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Karabola ! Contre les CRA !

Une soirée Karaoké/Tombola en soutien aux luttes contre les centres de rétention et face à la répression pendant le confinement, le samedi 26 juin au squat le marbré (39 rue des deux communes à Montreuil), de 16h à 22h.

Les centres de rétention administrative (CRA) sont des prisons où l’État enferme les personnes qu’il considère en situation irrégulière sur le territoire français, afin de les expulser. Malgré la pandémie, les CRA sont remplis de gens. Et la situation à l’intérieur est invivable : à la violence de l’enfermement et des matons, s’ajoutent les conditions sanitaires désastreuses. Pour résister aux expulsions, les prisonniers-ères s’organisent en refusant les tests PCR, obligatoires pour passer les frontières. Mais plusieurs d’entre eux ont été condamné.e.s à des peines de prison ferme ou placé.e.s à nouveau en CRA pour un total de 180 jours.

Pour s’opposer à ce prolongement du temps de rétention, les prisonniers du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot se sont révoltés le 20 janvier 2021. Deux bâtiments du site ont cramé. Au total, 44 places en cellule sont restées inutilisables pendant plusieurs semaines. Pour cette révolte, sept personnes ont été jugées au tribunal de Meaux le 5 mars dernier. Au procès, les inculpés ont été solidaires entre eux, en refusant de répondre aux questions de la procureure et des juges.

Mais, au bout de 12 heures d’audience et d’un très court délibéré, les inculpés ont tous été jugés « coupables » de « rébellion commise en réunion » et, pour quatre d’entre eux, de l’incendie du CRA. Ils ont été condamnés à des peines de prison ferme, de quatre à seize mois, à l’exception d’une personne qui a pris douze mois avec sursis.

Pour soutenir les inculpés de l’incendie, l’assemblée contre les CRA d’Île-de-France a notamment organisé une cantine, qui s’est tenue le 27 février dernier au squat le Marbré, à Montreuil. Mais les flics, accompagnés du propriétaire du bâtiment, ont profité de cette occasion pour expulser le lieu. Une centaine de policiers ont débarqué, ont encerclé le squat et annoncé vouloir arrêter une « fête illégale ». Ils nous ont nassé-e-s dans le hangar du Marbré et nous ont contrôlé.e.s, pour ensuite expulser « illégalement » le lieu, laissant les habitant-e-s sans domicile et toutes celles et ceux qui le fréquentent sans espace d’organisation. Non seulement la cantine a été interrompue mais en plus nous nous sommes fait verbaliser pour “réunion interdite”. Depuis quelques semaines, nous recevons les amendes. A ces amendes, s’ajoutent toutes celles que nous avons dû payer depuis le début du confinement pour les rassemblements et parloirs sauvages organisés pour soutenir les retenu-e-s.

La lutte doit continuer ! En 20 ans, le nombre de places en CRA a doublé et les projets de construction se poursuivent : à Lyon, à Bordeaux, près d’Orléans, mais aussi au Mesnil-Amelot. Il y a quelques semaines, nous avons appris qu’un nouveau CRA de 64 places allait sortir de terre. En tout, le gouvernement vise 800 places supplémentaires en rétention en France en 2023 par rapport à 2018, soit 60% de plus !

Contre la répression pendant le Covid, pour les personnes enfermées et les camarades verbalisé-e-s, nous organisons une soirée de soutien le 26 juin 2021 au Marbré.

Au programme :

• une discussion autour de la lutte contre les CRA d’Île-de-France et du procès qui a eu lieu le 5 mars dernier à Meaux, animée par l’Assemblée générale contre les CRA de 16h à 18h30
• une tombola (avec des tickets à prix libre) et un karaoké qui s’étaleront sur toute la soirée à partir de 19h
• une exposition pour retracer la construction des CRA en France jusqu’au tout récent projet de nouveau CRA au Mesnil-Amelot, et lire des témoignages des personnes enfermées à l’intérieur
• …et pour vos papilles, des crêpes et des cocktails sans alcool (à prix libre également)

Nous espérons que nous serons nombreu-x-ses pour cette fête.

SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER.ES DES CRA ET DES PRISONS ! LIBERTE ET PAPIERS POUR TOUS ET TOUTES !

KaliKaraoke : Soirée en soutien à la caisse de solidarité Kalimero

Vendredi 19 juin, dès 18h, présentation, discussion et karaoké de soutien pour la caisse de solidarité Kaliméro.

Kaliméro est une caisse de solidarité avec les prisonnier·ère·s de la guerre sociale qui fait parvenir de la thune à l’intérieur des prisons depuis bientôt 14 ans.

Cet appui matériel, sous forme de virements faits aux prisonnier·ère·s, est nécessaire face aux quatre murs qui sont là pour briser les individus et qui exacerbent les rapports sociaux qui se jouent à l’extérieur. Sans argent dedans, tu es d’autant plus assujetti·e au bon vouloir de l’administration pénitentiaire, des maton·ne·s, d’autres détenu·e·s plus riches, ainsi qu’au travail pour quelques miettes par heure. La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.

Dans les dernières années, de l’argent a par exemple été envoyé à des camarades incarcéré·e·s lors des manifestations contre la « loi Travail », pendant le mouvement des Gilets jaunes ou lors d’autres manifestations émeutières comme celles du Premier Mai. Des mandats ont aussi été ponctuellement envoyés en Italie pour des compagnon·ne·s incarcéré·e·s dans le cadre d’opérations répressives contre les anarchistes.

Mais Kaliméro n’entend pas réagir seulement à la répression des mouvements sociaux et des grosses manifs, ou à celle contre les milieux antiautoritaires, mais entend s’inscrire dans la continuité des différentes formes de révoltes contre l’ordre existant, par exemple des émeutes contre la police dans les quartiers, des mutineries de sans-papiers dans les CRA ou des actes individuels d’insubordination divers contre la flicaille.

Enfin, la caisse est aussi un espace de réflexion pour approfondir notre rapport antagoniste à la justice, avec la volonté que nos révoltes ne s’arrêtent pas aux portes du commissariat. La réunion tous les 2e jeudis du mois à Montreuil qui fait fonctionner la caisse est donc aussi l’occasion d’échanger sur les possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

La « crise sanitaire » n’a pas mis entre parenthèses la répression, au contraire, on a vu notamment plus de contrôle dans les rues, plus d’assassinats par les keufs, plus d’isolement pour les enfermé·e·s. Mais elle n’a pas non plus éteint les velléités offensives contre ce monde. Des révoltes en taule et en CRA, des émeutes et des attaques incendiaires se sont multipliées ces derniers mois.

C’est pourquoi il nous semble important de continuer à se retrouver, à discuter et à alimenter la caisse même si on a conscience qu’en temps d’épidémie, ce genre d’événement n’est pas accessible de la même manière pour tout le monde.

Et qu’il existe une myriade de possibilités pour exprimer sa solidarité.

Vendredi 19 juin – 18h
Les Condos,
43, rue de Stalingrad à Montreuil,
métro Croix de Chavaux ou Mairie de Montreuil
8h : présentation de la caisse, puis discussion autour des révoltes, de la répression et de la solidarité sous état d’urgence sanitaire
20h : cantine
21h – 1h : karaoké