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Turin (Italie) : Début du procès en première instance pour l’opération Scintilla

Il Rovescio / mercredi 21 juillet 2021

Les trois audiences préliminaires pour le procès issu de l’opération Scintilla sont terminées et le Juge d’instruction a confirmé l’ensemble des charges et la mise en accusation des 18 inculpés, pour l’ensemble des chefs d’inculpation.


Bien entendu, l’accusation de provocation aux crimes et délits et celle d’association subversive (article 270 bis du Code pénal) ont été confirmées. Les délits précis, liés à l’association n’ont pas changé non plus. Il s’agit donc du placement de deux jerrycans devant deux distributeurs de billets de la Poste, de la dégradation par incendie, en collaboration avec des détenus, du Centre de Rétention Administrative de Turin et de l’envoi d’un colis incendiaire à l’entreprise Ladisa, qui gérait la cantine de la structure de Corso Brunelleschi.

La prochaine audience du procès est fixée pour le 7 octobre, au tribunal de Turin. Nous rappelons que Carla, après presque un an et demi de cavale et 8 mois de prison, est toujours aux arrestations domiciliaires (depuis un peu plus d’une semaine elle n’a plus de restrictions [elle peut donc recevoir de la visite et communiquer avec des personnes autres que ses colocs ; NdAtt.]. En revanche, toutes les mesures restrictives mineures liées à cette procédure judiciaire sont tombées.

Nous profitons de cette mise à jour pour rappeler que Natascia a été transférée à la prison de Rebibbia. Inculpée dans le procès de l’opération Prometeo, elle est également accusée d’association subversive dans le procès de l’opération Scintilla.

Nous en profitons pour envoyer une pensée chaleureuse à ceux qui restent enfermés.
Liberté pour toutes et tous !

Pour écrire à Natascia :
Natascia Savio
C.C. di Roma Rebibbia femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 – Roma (Italie)
(elle parle aussi français)

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Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Une lettre de Natascia sur sa grève de la faim

Malacoda / lundi 21 juin 2021

Heureusement qu’en Campanie on mange bien !

17 juin 2021

Salut les gars !
Voici deux mots de mise à jour, vite fait.

Sans perdre une minute, la nuit après la dernière audience préliminaire de l’opération Scintilla, on m’a embarquée sur un avion pour me renvoyer dans cet endroit de merde : S. Maria Capua Vetere. Je savais que mon transfert dans l’Italie du Nord n’était que temporaire, mais je pensais sincèrement que j’aurais eu un peu plus temps et j’espérais, naïvement, qu’ils auraient au moins lu les différentes demandes que moi et mon avocat avons présentées, pour que je sois envoyée dans une autre taule.

Depuis le jour où on m’a transférée ici, il y a trois mois, je n’ai plus eu la possibilité de communiquer dignement avec mon avocat ; maintenant il y a à nouveau la possibilité de faire des parloirs, du coup il n’y a plus d’appels visio, ni d’appels sur la demande de l’avocat ; il y a un appel par mois, de 10 minutes, même pour les personnes qui sont inculpées dans un procès, même pour les personnes qui sont à 1000 km de chez elles ou du lieu de leur procès. Le directeur peut concéder, s’il est d’humeur, un deuxième appel, extraordinaire, au cours du mois, mais, bien entendu, il n’est pas obligé de le faire et, en tout cas, il est hors de question de dépasser les deux appels par mois. Vingt minutes par mois, dans une petite pièce étouffante, à l’heure et le jour établis, en espérant que ton avocat soit au bureau ce jour-là. Vingt minutes par mois, à partir d’un mois et demi avant le début du procès et jusqu’à aujourd’hui, quand le débat au tribunal est essentiellement clos. Il ne reste plus que deux audiences avant le réquisitoire, deux audiences au cours desquelles on aurait dû raisonner à propos des déclarations des inculpés, de l’examen et du contre-examen, mais apparemment il me faudra raisonner toute seule. Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’il semble qu’on fasse le possible pour m’empêcher une défense « digne »… même, pour m’empêcher toute défense… il ne faut surtout pas que le grandiloquent et un peu morbide château de cartes de l’accusation perde de pièces. C’est bien mieux si cette possibilité, ma défense au tribunal, est réduite au minimum. Je ne vais pas m’étendre ici sur le fait que le procès en visioconférence se marie parfaitement avec cette stratégie, quelque chose dont on a déjà beaucoup (même si peut-être pas assez) discuté. On le sait, en étant mauvaise langue, souvent on devine. Parmi les 20 jours que j’ai passé à la taule de Vigevano, j’ai été 15 jours en isolement sanitaire et un au tribunal, deux autres à préparer mes affaires, entre allée et retour… bref, cela non plus n’a pas été une occasion pour parler avec mon avocat, étant donné que les personnes en isolement ne peuvent pas faire de parloirs. Inutile d’ajouter qu’en ce moment je suis à nouveau en quarantaine.

Bref, trêve de bavardages, je suis lucidement consciente de la stratégie punitive (et préventive ?) que l’Administration pénitentiaire met en place à mon encontre et au même temps je suis prise par la rage et le dégoût, du coup j’ai décidé que, même si je n’ai pas de moyens pour m’opposer concrètement à leurs logiques de vengeance, j’ai au moins la possibilité de ne pas leur laisser faire avec ma collaboration. Quand j’ai appris de mon retour à S. Maria Capua Vetere, le 16 juin à 18h, j’ai immédiatement communiqué le début d’une grève de la faim de durée indéterminée. Je sais que certaines décisions n’appartiennent pas à la direction de la prison, mais je ne vais plus rien manger dans cet endroit de merde. Dommage, parce que les autres femmes enfermées ici font des pizzas superbes… mais je n’ai vraiment plus faim !
A ce jour, aucun médecin ne m’a visitée ni pesée.
Les autres femmes qui sont ici pensent que c’est une bêtise, un signe d’obstination de ma part, d’ailleurs ici il y a des personnes qui risquent des condamnations à PERPÉTUITÉ et qui s’adaptent à ces conditions… mais ça c’est une autre histoire.
Je sais que certains d’entre vous n’ont jamais arrêté de réfléchir aux questions de l’isolement et de la dispersion des prisonniers loin de chez eux… je suis désolée de ne pas pouvoir fournir des nouvelles approches ou des idées « innovantes », mais en ce moment, ayant décidé de façon instinctive de me lancer dans ce nouveau défi, je n’ai pas réussi à penser à rien de mieux qu’à utiliser à nouveau mon corps, en jeûnant.

Je vous ai écrit ces quelques mots d’un trait, dans le même état d’âme qui m’a envahie en voyant à nouveau ces murs de merde : un dégoût absolu.
J’espère de ne pas avoir été trop confuse.

Je vous donne l’accolade, à tout le monde, avec beaucoup de force !
Le ventre vide et la tête haute,
Salud y Anarquia,

Nat

P.S. : une petite remarque quant au tract d’appel pour le rassemblement du 13 juin à Vigevano. Pour mal qu’on puisse se trouver dans une section AS3, où les conditions sont punitives, je ne ferais pas de comparaisons avec le régime 41bis, pour respect avec les personnes qui y sont vraiment soumises. A mon avis, ce parallèle était un peu déplacé. J’espère que personne ne s’offusque de ma remarque et en tout cas, ça a été très beau de vous entendre !

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Prison de Santa Maria Capua Vetere (Italie) : Natascia est en grève de la faim depuis le 16 juin

Malacoda / dimanche 20 juin 2021

Natascia a fait savoir, à travers un appel visio de ce matin, que le 16 juin, dès son retour à la prison de Vigevano du tribunal de Turin, après l’audience du procès Scintilla, on lui a pris la température et juste après on l’a mise en isolement. Quand elle a compris qu’elle était sur le point d’être transférée à la taule de Santa Maria Capua Vetere, elle a déclaré qu’elle commençait une grève de la faim, en jetant hors de la cellule sa nourriture, quand les matons l’ont apportée.

Ses demandes d’être transferée dans un autre prison, pour garantir son droit à la défense, étant donné qu’elle ne peut pas suivre les procès où elle est inculpée, à Gênes (Prometeo) et à Turin (Scintilla), ni consulter son avocat, que ce soit au tribunal ou avant, n’ont servi à rien. En plus, la seule demande qu’elle a pu présenter elle-même est partie de la prison de Vigevano, parce que les matons de S. Maria Capua Vetere ne les ont jamais envoyées : ses lettres sont probablement en train de prendre la poussière dans un bureau de la direction de la prison.

Natascia est déterminée à aller jusqu’au bout et à ne pas toucher de la nourriture jusqu’à quand cette situation ne changera pas.

Forte, déterminée, la tête haute, Natascia n’a jamais arrêté de lutter, même en étant enfermée. C’est à nous, dehors, de lutter avec la même force et la même détermination, à ses côtés.
Aux côtés de Natascia, complices et solidaires !

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Italie : Natascia transférée à nouveau à la prison de Santa Maria Capua Vetere

Malacoda / samedi 19 juin 2021

La nuit après la deuxième, et dernière, audience préliminaire du procès Scintilla, qui a eu lieu à Turin le 16 juin, Natascia à été encore une fois réveillée en pleine nuit, dans sa cellule de la prison de Vigevano, et transférée dans une autre taule. Cela a été découvert le matin du 17 juin par la compagnonne qui s’est présentée à l’entrée de la prison de Vigevano pour le parloir : les matons lui ont dit que Natascia n’était plus là, qu’elle avait été transférée dans la nuit.

Comme toujours, Natascia n’a pu prévenir personne, même pas son avocat. On pensait qu’elle avait dû être transférée dans la prison de Santa Maria Capua Vetere, mais là-bas le matons n’ont donné aucune nouvelle à ce propos, même pas à son avocat, jusqu’à ce matin (le 18 juin) quand ils ont confirmé que Natascia est bien là bas.

A ce point, il vaut la peine de parler un peu des parloirs.

Après la transfert de Natascia de la prison de Piacenza à celle se S. Maria Capua Vetere, à la mi-mars, l’autorisation permanente aux parloirs entre Natascia et une compagnonne, accordée par le Juge d’instruction, est devenue l’objet d’interprétations arbitraires de la part de la direction de la prison, qui lui a autorisé une seule heure de parloir par mois (et non plus quatre), plus de deux mois après qu’elle en avait fait la demande et juste avant qu’elle ne soit temporairement transférée à Vigevano, pour lui permettre d’assister à aux audiences préliminaires du procès Scintilla, le 4 et le 16 juin. Dans la prison de Vigevano, la direction a suivi la même logique. Nat a été admise en section (AS3) entre le 12 et le 13 juin, après l’habituel isolement sanitaire de deux semaines. La direction de la prison lui a autorisé une seule heure de parloir par mois et, surtout, a décidé que ce parloir devait absolument avoir lieu le jeudi 17 juin. Face à la demande de l’anticiper au 15 juin (dans cette prison les parloirs ont lieu le mardi et le jeudi, il était donc possible de le faire), étant donné que Natascia était dans cette prison de façon temporaire, jusqu’au 16 juin (même si son avocat a demandé qu’elle puisse rester à Vigevano, pour rapprochement familial), la direction de la prison n’a pas voulu.

La veille, la compagnonne a appelé la prison pour avoir une confirmation du parloir. Non seulement on lui a confirmé qu’il allait avoir lieu, mais ils lui ont dit aussi qu’en cas d’un transfert soudain la prison l’aurait prévenue par appel téléphonique, pour annuler son déplacement, une affirmation à laquelle, clairement, personne n’a donné importance, vu qui l’a faite. Mais bon.

Note : à chaque transfert – trois en trois mois, pour être précis – la prison de départ lui garde son argent, pendant dix jours en moyenne, et la seule manière pour contourner ce problème à été d’envoyer un nouveau virement bancaire à son nom dans la prison d’arrivée, même si elle avait déjà de l’argent sur son compte, mais bloqué par la taule de départ.

La nature dégueulassasse et vexatoire de l’appareil répressif et des structures carcérales ne nous surprend pas. Cependant, nous pensons qu’il est important de réaffirmer que Natascia n’est pas seule et que nous sommes à ses côtés, ce ne seront pas quelque centaine de kilomètres ou un quelconque officier des matons à la vie de merde qui nus feront changer d’avis.

Aux côtés de Natascia et de toutes les autres compagnonnes et compagnons emprisonnés, qui résistent et luttent, a tête haute.

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Pour écrire à Beppe, son inculpé avec elle (et Robert) dans le procès Prometeo :
Giuseppe Bruna
C.C. di Bologna “Dozza”
Via del Gomito, 2
40127 – Bologna (Italie)

Pour participer à leur soutien économique et aux dépenses légales :

compte n° 5333 1710 9103 5440
titulaire : Vanessa Ferrara
IBAN: IT89U3608105138251086351095
(BIC/SWIFT): PPAYITR1XXX

compte n° 5333 1710 8931 9699
titulaire : Ilaria Benedetta Pasini
IBAN: IT43K3608105138213368613377

Turin (Italie) : Le procès pour l’opération Scintilla est commencé le 4 mai

Il Rovescio / jeudi 6 mai 2021

La première des audiences préliminaires – l’habituel rite bureaucratique des formalités – a été une occasion pour rencontre Carla, actuellement aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions [ce qui signifie, en plus de l’interdiction de sortir de chez elle, l’interdiction de tout contact avec quiconque, mis à part les personnes qui habitent dans la même maison ; NdAtt.], et Natascia, qui, contre toute attente, a été ramenée ici depuis la prison de Santa Maria Capua Vetere.

Nat aurait été ramenée ici, à l’insu même de son avocat, parce que les audiences auront lieu dans une salle du tribunal de Turin qui n’est pas équipée pour la visioconférence.
Selon ce qu’on a pu savoir, elle a été réveillée à 2h du matin, chargée sur un avion pour Milan Linate, où elle est arrivée à 9h20, puis a été escortée au tribunal, arrivant avec une heure de retard par rapport au début du procès.
Malgré les insistances de son avocat pour qu’elle puisse s’asseoir à côté de lui, le chef de l’escorte (une équipe de 4 matons de S. Maria Capua Vetere) n’a pas permis à Nat de sortir de la cage et n’a pas arrêté de menacer ceux/celles qui essayaient d’échanger deux mots avec elle.
Malgré les vitres, les barreaux et ces brutes, les personnes présentes dans la salle ont pu lancer quelques cris pour lui passer le bonjour. Nat semblait éprouvée par ce voyage, mais malgré tout elle était en forme.
L’avocat a profité de cette audience pour demander, encore une fois, son rapprochement aux tribunaux où sont actuellement en cours les procès où elle est inculpée, Turin et Gênes [pour l’opération Prometeo ; NdAtt.]. A priori, après l’audience Natascia a refait le voyage en arrière vers Santa Maria Capua Vetere, où elle devrait rester en isolement sanitaire pendant deux semaines, à cause de ce déplacement.

Nous profitons de cette nouvelle pour relayer l’adresse où lui écrire, pour la soutenir [elle parle français ; NdAtt.] :

Natascia Savio
C. C. di Santa Maria Capua Vetere “Francesco Uccella”
S. S. Appia, 7-bis
80155 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)

Liberté pour Natascia !
Liberté pou Carla !
Feu aux prisons et aux CRA !

Turin (Italie) : Des nouvelles de l’opération Scintilla

Il Rovescio / samedi 13 mars 2021

Le 7 février 2019, à Turin, les flics ont lancé l’opération Scintilla. L’enquête, à l’initiative du Parquet, visait la lutte contre les centres de rétention pour immigrés, une lutte vigoureuse depuis toujours dans cette ville comme ailleurs, à l’intérieur comme à l’extérieur de ces structures. En effet, pendant les nombreuses révoltes qui ont marqué son histoire, le CRA de Corso Brunelleschi, à Turin, a été dégradé et dévasté à plusieurs reprises par les détenus, tandis qu’à l’extérieur on a toujours essayé de soutenir la rage des révoltés, en soulignant le rôle de ces lieux au sein des mécanismes d’exploitation et d’exclusion. Six compagnons et compagnonnes ont été arrêtés ce jour-là avec l’accusation d’association subversive, tandis qu’une septième, Carla, sera interpellée seulement beaucoup plus tard, après une période de cavale durée plus d’un an et demi. Les délits contestés, en plus de l’association subversive, comprennent des attaques incendiaires contre des distributeurs de billets de la poste italienne et des colis piégés destinés à des entreprises liées au fonctionnement des centres de déportation, dont les adresses étaient répertoriées dans la brochure « I CIEli bruciano » [jeu de mot qui peut signifier et « Les CRA, ils les brûlent » et « Les cieux brûlent » ; NdAtt.].

Après presque deux ans, le Parquet de Turin, dans la personne du Procureur Pedrotta, a enfin clôturé l’enquête. Les personnes mises en examen ont augmenté et sont désormais 18. Les délits qui leur sont reprochés ont augmenté en nombre et en typologies, ils vont de l’outrage à l’incendie criminel, en passant par les dégradations par tag et les coups et blessures. Les accusations de provocation aux crimes et délits et d’association subversive (pour 16 personnes) sont évidemment confirmées. Parmi les délits spécifiques contestés il y a celui de dégradation par incendie des bâtiments du CRA de Corso Brunelleschi, en complicité avec des détenus. Il nous semble évident que le Parquet avait besoin de mélanger un peu les cartes et de donner un nouvel aspect à l’accusation d’association subversive, puisque les accusations qui ont mené aux arrestations de 2019 ont déjà été déboutées par le Juge des libertés et de la détention et, ensuite, par la Cassation. C’est peut-être pour cela que le nombre des inculpés a augmenté, en englobant d’autres personnes parmi celles qui ont animé les luttes de ces dernières années, à Turin. Un compagnon a été ajouté aux accusés après son arrestation, l’automne 2019, pour un fait qui rentrait dans le dossier originaire de l’opération Scintilla, même si, quand il a été arrêté, l’accusation à son encontre était différente. Il y a aussi Natascia, déjà en prison à cause de l’opération Prometeo, inculpée pour l’association subversive de l’op. Scintilla.

On suppose que la première audience sera fixée au début de l’été. Maintenant la bureaucratie suivra son cours et les dossiers passeront des mains de la juge d’instruction au magistrat chargé de la procédure. Il faut noter que Carla est enfermée depuis sept mois dans la section Haute sécurité de la prison de Vigevano, tandis qu’une autre compagnonne a, depuis plus d’un an, l’interdiction de territoire de la commune de Turin. On verra comment ce procès va se développer, à partir des décisions qui seront prises lors de la première audience ; entre-temps nous en profitons pour envoyer une chaleureuse pensée solidaire a ceux qui restent enfermés.

Gênes (Italie) : Sur la dernière audience du procès contre Beppe

Inferno Urbano / dimanche 20 décembre 2020

L’audience s’est déroulée de façon légèrement meilleure que l’autre fois. Le fait que Beppe [Giuseppe Bruna, arrêté le 21 mai 2019, lors de l’opération répressive Prometeo – pendant son enfermement, la Justice a essayé de lui attribuer aussi une autre attaque, contre un DAB de la Poste, intégrée dans le dossier de l’opération Scintilla ; NdAtt.] n’ait pas été amené au tribunal n’a pas été le résultat d’une décision ad personam à son encontre, mais de l’interdiction, de la part de la direction de l’Administration Pénitentiaire, de tous les transferts exceptionnels, toujours à cause de la Covid-19. Une maladie qui, bien entendu, on a le droit de chopper seulement en prison, non pas au tribunal.

L’expertise mandatée par le Parquet n’a rien ajouté de nouveau. Ensuite la cour a entendu un témoin de la défense.
Le Procureur aussi a demandé que Beppe soit présent dans la salle. L’avocat défenseur a donc remarqué que, si la prochaine audience aura lieu le 21 décembre, comme prévu, il ne sera toujours pas transféré. La prochaine audience a donc été renvoyée au mois de janvier.

Pour écrire à Beppe :
Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Gênes (Italie) : Sur les deux dernières audiences au tribunal

Round Robin / samedi 28 novembre 2020

Après le rassemblement qui a porté dans la rue, samedi dernier à Gênes, des dizaines de compagnons et de compagnonnes, en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès ces jours-ci et avec la compagnonne génoise menacée d’être soumise à la surveillance spéciale, le 24 et 25 novembre il y a eu les audiences du procès contre de Beppe – accusé d’avoir placé un conteneur remplis de combustible devant un distributeur de billets, en 2016 – [Giuseppe Bruna, arrêté le 21 mai 2019, lors de l’opération répressive Prometeo – pendant son enfermement, la Justice a essayé de lui attribuer aussi cette autre attaque, intégrée dans le dossier de l’opération Scintilla ; NdAtt.] et l’audience pour la dite demande de surveillance spéciale.

Lors de l’audience du 24 novembre, Beppe  n’a pas pu participer : son transfert a été bloqué à cause des mesures contre le Covid-19 ; il y a eu un problème dans la visioconférence, à cause des ordinateurs mal installés : personne ne voyait rien, avec les avocats, les juges et les témoins qui n’arrêtaient pas de se déplacer, à distance. Du coup, l’avocat défenseur Sommovigo a obtenu que les prochaines audiences se fassent avec la présence de Beppe dans la salle.
Les témoins à charge n’ont rien ajouté par rapport au peu de choses qu’ils avaient déjà déclaré. On verra si le Parquet va enfin donner à la défense les vidéos, qu’on n’a pas encore pu voir. Le juge a demandé à la DIGOS d’en donner copie à l’avocat défenseur. Est-ce qu’ils vont les trouver ?
Entre-temps, Sommovigo a obtenu qu’un médecin visite Beppe en prison et il a envoyé le compte-rendu à l’organisme qui surveille les conditions de détention. Il attend leur réponse.

Le lendemain, l’audience pour la surveillance spéciale a été renvoyée de deux mois, de façon à permettre à la défense de se préparer.

Pour écrire à Beppe :
Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
Via Vigentina, 85
27100 – Pavia (Italie)

Italie : La solidarité ne se laisse pas censurer

Macerie / mardi 2 septembre 2020

Aujourd’hui a été rendue la décision pour la demande de mise en liberté de Carla, dont l’audience a eu lieu vendredi dernier à huis clos.
Pour elle aussi, le juge des libertés a laissé tomber l’accusation d’association subversive, comme cela avait déjà été le cas pour les compagnons et les compagnonnes arrêtés pour l’opération Scintilla, en février 2019. Il a ensuite refusé les mesures alternatives proposées par l’avocat défenseur et a réaffirme la nécessité d’une détention préventive en taule, à cause de l’autre délit dont elle est accusée : fabrication, possession et transport de matériel explosif, pour l’incendie, à Turin, du distributeur de billets d’une agence des Postes italiennes, qui à cette époque se chargeait des expulsions des sans-papiers, via sa compagnie aérienne Mistral Air.

Comme d’habitude, pour connaître les motivations de cette sentence il faudra attendre encore quelques semaines. Carla reste donc en prison. Par un coup de fil qu’elle a eu avec un compagnon, on apprend qu’elle n’a pas été surprise ni découragée par cette décision du juge des libertés et qu’elle se sent forte et tranquille. Nous renouvelons l’appel à lui écrire et a lui faire arriver notre solidarité chaleureuse, aussi à cause de la censure qu’on a appliqué sur son courrier, ce qui ralentit beaucoup ses relations avec l’extérieur.

Pour lui écrire :
Carla Tubeuf
Casa Circondariale di Vigevano
Via Gravellona 240
27029 – Vigevano (Italie)

Au vu de la décision du juge des libertés et des nouvelles dépenses de prévue pour l’opération Scintilla, le compte déjà utilisée l’année dernière a été réactivé. Voici les données :

IBAN: IT61Y0347501605CC0011856712
BIC: INGBITD1
Titulaires: Giulia Merlini et Marco Pisano

Prison d’Alessandria (Italie) : Des nouvelles de Peppe

Round Robin / mercredi 13 mai 2020

Comme on pouvait l’imaginer, la demande de transfert aux arrestations domiciliaires à cause du coronavirus a été refusée.
Grâce aux appels téléphoniques avec Peppe, on sait que des divergences avec certains prisonniers politiques enfermés depuis longtemps en AS2 se sont intensifiées à la suite de la révolte du 9 mars. Pendant que la prison d’Alessandria brûlait et la tension était forte, certains d’entre eux se sont enfermés en cellule, tandis que Peppe et un autre prisonnier essayaient, dans la mesure du possible, depuis les fenêtres de leur section, de soutenir les révoltés, en enflammant des trucs et en jouant au lancer des bonbonnes de camping-gaz. Il a reçu une plainte à cause de cela, en plus que pour quelques autres initiatives de protestation individuelle, qui ont mis un peu de bordel dans la section et qui ont causé environ 3000 euros de dégâts à la structure de la prison. Mais la lumière du soleil passe à nouveau à travers bon nombre de fenêtres de l’AS2.

Cependant, en libérant de la plaque en plexiglas opaque la dernière fenêtre, Peppe s’est fait mal au dos, déjà affecté par trois hernies bilatérales. Il a du faire recours aux soins de l’infirmerie et, après trois jours de piqûres, il a eu des étranges sensations de mal-être. Le dossier sanitaire sur sa pathologie, qui a été envoyé à la famille par poste rapide, pour leur permettre d’acheter un corset orthopédique, a été retardé par la prison pendant plus de deux semaines. Les autres lettres aussi, en sortie ou en entre, subissent des énormes retards, des déviations, ou disparaissent. A cause de tout cela, il a demandé un transfert dans une autre prison, mis sa demande a été refusée avec une rapidité surprenante. Entre-temps, il a fait 15 jours d’isolement et va bientôt en faire 15 autres. Aujourd’hui il a fait à nouveau une demande de transfert, à cause de son incompatibilité avec la structure et avec certains autres détenus.

Soutenons-le avec tous les moyens possibles !
Toujours aux côtés de ceux/celles qui luttent, à l’intérieur et à l’extérieur des cages.

Pour lui écrire :

Giuseppe Sciacca
C. C. “S. Michele”
Strada statale per Casale, 50/A
15121 – Alessandria (Italie)

NdAtt. : et n’oublions pas d’écrire à Marco (Marco Bisesti), enfermé dans la même prison, suite à l’opération Scripta Manent.