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[Radio] Carapatage #19 : contre les prisons, la répression et le contrôle

Épisode spécial de Carapatage !

Une émission « spéciale », avec des brèves dont un retour sur le procès aux assises de personnes arrêté suite aux émeutes de beaumont sur oise. Une discussion autour du film « Ils nous ont volé nos nuits », deux chroniques de livre, lecture d’un poème et de chansons !

Carapatage épisode 19 : émission spéciale !
Une émission « spéciale », avec des brèves dont un retour sur le procès aux assises de personnes arrêté suite aux émeutes de Beaumont-sur-Oise. Une discussion autour du film « Ils nous ont volé nos nuits », deux chroniques de livre, lecture d’un poème et de chansons !

Sommaire de l’émission :

  • Brèves
    • 00:02:25 : Retour sur la manif du 19/06 au Mesnil Amelot
    • 00:04:50 : Blog de chronique judiciaire : la Selette
    • 00:08:10 : Retour sur le procès des émeutiers de Beaumont
    • 00:25:27 : Chanson d’une attaque de constructeur de prison à Montreuil
    • 00:27:30 : Concerts de soutien aux inculpés du 8/12/20
    • 00:33:40 : Autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuit, Nos robaron las noches »
  • 00:51:05 : Chronique du livre de Kae Tempest, Inconditionnelles, editions l’Arche
  • 01:02:00 : Chronique du livre de Chloé Mehdi, Rien ne se perd, 2017, editions jigal
  • 01:17:00 : Lecture du poème « Ce qu’il reste – les restes » d’Assata Shakur, issu du recueil « Je transporte des mots, on les appelle des explosifs »
À propos de Carapatage :

Contre les prisons, la répression et le contrôle, à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire, en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur, en échangeant ce qu’on a vu, lu et entendu.

Carapatage est contre les prisons et l’enfermement, les centres de rétention administrative, l’enfermement psychiatrique, les centres éducatifs fermés et l’enfermement des mineurs dans différents centres, le débordement de l’enfermement à l’extérieur par des dispositifs comme le bracelet électronique, le contrôle qui s’exerce dans les foyers de sans-papiers, de l’aide sociale à l’enfance ou à destination des femmes précaires.

La prison est l’aboutissement d’un système répressif et normatif, dans la continuité de la police et de la justice — auxquels on s’oppose aussi —, qui n’existe pas de façon neutre, qui ne s’exerce pas à n’importe quel endroit et sur n’importe qui, mais derrière lesquels il y a des intérêts capitalistes, racistes, néocoloniaux et patriarcaux, entre autres choses. La prison permet de forcer l’acceptation des normes et des lois : elle est la clé de voûte de l’exercice du pouvoir de l’État.

Site internet de l’émission : https://carapatage.noblogs.org
En direct tous les premiers et troisièmes mercredis du mois de 20h30 à 22h :

  • sur 89.4 FM en région parisienne
  • sur le site de Radio Libertaire
    Reprise des émissions en septembre !

Karabola ! Contre les CRA !

Une soirée Karaoké/Tombola en soutien aux luttes contre les centres de rétention et face à la répression pendant le confinement, le samedi 26 juin au squat le marbré (39 rue des deux communes à Montreuil), de 16h à 22h.

Les centres de rétention administrative (CRA) sont des prisons où l’État enferme les personnes qu’il considère en situation irrégulière sur le territoire français, afin de les expulser. Malgré la pandémie, les CRA sont remplis de gens. Et la situation à l’intérieur est invivable : à la violence de l’enfermement et des matons, s’ajoutent les conditions sanitaires désastreuses. Pour résister aux expulsions, les prisonniers-ères s’organisent en refusant les tests PCR, obligatoires pour passer les frontières. Mais plusieurs d’entre eux ont été condamné.e.s à des peines de prison ferme ou placé.e.s à nouveau en CRA pour un total de 180 jours.

Pour s’opposer à ce prolongement du temps de rétention, les prisonniers du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot se sont révoltés le 20 janvier 2021. Deux bâtiments du site ont cramé. Au total, 44 places en cellule sont restées inutilisables pendant plusieurs semaines. Pour cette révolte, sept personnes ont été jugées au tribunal de Meaux le 5 mars dernier. Au procès, les inculpés ont été solidaires entre eux, en refusant de répondre aux questions de la procureure et des juges.

Mais, au bout de 12 heures d’audience et d’un très court délibéré, les inculpés ont tous été jugés « coupables » de « rébellion commise en réunion » et, pour quatre d’entre eux, de l’incendie du CRA. Ils ont été condamnés à des peines de prison ferme, de quatre à seize mois, à l’exception d’une personne qui a pris douze mois avec sursis.

Pour soutenir les inculpés de l’incendie, l’assemblée contre les CRA d’Île-de-France a notamment organisé une cantine, qui s’est tenue le 27 février dernier au squat le Marbré, à Montreuil. Mais les flics, accompagnés du propriétaire du bâtiment, ont profité de cette occasion pour expulser le lieu. Une centaine de policiers ont débarqué, ont encerclé le squat et annoncé vouloir arrêter une « fête illégale ». Ils nous ont nassé-e-s dans le hangar du Marbré et nous ont contrôlé.e.s, pour ensuite expulser « illégalement » le lieu, laissant les habitant-e-s sans domicile et toutes celles et ceux qui le fréquentent sans espace d’organisation. Non seulement la cantine a été interrompue mais en plus nous nous sommes fait verbaliser pour “réunion interdite”. Depuis quelques semaines, nous recevons les amendes. A ces amendes, s’ajoutent toutes celles que nous avons dû payer depuis le début du confinement pour les rassemblements et parloirs sauvages organisés pour soutenir les retenu-e-s.

La lutte doit continuer ! En 20 ans, le nombre de places en CRA a doublé et les projets de construction se poursuivent : à Lyon, à Bordeaux, près d’Orléans, mais aussi au Mesnil-Amelot. Il y a quelques semaines, nous avons appris qu’un nouveau CRA de 64 places allait sortir de terre. En tout, le gouvernement vise 800 places supplémentaires en rétention en France en 2023 par rapport à 2018, soit 60% de plus !

Contre la répression pendant le Covid, pour les personnes enfermées et les camarades verbalisé-e-s, nous organisons une soirée de soutien le 26 juin 2021 au Marbré.

Au programme :

• une discussion autour de la lutte contre les CRA d’Île-de-France et du procès qui a eu lieu le 5 mars dernier à Meaux, animée par l’Assemblée générale contre les CRA de 16h à 18h30
• une tombola (avec des tickets à prix libre) et un karaoké qui s’étaleront sur toute la soirée à partir de 19h
• une exposition pour retracer la construction des CRA en France jusqu’au tout récent projet de nouveau CRA au Mesnil-Amelot, et lire des témoignages des personnes enfermées à l’intérieur
• …et pour vos papilles, des crêpes et des cocktails sans alcool (à prix libre également)

Nous espérons que nous serons nombreu-x-ses pour cette fête.

SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER.ES DES CRA ET DES PRISONS ! LIBERTE ET PAPIERS POUR TOUS ET TOUTES !

Rassemblement au TGI le 7 juin à 13h30 en soutien à Corine, GJ arrêtée le 1er mai

Rassemblement devant le tribunal de Paris 23e chambre/1 le 7 juin 2021 à 13h30 pour soutenir Corine, gilet jaune d’Occitanie qui passe en procès après son arrestation à Paris le 1er mai.

Corine, Gilet jaune d’Occitanie, s’est faite arrêter pendant la manifestation du 1er Mai 2021 à Paris.

Après 24 heures de garde à vue, elle est présentée au juge en comparution immédiate pour :

  • Rébellion lors de son arrestation ;
  • Attroupement en vue de commettre des dégradations et refus de prélèvement ADN le 3 mai 2018.

Elle demandera un report de son procès, afin de pouvoir préparer sa défense. Le juge contre toute attente la placera en détention provisoire jusqu’au procès prévu le 7 juin 2021.

Cette décision sera justifiée par 2 précédentes arrestations et condamnations durant des manifestations Gilets jaunes à Toulouse. Mais le Juge va mettre en avant des éléments que réfute la prévenue : « Être armée en manif ».
Ce qui pose la question de la neutralité de la décision et de la présomption d’innocence, puisque le juge se base sur des éléments encore non jugés !

Son avocat fera une demande de mise en liberté le 11 mai qui sera de la même façon rejetée.

Heureusement Corine sera relâchée le 17 mai suite à une nouvelle demande, mais reste anxieuse quant au rendu de son jugement le 7 juin, au vu de l’acharnement que subissent depuis le début les Gilets Jaunes.

Nous, porte-parole de son comité de soutien, dénonçons un acharnement contre Corine et plus généralement sur le mouvement des Gilets jaunes dans son ensemble, une volonté politique de terroriser cette opposition incontrôlable que représente ce mouvement social.

Nous appelons à un rassemblement devant le tribunal de Paris 23e chambre/1 le 7 juin 2021 13h30 pour soutenir cette mère de famille.

Le renseignement français (2013-2020)

Brochures Parues initialement ici : https://attaque.noblogs.org/post/20… avec comme note :

« Voici deux sélections d’articles à propos des services de renseignement de l’État français. Ils sont issus de la revue en ligne IntelligenceOnline.com ; à l’origine, ils sont en anglais, une partie a été traduite en français, dans deux brochures différentes.

IntelligenceOnline.com se présente elle-même comme une revue « spécialisée dans les services d’intelligence » de différents pays, dans leur coopération internationale, dans les opérateurs de sécurité, dans les techniques de surveillance, etc. (bref, des journaleaux qui fricotent avec des barbouzes).

On espère que ces informations puissent contribuer à une meilleure connaissance de l’ennemi (ce qui pourrait aussi réduire la crainte inspirée parfois par les agences de renseignement), y compris les entreprises qui fournissent à l’État ses instruments de contrôle. »

Sommaire
Agences de renseignement

Recrutement dans le domaine du renseignement interne – 26/06/2013

Coup de pouce technologique pour l’agence interne – 07/05/2014.

La DGSE et la DGSI agrandissent leurs locaux – 12/11/2014

La DGSI s’oppose au plan de partage des renseignements – 27/05/2015

Le SCRT – 26/08/2015

La tension monte à propos des fiches « S » – 09/09/2015

Le ministère de l’Intérieur met en place ses réseaux – 04/11/2015

La DGSI forme des juges antiterroristes – 06/01/2016

La DGSI pourrait être bientôt sevrée de la NSA – 03/02/2016

Calvar règle ses comptes avec les partenaires européens – 02/03/2016

Le BRP – 18/05/2016

La DGSI manque d’outils de big data – 01/06/2016
_La DGSI et la police s’équipent de caméras espions avec de l’argent européen – 04/10/2017

Les services de renseignement français joueront aux chaises musicales de l’immobilier en 2018 – 15/11/2017

La Sûreté de l’État met au jour les faiblesses du renseignement belge – 29/11/2017

Collomb officialise les relations entre la DGSI et l’OFPRA – 16/05/2018

La gendarmerie tente de conserver son rôle de renseignement interne – 20/06/2018

Le GIC français étend sa présence à Paris – 17/10/2018

La DGSI et la Gendarmerie envisagent un renforcement de leurs outils cyber – 24/10/2018

La DGSI et le BKA se lancent dans le big data – 24/10/2018

Le nouveau siège de la DGSI à 450 millions d’euros – 07/11/2018

L’unité cyber de la SDAT entre en activité – 05/12/2018

La DGSI agrandit son site de Neuilly – 19/12/2018

La DGSI protège ses bastions – 09/01/2019

La cité du renseignement de la DGSI pourrait se trouver dans la proche banlieue parisienne – 20/02/2019

Le ministère de l’Intérieur va pister les cryptomonnaies – 05/06/2019

Le service de renseignement pénitentiaire veut créer sa propre école de formation – 26/06/2019

La police parisienne nettoie le fort de Bièvres avant l’ouverture du stand de tir – 18/09/2019

La DGSI se dépêche d’obtenir des logiciels d’espionnage – 16/10/2019

La DGSI avance avec sa cité de l’intelligence – 11/12/2019

Le ministère de la Justice ne tient pas compte des conseils de la CNCTR à propos des IMSI-catchers dans les prisons – 15/01/2020

Entreprises privées

Elektron, spécialiste de l’interception légale – 15/10/2009

La carte de crédit enregistreuse de Nagra – 10/11/2011

La police signe un accord de surveillance – 15/11/2012

Tracip exporte la police scientifique à la française – 04/06/2014

Vale contre Rio Tinto : Aeneas à la barre des témoins – 29/04/2015

Le ministère de l’Intérieur achète des outils numériques d’enquête – 27/05/2015

Les agences internes achètent des nano drones – 23/09/2015

La DGSI courtise Palantir – 26/10/2016

Blue Coat conclut un accord de chiffrement – 29/06/2016

Dataiku, entreprise française, cherche à rivaliser avec Palantir – 24/05/2017

La gendarmerie améliore ses outils cyber contre Telegram – 24/05/2017

Le gouvernement français intervient pour réduire les coûts de la géolocalisation – 31/01/2018

Le ministère de l’Intérieur investit dans une balise GPS résistante au brouillage – 28/03/2018

Le ministre de l’Intérieur constate de nouveaux retards avec le PNIJ – 30/05/2018

Le ministère de l’Intérieur va ajouter l’exploration de données à la plate- forme d’interceptions – 03/04/2019

Le ministère de la Justice surveille ses arrières avec un nouveau projet d’interception légale – 10/04/2019

Le ministère de la justice cherche une solution souveraine pour les interceptions – 22/05/2019

Les plans du ministère de l’Intérieur en matière d’exploration de données de nouveau à l’étude – 09/10/2019

Sur la liste noire des États-Unis, Hikvision, un favori du ministère français de l’Intérieur – 04/11/2019

Séché va décontaminer le site du nouveau champ de tir de la DGSI – 27/05/2020

Agences de renseignement

Recrutement dans le domaine du renseignement interne – 26/06/2013

La toute jeune Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) va bénéficier d’une augmentation de 13% de ses effectifs au cours des trois prochaines années, contre 3 200 actuellement, a annoncé le ministère français de l’Intérieur la semaine dernière. Selon nos sources, 80 personnes seront recrutées en 2014, sur un total de 430 nouvelles recrues d’ici 2017. Plus de 60% des nouveaux arrivants, qui seront sous contrat avec le ministère, seront des analystes géopolitiques, des traducteurs et des linguistes, des juristes, des ingénieurs et des techniciens.

La transformation de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) en DGSI, un plan sur lequel la direction du service de renseignement travaille depuis plusieurs années, facilite ce recrutement car l’agence ne relève plus de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), et a donc le contrôle de ses propres politiques d’embauche. La réforme, demandée par des experts dont le préfet Remy Pautrat, anciennement de la DST, a été reprise par les groupes de travail mis en place par le président François Hollande avant son élection en mai 2012 (IOL 634).

Coup de pouce technologique pour l’agence interne – 07/05/2014

Le service technique de l’agence, qui était autrefois le parent pauvre des autres services, est en train de s’améliorer avec la transformation de la DCRI en Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI).

La DGSI, le nouveau service de renseignement interne français qui verra le jour le 12 mai, disposera d’un service technique à part entière, tout comme son homologue externe, la DGSE. Le ministère de l’Intérieur est en train de recruter un nouveau « numéro deux » du département qui travaillera sous la direction d’un chef technique de la DGSI, un poste qui n’existe pas encore dans la structure actuelle des effectifs.

Les missions techniques de la DCRI, en particulier la gestion du centre d’interception terrestre de Boullay Les Troux, au sud-ouest de Paris, sont actuellement sous la responsabilité de la division R du service, qui est également chargée des opérations de surveillance, de l’installation de micros cachés et de caméras vidéo.

Le passage de l’ancienne DCRI à la nouvelle DGSI impliquera également le renforcement de la division des systèmes d’information, qui gère les systèmes informatiques et les bases de données de l’agence de renseignement interne ainsi que la réalisation de missions de police scientifique numérique. Un chef de division et un chef de division adjoint sont actuellement en cours de recrutement, ainsi qu’une douzaine de techniciens supplémentaires, dont un superviseur des capteurs techniques et un responsable de la sécurité des systèmes d’information, qui pourraient être recrutés dans le secteur privé.

La DGSE et la DGSI agrandissent leurs locaux – 12/11/2014

Les services français de renseignement intérieur et extérieur vont occuper de nouveaux locaux pour faire face à l’augmentation des effectifs.

La DGSE est trop confinée dans son siège du Boulevard Mortier à Paris. Le service de renseignement dirigé par Bernard Bajolet prévoit de transférer certains de ses services au Fort de Noisy-le-Sec, à l’est de Paris. Jusqu’à présent, Noisy-le-Sec a essentiellement abrité le Service Action (SA) de la DGSE. La cantine du fort a déjà prévu de doubler le nombre de repas qu’elle sert. Le siège de la DGSE, déjà considéré comme trop petit pour le nombre d’agents qu’il emploie, ne pourra pas faire place à 800 nouvelles recrues. Mais Mortier restera la plaque tournante centrale du service et, bien que l’idée ait été évoquée à plusieurs reprises dans le passé, il n’y a actuellement aucun projet de déménagement de la DGSE dans sa totalité à Noisy.

Entre-temps, en 2015, la DGSI, le service de renseignement interne français, prendra également livraison d’un bâtiment destiné à accueillir une partie de ses 400 nouvelles recrues. Le bâtiment situé au Quai du Docteur Dervaux à Asnières-sur-Seine en banlieue parisienne prendra le trop-plein du siège principal de la DGSI à Levallois-Perret. Il est actuellement occupé par la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion Civile (DGSCGC) et la Direction Centrale des CRS (DCCRS). Dans le projet de loi budgétaire 2015 actuellement débattu au Parlement, le gouvernement français se vante d’avoir obtenu une réduction de 28% sur le loyer, soit quelque 22 millions d’euros pour les neuf prochaines années. Le renouvellement du contrat de location permet également d’éviter une rénovation coûteuse. Les agents ont été prévenus : ils n’emménageront pas dans un nouvel immeuble rutilant.

La DGSI s’oppose au plan de partage des renseignements – 27/05/2015

Selon les informations obtenues par Intelligence Online, le service de renseignement interne français, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) se trouve dans une impasse avec les services de renseignement américains, en particulier avec le FBI et la CIA. Les Français s’opposent à la mise en place d’un nouveau partenariat de traque des djihadistes qui impliquerait la mise en commun de renseignements provenant des deux côtés de l’Atlantique sur des listes de djihadistes ou de suspectés djihadistes. La culture de la DGSI ne la prédispose pas à un partage massif et automatique de renseignements avec les États-Unis. Les services de renseignement américains, qui ont proposé le même arrangement à leurs homologues d’autres pays européens, ont fortement insisté pour une plus grande intégration des fichiers de renseignement avec les alliés des États-Unis, en particulier via le programme de traque du financement du terrorisme (Terrorist Finance Tracking Program, TFTP), depuis l’émergence de la menace djihadiste de l’État Islamique (IS).

Le SCRT – 26/08/2015

Le SCRT (Service Central de Renseignement Territorial), qui dépend de la Direction Centrale de la Sécurite Publique (DSCP), s’implique dans la lutte contre le terrorisme. Fin juillet, le service dirigé par Jérôme Leonnet a vu ses pouvoirs étendus par décret. Selon les critiques, le SCRT risque de marcher sur les plates-bandes d’autres agences françaises déjà engagées dans ce domaine, notamment la DGSI, le SDAT et l’UCLAT. L’élargissement de ses prérogatives devrait permettre à la SCRT d’accéder à une plus grande quantité de données, y compris les dossiers EASP (Enquêtes Administratives de Sécurité Publique).

La tension monte à propos des fiches « S » – 09/09/2015

La tension monte entre la DGSI, accusée de dissimulation d’informations, et d’autres services de la communauté française du renseignement.

La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), le service de renseignement interne français, reste réticente à l’idée de partager des informations avec la communauté française du renseignement au sens large, en particulier ses fiches « S » (sécurité nationale). Compte tenu de la menace accrue d’une attaque terroriste en France, un certain nombre d’autres services de renseignement se sont plaints que la DGSI devrait être plus disposée à communiquer des informations qui pourraient s’avérer vitales. Comme l’a révélé Intelligence Online, un certain nombre de services de renseignement français n’ont découvert les noms des personnes soupçonnées d’avoir aidé les frères Kouachi à perpétrer leur attentat meurtrier au bureau de Charlie Hebdo que par l’intermédiaire des médias… ou grâce aux informations communiquées par leurs homologues américains (IOL 733).

La DRPP (Direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris), le service de renseignement de la police française, la police judiciaire via la division antiterroriste SDAT et les services de renseignement du ministère des finances – la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières) et TRACFIN – expriment une inquiétude croissante depuis les attentats contre le journal satirique et le supermarché Hyper Casher en janvier. La DGSE, le service français de renseignement extérieur, est également concernée par la rétention d’informations de la DGSI, même si une unité de la DGSE est en fait basée au siège de la DGSI à Levallois-Perret, en banlieue parisienne (IOL 728).

Conscient du problème, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a créé au début de l’année la « super UCLAT », une unité de coordination anti- terroriste directement rattachée au ministère de l’Intérieur. Alexandre Jevakhoff a également été chargé de rédiger un rapport sur le sujet afin d’améliorer l’accès de chaque service aux dossiers des autres (IOL 741). Bien que les hauts responsables de la DGSI, dont le directeur Patrick Calvar, s’efforcent d’apporter des changements, les vieilles habitudes et attitudes opérationnelles ont la vie dure.

Le ministère de l’Intérieur met en place ses réseaux – 04/11/2015

Dans le cadre du déploiement du réseau interministériel sécurisé, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, la DGSI, va disposer de deux liaisons en fibre optique entre le centre de données de son siège à Levallois-Perret en banlieue parisienne et sa nouvelle annexe du quai du Docteur Dervaux à Asnières-sur-Seine, qui disposera ainsi d’une importante capacité de stockage sur site. La DGSI emménagera dans cette annexe au cours du quatrième trimestre 2015, en remplacement de la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, la DGSCGC (IOL 723). La DGSI a des exigences strictes. Elle veut une garantie de 99,99% sur la fiabilité du système, ce qui signifie pas plus de six minutes d’arrêt par an !

La DGSI forme des juges antiterroristes – 06/01/2016

La relation entre les deux est généralement assez tendue, mais l’agence de renseignement interne français DGSI a récemment commencé à envoyer des experts antiterroristes à l’École Nationale de la Magistrature (ENM) pour aider à former les futurs juges et procureurs sur le sujet. Le service organise également des sessions de formation régulières d’une semaine pour les magistrats qui exercent déjà. Le service de renseignement interne et le système judiciaire ont été critiqués pour ne pas avoir travaillé suffisamment étroitement ensemble après les attentats terroristes de Paris en novembre.

La DGSI pourrait être bientôt sevrée de la NSA – 03/02/2016

Les directives présidentielles françaises sur le partage des renseignements signifient que le service de renseignement interne devra revoir ses relations avec l’agence de sécurité nationale américaine (National Security Agency, NSA).

Le Conseil national du renseignement français (CNR), présidé par le président François Hollande, a décidé le 13 janvier de renforcer le partage de renseignements antiterroristes entre les services de renseignement gouvernementaux. La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) va avoir davantage accès au département technique, ou DT, du service de renseignement extérieur DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), et plus particulièrement à ses services de renseignement et de cryptanalyse. La DGSE aidera également la DGSI à développer ses propres outils techniques.

Si ces mesures se concrétisent, elles entraîneront un changement radical dans le fonctionnement du renseignement gouvernemental français. La DGSI s’est longtemps tournée vers les États-Unis pour obtenir une assistance en matière d’interception, plutôt que de s’adresser au département technique de la DGSE, avec lequel elle a toujours eu des relations conflictuelles. Didier le Bret, coordinateur national du renseignement en France, a reconnu ce penchant pour le renseignement américain lors d’une audition devant la commission de la défense nationale et des forces armées du Parlement français en décembre, lorsqu’il a souligné que « les dossiers de la DGSI sont alimentés quotidiennement par les services de renseignement américains ».

Cela place la DGSI dans une position de dépendance par rapport à l’agence nationale de sécurité américaine (NSA) et l’oblige à fournir des renseignements en échange, puisque tous les services de renseignement attendent quelque chose en retour de ce qu’ils partagent. Le cadre juridique de ces échanges reste essentiellement informel.

Calvar règle ses comptes avec les partenaires européens – 02/03/2016

Patrick Calvar, le chef de la DGSI dont les remarques alarmantes sur les cellules djihadistes en Europe ont été largement rapportées dans la presse récemment, a défendu la coopération de l’agence française de renseignement interne avec d’autres services de renseignement européens dans un discours à la délégation parlementaire au renseignement (DPR) le 17 février. M. Calvar a soutenu que la DGSI était l’une des agences de renseignement européennes qui partageait le plus avec ses homologues, soulignant que quelque 8 000 fiches « S » sur des individus qui posent un risque pour la sécurité avaient été intégrés dans une base de données commune de Schengen, ce qui rendait l’agence « très populaire » auprès de ses partenaires européens du renseignement. Cependant, pour des raisons liées aux lois nationales, des pays comme l’Espagne et la Belgique ne partagent pas leur équivalent des fiches « S », ce qui signifie qu’il existe des lacunes dans le suivi des individus suspects. Et lorsqu’une attaque se produit, les services de renseignement français sont accusés de faire un mauvais travail. M. Calvar a déclaré que son service coopérait également plus étroitement avec le FSB et le SVR de Russie. Selon les estimations de la DGSI, « environ 7 à 8% des personnes souhaitant quitter la France pour la Syrie sont d’origine tchétchène », a déclaré M. Calvar, et certaines d’entre elles ont été directement impliquées dans des attentats planifiés.

Le BRP – 18/05/2016

Le BRP (Bureau du Renseignement Pénitentiaire), le service de renseignement pénitentiaire français, est considérablement renforcé dans le plan d’action du gouvernement contre la radicalisation et le terrorisme et conformément au projet de loi actuellement devant le Sénat renforçant la répression du crime organisé et du financement du terrorisme. Selon plusieurs sources bien informées, le BRP est en train d’être transformé en un satellite de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), le service de renseignement interne français, dans les prisons. Le matériel et les agents mis à la disposition du système pénitentiaire proviendront presque tous du service de renseignement interne. Les lacunes du BRP ont été discutées avant les attentats de janvier 2015 (IOL 727, IOL 730).

La DGSI manque d’outils de big data – 01/06/2016

La plupart des effectifs de la DGSI travaillent à la lutte contre le terrorisme et le service de renseignement interne français cherche à améliorer ses capacités de traitement de l’information. L’expertise française ne fait apparemment pas partie de l’équation.

Après s’être adressé au parlement français le 10 mai, Patrick Calvar, le directeur de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), a déclaré aux députés que le service n’avait pas trouvé de sous-traitant pour traiter ses grandes quantités de données. Des masses de données recueillies dans le cadre de la lutte antiterroriste – y compris le contenu des téléphones, des fichiers informatiques et des communications interceptées – n’ont pas été traitées aussi efficacement qu’elles auraient dû l’être, a déclaré M. Calvar, car la DGSI n’a pas trouvé de sous-traitant français disposant des outils de traitement et de visualisation adéquats.

La DGSI souhaiterait idéalement acquérir la technologie auprès d’une entreprise française, mais à ce jour, aucune solution adéquate n’a été trouvée car les entreprises ne sont pas assez grandes ou compétentes pour gérer la quantité de travail. Les ingénieurs du nouveau département technique de la DGSI reçoivent entre-temps l’aide de leurs collègues de la DGSE. Une petite équipe de techniciens du siège de la DGSE a même été envoyée pour aider à trouver des solutions temporaires et éviter que les deux agences ne fassent deux fois le même travail.

Les services de renseignements américains, en revanche, disposent de nombreuses et importantes capacités de traitement des données. Lors du salon GEOINT à Orlando, du 15 au 18 mai, plusieurs entreprises ont vanté les mérites des logiciels de traitement et de visualisation de données basés sur le retour d’expérience que les attentats terroristes du 13 novembre à Paris ont permis. Les gens qui ont vu la technologie disent qu’elle était très impressionnante.

La DGSI et la police s’équipent de caméras espions avec de l’argent européen – 04/10/2017

Après avoir passé l’année dernière une commande de 1,2 million d’euros pour des caméras espions pouvant être dissimulées dans les rétroviseurs et les sièges auto pour bébés (IOL 756), la direction des achats de sécurité intérieure du ministère français de l’Intérieur a passé une commande de 8,5 millions d’euros pour 2 695 autres caméras espions destinées à la DGSI, à la police et à la gendarmerie. Quelque 1 353 « caméras discrètes » seront disponibles pour la « surveillance des contacts » – d’une cible dans un rayon de dix mètres. Quelque 275 d’entre elles seront installées dans des objets de la vie quotidienne tels que clés de voiture, téléphones intelligents, briquets, stylos, lunettes, paquets de mouchoirs, écouteurs, etc., tandis que 521 autres seront des caméras « pinhole » mesurant 12mm3. Les nouvelles caméras seront en partie financées par le Fonds européen pour la sécurité intérieure, qui a été augmenté en septembre.

Les services de renseignement français joueront aux chaises musicales de l’immobilier en 2018 – 15/11/2017

Grâce aux fonds supplémentaires injectés dans le renseignement français depuis 2015, il est prévu de réunir les agences françaises au sein d’une nouvelle « cité du renseignement ».

Le ministère français de l’Intérieur et le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN), qui est rattaché au cabinet du Premier ministre, vont commencer à agrandir leurs locaux parisiens en 2018 pour donner plus d’espace aux services de renseignement.

Le principal service de renseignement interne, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) va emménager dans un troisième site à Neuilly-sur- Seine, en banlieue parisienne, où des travaux de rénovation d’un montant de quelque 15 millions d’euros sont prévus. En plus de son siège dans la banlieue voisine de Levallois-Perret, le service a gagné de nouveaux locaux en 2015 et a installé certains de ses agents dans un bâtiment à Asnières sur-Seine. La police anti-émeute française, les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), et la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC), les anciens habitants de l’immeuble, ont rapidement déménagé pour faire place à la DGSI (IOL 723).

À terme, la DGSI a l’intention de regrouper l’ensemble de son personnel parisien sur un seul site, une « cité du renseignement », qui est actuellement à l’étude. D’ici 2022, d’autres services relevant du ministère français de l’Intérieur et actuellement situés dans l’immeuble Garance dans le 20e arrondissement et dans l’immeuble Lumière dans le 12e arrondissement pourraient également être déplacés vers la « cité du renseignement », qui devrait être construite près de la préfecture de Nanterre, plus éloignée de la ville. Le ministère de l’Intérieur ne veut également plus louer l’immeuble de la DGSI à Levallois-Perret.

Le Groupement Interministériel de Contrôle (GIC), qui est rattaché au SGDSN pour des raisons budgétaires, et qui est chargé des interceptions pour les services de renseignement depuis le sous-sol des Invalides à Paris, va également augmenter la taille de son propre centre de données. En raison de ses prérogatives étendues dans le cadre de la loi sur le renseignement de 2015, le GIC aura un volume de travail plus important à gérer et devra prendre en charge les nouvelles techniques de collecte de renseignements et créer de nouveaux départements innovants à cet effet. Le GIC a continué à prendre ses distances par rapport à la DGSE, en termes de ressources humaines et de budget.

Comme le GIC, la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR) est également de plus en plus occupée en raison de la nouvelle loi sur le renseignement. Elle est sur le point de quitter l’hôtel de Broglie, rue Saint Dominique, sur la rive gauche de Paris. Mais elle n’emménagera pas avec les autres autorités administratives indépendantes comme la CNIL à Ségur-Fontenoy.

En attendant, si le rythme de recrutement de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) va se ralentir en 2018, elle atteindra bientôt sa pleine capacité dans ses bureaux des Invalides et de la Tour Mercure. L’agence, qui devrait atteindre son effectif complet de 570 personnes en 2018, devrait déménager et étudie actuellement deux options : l’ouverture d’un troisième site ou le regroupement de l’ensemble de son personnel sur un seul site. L’ANSSI va également renforcer ses capacités informatiques avec la construction d’un nouveau centre de données sécurisé (IOL 792).

La Sûreté de l’État met au jour les faiblesses du renseignement belge – 29/11/2017

Le rapport annuel du Comité permanent R, récemment publié, apporte un éclairage nouveau sur certaines des critiques formulées par ses homologues européens à l’encontre des services de renseignement belges.

Le service de Sûreté de l’État belge (VSSE) est régulièrement critiqué par ses homologues des autres pays européens pour ne pas être à la hauteur de la lutte contre le terrorisme. La DGSI française, par exemple, se plaint depuis longtemps que le VSSE ne partage pas ses fiches « S » sur les terroristes présumés (IOL 754). En conséquence, pendant des années, les services de renseignement britanniques et autres présents en Belgique ont eu tendance à le mépriser ou à l’ignorer complètement dans le cadre de leurs activités (IOL 760).

Le rapport du Comité permanent R, qui supervise les services de renseignement belges, donne la version du VSSE. Selon ce document, le VSSE a longtemps essayé d’établir une coopération plus étroite avec ses partenaires français, mais ces derniers n’ont pas répondu. Ce n’est qu’après les attentats terroristes de Paris que les Français ont finalement accepté d’accroître la coopération en matière de renseignement et de nommer des officiers de liaison permanents pour travailler directement aux côtés de leurs homologues en Belgique et vice versa.

Cependant, le rapport met en évidence les faiblesses du renseignement militaire belge, le SGRS (Service Général du Renseignement et de la Sécurité). Le SGRS et le VSSE ne travaillent pas du tout ensemble et aucun d’entre eux ne coopère avec la police belge. Comme cela a été le cas entre la DGSI et la DGSE en France pendant de nombreuses années (IOL 742), ils communiquent mieux avec leurs homologues étrangers qu’entre eux. 27 services partenaires ont participé à la chasse à l’agresseur parisien Salah Abdeslam. Dans la période entre les attentats de Paris et de Bruxelles, novembre 2015 et mars 2016, le SGRS n’a fourni que sept mémos au VSSE, essentiellement concernant des interceptions (SIGINT). De plus, le système de traitement des données du SGRS s’est avéré totalement inadéquat et n’a pas fourni aux enquêteurs les données qui existaient mais qui n’ont pu être localisées. Peut-être devraient-ils faire appel à Palantir (IOL 769)…

Malgré ces lacunes flagrantes, dans son rapport, la Commission permanente R exprime sa préoccupation quant au fait qu’il n’est pas prévu de recruter davantage de personnel pour le SIGINT. Le renseignement ne semble pas être une priorité pour le gouvernement belge. Le Comité permanent R, qui supervise les services de renseignement, a vu son budget réduit de 3,8 millions d’euros en 2016, soit une baisse de 2,48 % par rapport à l’année précédente et également par rapport à 2015. En 2017, son budget devrait encore baisser, malgré les responsabilités supplémentaires du comité en raison de la création de la base de données des combattants du terrorisme étranger (Foreign Terrorist Fighters, FTF) et de l’introduction de nouvelles « méthodes spéciales de renseignement » telles que l’utilisation des IMSI- catchers pour intercepter et recueillir des données à partir de téléphones mobiles.

Collomb officialise les relations entre la DGSI et l’OFPRA – 16/05/2018

Un projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile qui sera examiné par le Sénat en juin formalisera les relations entre le service de renseignement intérieur, la DGSI, et l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, l’OFPRA. L’article 4 du projet de loi, qui a été défendu en avril par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, renforcera le partage d’informations entre les deux entités, qui était jusqu’à présent limité. L’OFPRA pourra demander à la DGSI des enquêtes administratives et faire consulter certains fichiers, dont le FSPRT (Fichier des Signalements pour la Prévention de la Radicalisation à Caractère Terroriste) qui répertorie les personnes suspectées d’être impliquées dans la radicalisation à des fins terroristes. La collaboration entre l’OFPRA et la DGSI est ancienne, notamment en ce qui concerne le traitement des transfuges. Les agents de la DGSI sont également présents à l’étranger dans les points chauds pour les réfugiés, aux côtés des agents de l’OFPRA, pour vérifier le statut des demandeurs d’asile.

La gendarmerie tente de conserver son rôle de renseignement interne – 20/06/2018

Alors que la DGSI revoit sa présence territoriale et sa coordination avec le SCRT, la Gendarmerie peine à s’intégrer dans l’appareil de renseignement interne.

Lors d’une mission d’enquête parlementaire le 13 juin, de hauts responsables de la Gendarmerie nationale se sont plaints du manque d’interconnexion entre les dossiers des suspects, y compris les documents détenus à des fins de renseignement.

Selon les sources d’Intelligence Online, la principale base de données du renseignement territorial français, le SCRT (Service Central du Renseignement Territorial) est géré indépendamment de la base de données beaucoup plus importante de la gendarmerie. Par conséquent, les nouvelles informations doivent être incorporées dans les deux ensembles de données existants, ce qui génère de multiples appels entre les responsables du renseignement. Cette façon de faire plutôt tortueuse est symptomatique de la marginalisation plus profonde de la Gendarmerie dans le domaine du renseignement interne depuis le départ de son directeur général Denis Favier, qui est parti rejoindre le service de sécurité de Total en 2016 (IOL n°767). Favier, ancien commandant du GIGN et proche de l’ancien ministre de l’Intérieur Manuel Valls, avait auparavant veillé à ce que la Gendarmerie continue à jouer un rôle central dans le contexte de la menace terroriste. Si la division de planification opérationnelle de la gendarmerie, la SDAO (Sous Direction a l’Anticipation Opérationnelle) a été officiellement chargée de la prévention du terrorisme, son poids opérationnel reste très limité. L’unité de compte rendu, qui ne compte que 75 officiers, ne communique plus régulièrement avec le siège de la DGSI, centre névralgique de la lutte antiterroriste, situé à Levallois Perret en banlieue parisienne.

Les derniers gendarmes ont été retirés des organes de coordination, dont l’unité Allat, et plus récemment l’UCLAT (Unité de Coordination de la Lutte Antiterroriste), lorsque Loic Garnier est parti soudainement au début de l’année (IOL n°802). La Gendarmerie s’est également isolée dans la phase judiciaire de la lutte contre le terrorisme depuis que le séparatisme basque et corse a cessé d’être au centre de ce travail.

Le SCRT reste le dernier bastion des gendarmes dans le domaine du renseignement intérieur, avec quelque 300 agents travaillant aux côtés de 2 400 policiers. Mais malgré la création en 2015 de quelque 73 antennes de renseignement territorial, appelées ART (Antenne de Renseignement Territorial), pilotées par la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN), le renseignement territorial tend à concentrer ses efforts dans les zones de police. Les missions du SCRT dans une zone donnée sont définies par les Directions Départementales de la Sécurité Publique (DDSP), qui ne sont pas dans des zones relevant de la responsabilité de la gendarmerie.

Alors que Laurent Nunez, le chef de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), étudie le redéploiement des bureaux locaux d’intelligence territoriale (IOL n°804), la gendarmerie tente d’accroître sa propre visibilité afin de pouvoir également jouer un rôle plus important. Sous l’ancien chef de la DGSI, Patrick Calvar, un certain nombre de services locaux ont été restructurés. Nunez travaille actuellement sur une réforme globale qui impliquera un nouveau partage des tâches avec l’intelligence territoriale. Dans le cadre de ses efforts pour rester dans le jeu, la gendarmerie s’assure qu’elle continue à fournir une aide précieuse aux préfets, avec le SCRT, sur le suivi de la radicalisation.

Les pouvoirs des gendarmes et leur connaissance de la sécurité nationale sont également mis en avant dans leur rôle d’officiers de liaison. Les gendarmes détachés auprès de la Direction du Renseignement Militaire (DRM), de la DGSE et de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sont de plus en plus nombreux. Les fonctionnaires de la gendarmerie dominent massivement le Service des Technologies et des Systèmes d’Tnformation de la sécurité intérieure, le ST(SI)2, (Service des Technologies et des Systèmes d’Information de la Sécurité Intérieure)2, où leur expertise numérique est très appréciée.

Le GIC français étend sa présence à Paris – 17/10/2018

Le GIC, qui effectue des interceptions gouvernementales sur le sol français, s’étend au-delà de son siège au sous-sol des Invalides.

Le GIC (Groupement Interministériel de Contrôle), un service qui dépend du cabinet du Premier ministre français et dont le budget est rattaché au Secrétariat Général à la Défense et à la Sécurité Nationale, le SGDSN, est sur le point d’acquérir un nouveau bâtiment avant la fin de l’année. Ce bâtiment abritera un centre de données qui centralisera l’interception des communications pour le compte des services de renseignement français. Le GIC prendra également livraison de nouveaux équipements et logiciels, dont une plateforme de développement et de test pour la configuration des algorithmes de surveillance des métadonnées.

Le GIC, qui est dirigé par Pascal Chauve (IOL 752), s’est développé au cours des deux dernières années, ses effectifs devant passer de 150 personnes pendant la présidence de François Hollande à un objectif de plus de 250 personnes d’ici 2020. Les nouvelles recrues ne travailleront pas au siège du GIC, à l’hôtel des Invalides, qui abrite également le SGDSN et fournit quelque 2 000 mètres carrés de bureaux à l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI). Au lieu de cela, le nouveau personnel emménagera dans le nouveau bâtiment du GIC l’année prochaine, une fois que l’équipement nécessaire aura été installé.

Les effectifs et le matériel supplémentaires du GIC sont destinés à permettre au service de Paris et à ses antennes dans d’autres régions de France de répondre plus efficacement à un nombre croissant de demandes de surveillance. Depuis la publication de décrets en 2016 précisant les organismes pouvant ordonner des interceptions, le cercle de clients du GIC s’est élargi au-delà de la DGSE et de la DGSI et comprend maintenant des dizaines d’unités spéciales de police et de gendarmerie (IOL 794).

Les demandes de géolocalisation en temps réel ont fait un bond de 55% entre 2016 et 2017, tandis que les demandes de métadonnées de communication telles que les enregistrements de détails d’appels (CDR) ont augmenté de 23%. Pour répondre à la demande croissante, le GIC a déployé de nouveaux réseaux informatiques et a engagé du personnel supplémentaire pour assurer la liaison avec les services avec lesquels il traite ainsi qu’avec les entreprises de télécommunications, auxquelles on demande également de plus en plus souvent de fournir des données.

La DGSI et la Gendarmerie envisagent un renforcement de leurs outils cyber – 24/10/2018

Selon nos sources, l’agence de renseignement interne français, la DGSI, envisage d’acquérir des outils d’interception à distance en temps réel de type 3G et 4G. Un appel d’offres pourrait bientôt être lancé, et des consultations sont en cours pour trouver des prestataires français appropriés. Patrick Guyonneau, le chef du Département Technique de la DGSI, ou DT, est en charge de l’appel d’offres, de concert avec le nouveau département cyber de la DGSI (IOL 814). En plus de se concentrer sur le Darknet (IOL 800), la Gendarmerie nationale envisage également d’acquérir des outils similaires dans un avenir proche.

La DGSI et le BKA se lancent dans le big data – 24/10/2018

Les services de renseignement interne allemand et français sont désireux de continuer à exploiter les masses de données dont ils disposent. Après avoir fait part de ses besoins à une commission parlementaire française, qui a publié un rapport sur le sujet le 18 octobre dernier, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) devrait bientôt avoir accès aux fichiers nationaux sur la population carcérale. Ainsi, le service de renseignement interne n’aura plus à soumettre de demandes d’information au service de renseignement pénitentiaire, le BCRP (Bureau Central du Renseignement Pénitentiaire). La DGSI a passé des mois à essayer de faire lever les restrictions sur la consultation simultanée des dossiers, condition préalable à l’utilisation d’outils d’exploration de données tels que ceux fournis par Palantir (IOL 771).

Les enregistrements de reconnaissance faciale, que les services de renseignement allemands et français sont impatients de déployer à grande échelle sur de multiples bases de données, sont également étudiés par le service informatique du ministère français de l’Intérieur ST(SI)2 (Service des Technologies et des Systèmes d’Information de la Sécurité Intérieure). Cette technique est déjà utilisée par la police criminelle allemande, le BKA, qui utilise un logiciel de Cogitech. Le gouvernement allemand a déclaré au Bundestag au début de ce mois qu’une nouvelle version du système serait fournie au BKA l’année prochaine. Paris et Berlin espèrent également bénéficier des efforts de la Commission européenne pour développer des données biométriques interopérables dans toute l’Union européenne (UE).

Le nouveau siège de la DGSI à 450 millions d’euros – 07/11/2018

Nommé officiellement lors d’une cérémonie qui, exceptionnellement, a été relayée par des caméras de télévision, flanqué pour l’occasion du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et du ministre d’État Laurent Nunez, Nicolas Lerner, le nouveau directeur de la DGSI, a une lourde tâche à accomplir pour faire de la « cité du renseignement » du service une réalité. Ce projet ambitieux vise à réunir l’ensemble du personnel de la DGSI sous un même toit. Le 25 octobre, Castaner a déclaré à la commission parlementaire que le ministère avait prévu 450 millions d’euros pour ce projet. Le site n’a pas encore été choisi. Les études de faisabilité ont été lancées à la fin de l’année dernière, comme l’a révélé Intelligence Online à l’époque (IOL 794).

L’unité cyber de la SDAT entre en activité – 05/12/2018

Le SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste), la division anti-terrorisme de la police judiciaire française, ou DCPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire) poursuit le développement de sa propre unité SIGINT. De plus en plus sollicitée, la BATCIAC (Brigade d’Assistance en Téléphonie, Cyber- Investigation et Analyse Criminelle) assiste le SDAT dans les quelque 200 affaires de terrorisme qu’il traite. Le service judiciaire travaille également avec le département cyber de la DGSI (IOL 814, IOL 804) et, sur les capacités de décryptage, avec le Centre Technique d’Assistance (CTA, IOL 712).

La DGSI agrandit son site de Neuilly – 19/12/2018

La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), le service de renseignement interne français, attend une arrivée importante de nouveaux collaborateurs en 2019 et a créé de nouveaux bureaux pour eux sur son troisième site parisien dans la banlieue de Neuilly-sur-Seine (IOL 794). Le service dépense quelque 20 millions d’euros pour créer 400 nouveaux postes de travail et déplacer une partie du personnel depuis l’autre annexe de la DGSI dans la banlieue d’Asnières-sur-Seine. À terme, tous ces employés seront transférés dans une « cité de l’intelligence » qui rassemblera tout le monde sous un même toit (IOL 817).

La DGSI protège ses bastions – 09/01/2019

La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), le service de renseignement interne français, a veillé à ce que deux installations discrètes qu’elle utilise en région parisienne soient dûment protégées. L’établissement d’une annexe à proximité du siège de la DGSI, comme indiqué précédemment dans Intelligence Online (IOL 820, IOL 794), a été officialisé par un décret publié le 20 décembre. La DGSI a également limité l’accès au fort désaffecté de Bièvres, dans l’Essonne, qu’elle utilise à des fins de formation.

La cité du renseignement de la DGSI pourrait se trouver dans la proche banlieue parisienne – 20/02/2019

Le service de renseignement interne français, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) envisage de transférer l’ensemble de son personnel au Fort de Charenton, dans les Maisons Alfort, en banlieue parisienne. Ce site militaire de 10 hectares, qui abrite déjà le quartier général de la gendarmerie d’Île-de-France, pourrait accueillir le personnel actuellement réparti sur trois sites à Paris (IOL n°82O). Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a prévu quelque 450 millions d’euros pour un nouveau quartier général de la DGSI (IOL n°817).

Le ministère de l’Intérieur va pister les cryptomonnaies – 05/06/2019

Le 23 mai, le ministère français de l’Intérieur a lancé un appel d’offres pour une solution d’analyse des transactions cryptographiques de devises. Le logiciel équipera l’Office Central de Lutte Contre la Criminalité Liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) et le centre de lutte contre les Criminalités Numériques (C3N). Il pourra également être utilisé par le service des douanes et le service de renseignement interne, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure). L’une des principales exigences est que le logiciel soit capable d’identifier les utilisateurs de cryptomonnaies en collectant des données centralisées à partir de plateformes de partage ou partagées avec des agences telles qu’Europol (IOL 809). Les enquêteurs veulent pouvoir retracer les transactions à partir d’une adresse IP, d’une adresse électronique ou d’une clé de chiffrement PGP. Le ministère de l’Intérieur veut concentrer sa surveillance sur quatre cryptomonnaies – Bitcoin, Litecoin, Ethereum et Tether.

Le service de renseignement pénitentiaire veut créer sa propre école de formation – 26/06/2019

Très sollicité pour son suivi des détenus radicalisés, le Service National du Renseignement Pénitentiaire (SNRP) souhaite que les personnels pénitentiaires contribuent à la tâche dès le premier jour de leur formation.

Le Service National du Renseignement Pénitentiaire (SNRP), dont le champ d’action a été étendu au niveau national le 15 juin dernier, s’apprête à créer une faculté de formation à la surveillance et à l’analyse au sein de l’École Nationale de l’Administration Pénitentiaire (ENAP). Cette unité de formation sera utilisée, depuis son lieu protégé, pour aider les nouvelles recrues à accéder aux informations et outils classifiés utilisés par le service au cours de leur formation. Si l’objectif principal de la nouvelle faculté est de former les recrues qui seront réparties dans la douzaine d’unités interrégionales du SNRP, elle permettra également à l’ensemble du personnel pénitentiaire, des gardiens aux directeurs, de mieux connaître ses bases de données de renseignement. Le SNRP compte sur cette formation initiale pour améliorer la façon dont les prisons signalent et font remonter les incidents.

Collecte centralisée des données

Le SNRP, dirigé par la magistrate Charlotte Hemmerdinger, dépend désormais directement du directeur de l’administration pénitentiaire française Stéphane Bredin, et a également renforcé son contrôle sur la collecte de renseignements dans les prisons. Les délégués locaux du renseignement ne rendent plus compte aux directeurs de prison mais directement au SNRP. Les directeurs de prison, habitués à être directement alimentés en informations et à servir d’interface avec les services de renseignement du ministère de l’Intérieur, notamment la DGSI et le SCRT, devront désormais se référer au SNRP. Cependant, ils seront toujours chargés d’ouvrir des enquêtes judiciaires sur les affaires les plus sensibles, ce qui permettra d’alléger les données recueillies par les services de renseignement des prisons.

Coopération technique avec Beauvau

Chargé de surveiller près de 2 500 détenus, dont plus de 500 ont été condamnés pour terrorisme islamiste, le SNRP se nourrit essentiellement d’informations provenant d’informateurs incarcérés, et a de plus en plus recours au renseignement technique avec l’aide du service d’interception du Premier ministre français, le GIC. Autorisée à mener des missions d’interception et à placer des micros, l’administration pénitentiaire s’appuie largement sur l’expertise du service technique de la DGSI dans ce domaine.

La DGSI, qui entend bien rester un échelon au-dessus du SNRP en matière de lutte antiterroriste, reste le principal consommateur des rapports de fin d’incarcération produits par le renseignement carcéral. L’agence de renseignement interne utilise ces rapports pour mener sa propre surveillance des individus signalés comme étant à haut risque. Les deux services partagent également de nombreux sélecteurs techniques utilisés pour intercepter les communications entre les suspects et leur entourage.

Imitateurs internationaux

Le renseignement carcéral est une question clé dans la plupart des pays européens confrontés à une menace djihadiste. Londres a pris le relais de Paris en la matière en créant sa propre unité nationale de renseignement au sein des prisons. Israël, cependant, a été le premier pays à mettre en place ce type de service. La Belgique étudie actuellement l’idée d’utiliser un modèle similaire avec une unité qui prendrait la relève du personnel du service de Sûreté de l’État (VSSE) affecté dans toutes les prisons du pays.

La police parisienne nettoie le fort de Bièvres avant l’ouverture du stand de tir – 18/09/2019

La police de Paris doit nettoyer l’ancien fort de Bièvres, une banlieue de la capitale française, en vue de sa conversion en stand de tir. La nouvelle installation sera utilisée par le service de renseignement interne français, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), et d’autres agences. La police a lancé un appel d’offres d’un montant estimé à 800 000 euros pour retirer les bouteilles de gaz toxique encore stockées sur le site, qui est proche du siège du RAID. Les nouvelles installations pourront accueillir 50 tireurs par jour.

La DGSI se dépêche d’obtenir des logiciels d’espionnage – 16/10/2019

Le service d’offensive cyber de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), envisage de créer ses propres outils de veille numérique. Au début de ce mois, le STNCJ (Service Technique National de Captation Judiciaire) a lancé le recrutement de développeurs spécialisés dans l’intrusion des ordinateurs et des smartphones iOS et Android. La DGSI veut pouvoir insérer des portes dérobées dans les terminaux cibles et vérifier l’authenticité des données numériques qu’elle obtient (IOL 829). Thales a été contracté pour développer ces programmes mais il y a eu des retards en raison de problèmes de compatibilité avec les systèmes informatiques des ministères de l’Intérieur et de la Justice. La pression est forte car le STNCJ doit face à la masse toujours croissante de communications chiffrées qui suscite des préoccupations similaires à celles des services de renseignement d’autres pays européens (IOL 830).

La tâche des enquêteurs de la DGSI n’est pas facilitée par les nouvelles directives émises par son unité d’intelligence économique, ou département « K », qui a recommandé au début de l’année que les entreprises protègent systématiquement leurs communications sur Internet et chiffrent le contenu de leurs courriels à l’aide du logiciel libre PGP.

La DGSI avance avec sa cité de l’intelligence – 11/12/2019

Le service de renseignement interne français, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), recrute un directeur de projet pour superviser la construction du siège centralisé du service. Cette installation, qui devrait être construite d’ici 2025, regroupera le personnel actuellement réparti sur trois sites, au siège principal du service à Levallois-Perret et dans deux annexes (IOL 820). Il avait été envisagé que le service reprenne l’ancien hôpital du Val de Grâce à Paris, aujourd’hui désaffecté, mais c’est l’ancien site du journal Le Parisien, dans la banlieue de Saint-Ouen, qui a été choisi.

Le ministère de la Justice ne tient pas compte des conseils de la CNCTR à propos des IMSI-catchers dans les prisons – 15/01/2020

Le Service National du Renseignement Pénitentiaire (SNRP), anciennement BCRP, doit étendre ses opérations, notamment celles liées aux interceptions, selon un décret publié au Journal Officiel le 30 décembre. En prenant cette décision, le ministère de la justice a ignoré l’avis de la CNCTR (Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement), qui a réitéré qu’elle ne souhaitait pas que le SNRP déploie des IMSI-catchers pour intercepter les communications des prisonniers. La CNCTR avait déjà exprimé son inquiétude en 2017, affirmant que le SNRP manquait d’équipement et d’expertise nécessaires à la tâche et que la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) pourrait installer les dispositifs à sa place. Mais le ministère de la Justice, suite à l’approbation du Conseil d’État, a néanmoins déployé des IMSI- catchers dans les prisons. Deux ans plus tard, la CNCTR, dans son avis, a constaté que son « analyse n’était pas incorrecte » à propos des IMSI-catchers mais le ministère n’a pas tenu compte de sa position.

L’utilisation d’IMSI-catchers dans les prisons présente des avantages limités, car les mouvements des détenus sont restreints et il peut y avoir trop d’écho dans les cellules des prisons. La CNCTR n’a pas mentionné la possibilité de surveiller les personnes qui ne sont pas des détenus, comme les visiteurs et les fournisseurs de la prison, ce qui a été proposé en mars dernier comme solution aux éventuelles évasions de prison. La DGSI est chargée de surveiller les personnes libérées de prison et les agents pénitentiaires radicalisés. Le nouveau décret permettra également au service de renseignement pénitentiaire de suivre plus facilement les « violences collectives qui menacent l’ordre public ».

Entreprises privées

Elektron, spécialiste de l’interception légale – 15/10/2009

La police française a utilisé du matériel de la société Elektron pour surveiller les conversations de certains protagonistes de l’affaire Clearstream.

Jusqu’au milieu des années 2000, les enquêteurs qui voulaient écouter une ligne téléphonique fixe ou mobile devaient faire installer une ligne temporaire par France Télécom, puis louer un enregistreur vocal dédié auprès d’une société spécialisée. Elektron a proposé aux autorités policières de remplacer le système par une infrastructure numérique permanente louée à l’année.

Disposant de son propre serveur numérique qui détourne les appels, Elektron peut commencer à écouter les conversations dès qu’elle obtient l’autorisation des autorités. Grâce au système numérique, il n’est plus nécessaire de s’asseoir dans une pièce avec des écouteurs. Ils peuvent surveiller les interceptions par ordinateur ou faire relayer les appels vers leurs téléphones portables. Un réseau privé virtuel (Virtual Private Network, VPN) permet également aux commissariats de province, ainsi qu’aux enquêteurs itinérants munis d’un ordinateur équipé d’une clé 3G, d’accéder au système.

La carte de crédit enregistreuse de Nagra – 10/11/2011

Conçu pour être utilisé par la police française, le tout dernier appareil d’enregistrement sonore de Nagra ressemble à une carte de crédit.

Les services du ministère de l’Intérieur français l’utilisent depuis deux ans, mais ce n’est que depuis quelques mois que l’enregistreur numérique CCR du fabricant suisse Nagra est disponible sur le marché gouvernemental. L’appareil miniature, destiné aux services de renseignement du gouvernement, est dissimulé dans une carte de crédit de taille standard 8,5cm x 5,4cm x 1,5mm qui pèse moins de 5g. Équipé d’un microphone en silicium, il est doté d’une batterie qui lui permet d’enregistrer en continu pendant onze heures et demie, et de 2Go de mémoire. Activé et désactivé par une simple pression du pouce, l’appareil peut être laissé sur une table ou porté autour du cou comme un badge d’identité.

Mondialement connu pour la fabrication de matériel d’enregistrement sonore utilisé par les cinéastes et les journalistes, Nagra fournit également des appareils d’enregistrement camouflés à la police et aux services de renseignement. Le conseil d’administration du fabricant comprend le vice- président du groupe aéronautique Dassault Aviation, Laurent Dassault. Nagra garde cet aspect de son activité aussi discret que possible et ne distribue pas de copies de son catalogue de produits pour les services de sécurité. Le JBR, l’un des premiers enregistreurs Nagra destinés à être utilisés par les policiers en civil, a été conçu au début des années 1980 pour le FBI. Équipé de mini- cassettes spécialement conçues, le magnétophone ne mesurait que 4,5cm x 2,5cm.

La police signe un accord de surveillance – 15/11/2012

Les services spéciaux de la Police Nationale et de la Gendarmerie ont signé le 1er novembre un accord-cadre avec les fournisseurs d' »appareils discrets d’enregistrement et de surveillance » conformément au cahier des charges de l’appel d’offres. Le contrat porte sur la fourniture de microphones et de caméras cachées qui seront utilisés pour surveiller les terroristes et les figures du crime organisé. Six entreprises ont été sélectionnées. Il s’agit de LJM Tech Support, fondée par Alexandre Mourier, qui distribue des produits fabriqués par la société italienne BEA ; FGH Security, de Nathalie Gérard, qui distribue du matériel Spectronic ; Syans, société fondée il y a un an par Jérôme Souverain pour distribuer du matériel développé par la société britannique Covidence ; GTS Services, de Nicolas Jean ; Opto Vision, spécialiste des caméras vidéo cachées, fondée par Bernard Baroghel ; et General Security Service, d’Eric Joubert. Ces sociétés hautement spécialisées fournissent également la DCRI et la DGSE, les services de renseignement intérieur et extérieur français, ainsi que plusieurs unités des forces spéciales françaises (COS). Cependant, la police et la gendarmerie sont les premières à avoir signé un accord-cadre avec elles.

Tracip exporte la police scientifique à la française – 04/06/2014

Le spécialiste français de la police scientifique numérique Tracip amorce son développement international. Contractant de la police et de la justice françaises ainsi que de la Direction Générale de Sécurité Intérieure (DGSI, l’ancienne DCRI), la petite entreprise basée dans la ville de Nancy, dans l’est de la France, a récemment remporté son premier grand contrat à l’exportation. Comme l’a récemment révélé Maghreb Confidentiel, la publication sœur d’Intelligence Online, Tracip fournira à la Direction Générale de la Sécurité du Territoire (DGST) du Maroc un laboratoire clé en main et des kits d’enquête sur le terrain, permettant au service de renseignement d’examiner des ordinateurs, des téléphones portables, des clés USB et autres. Dirigé par Philippe Joliot et son fils Clément, Tracip prospecte également des marchés comme le Mexique et le Kazakhstan. La technologie phare de Tracip est son laboratoire mobile de police scientifique numérique de pointe, Mobil’it, qui contient même une salle blanche.

Vale contre Rio Tinto : Aeneas à la barre des témoins – 29/04/2015

Aeneas, la société française de détectives privés et de sécurité privée dirigée par l’ancien officier du GIGN Laurent Le Quilliec, est la dernière entité en date à être mise sur la sellette à New York alors que le cabinet d’avocats Cleary Gottlieb Steen & Hamilton poursuit sa défense de l’entreprise brésilienne Vale. La société brésilienne et le groupe Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), enregistré à Guernesey, sont poursuivis par Rio Tinto pour leur rôle dans un prétendu complot visant à voler les droits de Rio Tinto sur les énormes gisements de minerai de fer de Simandou, en Guinée. Lors d’une audience tenue fin mars, à la demande de Vale, le tribunal a adressé une demande d’entraide judiciaire internationale à la ministre française de la justice Christiane Taubira.

Tidiane Toure, un autre ancien officier du GIGN qui dirige Aeneas en Côte d’Ivoire, devra fournir aux avocats de Vale les détails des enquêtes menées par le cabinet pour Rio Tinto. Tous les documents relatifs à l’enquête menée par le cabinet pour le mastodonte minier entre avril 2010 et avril 2014 devront également être produits. Toure n’est pas le seul enquêteur de Rio Tinto qui devra se présenter à la barre des témoins. Mark Huband, de Livingstone & Co, Tara O’Connor, d’Africa Risk Consulting, et John Humphrey, de BTG Intelligence, devront également témoigner (IOL 733).

Aeneas, qui a tendance à garder un profil bas la plupart du temps, fournit également des services de sécurité privée. Elle est l’une des rares sociétés, avec LJM Tech Support, qui est officiellement agréée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui dépend du cabinet du Premier ministre français, pour mener des opérations de recherche de micros cachés.

Le ministère de l’Intérieur achète des outils numériques d’enquête – 27/05/2015

Le ministère français de l’Intérieur a récemment conclu un accord-cadre avec un groupe d’entreprises accréditées pour fournir des équipements de sécurité contre la cybercriminalité à ses services, notamment la police, la DGSI et la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières), le service de renseignement des douanes. La petite entreprise Recoveo fournira aux différents services des systèmes informatiques et des PC pour l’analyse numérique dans le cadre d’un contrat de 3 millions d’euros, tandis qu’Elexo fournira des systèmes d’extraction de données téléphoniques dans le cadre d’un contrat de 4 millions d’euros. Tracip, qui équipe déjà la Direction du Renseignement Militaire (DRM), équipera le ministère de l’Intérieur avec des logiciels d’enquête de police scientifique. Enfin, la société suédoise Micro- Systemation AD extraira les données des téléphones fixes. Tracfin, la cellule d’enquêtes financières du ministère français des finances, a quant à elle acquis le logiciel de text mining Luxid, développé par Temis.

Les agences internes achètent des nano drones – 23/09/2015

La DGSI, la police et la gendarmerie vont se partager deux nano drones d’observation Black Hornet, d’une valeur de 315 000 euros. Les appareils, qui sont construits par la société norvégienne Prox Dynamics AS, ont été vendus au ministère de l’Intérieur par SYANS, une petite entreprise de solutions de surveillance dirigée par Jérôme Souverain. Le Black Hornet est déjà utilisé par des unités de renseignement militaire britanniques et norvégiennes. En France, son premier utilisateur a été la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF).

La DGSI courtise Palantir – 26/10/2016

Le service de renseignement interne français, qui est complètement débordé par la lutte contre le terrorisme en France, s’est tourné vers le spécialiste américain de l’exploration de données pour obtenir de l’aide.

Une série de réunions ont eu lieu au siège de la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure) à Levallois-Perret, en banlieue parisienne, entre les responsables du Département Technique, ou DT, et les cadres du géant américain du traitement des données de renseignement Palantir. La société dirigée par Alex Karp serait déjà en train de former les analystes de la DGSI à l’utilisation de ses outils en vue de devenir son fournisseur privilégié. Alors que beaucoup s’interrogent sur l’idée d’impliquer une société étrangère dans des affaires aussi proches de l’État français, il n’existe aucune société française suffisamment importante pour assumer cette tâche en termes de collecte de renseignements, d’exploration de données et de visualisation, comme l’a conclu la DGSI après avoir récemment tenté d’en trouver une (IOL 760).

Le recours de la DGSI à Palantir intervient à un moment où elle est déjà très dépendante des informations fournies par les services de renseignement américains, la NSA en particulier (IOL 752). Ces derniers fournissent de nombreuses données au service français. L’implication de Palantir, qui travaille pour la NSA depuis plusieurs années, pourrait accroître les synergies entre les deux services américain et français s’ils finissent par utiliser le même logiciel.

Palantir prospecte le marché français depuis plus d’un an. Le groupe a créé une filiale française peu après les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015 (IOL 742). Karp a rencontré Patrick Calvar, le chef de la DGSI, lors de la conférence de Bilderberg quelques mois plus tard (IOL 737). In-Q-Tel, la branche d’investissement de la communauté du renseignement américain, est l’un des principaux actionnaires de Palantir. Peter Thiel, le fondateur de Paypal et un partisan inconditionnel du candidat républicain à la présidence Donald Trump, a également une participation dans la société.

Blue Coat conclut un accord de chiffrement – 29/06/2016

La société américaine de cryptoanalyse Blue Coat, réputée pour son travail en Syrie et en Birmanie, s’intéresse désormais au marché français. La société, qui a été rachetée début juin par le géant de la sécurité informatique Symantec, a récemment commencé à commercialiser ses outils d’interception gouvernementaux auprès de la DGSI, le service de renseignement intérieur français, et d’autres organismes gouvernementaux français. Blue Coat a notamment vanté l’efficacité de ses outils anti-terroristes qui permettent de déchiffrer le contenu des principaux services de messagerie électronique et des applications de messages sécurisés SSL/TLS. La société a récemment relancé son service de surveillance SSL/TL pour le secteur privé en France. Les commerciaux de la société ont visité plusieurs groupes d’assurance en France et certains d’entre eux se sont montrés très intéressés par les produits de Blue Coat. La solution « SSL Visibility Appliance », basée sur une technologie acquise auprès de Netronome en 2013, offre aux entreprises un moyen de déchiffrer les flux SSL et TLS sur leurs réseaux pour des flux allant jusqu’à 9Go par seconde.

Le système centralise le déchiffrement pour permettre aux applications de sécurité compatibles d’analyser le trafic en temps réel. Les ingénieurs de l’entreprise promettent que leurs équipes réagiront rapidement pour contrer les mises à jour de sécurité sur les principaux navigateurs et services web afin d’éviter les interruptions de service.

Dataiku, entreprise française, cherche à rivaliser avec Palantir – 24/05/2017

Spécialisée dans le traitement d’énormes quantités de données et les algorithmes prédictifs, la société française Dataiku se positionne de plus en plus pour rivaliser avec le géant américain Palantir pour les clients des institutions et des entreprises privées françaises. Son nouveau directeur business, Rémi Meunier, multiplie depuis quelques semaines les rencontres avec les institutions publiques. Il dispose d’un grand nombre d’excellentes relations qui lui permettent d’ouvrir facilement des portes. Auparavant, il a été conseiller juridique au sein du cabinet du président français sous Nicolas Sarkozy, puis directeur adjoint et conseiller politique de Nathalie Kosciusko- Morizet au conseil municipal de Paris. Elle a été ministre déléguée à l’économie numérique.

Fondée par un ancien dirigeant d’Exalead, Florian Douetteau, en 2013, Dataiku compte déjà des clients de renom en France tels que L’Oréal, AXA, Capgemini et Accor. Depuis une récente levée de fonds, elle est partiellement détenue par le fonds d’investissement américain FirstMark Capital, mais ses principaux actionnaires restent français.

Son rival Palantir, une start-up financée par Peter Thiel (voir ci-dessus) et In- Q-Tel (IOL 769), a déjà réussi à prendre pied dans la DGSI, comme l’a rapporté Intelligence Online (IOL 771). Mais Dataiku continue à recruter du personnel pour ses bureaux parisiens.

La gendarmerie améliore ses outils cyber contre Telegram – 24/05/2017

Deux rapports récents de la Gendarmerie nationale française montrent qu’elle s’est employée à développer des outils d’enquête de police scientifique. Un rapport intitulé « État de la menace liée aux technologies numériques en 2017 », publié par la Délégation Ministérielle aux Industries de Sécurité et à la lutte contre les Cybermenaces (DMISC), révèle que le département d’électronique informatique de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie a fourni son logiciel GendExtract à la DGSI, le service de renseignement intérieur français. Ce logiciel permet d’extraire et de traiter rapidement les données d’un ordinateur. Le rapport annuel révèle également que, avec le soutien d’entreprises privées, le département a également développé un programme appelé Telegram Decoder, qui, comme son nom l’indique, peut déchiffrer les messages Telegram sur les téléphones portables.

La police française s’est également engagée dans la même voie. Avec l’aide d’entrepreneurs privés, la division de la cybercriminalité de la Police Nationale (PN) a récemment mis au point Darwin, un logiciel qui peut être placé dans une clé USB, branchée sur un ordinateur, et analyser son disque dur sans laisser de traces de son passage. Le ministère de l’Intérieur travaille principalement avec les sociétés Tracip, Recoveo et Elexo dans le domaine de la police scientifique (IOL 736).

Le gouvernement français intervient pour réduire les coûts de la géolocalisation – 31/01/2018

Grâce à l’utilisation de plus en plus répandue de l’interface HI-2, les autorités françaises réduisent le montant versé aux opérateurs et aux fournisseurs de services de géolocalisation.

À la mi-janvier, les redevances que les entreprises de télécommunications en France perçoivent pour les services de géolocalisation qu’elles fournissent au Groupement Interministériel de Contrôle (GIC), qui gère les interceptions pour le compte du cabinet du Premier ministre, ont été réduites de 20%. Elles ont également cessé de percevoir une redevance quotidienne des autorités françaises. Ce changement souligne une tendance sur le marché de la géolocalisation légale, provoquée par l’utilisation croissante de HI2 (Handover Interface Port 2).

Défini par une norme de l’Institut européen des normes de télécommunication (European Telecommunications Standards Institute, ETSI), ce canal de communication entre les opérateurs de communications électroniques et les forces de sécurité permet de transmettre en temps réel les méta-données interceptées, y compris les informations de géolocalisation. Cette technique offre plus de flexibilité aux opérateurs que les méthodes de géolocalisation précédentes, qui étaient basées sur de nombreuses demandes silencieuses ou « hits » envoyés à un téléphone mobile ciblé, incitant le téléphone à signaler sa présence. Elle présente également l’avantage de ne pas entraîner de coûts supplémentaires lorsqu’elle est réalisée dans le cadre d’une opération d’interception. Si la géolocalisation n’est pas encore intégrée dans la nouvelle plate-forme nationale d’interception de la police judiciaire française, le ministère de la justice pourrait être tenté de suivre l’exemple du GIC pour réduire ses dépenses en matière d’interceptions judiciaires (IOL 797). Parmi les entreprises extérieures travaillant pour la police judiciaire en attendant que la plateforme soit opérationnelle, seules celles qui sont qualifiées pour effectuer des interceptions ont accès à HI-2. Deveryware, le leader français de la géolocalisation, n’y a pas accès et continue à fournir ses services grâce à la méthode des « hits », qui sera bientôt obsolète.

Deveryware

Paris. Fondée en 2003 par Jacques Salognon, la société Deveryware a connu un développement rapide sur le marché de la géolocalisation. Sous l’impulsion de Stéphane Schmoll, son directeur général adjoint de 2006 à 2017, Deveryware a établi de solides relations avec les députés et les sociétés de téléphonie mobile. Bien qu’elle ait eu un quasi-monopole dans ce domaine à ce jour, la position confortable de Deveryware sera remise en cause par la prochaine internalisation de la géolocalisation par la Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires (PNIJ).

Elektron

Neuilly-sur-Seine. Elektron, qui a été rachetée par Michel Besnier en 2003, est l’un des derniers pratiquants d’interception légales traditionnelles qui est resté actif depuis la création du PNIJ. Elle continue à fournir aux enquêteurs de la police française des interceptions individuelles, des interceptions de flux IP et des informations de géolocalisation via l’interface HI-2 depuis ses serveurs informatiques situés dans les bureaux de la DCPJ à Neuilly-sur-Seine, en banlieue parisienne.

Le ministère de l’Intérieur investit dans une balise GPS résistante au brouillage – 28/03/2018

Le ministère français de l’Intérieur a attribué un contrat record pour de nouvelles balises de géolocalisation au début du mois.

Contre-mesures

Après avoir soutenu le développement d’émetteurs miniatures ayant une plus grande autonomie et ne contenant pas de marqueurs pouvant compromettre leur sécurité (IOL 756), le ministère français de l’Intérieur cherche maintenant à résoudre le problème du brouillage. Les criminels ou les terroristes peuvent déployer des contre-mesures pour désactiver les signaux GPS et la transmission de données aux enquêteurs, le plus souvent via les réseaux GSM. La diffusion des brouilleurs s’est développée en France puisque que leur vente n’a été interdite qu’en 2012 et qu’ils sont faciles à construire.

Redondance

Pour contrer ce sabotage, trois entreprises françaises – Track Cars, Photospace et Point Core – ont obtenu un contrat d’un montant total de 1,5 million de dollars pour développer des balises qui résisteront au brouillage. Afin de garantir que la géolocalisation puisse être effectuée en toutes circonstances, les balises contiennent des émetteurs supplémentaires qui fonctionnent sur des fréquences différentes. La balise de géolocalisation de Photospace contient un émetteur radio à ondes longues qui peut prendre le relais si la transmission GSM est brouillée. Photospace est également connu pour ses balises Silex, dont certaines peuvent émettre un signal sur une période de plusieurs mois. Point Core, qui fournit la police de Paris, construit des balises qui peuvent transmettre des données via le réseau de communication par satellite Iridium. Cette solution facilite la localisation des suspects au niveau international sans l’intervention des opérateurs de télécommunications locaux. Une solution similaire est proposée par Track Cars and Stancom, qui a fourni le ministère de l’Intérieur en 2015.

Track Cars

Valbonne, Alpes Maritimes. Track Cars a formé l’unité de police antidrogue afghane en 2017. Fondée en 2007, la société, dirigée par Sébastien Salmi, fournit l’unité d’élite de la police parisienne BRI.

Photospace

Dammarie-les-Lys, Seine et Marne. La firme a mis au point ses balises dans le cadre d’un programme cofinancé par les ministères français de l’Intérieur et de la Défense. Dirigée par Antoine Guenin, elle fabrique également des caméras thermiques miniatures.

Point Core

Fontenay-sous-Bois, Val de Marne. Point Core réalise la balise Geopisteur. La société a été fondée en 2008 par Christian Falissard et Nicholas Bouquet, deux anciens ingénieurs d’Ipricot.

Le ministre de l’Intérieur constate de nouveaux retards avec le PNIJ – 30/05/2018

Le 22 mai, le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, a publié un décret créant un nouveau registre pour stocker les données de géolocalisation des téléphones portables obtenues par les enquêteurs. Le décret légalise la géolocalisation des suspects en temps réel par les services de police via des sociétés d’interception légale (LI) telles que Deveryware et Elektron (IOL 797). Pour l’instant, ces données ne sont toujours pas disponibles sur la plateforme nationale d’interception, ou PNIJ (Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires) exploitée par Thales.

Le ministère de l’Intérieur va ajouter l’exploration de données à la plate-forme d’interceptions – 03/04/2019

Le ministère français de l’Intérieur a lancé un appel d’offres le 29 mars pour équiper la Gendarmerie nationale d’un outil d’analyse en masse des données de la plateforme nationale des interceptions judiciaires, la PNIJ (Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires). Actuellement absentes de la plateforme, qui est alimentée par les données du ministère de la Justice, ces fonctions d’analyse ne devraient pas être ajoutées avant la prochaine itération de la plateforme, la PNIJ NG (PNIJ Nouvelle Génération) qui sera opérationnelle vers 2024 (IOL 797). Compte tenu de ce délai, le ministère de l’Intérieur a accepté un investissement qui a été reporté à plusieurs reprises auparavant, pour équiper 30 000 gendarmes. Alors que la DGSI a confié à Palantir (IOL 771) la tâche d’exploiter ses données, le ministère peut s’appuyer sur le logiciel Mercure d’Ockham Solutions, déjà utilisé par la police française. L’appel d’offres sera suivi de près par Thales, qui a récemment acquis Ercom et Amecs (IOL 822, IOL 814), ainsi que par les spécialistes de la géolocalisation Elektron et Deveryware.

Le ministère de la Justice surveille ses arrières avec un nouveau projet d’interception légale – 10/04/2019

Après les critiques qu’il a reçues concernant les lacunes de sa plate-forme nationale d’interception, le PNIJ, le ministère de la justice poursuit avec prudence la modernisation du système. L’ANTENJ (Agence Nationale des Techniques d’Enquêtes Numériques Judiciaires), agence nationale qui gère les interceptions judiciaires, a lancé une demande d’information le 4 avril dernier pour sonder l’industrie sur les équipements qui devraient remplacer le PNIJ d’ici 2024. Le SITENJ (Système d’Information des Techniques d’Enquêtes Numériques Judiciaires), la prochaine version du PNIJ, devrait contenir des fonctions très attendues par ses utilisateurs et être prêt pour le passage à la 5G.

Pour s’assurer que les paramètres de la nouvelle plate-forme répondent aux besoins, l’ANTENJ a élaboré un questionnaire d’une trentaine de pages pour sonder la capacité dont disposent déjà les sociétés d’interception. L’agence dirigée par Damien Martinelli veut éviter que ne se reproduisent les nombreuses plaintes des industriels et de la police concernant le cahier des charges que Thales a établi sous contrat avec le ministère en 2010 (IOL 797).

L’objectif principal est d’améliorer la fiabilité de la collecte de données du nouveau système à partir des appels téléphoniques, des messages textuels et du trafic IP, ainsi que des méta-données telles que le temps et la géolocalisation, en permettant la transmission en temps réel des données des opérateurs via le protocole HI2 (IOL 799). Un autre aspect important du programme de modernisation concerne l’intégration de fonctions d’exploration de données, notamment un système de cartographie et de visualisation à l’aide de graphiques de réseaux sociaux. Le PNIJ actuel ne peut pas assurer ces fonctions, de sorte que les services d’enquête doivent utiliser des logiciels prêts à l’emploi tels que le programme Mercure d’Ockham Solutions. Le contrat d’Ockham avec le ministère de l’Intérieur est actuellement en cours de prolongation (IOL 827). À l’avenir, les juges d’instruction et les bureaux de police judiciaire pourront également suivre les interceptions et la géolocalisation directement à partir d’un smartphone.

Ayant tiré les leçons de la première PNIJ, qui a été continuellement développée depuis son lancement en 2015, le ministère veillera également à ce que les solutions proposées soient modulables et puissent être connectées à d’autres systèmes ainsi que capables d’exporter leurs données. Selon nos sources, alors que l’ANTENJ continue à développer des améliorations du PNIJ avec Thales, qui est le seul contractant du programme, elle s’adresse également à des prestataires de services extérieurs pour résoudre des difficultés techniques telles que l’accès aux communications vocales sur LTE (VoLTE). L’agence a également conclu des accords informels avec des sociétés de services d’interception et de géolocalisation telles que Deveryware et Elektron, vers lesquelles elle continue de se tourner pour compléter sa plate- forme centralisée (IOL 807d).

Bien que sa réputation ait souffert de la difficile naissance du PNIJ, Thales, qui possède désormais les spécialistes de l’interception Ercom et Amecs (IOL 822, IOL 821, IOL 814), met tout en œuvre pour remporter le prochain appel d’offres. Il en va de même pour la société française Nexa Technologies (anciennement Amesys), souvent partenaire d’Elektron, et qui fait maintenant partie de l’alliance industrielle de cyber-renseignement Intellexa (IOL 823).

Le ministère de la justice cherche une solution souveraine pour les interceptions – 22/05/2019

Pour éviter les problèmes qui ont affecté le PNIJ, sa première plateforme d’interception, le ministère français de la justice prépare un cahier des charges détaillé pour une sélection de candidats français triés sur le volet.

La période initiale de consultation du secteur s’achevant en juin (IOL 828), l’ANTENJ (Agence Nationale des Techniques d’Enquêtes Numériques Judiciaires), qui est rattachée au ministère de la justice, élabore un cahier des charges détaillé pour le système qui succédera à la PNIJ (Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires). Le document classifié ne sera envoyé qu’à une poignée de fournisseurs présélectionnés par l’agence dans le cadre d’un appel d’offres pour le futur SITENJ (Système d’Information des Techniques d’Enquêtes Numériques Judiciaires), dont le contrat devrait être attribué en 2020. L’ANTENJ a également étudié des solutions impliquant des fournisseurs étrangers tels que les italiens RCS et Innova. Mais l’habilitation de sécurité nécessaire pour participer à l’appel d’offres, ainsi que les relations que le contractant devra avoir avec le comité R226, qui autorise les solutions d’interception, font qu’une entreprise étrangère devra travailler avec un contractant français.

Selon nos sources, l’agence prévoit de baser le SITENJ sur une plateforme intégrant les fonctions essentielles de surveillance telles que l’interception des communications, la géolocalisation et la cartographie, comme le proposent à la fois le leader français Suneris Solution, filiale d’Ercom, qui a été racheté par Thales (IOL 822), et le duo Nexa Technologies et Elektron (IOL 823). Des modules technologiques complémentaires, notamment pour la gestion des sceaux numériques, pourraient être fournis par d’autres entreprises ou développés en interne. L’objectif est d’éviter de devoir dépendre d’un seul fournisseur, un problème qui a été signalé par les enquêteurs de la première version du PNIJ (IOL 797). Un autre changement majeur est que les données d’interception ne seront pas hébergées par le fournisseur. Thales stocke actuellement les données du PNIJ sur son site d’Élancourt en région parisienne, mais à l’avenir les données du PNIJ et du SITENJ seront stockées sur deux sites, l’un géré par le ministère de la justice et l’autre par le ministère de l’Intérieur.

Telegram et Whatsapp à l’étude

Les enquêteurs s’inquiètent du fait qu’un nombre croissant de leurs cibles abandonnent les appels téléphoniques et les messages texte au profit de services de messagerie instantanée cryptés tels que Telegram, WhatsApp et Signal. La nouvelle plateforme d’interception du ministère de la justice, ou PNIJ, n’intégrera pas l’interception de ces communications.

L’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) et le SGDSN (Secrétariat Général à la Défense et à la Sécurité Nationale) ont étudié la possibilité de soumettre les services de messagerie OTT, ou over-the-top, fournis par des tiers aux mêmes obligations légales que les communications télécoms traditionnelles, mais l’ANTENJ préfère adopter une approche plus indirecte.

Le magistrat Damien Martinelli, directeur de l’agence, et Philippe Brandt, son adjoint, Ingénieur Général de la Défense (IGA), se sont associés au STNCJ (Service Technique National de Captation Judiciaire, IOL 829), qui est rattaché au département technique de la DGSI, le service de renseignement interne. Le service, qui déploie des « payloads » d’interception mobile, capturera les communications des services de messages chiffrés. Parallèlement, l’ANTENJ, en collaboration avec les opérateurs, se concentrera sur la collecte et l’analyse des métadonnées générées par ces applications.

Les plans du ministère de l’Intérieur en matière d’exploration de données de nouveau à l’étude – 09/10/2019

Le ministère français de l’Intérieur a récemment publié un appel d’offres révisé pour un logiciel d’exploration de données destiné à améliorer la Plate- forme Nationale d’Interceptions Judiciaires, la PNIJ. Quelque 30 000 gendarmes, qui attendent avec impatience un nouveau système, vont devoir patienter.

Selon nos sources, aucun candidat approprié n’a été trouvé pour l’appel d’offres de la gendarmerie française pour la phase d’étude d’un système d’exploration de données à prix raisonnable, dans un processus mené par le Service des Technologies et des Systèmes d’Information de la Sécurité Intérieure (ST(SI)2). L’appel d’offres, lancé en avril, porte sur le développement d’un système d’exploration de données visant à améliorer l’exploitation des données détenues par la Plate-forme Nationale des Interceptions Judiciaires, la PNIJ (IOL 827). Pendant les mois d’été, le projet a été confié à une nouvelle équipe du ST(SI)2 et un nouvel appel d’offres moins restrictif a été lancé début septembre.

Des spécifications ambitieuses L’appel d’offres publié au début de l’année a été lancé auprès des principaux fournisseurs du secteur, dont Thales, Deveryware, Elektron et Ockham Solutions. Les critères auxquels les entreprises soumissionnaires devaient répondre étaient particulièrement exigeants, avec plus de cent points à remplir pour pouvoir soumissionner. Le logiciel devait prendre en compte de nombreuses spécificités des systèmes informatiques des ministères de l’Intérieur et de la justice mais aussi être utilisable sur Linux, le système d’exploitation utilisé par la Gendarmerie.

Étant donné que l’appel d’offres ne prévoyait aucune possibilité de développer la technologie après l’attribution du contrat, les sociétés candidates devaient payer elles-mêmes la facture du développement avant de soumissionner et, à l’exception de la partie du contrat concernant la gendarmerie, il y avait peu de chances de vendre le matériel qu’elles avaient développé à d’autres clients à un stade ultérieur.

Sur la liste noire des États-Unis, Hikvision, un favori du ministère français de l’Intérieur – 04/11/2019

L’inscription du géant chinois de la surveillance et de la sécurité Hikvision sur la liste des sanctions du ministère américain du commerce le 7 octobre dernier pourrait paralyser les activités de l’entreprise en France.

Désormais sur la liste noire du ministère américain du commerce en raison d’accusations de violations des droits de l’homme dans la province chinoise du Xinjiang, les produits de vidéosurveillance Hikvision sont très répandus en Europe, notamment en France, où ils sont toujours vendus par des distributeurs locaux.

Hikvision, qui investit actuellement beaucoup en Chine dans les technologies d’apprentissage automatique et de reconnaissance faciale, est également le principal fournisseur du ministère français de l’Intérieur pour les caméras utilisées par la police et la gendarmerie. Le contrat de fourniture de 2,4 millions d’euros a été attribué à la société Allwan Security, basée à Angers, en 2018, mais les 10 400 caméras portables commandées n’étaient rien d’autre qu’une version personnalisée du modèle vedette de Hikvision, le MH-2211.

Le ministère de l’Intérieur a reconnu ce fait, en déclarant que tous les appels d’offres proposaient des caméras fabriquées en Chine… Les opérations françaises de Hikvision sont dirigées par le discret Hong He, tandis que Jean- Marie de Troy, ancien chef de projet en France pour le groupe de défense américain Honeywell, supervise les ventes.

Hikvision au Pentagone

Avec ces sanctions contre la firme chinoise, Washington tente d’empêcher la puissance asiatique de gagner encore du terrain dans le secteur de la surveillance électronique et de l’intelligence artificielle. Mais l’Américain n’est pas à l’abri de contradictions : Hikvision a été discrètement engagée pour fournir 2 700 caméras de surveillance à l’armée américaine et aux bureaux du gouvernement. Pour l’instant, le gouvernement américain semble bien avoir l’intention de remplacer ces appareils coûteux.

Séché va décontaminer le site du nouveau champ de tir de la DGSI – 27/05/2020

La DGSI, le service de renseignement interne français, a chargé la société Tredi de décontaminer un ancien dépôt de munitions à Bièvres, en région parisienne, en retirant les bouteilles de gaz toxique, avant qu’il ne soit transformé en champ de tir pour le service (IOL 837). Filiale de Séché Environnement, Tredi a travaillé sur plusieurs opérations majeures de décontamination, dont l’opération de nettoyage après que les déchets toxiques du pétrolier Probo Koala affrété par Trafigura aient été déversés en Côte d’Ivoire en 2007.

Procès des premières manifs gilets jaunes : « les balances ne manquent pas »

Lundi 17 mai, se tiendra le procès d’une personne, d’un camarade soupçonné par Rebs et la justice d’être le meneur, l’instigateur de la manif du 1er décembre 2018, une manif gilet jaune .

Le fait même que ces gens cherchent un meneur dans cette révolte en dit long sur leur (in)compréhension de ce mouvement.

Pour un petit rappel des faits, décembre 2018 c’est le début du mouvement gilet jaune, jeune mouvement mais on a presque déjà tout entendu sur ce mouvement hors cadre.
Les gj étaient fachos, les gj n’avaient pas de revendications, il fallait que le mouvement se trouve des porte-paroles, il y avait déjà des bons et des méchants gj… Si les vestes des politiques, des centrales syndicales, des théoriciens de la révolte se retourneront vites et qu’ils/elles rivaliseront ensuite pour balancer des superlatifs qualifiant ce mouvement, pour l’heure le gilet jaune n’est pas à la mode.

« Et l’samedi y’a rien qu’du sang, une sale vie d’adulte, j’vais tout niquer ! »

Le samedi 1 décembre c’est donc un joyeux bordel, Dijon, sa rue de la pref, sa patinoire, son marché de Noël se prennent un sacré coup dans la gueule. Cette mise en scène pour bourges et consommateur·ices du centre ville est saccagée.
Les gens qui participent à ce saccage si il·les ne le crient pas spontanément savent très bien que ce spectacle, cette « féerie » offerte par la mairie n’est pas la leur (quand bien même c’est leur pognon qui est balancé par les fenêtres).
Et ne le sera sans doute jamais, on nous vend du luxe mais on aura plus de chance de la toucher un jour en pétant la vitrine qu’en allant bosser.
Et d’ailleurs si on pète la vitrine et qu’on met la main sur le grisbi sûrement qu’on le cramera pour se venger de la violence d’être pauvre.

Ce 1er décembre c’est cette ambiance qui règne, les sapins de la place de la Rep s’entassent dans une barricade /feu de joie devant la préfecture, les condés qui gardent la dite préfecture sont caillassés, une voiture est retournée, cramée. Nous avons l’impression que s’en est fini de l’aliénation, qu’on se réveille grognon·nes et qu’on veut des explications.
Bien sur le prefet comme Rebs préfère envoyer la flicaille pour s’expliquer alors ça tourne mal.
Des personnes sont blessées, il n’y a pas encore de médic team à ce moment mais spontanément des personnes prennent en charge l’évacuation des gens sonnés ou blessés de ce champ de bataille.

Bref une manif comme Dijon en vivra d’autres, nous n’avons pas réussi à prendre la pref mais nous avons réussi à tenir la rue sans nous connaître, sans être organisé·es ensemble et en faisant écho à ce qui se passait partout en France.

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« Pookie, pook-pook-pookie
Ferme, ferme la porte, t’as la pookie dans l’side »

Rebsamen interviewé par le BP balance, un peu chafoin sans doute qu’on ait voulu brûler sa belle porte : « Le responsable est connu, c’est un syndicaliste bien trop connu sur Dijon ».
La présomption d’innocence c’est pour ses potes Strauss-Kahn, Sarkozy ou Joxe, pas pour les syndicalistes.
Le BP, qui a sûrement du demander en off à Rebsamen de qui il parlait, téléphone aussitôt au camarade et lui demande de réagir.
Le camarade un peu troublé mais toujours bienveillant demande au journaliste si il est possible de passer une annonce pour essayer de retrouver la raison que le maire de Dijon semble avoir perdue, c’est pas sa rubrique lui tout ce qu’il veut c’est une réponse.
Le camarade explique donc tranquillement au journaliste qu’ « il était à la manif, qu’elle était sympa et qu’il a participé à mettre en sécurité les gens blessés par les flics » et pour conclure il sort un jeu de mot clin d’oeil « qu’ils viennent me chercher ». Le BP doit aimer l’humour (ou qu’on cite Macron) puisqu’il ne retiendra que ça.

Rebs, lui c’est pas ce qu’on appelle un bout-en-train, en témoigne son passage au ministère du travail : la politique qu’il a amorcée et que poursuit Macron ne fait pas rire les chomeuses et les travailleuses.
Quand il voit la réponse, il demande au procureur de Dijon d’agir.
Mathais [1], qui pour briller aux yeux des politiciens (et ainsi faire une belle carrière) serait prêt à bouffer du cirage, n’en demandait pas plus. Le temps de rédiger quelques papiers et voila qu’à 6h du matin on frappe à la porte du camarde et « oh surprise » c’est pas le laitier, ni la boulangère c’est les poulets en nombre et sapés comme pour une intervention du GIGN.

On rassure tout le monde : hormis l’arrivée à 6h, le tambourinage sur la porte, les grosses voix qui gueulent et raisonnent dans la cage d’escalier, l’ordinateur du môme embarqué, le portable saisi, les menottes pour sortir de l’immeuble, les papiers perso fouillés, les tiroirs et placard ouverts, les gyrophares qui tournent devant les voisin·es qui se demandent ce qu’il se passe… ils n’ont fait preuve d’aucune violence.

Au bout de deux ans le camarade attend toujours de récupérer l’ordi de son gosse et son téléphone. Dans le dossier, l’exploitation de ces deux objets n’a rien donné.

Par contre ceux qui ont donné, les balances comme on les appellera, existent bien. Il y en a 2 anonymes, et c’est bien pratique quand on a pas grand-chose à se mettre sous la dent et qu’il ne faut surtout pas que cet « olibrius » puisse aller raconter qu’il s’en est tiré. Est ce Francois R ? Est ce rédigé par un cochon en uniforme voulant faire plaisir à un procureur en carton ?

« La restauratrice se met à table »

Une balance bien réelle est identifiée, la patronne d’un restaurant.
Restaurant qui s’était d’ailleurs fait agréablement remarquer en laissant entrer les blessé·es et en devenant le QG des GJ avant les manifs. Restaurateur qui avait pourtant subi la répression, la violence policière et municipale. La pression était-elle trop dure à supporter ? Le fait que Rebsamen ait pratiqué un abus de pouvoir en faisant retirer l’autorisation de leur terrasse, a dû compliquer les choses, peut-être pour les arranger la patronne s’est-elle dit « je vais balancer, pour calmer la colère du maire et récupérer mes 3 tables ».
Peu importe si il y a des choses qui peuvent expliquer, il n’y a rien qui peut excuser d’être une balance.

Quand tu en es à aller dire à un flic qui te demandes si tu connais cette personne que « oui il est déjà venu boire une bière, et qu’on t’avait dit que c’était un casseur » c’est que tu es une fin de race.
Le faire une fois c’est pouvoir le refaire.
« On devrait t’accrocher la langue avec une grue »

Tu aurais pu faire comme ton pote et répondre que tu ne le connaissais pas, mais t’as choisi de balancer.
On nous avait pourtant prévenu de pas faire confiance trop longtemps à des patrons.

Si les prisons sont pleines et que les gens sont comdamnés aujourd’hui la raison majeure c’est pas les drones, c’est pas l’ADN, c’est pas robocop le super flic… c’est les grosses balances qui bavent dans les bureaux des keufs. Quand on aura réussi à cloué les becs de canard des mouchards , niquer le reste de l’arsenal policier sera un jeu d’enfant.

« Tu deviens tout rouge, t’as chaud, tu t’reconnais
C’est à toi que j’parle balance
 »

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Parce qu’une fois que tu as bavé, des gens (après s’être fait défoncer leur porte et avoir passé du temps en GAV dans une cellule qui sent au mieux la pisse) se retrouvent à risquer gros devant des juges et procs qui brandissent tes confessions intimes comme des trophées. Tu participes à faire pencher la balance de la justice toujours du même côté.

Si nous espérons que le camarade soit acquitté, l’issue du procès qui va se tenir le 17 décembre est plus que mal engagée. Rebs veut sa peau, Mathais avec sa tete de fusée vise la Lune et pour ça il donne des gages au pouvoir depuis le début des GJ. En condamnant durement tout ce qui touche à ce mouvement.

Qu’on en soit bien conscient, ce qu’ils feront condamner ce n’est pas que le camarade soit ou non le cerveau de ce beau moment, c’est qu’il est une personne qui ne se désolidarise jamais de celles et ceux qui luttent.
C’est qu’il soutiendra n’importe quelle pratique de lutte tant que celle-ci va dans le sens de l’émancipation de celles et ceux qui en chient.

Si il veut s’en prendre à quelqu’un nous encourageons Rebsamen à « retirer son masque d’homme de gauche », et à se regarder dans un miroir.
La politique qu’il a mené au sein du gouvernement de Hollande, la « loi travaille » qu’il a participé à mettre en place font parties des violences que nous subissons tous les jours et qui ont été renvoyées à leurs instigateurs le samedi 1er décembre 2018.

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L’Assemblée du Collectif Anti-Balance


[1] Éric Mathais, procureur de la république de Dijon

Soutien à celles et ceux victimes des poucaves

Contre le plan prison, projection du film « le déménagement »

Contre les constructions de nouvelles prisons, projection du film « le déménagement », samedi 8 mai de 16h à 20h au squat le marbré, 39 rue des deux communes à Montreuil.

« 15 000 nouvelles places pour 2027 », voilà l’enième plan de construction massive de prisons annoncée par l’État depuisquelques années. Plusieurs chantiers sont déjà lancés, certains sont en préparation tandis que d’autres n’ont pas encore de sites prévus.

Chaque nouveau plan est justifié par un souci d’amélioration des « conditions de détention ». On invoque encore une fois la volonté de tendre vers l’objectif d’un-e prisonnier-e par cellule. Pourtant la même histoire se répète toujours, les nouvelles cages seront rapidement remplies et « surpeuplées ». Mais même si cela se réalisait, serait-ce pour autant souhaitable ? Être enfermé-e demeure une condition insupportable peu importe la taille ou le confort de la cellule. Par contre il s’agit bien de perfectionner la gestion et le contrôle des prisonnier-e-s avec le choix des sites, l’architecture des bâtiments et les moyens techniques pour limiter les évasions, les révoltes et les communications avec l’extérieur.

Le film « Le déménagement », réalisé en 2011 par Catherine Réchard, aborde le déménagement de la vieille prison Jacques-Cartier en centre ville de Rennes jusqu’à la commune périphérique de Vezin-le-Coquet, dans un établissement fraîchement construit au milieu de rien. Les interviews de détenus réalisés avant et après le transfert mettent le doigt sur l’ambivalence posée par le passage d’une prison vétuste à une prison moderne. On y voit l’espoir d’une amélioration du confort quotidien contrecarré par une réalité de contrôle et d’isolement exacerbés.

La projection de ce film sera l’occasion de discuter de l’enfermement, des changements qui s’opèrent au fil des nouvelles constructions et réformes de la justice ainsi que des perspectives de luttes contre les projets en cours.

À vous y voir !

[Tract] Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…)

Plusieurs taules sont prévues en Île‐de-France dont une maison d’arrêt à Tremblay‐en‐France, en Seine‐Saint‐Denis. Et ce, à côté de l’actuelle prison de Villepinte qui compte déja 600 places.

Chaque dizaine d’années, l’État décide de construire des prisons. Le dernier plan prévoit 15000 nouvelles cellules. Plusieurs taules sont prévues en Ile‐de-France dont une maison d’arrêt à Tremblay‐en‐France, en Seine‐Saint‐Denis. Et ce, à côté de l’actuelle prison de Villepinte qui compte déja 600 places.

Les études préalables ont été effectuées, l’appel d’offres a été lancé, les travaux devraient débuter en 2022, pour 700 nouvelles places en 2025.
Une nouvelle prison ce n’est pas pour enlever des matelas au sol de l’ancienne, c’est pour enfermer plus. À Tremblay, comme pour les autres projets futurs ou en cours.

Dire que l’on est contre la prison, ce n’est pas toujours compréhensible. La prison c’est pourtant la menace permanente et réelle face à ceux et celles qui se révoltent ou qui sont dans les galères du quotidien. C’est pourquoi, à travers ces lignes, on veut tenter de voir comment lutter contre les constructions de nouvelles prisons.

CONSTRUIRE POUR ENFERMER TOUJOURS PLUS

L’image des prisonnier-e-s entassé-e-s les un-e-s sur les autres dans 9m2 est tout le temps utilisée pour justifier la construction d’une nouvelle prison. La future maison d’arrêt de Seine-Saint-Denis ne fait pas exception à la règle. Déjà en 1991 lorsque la prison actuelle de Villepinte a été mise en service, le « programme des 13000 » places dans lequel elle s’inscrivait visait officiellement à limiter la surpopulation carcérale. Intéressant de noter que 5 ans plus tard la taule était déjà occupée à 116%. Aujourd’hui elle enferme plus d’un millier de personnes pour environ 600 places et cette situation désastreuse sert de prétexte à la construction d’un énième lieu d’enfermement. L’histoire nous apprend que les nouvelles prisons servent à enfermer toujours plus de monde et non pas à vider celles existantes.

Les considérations des constructeurs de taules sont en effet bien éloignées de la question du bien-être des détenu-e-s, contrairement à ce que laissent entendre les discours d’État. La modernisation des prisons ne vise pas à améliorer les conditions de détention mais à faciliter la gestion carcérale notamment en limitant les possibilités de révoltes et d’évasions. Les prisons sont équipées de toujours plus de technologies de contrôle : grilles resserrées aux fenêtres, murs anti‐bruits, caméras, brouilleurs d’ondes…
Chaque espace est sous surveillance dans un souci de limiter au maximum les contacts entre les détenu-e-s et avec l’extérieur, ce qui renforce l’isolement et l’emprise de l’administration pénitentiaire (AP).

La multiplication de divers degrés d’enfermement du plus sécuritaire au plus permissif constitue un système de la carotte et du bâton pour limiter les vélléités de révolte et briser les solidarités en incitant à une forme de compétition entre prisonnier-e-s. Par exemple dans le module « Respect », mis en place en 2016 dans la prison de Villepinte, les détenus sélectionnés par l’AP ont les clefs de leurs cellules. En contrepartie ils doivent suivre un programme de 25h par semaine (qui comprend entre autre des cours sur les « valeurs de la République ») et sont évalués en permanence, avec la menace de retourner en régime portes fermées au premier incident.

En parallèle des plans de constructions de prisons, le pouvoir met toujours en avant des mesures plus humanistes pour faire passer la pillule sécuritaire.
L’accent est mis par exemple sur la réinsertion, avec la mise en place de nouveaux lieux d’enfermement, les structures d’accompagnement vers la sortie (SAS) qui sont sensées permettre d’orienter les prisonnier-e-s en fin de peine vers le monde du travail. La « réinsertion » se traduit généralement dans la réalité par garder sous main de justice des personnes qui ont fini de tirer leur peine, avec bien souvent le chantage du travail.
Les peines « alternatives » sont également à l’honneur avec l’ouverture des travaux d’intérêt général (TIG) aux entreprises ou la possibilité pour les juges de condamner directement au bracelet électronique. Là encore ça constitue une extension du contrôle, vu que les peines « alternatives » permettent surtout de punir dans des situations qui n’auraient pas abouti à une incarcération.

Par le développement en parallèle des prisons et de la surveillance hors les murs l’État s’offre les moyens de contrôler une partie toujours plus grande de la population.

ON NE VEUT NI UN ENFERMEMENT DIFFÉRENT, NI DES PUNITIONS DIFFÉRENTES.

On ne veut pas que le projet d’extension de la taule de Villepinte se concrétise car on refuse qu’un lieu d’enfermement de plus ne s’ajoute à ce monde de contrôle et de punition que l’on n’a pas choisi.
On a envie que toutes les taules soient détruites, et la justice qui va avec, parce qu’on a des désirs de liberté loin des logiques de pouvoir et de domination de l’État. Ce dernier développe toujours plus ses moyens de répression (plan prison, loi sécurité globale, etc.) qui nous maintiennent dans un environnement quadrillé. Ceci notamment dans le but qu’on reste sagement dans les rôles étriqués que l’État, le capitalisme et les autres structures de pouvoir nous imposent.

Les taules sont des lieux de souffrances, où des gens sont enfermés entre quatre murs, souvent dans des conditions dégueulasses, subissant la violence et le bon vouloir des maton-ne-s. Elles sont de plus en plus construites loin de nos yeux en périphérie des villes, contribuant à isoler les prisonnier-e-s de leurs proches et du monde. L’existence
des taules va de pair avec le boulot quotidien des juges, flics et autres pourritures exécutant la justice et le maintien de l’ordre établi qu’on veut voir disparaître. Elle repose sur le besoin de punition, de contrôle et de menace des personnes pauvres et de toutes celles qui dérangent.

Et quand bien même la justice vise parfois des problèmes auxquels on fait face, qui nous font du mal directement, la punition n’a jamais fait disparaître les mécanismes pourris produits par un monde de dominations (culture du viol, harcèlement au travail, etc.). Au final, elle ne fait que maintenir des logiques de pouvoir et nous dépossède de nos propres moyens de gérer les conflits.

La justice, souvent loin de « protéger » les gens, sert avant tout les intérêts des puissant-e-s (continuer à se faire de la thune, maintenir leur pouvoir, etc.). Les lois édictées par ces dernier‐e-s pour ces dernier‐e-s, nous sont imposées sans qu’on ait prise dessus. On ne veut ni un enfermement différent, ni des punitions différentes.

TRRRREMBLAY CONSTRUCTEURS DE PRISONS !

Quand un nouveau projet de prison voit le jour, c’est une occasion de s’opposer au système carcéral et à son extension. Faire en sorte qu’une prison ne se fasse pas, ce sont autant de cellules qu’on n’aura pas à détruire.

On entend souvent que c’est peine perdue de vouloir s’opposer à la « volonté » de l’État, ou qu’il existe des moyens démocratiques pour donner son avis. Mais nous savons bien que suivre les règles de l’État ne fait que renforcer sa légitimité et nous empêche d’agir directement par nous-mêmes contre ce qui nous opprime. L’État intègre parfois à ce genre de projet des étapes de « participation citoyenne » dans un souci d’acceptabilité. Personne n’est dupe que durant les enquêtes publiques ou autres débats démocratiques, il n’est jamais question du projet en soi ni des logiques qui vont avec. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas y participer à sa manière. Certaines l’ont d’ailleurs fait en allant perturber la réunion publique de présentation du projet à Villepinte en septembre 2020. En octobre, d’autres ont redécoré la mairie de cette même ville de
tags hostiles à la prison et saboté ses serrures avant une permanence de Marie-Claire EUSTACHE, chargée de mener l’enquête publique. Celle-ci est close depuis octobre 2020 et la publication de ses résultats permettra la « déclaration d’utilité publique » nécessaire pour procéder à l’expropriation des terrains où est prévue la construction. Une simple formalité car l’appel d’offres pour la conception et la réalisation a été lancé avant même le début de l’enquête. Il y aura sans doute d’autres moments pour venir jouer les trouble-fêtes !

La construction d’une prison révèle tout un pan de ce qui est nécessaire à son existence. En effet, un lieu d’enfermement ne sort pas de nulle part, il ne peut voir le jour que par le travail d’un ensemble de personnes et d’entreprises. Certaines sont déjà connues pour avoir menéles études d’impact du projet (Egis, Technosol, Even conseil, CDVIA, B&L
évolution, cabinet Earth avocats). D’autres vont bientôt être choisies pour la conception et la construction, peut-être parmi les entreprises du BTP comme Bouygues, Eiffage ou Vinci qui continuent de construire de nombreux lieux d’enfermement. À cela s’ajoutent celles qui fourniront les éléments spécifiques comme les portes, les serrures, les barreaux, les meubles, les barbelés, les systèmes de surveillance et de brouilleurs d’ondes, etc. Avant le début du chantier, il est possible de saboter la machine qui se met en branle. Car ces entreprises ont des bureaux, des lieux de productions, des entrepôts, des véhicules, ainsi que du matériel, des données informatiques et du personnel circulant entre ces différents sites. Autant de cibles disséminées sur le territoire qui offrent des prises concrètes et accessibles pour enrayer le processus de construction.

Par la lutte contre de nouvelles prisons on entend aussi s’attaquer à celles existantes. Cela peut passer par prolonger à l’extérieur les révoltes individuelles ou collectives qui se produisent régulièrement à l’intérieur. Quelle que soit l’étanchéité des murs, il y aura toujours des brêches pour déjouer les moyens de contrôle et maintenir une communication entre le dedans et le dehors.

Cela peut également passer par s’attaquer à tout ce qui travaille à l’existence de la prison. À bien y regarder, la prison ne se résume pas à quatre murs protégés par des gardes armés. Des universités où est théorisée la nécessité de l’enfermement et de son perfectionnement, aux écoles pour matons ou éducateurs en passant par les médias qui diffusent le discours sécuritaire et les entreprises qui assurent le nettoyage et le ravitaillement des prisons, la taule s’appuie sur le travail de tout un tas de gens à l’extérieur. Elle repose aussi sur les entreprises qui profitent des peines dites alternatives et sur les infrastructures technologiques qui permettent le contrôle hors les murs.

Peu importe par quel bout on s’y prend, il y a toujours moyen d’agir !

mars 2021

Version PDF du tract

Pour nous contacter : nilaniailleurs[at]riseup.net

La justice en boucle pour enfermer… Retour sur le procès d’une révolte.

Suite à l’incendie du CRA du Mesnil Amelot, 7 révoltés sont passé en procès le vendredi 5 mars 2021.

La justice en boucle pour enfermer… Retour sur le procès d’une révolte.

Vendredi 5 mars 2021 avait lieu au tribunal de Meaux le procès des personnes inculpées pour la révolte du CRA du Mesnil-Amelot. On y était présent.es, pour soutenir les révoltés et les luttes des prisonnier.es en général !

On a déjà beaucoup parlé de la révolte qui a eu lieu en janvier. Pour un rappel des faits, n’hésitez pas à lire cet article.
Depuis, l’Assemblée contre les CRA Paris-IDF a organisé, en soutien, une réunion publique, une cantine et un rassemblement devant le tribunal le 5 mars. Le but : que soient visibilisés au maximum la révolte et les conditions d’enfermement dégueulasses, ainsi que la criminalisation du refus des tests PCR et le doublement des 90 jours de rétention.

Devant le tribunal on était une quarantaine de personnes venues pour soutenir les inculpés. On n’a pas pu rentrer, les jauges Covid étant un bon prétexte pour supprimer la publicité des audiences ; la bonne dizaine de policiers présents devant les portes nous ont donc repoussé.es. En revanche, le fait que les inculpés soient collés les uns aux autres dans le box n’était pas un problème apparemment !

On s’est installé.e à quelques mètres, tentant à un moment de faire entendre nos voix, mais peine perdue, la salle d’audience étant trop éloignée de l’entrée du tribunal. On est resté.e quand même et jusqu’au couvre-feu !
Durant l’après-midi, on a improvisé une petite manif dans le centre-ville de Meaux, distribuant tracts et chantant des slogans de solidarité, afin d’informer la population de ce qu’il se passait dans le tribunal de la ville au moment-même. Un groupe d’ados près d’un arrêt de bus s’est mis à chanter avec nous le slogan de solidarité avec les inculpés ! Devant la Poste, on a rappelé que cette dernière avait collaboré (encore aujourd’hui) à la dénonciation des personnes sans-papiers.

Entre temps, à l’intérieur, le procès commençait. Une défense collective avait été élaborée. L’idée était la suivante : ne jamais parler des faits, ne pas rentrer dans le jeu de la justice qui essaie de rendre coupable ; ne pas se balancer les uns les autres, mais plutôt démontrer que les seuls responsables sont justement l’État et le système judiciaire, par un enfermement sans cesse prolongé, dans des conditions humiliantes et éprouvantes. Si les flics avaient bien réussi leur petit jeu en montant les retenus les uns contre les autres lors des gardes à vue, au procès, les inculpés ont fait preuve d’une solidarité belle à voir, en refusant de répondre aux questions de la procureure et des juges.

Plusieurs nullités ont été plaidées, notamment une remettant en cause l’heure à laquelle les inculpés ont été placés en garde à vue. En effet, leur GAV a commencé à 16h45, alors qu’ils étaient privés de liberté de mouvement depuis 5 heures déjà. Comme les autres, cette nullité a été « jointe au fond » puis rejetée. Dans le cas contraire, elle aurait permis de faire annuler toutes les auditions de garde à vue…

Sur le fond, les plaidoiries ont notamment porté sur les conditions de rétention, basées sur des témoignages de prisonnièr.es, ce qui a fait réagir le président qui ne voulait pas d’une « tribune politique » ! Un ancien retenu, un journaliste de L’Humanité (qui avait dernièrement été en visite en CRA auprès d’une sénatrice) et le juriste Serge Slama ont témoigné des conditions de rétention, de l’allongement de la période maximale d’enfermement, de la problématique du refus de tests PCR, qui est puni par des peines de prison ferme ou permet de ré-enfermer les personnes en CRA pour 90 jours. En réalité et contrairement à ce que veut faire croire le juge, tout ça est très politique !

Rappelons que le juge du tribunal de Meaux ce jour là , Mr Guillaume Servan, est un ancien Juge des libertés et de la détention du Mesnil-Amelot. Dans les centres de rétention, le JLD ne sert à rien d’autre qu’à valider la demande de la préfecture de prolonger les prisonnier.es en rétention, en vue de réussir à les expulser ! On peut donc imaginer à quel point cette personne était insensible aux récits des témoins… Ce même juge a condamné un certain nombre de retenu-e-s du CRA du Mesnil-Amelot à des interdictions judiciaires du territoire français pour des refus de test PCR. Par ailleurs, la procureur Carmelita Dijoux, présente lors de l’audience, était précisément celle qui avait fait passer en Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité (CRPC) deux des prévenus la veille de l’incendie du CRA. Ces deux retenus ont été condamnés à deux ans d’interdiction du territoire français ce qui renvoyait les personnes en rétention pour 90 jours ! C’est contre cela-même que les personnes se sont révoltées !

Au bout de 12 heures d’audience et d’un très court délibéré, les inculpés ont donc tous été jugés « coupables » de « rébellion commise en réunion » et pour quatre d’entre eux de l’incendie du CRA. Ils ont été condamnés à des peines de prison ferme, allant de quatre à seize mois, à l’exception d’une personne qui était sous contrôle judiciaire et qui a pris douze mois avec sursis. Comme toujours, la justice raciste a bien fait son travail pour maintenir l’ordre existant. Le juge a conclu en disant que, quelles que soient les conditions de rétention, « l’incendie de bâtiment public est absolument inacceptable. Si on tolère ça il n’y a plus de limite, après on peut mettre le feu à l’Arc de Triomphe ».

Plusieurs personnes inculpées ont réagi avec colère à l’annonce de leur condamnation, sous le sourire de la proc’. En s’apprêtant à passer la porte pour sortir du box vers le dépôt, un des prévenus s’est fait taper par un flic qui l’a pris à la gorge et plaqué contre le mur. Les avocates se sont mises à crier. Le président, les deux autres juges, la proc et la greffière n’ont « rien vu ».

Au final, une seule personne a fait appel de la décision, la justice s’étant arrangée pour suffisamment différencier les peines et ainsi faire en sorte qu’un appel collectif soit risqué pour plusieurs d’entre eux.

Kalimero, caisse de solidarité avec les prisonnièr.es de la guerre sociale, a commencé à leur envoyer des mandats . Sachant qu’une « caisse de solidarité a besoin de continuité », il est possible de leur faire un don pour participer à payer ces mandats, soit en passant à l’assemblée contre les CRA, soit à la réunion mensuelle de Kalimero, ou encore en leur écrivant directement à kalimeroparis(at)riseup.net.

Solidarité avec les prisonnier.es des CRA et des prisons !

A bas les CRA !
Voir le site : https://abaslescra.noblogs.org/

Le CRA du Mesnil en feu, 7 révoltés en procès : soutien à la « rébellion en réunion » !

Le vendredi 5 mars, 7 personnes passent en procès pour l’incendie de deux bâtiments du Centre de Rétention Administrative (CRA) du Mesnil-Amelot et pour « rébellion en réunion ». Appel à venir les soutenir au tribunal de grande instance de Meaux à partir de 12h30.

Depuis plusieurs mois la situation dans les Centres de Rétention Administrative (CRA, prisons pour sans-papiers) est encore plus pourrie que d’habitude. Les centres sont blindés, tous les jours les personnes enfermées risquent de tomber malades, alors que le suivi médical est inexistant. Si moins de personnes sont expulsées actuellement, c’est notamment grâce à des pratiques de résistance massive : pour être expulsé.e vers un certain nombre de pays, il faut faire un test covid, ce que les retenu.e.s refusent souvent.

Pour punir celleux qui n’acceptent pas de se faire tester, les flics les emmènent presque systématiquement en garde-à-vue, et les juges les condamnent souvent à des peines de prison. Il est aussi de plus en plus fréquent qu’une personne qui a passé 90 jours en rétention (le maximum légal) soit mise en Garde à Vue (GAV), condamnée à une nouvelle mesure d’éloignement, puis de nouveau placée en rétention : dans le CRA de Mesnil-Amelot, des prisonnier.e.s sont en train de redoubler leurs 90 jours. Six mois enfermé.e.s, pour ne pas avoir les « bons » papiers et pour refuser de se faire expulser 

Pour lutter contre cette situation, mercredi 20 janvier les retenus du CRA 3 de Mesnil-Amelot se sont révoltés. Deux bâtiments ont cramé ! Les flics ont dû appeler les renforts, certains prisonniers ont été hospitalisés et une dizaine d’autres ont été interpellés. Au total, 44 places en cellule sont aujourd’hui inutilisables : bravo à eux !

Bien sûr, ces révoltes amènent aussi leur lot de répression de la part des flics et de l’État : au Mesnil-Amelot, suite à l’incendie 6 personnes sont aujourd’hui en détention provisoire et une personne est sous contrôle judiciaire en attente d’un procès qui aura lieu le 5 mars. 7 personnes comparaitront pour « rébellion en réunion », dont 4 aussi pour « destruction d’un bien par incendie, une substance explosive ou un moyen de nature à créer un danger pour les personnes ».

Soyons solidaires avec les prisonniers et les prisonnières qui se rebellent 

Pour montrer que la machine à expulser et à enfermer ne peut pas tourner en toute tranquilité,
Pour montrer aux révoltés qu’ils ne sont pas seuls face à la répression,
Parce que la destruction des CRA est la seule revendication possible, et la révolte des prisonniers la seule façon efficace de faire fermer des bâtiments,

Nous appelons à un rassemblement devant le TGI de Meaux le 5 mars à 12 h30, pour le procès des 7 révoltés du Mesnil Amelot.

Soyons nombreux.euses et deter.e.s !

Méfions-nous des avocat-e-s de la trempe de Zuper Zorro

Avant de vous jeter dans la gueule de la répression, sachons repérer les baveux avec qui on ne peut vraiment pas s’entendre !

Quand on a le malheur d’être confronté·e aux flics, aux juges et à toutes les formes de la violence d’État, on se rend compte assez vite que l’important, c’est de ne jamais rester isolé·e face à cette machine à broyer les vies.

Parfois on est tenté·e de penser qu’avec un ou une bonne avocat·e, ça roule, on ne restera pas seul·e, on sera soutenu·e, c’est bon quelqu’un s’occupe de nous. Dans nos rapports avec la justice, ces personnages en robes noires font partie du décor, on s’en sert comme on peut, on se sent souvent perdu·e et on fait confiance, alors qu’en vrai on aimerait bien pouvoir se défendre sans intermédiaire.

Mais parfois on fait de mauvaises rencontres. On ne vous parle pas des avocat·e·s qui bossent H24 avec les flics, la préfecture ou la pénitentiaire, on vous parle de ce qu’on nommerait un « faux-ami ». Un avocat, car pour le coup c’est un mec, qui s’arrange toujours pour être « sur la photo » des rassemblements contre les violences policières, un avocat qui prend ces violences policieres comme un fonds de commerce pour servir ses ambitions politicardes, un avocat qu’on a beaucoup trop vu et entendu dans les manifs contre la loi sécurité globale, un avocat étiqueté LDH pour faire joli sur la boutonnière, un avocat qui s’imagine être devenu un go-between entre la goche réformiste et les « milieux radicaux », un avocat qui renifle les bonnes affaires mais s’en balance bien de ses « client·e·s ».

Cet avocat, c’est même pas la peine de citer son blaze, il attend que ça pour crier au lynchage. D’ailleurs facile, sur les moteurs vous tapez « avocat violences policières » et vous avez la réponse. Disons que ses initiales sont à l’opposé de celles de Zuper Zorro.

Zuper Zorro a « déconné ». Pendant une des manifestations LSG, en novembre, il n’a pas supporté que des membres des « milieux radicaux » pètent trois vitrines et mettent le feu à un show-room de grosses cylindrées. Zuper Zorro s’est même empressé de sortir un tweet comparant les black blocs aux fachos, avant de le supprimer. Avec ses potes des syndicats de journalistes, ils ont sorti un communiqué afin de « condamner avec la plus grande fermeté les violences contre les policiers » et que tout ça c’était la faute de quelques manifestant·e·s « non pacifiques ». Et… Et vous savez quoi ? Il n’y a pas si longtemps, ce triste personnage, pour se faire mousser, s’est même permis de proclamer « c’est moi l’avocat des black blocs » pendant une garde à vue, incitant un interpellé à changer d’avocat et à le désigner, lui Zuper Zorro !

Zuper Zorro n’agit pas seul, ce serait trop facile à repérer. Lui et sa clique d’avocat·e·s dominant·e·s et sexistes, odieux avec leurs propres stagiaires et collaborat·eurs·rices, « prennent » les affaires les unes après les autres. Mais ne les suivent pas. Dès qu’un drame éclate, encore un mort entre les mains de la police, l’éclairage médiatique est propice à l’apparition de ces avocats vautours, les re-sta du barreau, cape noire et loup de Zuper Zorro, toujours les premiers à se tourner vers une caméra ou un micro.

Alors oui, le boulot technique de droit, il est fait. C’est pas la question. Le problème c’est qu’au bout de quelques semaines, quand l’attention médiatique retombe, Zuper Zorro risque fort d’être aux abonnés absents. « Mais vous inquiétez pas, quelqu’un de mon cabinet va bien s’occuper de vous… » Pour les moins chanceuses et chanceux qui le désigneraient (les moins médiatisables en fait), vous risquez même de vous retrouver laché·e·s seul·e·s face au keufs au comico ou face au proc au tribunal.

Les Zuper Zorro sont du genre à s’apitoyer sur le sort de leurs client·e·s en pleine audience, feignant d’assurer leur défense alors qu’ils ne cherchent qu’à les infantiliser pour mieux les dissocier du reste du cortège et des vilains casseurs ou black blocs. Ou alors ils produisent des vidéos, font citer des tas de « témoins » pour jouer la carte de l’innocentisme à 2 balles, et tant pis si ça en met d’autres dans la merde, ou si la personne poursuivie aurait préféré une défense plus politique. Tant que Zuper Zorro peut faire des effets de manches lors de l’audience et se pavaner dans les médias, tout va bien.

Zuper Zorro est du genre aussi à jacasser dans les salons sur les ravages des armes du maintien de l’ordre. Mais le lendemain il est aussi capable de plaider, devant le tribunal administratif ou le conseil d’État, pour demander l’interdiction des LBD mais seulement pendant les manifestations de voie publique… pas pendant les opérations policières punitives opérées dans les quartiers populaires. Encore de la dissociation. Du même type que celle prônée par les avocats réacs qui se sont autoproclamés défenseurs des gilets jaunes. Une dissociation d’autant plus dégueulasse pour un baveux qui se targue de défendre des familles issues des quartiers populaires. Il les « défend » un jour pour le lendemain les lâcher en épousant des thèses réformistes qui considèrent certain-e-s populations plus légitimes que d’autres à se faire mutiler par des armes de guerre.

Zuper Zorro est toujours très cool avec l’argent. « Non mais les honoraires c’est pas urgent on verra ça plus tard, on va d’abord vous sortir de là »… Et au bout de quelques semaines, il y a des chances que la facture soit zuper zalée. En plus ça n’aime pas trop l’aide juridictionnelle les Zuper Zorro, non c’est galère l’aide juridictionnelle, t’es payé une misère et tu mets des années à toucher le blé, le ministère de la Justice c’est pas Zuper Payeur. Mais Zuper Zorro sait être généreux : il fait plein d’affaires « pro bono ». C’est un truc pour dire « je te facture pas, c’est pour moi ! » Une fois on a même aperçu un Zuper Zorro à la sortie d’un commissariat, grand manteau blanc au vent, mégaphone à la main, proclamant qu’il prenait tous les dossiers des personnes en garde à vue pro bono. Oyez ! Zuper Zorro est dans la place !

Seulement, dans une affaire de violences policière, d’autant plus quand il s’agit d’un crime, ça peut durer des années. Et à la fin, c’est plus pro bono du tout. Alors un conseil : négociez les tarifs dès le début. Et demandez de payer au forfait, les Zuper Zorro vont vous enfumer avec leurs honoraires « à l’acte », pour eux c’est jackpot, la moindre lettre de demande d’acte, le temps de passer deux coups de fil, chaque instant est facturé.

Dans la bande à Zuper Zorro, on est tres susceptible. On ne supporte pas l’affront de se faire larguer pour un-e autre avocat·e. On adore aussi gérer seul la communication de chaque affaire. Quand il trouve que là, l’affaire prend une tournure croustillante, « punaise la vidéo elle est vraiment trash les médias vont adorer », hop, Zuper Zorro sort un tweet massacreur ou écrit un communiqué sur l’affaire, sans informer auparavant ses « client·e·s » qui découvriront la chose dans la presse. Alors quand on parvient à se faire tirer le portrait dans le journal Le Monde, comme le fit le préfet Didier Lallement, c’est un peu la consécration.

En fait les Zuper Zorro sont des politicards qui construisent leurs carrières sur nos luttes, et pire encore, sur la détresse des victimes de violences policières et de leurs proches. Qu’ils disparaissent du paysage !

L’Amicale des Accusé-e-s Averti-e-s