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Melilla (Maroc/Espagne) : nouvel assaut victorieux de la frontière

Espagne : au moins 200 migrants ont pénétré dans l’enclave
de Melilla
AFP, 22 juillet 2021 (extrait)

Plus de 200 migrants provenant d’Afrique subsaharienne ont réussi jeudi 22 juillet au matin à franchir la haute clôture marquant la frontière entre Melilla et le Maroc et à pénétrer dans l’enclave espagnole, l’une des arrivées les plus massives de ces dernières années, ont indiqué les autorités espagnoles. Au total, plus de 300 personnes ont essayé d’escalader la clôture, munis de «crochets», peu avant 7h00 du matin, et 238 hommes sont parvenus à entrer en Espagne.

Trois policiers ont été légèrement blessés et les migrants ont été transférés dans un centre de séjour, où ils resteront en quarantaine en raison de la situation sanitaire, précise un communiqué de la préfecture de Melilla.

Barcelone (Espagne) : Actions contre la dévastation de la terre et l’augmentation du pris de l’électricité

Anarquia.info / jeudi 1er juillet 2021

Actions à Barcelone entre le 14 et le 20 juin, contre la dévastation de la terre et l’augmentation du pris de l’électricité

Pendant la semaine d’agitation du 14 au 20 juin, à Barcelone il y a eu les actions suivantes :

Des tags et jets de peinture sur une agence d’Endesa [la plus importante entreprise espagnole de production et distribution d’électricité ; NdAtt.], dans le quartier de Sant Andreu, où l’on pouvait lire « Endesa dehors des terres ancestrales » et « Endesa vole et dévaste la terre ».


Des tags et le bris de plusieurs vitrines d’une agence d’Endesa, au carrefour entre les rues París et Josep Tarradelles, où était écrit : « Endesa pille, vole, dévaste ».

Des tags sur un poste de transformation d’Endesa, où on peut lire : « Endesa vole, pille et dévaste la terre ».

Des tags dans le quartier de Sants et à Gramanet del Besos, contre les entreprises d’extraction.

– Une action au siège du district de Ciutat Vella, où de la peinture a été jetée sur le bâtiment institutionnel et des tags ont été faits, avec le slogans « L’État vole, pille et assassine , tandis que des factures et des compteurs électriques étaient brûlés devant la porte et qu’une banderole était déployée.

Ce sont quelques signes de colère, même s’il y a certainement eu d’autres ripostes dans d’autres parties du monde.

ILS VOLENT, PILLENT ET RAVAGENT LA TERRE
LE PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ MONTE, LES COMPTEURS BRÛLENT
MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE

Anarchistes

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Madrid (Espagne) : Deux revendications d’attaques

Sabotage de l’École de police

barcelona_imc / jeudi 24 juin 2021

On a scellé la porte et lancé de la peinture sur l’École de police, dans le centre de Madrid.
Mort à la police et vive l’anarchie !

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Attaque d’une agence d’Iberdrola

barcelona_imc / jeudi 24 juin 2021

La semaine dernière, on a détruit les vitres d’une agence d’Iberdrola [entreprise espagnole qui produit et distribue électricité et gaz ; NdAtt.]. Contre la dévastation de la terre et l’augmentation des factures de l’électricité.

Ce contenu a été publié dans ACAB, International, Les affameurs / les empoisonneurs, avec comme mot(s)-clé(s) École de police, Espagne, Iberdrola, Madrid. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Prison de Brians I (Espagne) : Communiqué des compas arrêté.e.s pour la manif du 27 février

presxs27febrer.noblogs.org / jeudi 17 juin 2021

Liberté pour les gens du Nabat. Liberté pour tou.te.s

Nous sommes les personnes emprisonnées suite à la manifestation du 27 février, à Barcelone, et, vu les nombreux gestes de solidarité e le soutien reçu, nous pensons qu’il est nécessaire de prendre la parole avec ce texte collectif.

Nous sommes 7 individualités avec des parcours de vie et politiques différents, même si souvent ils coïncident. Ce que nous partageons sûrement est notre manière de voir le monde et les relations que nous voulons entre les individus.

Nous aimons la liberté, nous croyons dans l’égalité et dans le partage, nous détestons le pouvoir et nous nous opposons à l’exploitation d’une personne de la part d’une autre.

Bref, nous nous reconnaissons dans l’idéal anarchiste.

Nous sommes conscient.e.s du fait que ce montage policier est dû à nos idées. Nous étions et nous sommes conscient.e.s du conflit social auquel nous participons, et nous savons que l’élection de notre ennemi, le pouvoir et le capital, peut porter à des conséquences comme, par exemple, celles que nous sommes actuellement en train de vivre. Le actes de vengeance de cet ennemi ne nous fait pas peur et elles ne nous démoralisent pas, nous sommes encore – peut-être plus qu’avant – déterminé.e.s à faire ce que nous pouvons pour essayer de changer cet existant horrible.

Nous sommes parfaitement conscient.e.s que notre bataille est loin d’être gagnée. E que jusqu’à ce que ce murs ne seront pas démolis, d’autres amant.e.s de la liberté et d’autres ennemi.e.s de l’ordre social y seront enfermé.e.s.

Cependant, nos idées ne peuvent pas être enfermées. Votre solidarité perce ce murs et nous ne nous sentons ni seul.e.s, ni abattu.e.s, ni emprisonné.e.s. Jusqu’à quand notre lutte continuera, nous serons toujours libres et nous n’aurons peur de rien.

Nous vous remercions pour toute la chaleur et la force que vous nous envoyez et nous espérons de pouvoir vous étreindre bientôt, sur les ruines fumantes de ces murs.

reçu le 17 juin 2021

Albo, Danilo, Emuanuele, Ermann, Jeanne, Luca et María

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Espagne : Lisa est sortie de prison !

Notre compagnonne Lisa a été arrêtée le 13 avril 2016, accusée d’un braquage de banque à Aachen (Allemagne). En juin 2017, elle a été condamnée à 7 ans et 6 mois de prison. Après avoir passée la première partie de la peine en Allemagne, elle a été extradée en décembre 2018 à Madrid, puis transférée en Catalogne (dans la prison de Brians I) selon ses liens familiaux.
En novembre 2019, elle a obtenu le troisième degré de détention [équivalent à la semi-liberté] dans la section ouverte de la prison de Wad Ras à Barcelone, mais le procureur de l’AudienciaNacional avait fait appel. malgré tout, le régime de semi-liberté avait été confirmé au cours de l’été 2020.

Après trois ans et demi de prison et une année et demie du prétendu régiem de semi-liberté, lundi 19 avril 2021 Lisa Dorfer a obtenu une remise en liberté conditionnelle, après avoir effectuée les 2/3 de la peine. Cette mesure peur être révoquée ou suspendue à tout moment si les autorités décident que les conditions ne sont pas remplies.

Nous voulons remercier tous ceux et toutes celles qui au cours de cette période ont manifesté leur solidarité et leur soutien à la compagnonne, mais nous n’oublions pas que tant qu’existeront les prisons, personne ne sera libre !

La lutte continue.
Force et solidarité à tous ceux et celles qui luttent à l’intérieur et l’extérieur des taules !

[traduit de l’italien de infernourbano, 25 avril 2021]

Espagne : La compagnonne Lisa sort de prison, en liberté conditionnelle

imc_barcelona / jeudi 22 avril 2021

Notre compagnonne Lisa a été arrêtée et emprisonnée le 13 avril 2016, accusée d’avoir braqué une banque dans la ville allemande d’Aachen. En juin 2017, elle a été condamnée à 7 ans et 6 mois de prison. Après avoir purgé la première partie de sa peine en Allemagne, en décembre 2018 elle a été extradée à Madrid et ensuite en Catalogne (dans la prison de Brians I) pour ses attaches familiales. En novembre 2019, elle a obtenu le troisième degré de détention (la section ouverte de Wad Ras, à Barcelone), mais le procureur de l’Audiencia Nacional a fait appel. Malgré cela, à l’été 2020, le troisième degré lui avait été confirmé.

Après 3 ans et demi en régime fermé et 1 an et demi en régime dit de « semi-liberté », ce lundi 19 avril 2021, ayant purgé les 2/3 de sa peine, ils lui ont donné la libération conditionnelle, une mesure qui peut être révoquée ou suspendue à tout moment, si les autorités décident que les conditions ne sont pas remplies.

Nous voulons remercier tou.te.s ceux/celles qui, pendant cette période, ont montré leur solidarité et leur soutien à la compagnonne, mais nous n’oublions pas que tant que les prisons existent, personne ne sera libre !

La lutte continue !
Force et solidarité pour tou.te.s celles/ceux qui luttent à l’intérieur et à l’extérieur des prisons !

Prison de Brians I (Espagne) : Une lettre d’Ermanno

presxs27febrer (traduit de l’italien) / mercredi 21 avril 2021

Tribunal de Barcellone, rassemblement solidaire lors de l’appel des détentions préventives, 20 avril 2021

Cher.e.s compas,
J’écris cette lettre avant tout pour me féliciter avec vous pour le travail magnifique que vous avez fait et que vous continuez à faire, depuis le jour de notre arrestation, ainsi que pour vous remercier de l’amour et de la solidarité qui sont arrivés jusqu’à moi, même de très loin. Aussi pour porter ma contribution, bien que si seulement théorique, au débat et à la lutte que vous menez pour la libération, la mienne et celle de tout le monde.

Je m’appelle Ermann et je suis une des personnes visées par les mesures de détention préventive, ordonnées le 27 février, suite au montage policier tramé aux dépenses de tout le mouvement anticapitaliste.
Je ne peux pas me dire Anarchiste, car jusqu’à quand existeront exploités et exploiteurs, gendarmes et taules, personne ne pourra se dire libre. Cependant l’Anarchie est mon horizon et les instruments de l’anarchisme sont les moyens que j’utilise pour l’atteindre. Je sais que le chemin pour y arriver est infini, mais que nous pouvons toujours nous y rapprocher.

Compagnons, je sais que le mur qui nous sépare est épouvantable, mais il est certains qu’il projette son ombre des deux côtés et jusqu’à quand on n’aura pas réussi à le détruire, nous ne serons jamais libres, quel qu’il soit le côté où nous nous trouvons.
Jetons nous cours au-delà de l’obstacle et continuons sans peur le long du chemin que nous avons emprunté.
Faisons en sorte que de toutes les prisons, matérielles ou pas, ne restent que des ruines. Voilà la seule réforme qui nous intéresse, le seul objectif que nous voulons atteindre.

Cher compagnons, il ne me reste plus que vous/nous souhaiter beaucoup de force pour continuer ce très dur combat, dont tout dépend.
Je donne l’accolade à tout le monde et je vous remercie encore pour votre chaleur, qui arrive jusqu’à moi, chaque jour, en me faisant me sentir parmi vous.

On se reverra bientôt, au milieu de la mêlée.
Vive la liberté.
Vive l’anarchie.

18/04/2021
Hermann

Pour écrire à Ermanno et aux autres compas arrêté.e.s le 3 mars :

Alberto Frisetti (Modulo 4)
Luca Callegarini (Modulo 4)
Ermanno Cagnassone (Modulo 2)
Danilo Infantino (Modulo 4)
Emmanuele Agliano (Modulo 2)

Jalienne S. (Modulo 1 femenino)

C.P. Brians I
Carretera de Martorell a Capellades, km 23
08635 Sant Esteve Sesrovires (Espagne)

Espagne : Des nouvelles de la situation de Gabriel Pombo Da Silva

reçu par mail / jeudi 15 avril 2021

Depuis la publication du dernier communiqué de notre compagnon (en juillet dernier) il ne s’est passé rien qui change radicalement sa situation, mais il y a quand-même quelques petits informations qui pourraient être intéressantes pour quelqu’un.e qui voudrait approfondir sa connaissance de l’« ingénierie juridique » et de ses labyrinthes.

Les délais habituels, liés à la hiérarchie entre les différents tribunaux, continuent à être très lents et si, en plus, ces longs délais sont la seule arme dont le pouvoir judiciaire dispose, ils deviennent d’autant plus long !

Il manque peu de temps avant que Gabriel puisse savourer à nouveau la liberté et ceux qui veulent l’enterrer vivant le savent bien… ils savent bien qu’il ne devrait même pas se trouver en prison… ils savent bien qu’ils devraient même lui rendre des années de sa vie !

Toutes les portes stratégiques qui sont nécessaires pour le libérer sont ouvertes et, petit à petit, on entrevoit quelque chose venir… quelque chose bouge. En appliquant des petites doses de « droit », comme s’il s’agissait de gouttes d’homéopathie… toutes les réductions de peine qu’ils devraient lui reconnaître sont faites passer pour des « grâces » ou bien ils sont le fruit d’efforts surhumains. Depuis quand les anarchistes croient-elles/ils en l’« État de droit » ?

Étant donné que la procédure auprès de la Cour de justice de l’Union Européenne, au Luxembourg (où on est en train de faire appel pour obtenir l’annulation du mandat d’arrêt européen par lequel ils ont pu arrêter à nouveau Gabriel), prend beaucoup de temps, le travail de la défense est actuellement focalisé sur l’ « extinction » de la condamnation (ce qui en réalité a déjà eu lieu, car il a déjà purgé ses condamnations), par des calculs liés aux règlements pénitentiaires.

La juge Alcazár Navarro, du deuxième tribunal de Gérone, exige que notre compagnon paye avec 16 ans de prison de plus, mais elle « a oublié » qu’ il faut déduire de ce décompte les réductions de peine que Gabriel a cumulé pendant trois décennies d’enfermement et qui sont acquises (en tant que « droit ») depuis un bout de temps, déjà. Mais la loi est tellement perverse que, même si les réductions de peine sont déjà acquises, il est indispensable qu’un juge les reconnaisse, sinon elles ne sont pas valables (ce « détail », dans la bouche des avocats sonne comme ça : « avoir raison c’est une chose, qu’on te donne raison c’en est une autre » !).

Lentement, ils sont partiellement en train de reconnaître que Gabriel a raison et, jusqu’à maintenant, ils lui ont réduit la peine de 6 ans (pour des remises de peine calculées seulement sur 8 ans de ceux qu’il a purgé). Dans le dernier document qu’on a demandé, on lit que la « date de fin de la peine » serait « novembre 2030 »… c’est déjà ça, mais nous ne pouvons ni nous enthousiasmer, ni nous contenter de ce résultat minimal. Il y a encore beaucoup de maths à faire. Si vraiment toutes les réductions de peines lui étaient appliquées, ils devraient le laisser sortir immédiatement. Voici ce qui serait donc une bonne question : « pourquoi ils font tous ces calculs seulement maintenant et pourquoi, jusqu’ici, aucun juge ne les a reconnus ? »… c’est bien évidemment une question rhétorique : parfois même les maths sont politiques !

Entre-temps, il y a quelque semaines les avocats ont présenté un recours au tribunal suprême pour qu’ils soit reconnu a Gabriel le droit à un nouveau décompte du total de ses peines, pour le réduire à 20 ans (et non à 30 ans, comme cela a été décidé en 1990 par le tribunal d’Orense, sur la base du Code pénal de 1973, qui était en vigueur à l’époque), étant donné qu’en 1995 est entré en vigueur un nouveau Code pénal permettant cette révision de la peine (on rappelle que tout le monde a le « droit » de se voir appliqué le Code pénal le plus favorable, avec effet rétroactif). Ces mois-ci, le tribunal d’Orense a refusé à trois reprises ce « droit » et le temps à attendre avant que le tribunal suprême examine le recours peut être évalué à 6-8 mois (c’est le délai « normal », s’il y a pas de volonté de vengeance de leur part). Encore une fois, voici ce qui serait donc une bonne question : « pourquoi, après des si longues années, il faut encore résoudre des questions fondamentales comme celle-ci ? ». La réponse est simple et elle a à faire avec la « nature » et la « culture humaine » : la nature digne d’un individu anarchiste, contre la culture du pouvoir d’un mécanisme juridique essentiellement pervers !

En effet, ces derniers 25 ans, aucun juge n’a ouvertement déclaré (ce qui serait obligatoire) quel est le Code pénal qu’ils sont en train d’appliquer à Gabriel et la juge Alcazár Navarro (qui devrait le faire maintenant) continue à ne pas répondre aux nombreuses demandes de clarification à ce propos. A cet égard, le temps, dans ses mains, devient une arme très puissante.

Bref, malgré l’attente épuisante, la situation n’est pas désespérée : si on parle d’une condamnation à 20 ans, Gabriel serait libéré immédiatement, si on parle de 30 ans, ils devraient continuer à calculer ses remises de peine, pour ensuite « se rendre compte » que la peine a déjà été entièrement purgée… c’est « seulement » une question de temps.

Au cas où ils lui confirment une peine de 30 ans, Gabriel aurait immédiatement le « droit » à des permissions de sortie, à un régime de détention moins dur et à la libération conditionnelle ; on le saura bientôt… l’ « équipe chargée de la rééducation » se spécialise de plus en plus dans l’écriture de rapports et le remplissage de formulaires où, si tu n’as pas démontré ta volonté de soumission, ton passé continue à te condamner.

Gabriel va très bien au niveau santé et il garde la pêche, il continue à être déterminé et cohérent dans son autodiscipline faite de sport, de livres et de lettres. Il envoie plein d’accolades à tou.te.s les solidaires et ceux/celles qui luttent à travers le monde.

Liberté pour notre compagnon Gabriel Pombo !
Vive l’Anarchie !

Pour lui écrire :
Gabriel Pombo Da Silva
C. P. Mansilla de las Mulas
Paraje Villahierro
24210 Mansilla de las Mulas (León) (Espagne)

Madrid (Espagne) : Attaque d’une agence d’Iberdrola, en solidarité avec les prisonnier.e.s au Chili

imc_barcelona / mercredi 14 avril 2021

La semaine dernière, les vitrines d’une agence d’Iberdrola [entreprise espagnole qui produit et distribue électricité et gaz ; NdAtt.] ont été caillassées, à Madrid, en raison des intérêts économiques de cette entreprise au Chili et de ses relations avec l’État chilien.

En solidarité avec les prisonnier.e.s en lutte dans l’État chilien. Pour l’abrogation de l’article 9 et le rétablissement de l’article 1 du Décret-loi 321.

Mort à tous les États ! Vive l’anarchie !

Barcelone (Espagne) : une lettre de Danilo

Lettre de Danilo, accusé de l’incendie d’un fourgon de police à Barcelone
Indymedia Nantes, 16 avril 2021

En février, l’incarcération du rappeur Pablo Hasél et les émeutes à Linares, en Andalousie, suite au tabassage d’un homme et sa fille par des flics en civil ont été l’étincelle d’un bref moment de révolte dans le territoire ibérique, notamment en catalogne. Les raisons vont au-delà de la liberté d’expression: haine de la police, refus du couvre-feu, situation économique et sociale, etc. Le samedi 27 février une émeute à lieu dans le centre de Barcelone: banques et commerces défoncés, DABs cramés, affrontements et barricades contre les schmits, et léger incendie d’un camion de police. Niveau répressif, de nombreuses blessées, une centaine d’arrestations, et une douzaine de personnes incarcérées, dont huit compagnon·nes arrêtées le 27 février et le 1er mars pour l’incendie du camion.
Pour plus d’infos: presxs27febrer.noblogs.org

27/03/2021
Salut tout le monde !

Je suis Danilo, un des arrêté·e·s lors de la manif du 27 février. Comme beaucoup de gens savent déjà, j’écris depuis Brians 1 (Martorell). Aujourd’hui ça fait un mois qu’on a été arrêté.e.s je voulais publier un écrit plus tôt mais je devais me faire une meilleure idée de ce qui allait se passer, autant pour moi que pour les autres, aussi recevoir des nouvelles du dehors, etc.

Cela dit, je veux commencer par remercier les très nombreux gestes de solidarité que nous avons reçus, beaucoup de gens se sont impliqués dans ça, en apportant beaucoup, que ce soit matériellement avec des lettres, des thunes, des cartes postales, des habits, etc. ou pratiquement avec des manifs, initiatives et autres. Chacun de ces apports aide beaucoup à ce que l’on réussisse à garder le moral et à se sentir soutenu ce qui est très important ici, vraiment merci!

Pour résumer, pour qui ne saurait pas, on nous accuse de tentative d’homicide, atteinte à l’autorité [équivalent de violences sur pdap dans le droit français], désordres publics, délit continué de dégradations et appartenance à un groupe criminel. Récemment la compagnonne accusée d’avoir mis le feu au camtar de la urbana [la municipale de Barcelone] est sortie en liberté provisoire. Ce qui est génial en soi, et nous pensons aussi que peut-être ce soit un signal que cette affaire commence à être démontée.

Cependant, il est toujours très compliqué de prévoir quoi que ce soit, au vu de l’absurde et pathétique cirque médiatique qu’iels ont fait, en plus de la gravité de certaines accusations, c’est pourquoi personnellement je préfère me faire à l’idée de que ça va prendre un temps relativement long pour sortir d’ici. C’est pas que j’aime pas l’idée, simplement je préfère avoir des bonnes surprises que des déceptions, me ronger la tête avec le temps, etc., jusqu’à présent ça a marché pour moi, et je peux dire que malgré tout je suis serein !

A propos de notre arrestation, je dois dire que j’ai halluciné que nous n’ayons pas été tabassés salement, c’est quelque chose que j’anticipais quand on était menottés dans la rue, je croyais que c’était le protocole ordinaire dans ces situations (je le crois encore), ou peut-être est-ce l’exception qui confirme la norme. En vrai j’en suis perplexe, et finalement je suis arrivé à la non-conclusion de que peut-être le fait que les médias parlaient depuis des jours sur « interventions disproportionnées », comme iels les appellent, des mossos [flics catalans], ou que iels aient voulu éviter des nouveaux·lles « martyres » qui redonneraient de la force aux manifs… j’en sais rien, en vrai, mais tant mieux pour nous ! Des insultes et des menaces, on en a eu. « On se verra dans la rue à Mataró quand tu seras dehors, porc, voyons si tu nous caillasses ! » m’a dit un schmit au comico de Mataró avant qu’iels nous amènent menottés Luca, Albo, Hernan et moi au théâtre très minable qu’iels ont fait pour perquisitionner le Nabat, un squat où certains d’entre nous avons vécu, avec les antiémeutes tapant la pose face aux journalistes, au milieu de la route, avant de nous ramener à la cellule, pff!

Maintenant, quelque chose de très positif, en plus de la libération de Sara, et que j’attendais pas, est que nous soyons tous·tes ici à Brians 1, distribué·es dans trois modules différents. Celleux qui sommes dans le même module nous nous voyons chaque jours en promenade (6 heures par jour, 4 le matin, 2 l’après-midi) tandis que d’un module à l’autre on s’écrit et les lettres mettent « seulement » quelques trois jours à arriver, en plus de pouvoir avoir des communications, parloirs internes, etc. Tout ça est très bien, nous nous soutenons mutuellement et ça aide de ouf.

Le module 4, où Albo, Luca et moi nous sommes, est le plus tranquille, comme on dit, « la cour de l’école », « module de respect » pour les fonctionnaires. La plupart sont ici pour du stup (trafic), vol et conneries, après il y en a qui dans d’autres modules ne tiendraient pas un jour (délits sexuels) et beaucoup de poucaves, c’est pourquoi ce module est si tranquille, certains prisonniers sont plus matons que les matons, encore plus que dans d’autres modules au moindre truc t’es envoyé au spécial et après dans un module conflictuel. En fin, heureusement on rencontre aussi des gens chouettes, ça pourrait être bien pire.

Autre chose, avant de finir, je veux exprimer mon mépris total vers les médias de désinformation du régime, une fois de plus ils sont au top dans leurs efforts pour manipuler l’opinion publique avec leurs mensonges, sensationnalisme et baratins, appuyant la répression, des charognards serviles qui profitent du mal-être d’autrui, c’est un taff, ça ? Toujours en train d’offrir un support sur lequel les appareils répressifs peuvent bâtir ensuite leurs représailles. Chaque fois qu’ils sont menacés, ils essayent de vendre la même histoire : derrière le mal-être social diffus et les révoltes il n’y a qu’un groupe de conspirateur·ices, pour pouvoir appliquer une punition exemplaire, deux pierres d’un coup : d’un côté iels frappent celleux qui dérangent avec leurs luttes et revendications et de l’autre iels essaient de faire peur à celleux qui songent à sortir dans la rue pour protester. Iels prétendent être surpris·es quand une foule de jeunes éclate avec rage en les identifiant comme responsables (flics, journalistes, banques, multinationales, grands commerces) de conditions de vie de plus en plus précaires et misérables et des systèmes de contrôle social de plus en plus étouffants. Iels font semblant d’être des victimes, comme font les pires bourreaux, des loups déguisés en moutons ! Je voulais laisser clair à celleux qui nous soutiennent que c’est ce que je pense, je crois que c’est important. J’emmerde les appareils répressifs et leurs états ! Je ne renoncerai pas à mes idées par peur qu’elles soient criminalisées.

Bref, désolé si j’ai été trop long, mais il y avait beaucoup de choses à dire sur ce mois et je ne voulais pas le faire en style télégramme ou communiqué ennuyant.

Un câlin énorme pour tous·tes ! Pourvu que je puisse vous revenir bientôt ! Et une fois de plus, merci pour tout !

Beaucoup de force et de solidarité aussi pour les autres réprimé·es dans les prisons du monde entier !

Liberté pour tous·tes !
À bas les murs des prisons
Et vive l’anarchie !

Danilo


Pour la correspondance :

Danilo Infantino
C.P. Brians 1, Módulo 4
Apartado de correos 1000
08760 MARTORELL (Barcelona)
ESPAGNE

Jusqu’à présent nos lettres n’ont été ouvertes qu’en notre présence, sans être lues.