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Communiqué sur l’affaire de la place Ste Marthe : contre la gentrification, pour la défense collective !

Lundi 28 septembre, deux jours après le début de l’occupation « implantons la résistance », contre la gentrification du quartier de la place Sainte Marthe et pour une écologie radicale à Paris, cinq personnes se sont faites arrêter. Le procès des 3 inculpé.es pour violence sur flic et refus d’empreintes aura lieu le 24 février 2021.

Lundi 28 septembre, deux jours après le début de l’occupation « implantons la résistance », contre la gentrification du quartier de la place Sainte Marthe et pour une écologie radicale à Paris, cinq personnes se sont faites arrêter.

L’occupation de la place Sainte Marthe avait pour objectif d’instaurer un nouveau rapport de force en faveur de la lutte contre la gentrification qui a lieu dans le quartier, déjà impulsée par des habitant.es organisé.es depuis plusieurs années. Le quartier de la place Sainte Marthe, qui est une des premières cités ouvrières de Paris, est aujourd’hui à la merci des projets de transformation urbaine portés par deux rapaces de l’investissement immobilier : Nexity et Edmond Coignet. Ces deux entreprises sont en effet devenues actionnaires majoritaires en 2019 de la Société Immoblière de Normandie (SIN), propriétaire historique de 120 lots dans le quartier.
Parmi ces lots, 80 sont des locaux au rez-de-chaussée qui ont permis jusqu’à très récemment, grâce à des loyers 4 fois en dessous du prix du marché, d’abriter des activités d’artisanat de plus en plus rares dans le centre parisien. Les projets des nouveaux propriétaires sont tout autres. Ces baux avantageux ne sont pas renouvelés, et par conséquent des centaines de m² se retrouvent vides tandis que leurs loyers grimpent : aujourd’hui, plus d’une quinzaine de locaux sont innoccupés alors que les AIRBNB et autres bars branchés fleurissent. Comme toujours dans des processus avancés de gentrification, les habitant-es de ce quartier populaire voient les loyers exploser. Les galérien.nes, les sans-abris, les sans-papiers, les révolté.es qui squattent régulièrement sur la place sont peu à peu remplacé.es par une population aisée et pacifiée.
C’est en partie pour s’opposer à ce projet de ville rentable et mortifère que plusieurs locaux appartenant à la SIN ont été occupés durant ce week end de luttes, mais aussi pour disposer d’un espace d’organisation autonome dans Paris, ce qui manque souvent.

Lundi 28 septembre, des représentant.es de la société immobilière Edmond Coignet se sont rendus dans le quartier pour constater les locaux occupés. Face à leur attitude défensive, une assemblée s’est mise en place sur la place Sainte Marthe, avec musique, banderoles et slogans pour défendre les lieux occupés pendant le week-end. Plusieurs hommes, sûrement alertés par les promoteurs et qui ont été reconnus plus tard devant le comico comme des BACeux, se sont approchés d’un des locaux puis ont tenté d’interpeller un de nos camarades. Une vingtaine de flics de différents comicos ont ensuite débarqué et des arrestations ont eu lieu. Dans leurs dépositions, les flics racontent qu’entre 50 et 60 personnes ont tenté de désarrêter le camarade et ont défendu le local occupé, où le collectif d’occupant-es a depuis développé des activités de solidarité et d’entraide au sein du quartier. 5 personnes ont été arrêtées et plusieurs flics se sont fait prescrire des ITT, dont un 15 jours d’ITT.

Nous pensons qu’il est important de réouvrir des espaces d’organisation autonomes et de les maintenir. Nous avons besoin de lieux pour nous réunir, discuter, nous organiser, qui ne soient pas nos appartements personnels quand nous avons la chance d’en avoir. Des lieux pour faire nos banderoles, pour essayer de réinventer des relations sociales horizontales et échanger sur les systèmes de domination qui nous touchent. Des lieux pour se sentir bien. Nous avons le sentiment que ces espaces autonomes disparaissent progressivement de la région parisienne, et nous souhaitons contrer l’idée collectivement partagée qu’il devient impossible de squatter. Ces lieux ne nous seront pas donnés, nous devons les prendre et essayer de les défendre quand ils sont attaqués par les flics ou la justice.

Pendant la garde-à-vue des cinq camarades arrêté-es, des compagnon.nes à l’extérieur n’ont pas laissé le cours des choses se dérouler tranquillement et ont tenté de briser leur isolement : une petite manif sauvage et plusieurs rassemblements devant le comico où iels étaient enfermé.es ont exprimé notre solidarité et notre rage et ont fait pression sur les flics qui ont retardé le défèrement au tribunal car ils craignaient des perturbations. On pouvait lire sur les banderoles « On n’entre pas en lutte sans effraction », « Demain s’ouvre au pied de biche » ou encore « Joyeux GAViversaire ». Les cris et les chants de l’extérieur sont parvenus jusqu’aux oreilles des personnes enfermées, ce qui leur a fait du bien et a réussi à casser la monotonie des cellules et des interrogatoires. Les co-détenu-es aussi semblaient content-es d’avoir entendu la solidarité de l’extérieur.

Appel à soutien pour les camarades en GAV

Un autre rassemblement s’est tenu devant le Tribunal de Grande Instance, pendant leur passage devant le juge des libertés et de la détention, pour montrer qu’iels n’étaient pas isolé.es et attendre une potentielle libération. Après une garde-à-vue de 50h et 16h de dépôt au TGI de Paris, les 5 personnes sont ressorties. Deux d’entre elles ont écopés d’un rappel à la loi, pratique de plus en plus courante permettant d’imposer sans jugement des mesures arbitraires empêchant de s’organiser comme des interdictions de territoires ou de manifs, mais qui ne figurent ni au casier, ni n’engendrent de réelles suites ou menaces judiciaires. Les trois autres sortent avec une convocation pour un procès qui devait avoir lieu le 27 Novembre 2020 pour « violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique » et aussi pour « refus de signalétique ». Ces 3 personnes ont un contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact, le procureur justifiant cela au motif qu’elles avaient gardé le silence pendant leur garde-à-vue. Finalement, lors de l’audience, un report sera obtenu. Le procès aura finalement lieu le 24 février 2021.

L’interdiction d’entrer en contact vise à briser les liens d’affinité et/ou d’organisation entre les inculpé.es, d’instaurer une pression psychologique nuisible au quotidien, et contribue à entraver toute organisation d’une défense collective (ou à minima concertée) efficace au tribunal. De façon générale, comme face à toute autre mesure de contrôle, cela vaudra toujours le coup de le contourner, de l’attaquer et de continuer à s’organiser malgré tout. Les procès et les contrôles judiciaires ont eu l’effet inverse de celui escompté par la justice et ont renforcé la détermination collective. Ils n’ont pas non plus mis fin à la lutte contre la gentrification dans le quartier de Ste Marthe.

Le « refus de signalétique », second motif qui leur est reproché, renvoie au refus de se laisser prendre en photo sous toutes les coutures, de donner ses empreintes et de se laisser mesurer par les flics pendant la garde-à-vue. Il est possible et souhaitable de refuser d’y collaborer, même si cela constitue un délit. Non seulement pour des raisons pratiques, pour éviter de nous retrouver inculpé.es dans le futur sur la base de ces informations. Mais aussi pour des raisons politiques : nous nous opposons au fichage policier. Le fichage et le renseignement sont utilisés dans la construction des enquêtes policières. Ces enquêtes aboutissent à des montages juridiques établissant des liens, souvent fictifs, entre compagnon.nes, ce qui permet leur inculpation, par exemple sous le motifs d’« association de malfaiteurs » comme à Toulouse ou en Italie, ou de « violence en réunion », et servent de terreau pour réprimer et emprisonner celles et ceux qui se soulèvent contre l’État et toutes les formes de pouvoir. Le délit de refus de signalétique, s’il est de plus en plus poursuivi même seul ces derniers temps, reste assez léger, la plupart du temps il est puni d’une amende de moins de 300 euros. Cela vaudra toujours le coup de privilégier une stratégie de long terme en refusant le fichage !

Nous ne souhaitons pas laisser la préparation de la défense entre les seules mains des avocat-es et le contrôle judiciaire ne pourra pas empêcher une approche collective de la préparation de la défense. Nous continuerons à communiquer sur le procès et d’éventuelles actions de solidarité. A travers ces textes nous espérons inciter d’autres personnes à communiquer sur leur procès pour ne pas rester isolé.e. Partageons nos pratiques de défense face à la police et la justice !

Lorque des compagnon-ne passent en procès, le discours officiel est ambigu. Car d’un côté il voudrait faire croire qu’il s’agit simplement de personnes ayant enfreint des lois individuellement. En effet, la justice se vante d’individualiser les peines, d’isoler les faits des contextes sociaux ou politiques pour n’en conserver que le profil social des individus qu’elle doit juger. D’un autre côté, la justice crée de toute pièce des groupes, des « associations de malfaiteurs », des relations entre des individu.es et criminalise des actes politiques en tant que tels, même de basse intensité pour mieux pouvoir les réprimer sévèrement par la suite.

Le système pénal prétend passer sous jugement des faits de manière impartiale. Nous pensons au contraire qu’il est un acteur de la guerre sociale, que l’objectif des institutions actuelles, la justice, comme la police, est de briser les formes d’organisation et les liens que nous tissons entre nous pour lutter contre les pouvoirs qui nous oppriment. Lorsque des compagnon-nes sont attaqués par la police et la justice, c’est l’ensemble du mouvement social qui est attaqué. Et c’est l’ensemble des composantes en lutte qui devraient y répondre et être solidaires. De la même façon, nos comportements individuels face à la police et la justice impliquent en fait l’ensemble du mouvement social. Refuser collectivement de se soumettre à l’individualisation de la justice, c’est contrer le profilage utilisé par les juges pour condamner plus lourdement celleux qui n’ont pas de travail ou de logement. Refuser collectivement de donner ses empreintes, c’est empêcher la justice de condamner les rares personnes qui refusent actuellement de s’y soumettre.

Défendons-nous collectivement de manière autonome et horizontale, et refusons l’isolement !

Action de soutien aux prisonnier.ère.s anarchistes italien.ne.s

Ce 14 décembre, en Italie, débute le procès des cinq anarchistes arrêté.e.s dans la cadre d’une énième opération répressive nommée Bialystock. Iels ont été interpellé.e.s le 12 juin dernier, avec la collaboration de la France et de l’Espagne sur demande du gouvernement italien, en pleine dérive autoritaire et lançant une grande campagne contre le mouvement anarchiste.

En effet, l’État italien poursuit des centaines de militant.e.s anarchistes dont les procès se succèdent depuis ce mois de septembre. À Saint-Étienne, l’opération Bialystock a un écho bien particulier, puisque notre camarade Roberto a été arrêté par la SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste) et détenu à la prison de Fresnes (Paris) avant d’être livré aux autorités italiennes.

Depuis 6 mois, ces militant.e.s sont en détention provisoire dans des quartiers de haute-surveillance. Afin de toujours plus les isoler, iels sont éparpillé.e.s dans différentes prisons et leur courrier, pour certain.e.s, est censuré.

Voilà encore un bel exemple de répression de la part d’un état dit « démocratique » mais qui, dans l’ombre, ne cesse de développer sa police politique. Une vague de répression qui touche de nouveau celles et ceux qui luttent de façon solidaire pour un avenir meilleur.

C’est dans ce contexte que des militant.e.s autonomes ont réalisé, devant le Consulat d’Italie à Lyon, une action de soutien pour dénoncer les agissements de l’État et de l'(in)justice italienne, et pour réclamer la libération de tous.tes les anarchistes persécuté.e.s !

LIBÉRATION TOTALE POUR TOUS.TES !
FREE ROBY !
À BAS TOUTES LES PRISONS !

Discussion sur la répression de la manif du samedi 12 décembre à Paris

Ne restons pas isolé.es face à la répression ! Nous proposons un moment de discussion au Marbré, mercredi 16 décembre à 17h30, au 39 rue des Deux Communes à Montreuil, ligne 9 métro Robespierre, entre les personnes concernées par la répression du 12 décembre et leurs proches, et pour échanger nos expériences et conseils pour y faire face. Nous nous sommes fait arrêter ensemble, nous pouvons nous en sortir ensemble !

La manifestation de samedi dernier a connu une répression massive. L’État a décidé d’écraser la contestation, noyant le cortège sous les charges de la CSI et des BRAV, déployant une quantité de flics démesurée pour détruire la confiance que nous avions dans notre capacité à tenir la rue ces dernières semaines. Cette répression a été facilitée par la dissociation d’une grande partie des organisations et syndicats.

Sur plus de 140 interpellations, en préventive ou pendant la manif, il y a des dizaines de personnes en garde-à-vue, et il y aura sûrement des comparutions immédiates lundi et mardi à partir de 13h au Tribunal de Grande Instance Porte de Clichy, et des procès dans les mois à venir. Compte tenu du contexte médiatique et politique particulièrement offensif contre celleux qui sont considéré.es par les flics et les juges comme « radicaux » ou « d’ultragauche », il paraît important de ne pas rester isolé.es face à la répression. Nous pouvons nous organiser collectivement pour créer des moments de rencontre entre les personnes concernées par la répression du 12 décembre et leurs proches et pour échanger nos expériences et conseils pour y faire face. Nous nous sommes fait arrêter ensemble, nous pouvons nous en sortir ensemble !

Nous proposons donc un moment de discussion au Marbré, mercredi 16 décembre à 17h30, au 39 rue des Deux Communes à Montreuil, ligne 9 métro Robespierre.

Discussion-gouter en solidarité avec les anarchistes inculpé·e·s en Italie

Contre la prison, pour la libération de tou·te·s les prisonnier·e·s, retrouvons-nous le mercredi 11 novembre à 15h, au Marbré, pour nous informer sur les différentes luttes et opérations concernées, et discuter ensemble de comment apporter notre solidarité.

Du 9 au 24 novembre 2020 auront lieu deux semaines de mobilisation en solidarité avec les anarchistes en Italie, à l’occasion de nombreux procès et audiences variées qui concernent environ 300 personnes. Ce sont des dizaines de procédures qui sont en cours et parmi celles-ci beaucoup d’échéances auront lieu dans les semaines à venir. Ces procès sont à des stades divers : certains n’ont pas encore commencé, d’autres sont en cours, et enfin il y en a qui arrivent à leur fin, avec à la clé, des condamnations définitives lourdes.

Ce sont des dizaines de personnes qui sont passées par la prison ces dernières années et qui risquent d’y retourner. À l’heure actuelle, quatorze personnes sont incarcérées sous des régimes de détention punitifs AS2, AS3, 41bis, qui sont l’équivalent de quartiers de haute sécurité en France : régime à portes fermées en permanence, fenêtres camouflées, promenade dans de minuscules carrés recouverts de grillage, pas d’activités, réduction de tous les effets personnels au plus strict minimum (correspondance, livres, vêtements…) et la soumission à l’arbitraire des matons encore plus flagrante qu’en détention « ordinaire ». Ces régimes de détention sont bien sûr aggravés à outrance, comme c’est le cas dans toutes les prisons, du fait de la pandémie de Covid-19 qui fait rage. Actuellement, des détenu·e·s anarchistes ont commencé une grève du plateau en solidarité avec Beppe, incarcéré sous un régime particulièrement punitif depuis plus d’un an et qui demande son transfert vers une autre prison.

Une pluralité de luttes sont mises en procès : la lutte contre les frontières et les centres de rétention, la prison, le fascisme, la police, la militarisation en Italie et dans le monde, l’emprise technologique… De même, toutes sortes de modalités d’action sont mises en cause. Que ce soient d’importantes manifestations offensives ou des rassemblements devant des taules, des actions directes contre des locaux du pouvoir ou de leurs subalternes, des colis piégés contre leurs représentant·e·s ou des déambulations, des prises de parole et des collages en ville, c’est bien l’idéal anarchiste comme critique de l’existant à qui le pouvoir tente ici de faire le procès.

L’objectif à peine voilé de ces enquêtes et procès qui sévissent depuis quelques années mais dont on observe par ailleurs une accélération et une condensation, outre l’habituelle et attendue nécessité de faire peur en agitant le bras armé de la répression, est multiple.
Il s’agit d’une part de diviser les « bons » et les « méchants » en faisant un tri entre les différentes modalités d’action et ainsi essayer de créer une désolidarisation au sein d’un mouvement vivant et composite, sans structures ni chefs ou hiérarchie, grâce à ce fameux adage, « diviser pour mieux régner ».
Une visée nouvelle semble également émerger, c’est le fait de criminaliser la solidarité avec les personnes arrêtées dans des luttes enfermant ainsi chacun·e dans une spirale sans fin. C’est le cas dans l’affaire de Manu et Juan où c’est la « clandestinité » qui est attaquée mais aussi dans l’opération Bialystok, où le fait d’avoir participé à un rassemblement devant la prison dans laquelle est incarcéré un compagnon, devient un motif valable pour être à son tour emprisonné.
Il semble également opportun de signaler que dans les dossiers de deux des dernières opérations, « Ritrovo » (mai 2020) et « Bialystok » (juin 2020), il est écrit noir sur blanc que la nécessité de procéder à des arrestations dites préventives est édictée par le fait que le pouvoir redoute une « contagion » dans la population, des contenus politiques et des revendications sociales portées par la mouvance anarchiste, dans cette période de crise liée à la pandémie mondiale du Covid-19… Nous voyons avec les dernières nouvelles de révoltes qui nous arrivent des plus grandes villes de l’Italie, que leur crainte de révoltes de la population était bel et bien justifiée, mais par ailleurs infirme totalement leur analyse selon laquelle une mouvance en serait l’instigatrice. Du reste, cela ne fait que confirmer la nécessité, visiblement partagée, de se battre contre ce monde !

Retrouvons-nous le mercredi 11 novembre à 15h, pour nous informer sur les différentes luttes et opérations concernées, et discuter ensemble de comment apporter notre solidarité.

Au Marbré, 39 rue des deux communes, à Montreuil (métro Robespierre ou Bérault, ou RER Vincennes).

Au programme :
– présentation des différentes opérations répressives anti-anarchistes en Italie
– discussion ouverte, notamment sur la solidarité à mener depuis Paname
– ateliers banderoles, écriture de lettres aux prisonnier·e·s, …
– infokiosque
– auberge espagnole (apportez ce que vous voulez)

Il nous semble important de continuer à se retrouver et à discuter même si on a conscience qu’en temps de pandémie, ce genre d’événement n’est pas accessible de la même manière pour tout le monde. A minima, l’espace peut permettre de maintenir un mètre de distance entre les personnes.

KaliKaraoke : Soirée en soutien à la caisse de solidarité Kalimero

Vendredi 19 juin, dès 18h, présentation, discussion et karaoké de soutien pour la caisse de solidarité Kaliméro.

Kaliméro est une caisse de solidarité avec les prisonnier·ère·s de la guerre sociale qui fait parvenir de la thune à l’intérieur des prisons depuis bientôt 14 ans.

Cet appui matériel, sous forme de virements faits aux prisonnier·ère·s, est nécessaire face aux quatre murs qui sont là pour briser les individus et qui exacerbent les rapports sociaux qui se jouent à l’extérieur. Sans argent dedans, tu es d’autant plus assujetti·e au bon vouloir de l’administration pénitentiaire, des maton·ne·s, d’autres détenu·e·s plus riches, ainsi qu’au travail pour quelques miettes par heure. La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.

Dans les dernières années, de l’argent a par exemple été envoyé à des camarades incarcéré·e·s lors des manifestations contre la « loi Travail », pendant le mouvement des Gilets jaunes ou lors d’autres manifestations émeutières comme celles du Premier Mai. Des mandats ont aussi été ponctuellement envoyés en Italie pour des compagnon·ne·s incarcéré·e·s dans le cadre d’opérations répressives contre les anarchistes.

Mais Kaliméro n’entend pas réagir seulement à la répression des mouvements sociaux et des grosses manifs, ou à celle contre les milieux antiautoritaires, mais entend s’inscrire dans la continuité des différentes formes de révoltes contre l’ordre existant, par exemple des émeutes contre la police dans les quartiers, des mutineries de sans-papiers dans les CRA ou des actes individuels d’insubordination divers contre la flicaille.

Enfin, la caisse est aussi un espace de réflexion pour approfondir notre rapport antagoniste à la justice, avec la volonté que nos révoltes ne s’arrêtent pas aux portes du commissariat. La réunion tous les 2e jeudis du mois à Montreuil qui fait fonctionner la caisse est donc aussi l’occasion d’échanger sur les possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

La « crise sanitaire » n’a pas mis entre parenthèses la répression, au contraire, on a vu notamment plus de contrôle dans les rues, plus d’assassinats par les keufs, plus d’isolement pour les enfermé·e·s. Mais elle n’a pas non plus éteint les velléités offensives contre ce monde. Des révoltes en taule et en CRA, des émeutes et des attaques incendiaires se sont multipliées ces derniers mois.

C’est pourquoi il nous semble important de continuer à se retrouver, à discuter et à alimenter la caisse même si on a conscience qu’en temps d’épidémie, ce genre d’événement n’est pas accessible de la même manière pour tout le monde.

Et qu’il existe une myriade de possibilités pour exprimer sa solidarité.

Vendredi 19 juin – 18h
Les Condos,
43, rue de Stalingrad à Montreuil,
métro Croix de Chavaux ou Mairie de Montreuil
8h : présentation de la caisse, puis discussion autour des révoltes, de la répression et de la solidarité sous état d’urgence sanitaire
20h : cantine
21h – 1h : karaoké