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Guyane : carnaval contre confinement

Depuis ce week-end, en plus du couvre-feu comme dans tous les autres départements, un reconfinement a été décrété le 21 janvier 2021 dans la colonie française de Guyane par le préfet pour tous les dimanches : une partie du territoire est ainsi confinée à partir de samedi soir 19 heures jusqu’au lundi à 5 heures du matin.

Cela n’a pas empêché des centaines d’habitants des quartiers pauvres de braver interdiction de rassemblements festifs, couvre-feu et désormais confinement pour maintenir un défilé de carnaval contestataire pour la troisième fois d’affilée, à la face des flics.
Dimanche 10 janvier à Cayenne, en fin de rassemblement, des affrontements se produit avec pétards et fumigènes contre lacrymogènes, et la brigade canine a lâché un chien démuselé contre des carnavaliers qui refusaient de se disperser, provoquant l’indignation dans une colonie marquée par l’esclavage et la chasse aux neg’marrons. Dimanche 17 janvier à Cayenne, un millier de personnes a riposté en participant à deux grands défilés carnavalesques non autorisés, dans les quartiers de la ZAC Hibiscus et aux Chaînes Brisées dès l’aube, tandis que dimanche dernier 24 janvier, près de 250 autres ont repris le flambeau à Rémire-Montjoly dans le quartier des Âmes Claires, malgré les gendarmes déployés sur place et le nouveau confinement dominical décrété deux jours plus tôt par les autorités. Il y a eu quelques affrontements, vers 17 heures (heure locale), avec jets de pierre contre gaz lacrymogène, et plusieurs interpellations.

[synthèse de la presse locale, 25 janvier 2021]

Cayenne (Guyane) : Répression post-mutinerie à la prison de Rémire-Montjoly – 5 juin 2020

On apprend ce 5 juin que diverses enquêtes ont été ouvertes (vol avec violence, association de malfaiteurs, séquestration, port d’arme prohibé…) après la mutinerie du 1er avril à la prison de Rémire-Montjoly.

Dans un premier temps, cinq individus ont été identifiés et à qui ces faits ont été reprochés. Les clés ainsi que les effets du surveillant avaient été retrouvés. Ces individus identifiés avaient donc été déférés « en comparution immédiate le 7 avril puis placés en détention provisoire et jugés le 28 avril, à l’exception d’un détenu dont le jugement a été renvoyé au 23 juin », précise Samule Finielz, procureur de la République de Cayenne. Les quatre détenus ont été condamnés à des peines allant de 2 ans à 3 ans d’emprisonnement ferme, à 5 ans d’interdiction de détention ou de port d’arme et maintenus en détention.

Douze autres détenus avaient aussi été identifiés s’agissant des dégradations par un moyen dangereux pour les personnes, dégradations aggravées, port d’arme prohibée, violences sur des personnes dépositaires de l’ordre publique. Cinq d’entre eux ont reconnu les faits et condamnés, en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité déferrement, à des peines allant de 3 mois à 16 mois d’emprisonnement ferme. Sept autres ont été déférés en comparution immédiate : deux condamnés à des peines de 1 an et 2 ans de prison ferme et un relaxé ; les 4 autres ont été renvoyés à l’audience 3 juillet.
Tous les détenus condamnés « ont fait l’objet de comparutions devant la commission de discipline de l’établissement et ont été sanctionnés de peines de quartier disciplinaire. » Par ailleurs, les dégâts causés ce 1er avril ont été évalués à 110 000 euros. Les détenus ont été reconnus coupables et condamnés à verser des dommages et intérêts. « Les cellules et les zones collectives dégradées ont fait l’objet de travaux et ont été réaffectées à la détention le 20 avril », précise le procureur.

[Repris de France Guyane, 5/6/2020]