellement plusieurs personnes, dont des pères de familles dont les enfants résident en France, à être « retenus » au Centre de Rétention du Canet à Marseille. Nous souhaitons alerter la population sur nos (…)

Infos récoltées de la page facebook du Manba