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Chili : Contre le sectarisme. Pour une affinité fondée sur la pratique. Quelques mots des compas Mónica et Francisco

Contra Info / mercredi 28 juillet 2021

Face à ce que nous considérons comme des sommations à notre encontre*, nous ressentons la nécessité d’écrire ce texte, afin de clarifier certaines questions.

Comme nous l’avons écrit à plusieurs occasions, individuellement et collectivement, nous entendons l’anarchie non pas comme une réalisation ou un point d’arrivée, mais comme une tension, une confrontation permanente qui se fait à la première personne, en plaçant au centre la recherche de la liberté individuelle.

Pour nous, cette lutte constante a été réelle, nous l’avons menée dans les faits, sans interruption, raisons pour laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui derrière les barreaux. Une situation, celle-ci, qui est ponctuelle et circonstancielle et qui ne nous a pas empêché de continuer à construire des initiatives de lutte ou y participer, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.

Au fond, pour nous l’anarchie est une éthique et une pratique permanente contre l’autorité, une pratique par laquelle nous avons rencontré d’autres personnes (pas nécessairement des « anarchistes »), ce qui a enrichit et amélioré nos perspectives et nos capacités et qui a forgé des relations étroites de complicité, renforcées au fil des années et des luttes. Affirmer que ces relations n’ont lieu ou ne peuvent avoir lieu qu’avec ceux/celles qui se disent « anarchistes », en plus d’être une mensonge (comme il peuvent le démontrer seulement celles/ceux qui se sont aventuré.e.s sur les chemins du conflit et non ceux/celles qui pensent les fouler, dans leurs rêveries devant à un ordinateur) est quelque chose que nous rejetons, à partir du moment où nous privilégions l’établissement de liens fondés sur des pratiques communes plutôt que sur des étiquettes vides ou des slogans répétés ad nauseam. S’autoproclamer rageusement « anarchistes irréductibles » ne signifie rien, si cela n’est pas accompagné par une pratique de lutte qui le justifie. Sur du papier ont peut tout écrire.

D’autre part – et surtout – le fait de présupposer que les anarchistes ne devraient avoir des relations qu’avec des anarchistes reflète un purisme absurde et un sectarisme qui, sans aucun doute, sont une expression d’autoritarisme. Établir des coordinations et faire des initiatives communes de lutte uniquement parmi ceux/celles qui se définissent comme « anarchistes » signifie restreindre et limiter considérablement nos relations et donc nos possibilités de croissance. Cela signifie s’enfermer stupidement dans des dogmatismes qui nous limitent et qui nous empêchent de nous associer librement. De cette manière, nous voyons que, au nom de la liberté, certain.e.s proposent carrément son contraire, en fondant des sectes sur la base d’étiquettes.

Par là, nous ne voulons pas dire que nous nouons des relations de façon indiscriminée ou que nous n’avons aucune sorte de filtre.

Dans des communiqués précédents, nous avons clairement indiqué les points qui sont pour nous infranchissables : les repentirs, les dissociations et le recours aux institutions correspondent à des lignes rouges et ils constituent des aspects insurmontables qui empêchent de mener toute initiative commune avec ceux/celles qui choisissent des telles voies. Comme on peut le voir, ces points ne correspondent pas à des étiquettes vides, mais à des pratiques concrètes, à des manières de vivre la prison et pas seulement cette dernière. A notre avis, les sommations qui ont été faites ne font que détruire d’un seul coup tout notre discours et tout notre travail, en créant une contradiction totale entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Eh bien, peut-être que pour certain.e.s ce qui compte ou qui aurait de la valeur est seulement ce que l’on dit ou alors les proclamations incendiaires sur internet ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, nous donnons la priorité à la pratique et c’est à partir de là que nous établissons des affinités et des ruptures.

Et évidemment les pratiques autoritaires sont un point sur lequel nous ne ferons pas de compromis. Nous n’avons jamais établi des relations de lutte sur la base de l’autoritarisme et l’expérience des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s ne fait pas exception. Les points en communs que nous avons, entre nous tou.te.s, sont beaucoup plus forts que les divergences que nous pouvons avoir, des divergences qui ne représentent évidemment pas des aspects insurmontables, sinon nous deux nous serions retirés de cette initiative dès le début. Les liens qui nous unissent à nos compagnons ont été forgés dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis plus d’une décennie, ce qui a signifié pour nous une relation et une expérience enrichissantes, qui ont sans aucun doute nourri, renforcé et amélioré notre parcours anarchiste. Aujourd’hui, dans cette nouvelle situation d’enfermement, nous avons renforcé encore plus ces liens, ce qui s’est traduit par cette initiative commune, qui n’est pas nouvelle, mais qui, cette dernière année, a vu des mobilisations importantes qui nous permettent d’élaborer des projets intéressants.

Or, comme nous l’affirmions dans l’article « Sur la nécessité de poursuivre la lutte à l’intérieur de la prison… », dans le quatrième numéro de la revue Kalinov Most, nous, les anarchistes, avons brisé certains codes internes aux prisons, des codes qui avaient été établis et reproduits, depuis les années 1980, par les membres des groupes armés de gauche ; des codes qui avaient principalement à voir avec la reproduction, à l’intérieur de la prison, de la logique d’organisation/de parti et aussi avec le fait d’établir une relation de supériorité vis-à-vis du reste de la population carcérale.

Ça va sans dire que nos compagnons sont lointains de ces codes et s’y opposent – cela dans la complexité de la pratique à l’intérieur de la prison, non par un discours confortable fait depuis une maison avec une connexion internet. Ils se sont chargés de maintenir en vie des codes subversifs auxquels nous nous identifions et qu’il nous semble indispensable de concrétiser et de reproduire.

Nous parlons ici d’une position et d’une attitude réfractaire vis-à-vis de l’institution carcérale, ce qui confère une identité particulière, vue et reconnue à la fois par les prisonnier.e.s sociaux.les et par les maton.ne.s. Nous parlons également du fait indéniable de continuer la lutte à l’intérieur de la prison, pour démontrer en pratique que rien ne s’arrête avec l’enfermement, qu’il s’agit simplement d’un autre champ de bataille ; il y a là quelque chose qui rompt avec la victimisation et l’assistanat souvent présents dans la lutte pour la libération des prisonnier.e.s.

Pendant des décennies, les compagnons ont construit et fait avancer une pratique anti-carcérale qui a dépassé les murs, une pratique dont nous faisions partie en étant dans la rue et dont nous faisons partie aujourd’hui en prison. Ce ne sont là que quelques-uns des codes subversifs que nous partageons avec nos compagnons, ce qui renforce nos liens d’affinité dans notre travail quotidien et nous éloigne de ceux/celles qui, même en se disant anarchistes, choisissent des voies distantes de la lutte ou s’en dissocient complètement. Que disent les puristes de ceux/celles qui se proclament « anarchistes » mais prennent complètement les distances de leurs idées et pratiques, lorsqu’elles/ils passent en jugement ou sont emprisonné.e.s ? Peut-être se sentent-ils/elles plus en affinité avec ces dernier.e.s, du moment qu’elles/ils donnent la priorité à une étiquette vide. Encore une fois, nous construisons des relations sur la base de pratiques communes et non sur la base de mots ou de communiqués incendiaires publiés sur internet.

Enfin, nous voyons la nécessité de mentionner le danger représenté par le sectarisme ou le purisme dans nos milieux ; ils portent – en plus des relations autoritaires mentionnées plus haut – à des attitudes d’auto-complaisance qui ne font que nous faire stagner, au lieu d’approfondir ou d’améliorer la lutte.

À partir de notre position clairement anarchiste, fondée sur le conflit permanent et la liberté individuelle, nous allons établir des relations et des coordinations qui nous renforceront et nous rendront plus sûr.e.s de nous, dans ce chemin vers la libération totale.

Comme il l’ont dit il y a quelques années les compas emprisonné.e.s de la Conspiration des Cellules de Feu :
Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et les irréductibles de toutes les tendances révolutionnaires !

Aujourd’hui nous disons :
Liberté pour les compagnons Pablo Bahamondes, Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Juan Flores y Joaquín García !

Mónica Caballero Sepúlveda
C.P.F San Miguel

Francisco Solar Domínguez
C.P. Rancagua

* Note d’Attaque. Voir les textes suivantes :
Danzando en el abismo (en espagnol, en anglais ou en italien)
Con la anarquía más allá de los limites (en espagnol)
A contracorriente (en espagnol et en anglais)

Athènes (Grèce) : Attaque au marteau contre la société de recouvrement Paladino SA

Act for freedom! / dimanche 25 juillet 2021

Dans la conscience des gens, l’une des professions les plus infâmes est celle d’agent de recouvrement de créances. Quelle que soit sa forme, des hommes de main de l’usurier au percepteur des impôts, en passant par les bureaux rutilants des centres d’appels des sociétés de recouvrement d’aujourd’hui, l’agent de recouvrement est un personnage universellement détesté.

Et, toujours, les « professionnels » du secteur gagnent leur argent en pourcentage de ce qu’ils parviennent à soutirer, à force de menaces, à des personnes faibles et effrayées, qui risquent de tout perdre.

Le recouvrement est l’endroit où les services traditionnels de la mafia rencontrent les besoins de l’État moderne. Ce n’est pas par hasard que derrière tous les grands patrons de sociétés de recouvrement, vous trouverez directement des personnes de pouvoir ou des entrepreneurs dans d’autres secteurs.

Et autour des grands sociétés du secteur, une horde de corbeaux : des cabinets d’avocats aux personnes à la limite entre la légalité et l’illégalité.

Il y a beaucoup d’argent à collecter auprès des pauvres et maintenant que la crise du Covid se transforme en crise économique et que de nouveaux Mémorandums viendront, les prêteurs de fonds nationaux, notamment les banques, vont resserrer encore plus les cordons de la bourse.

Nous avons beaucoup entendu parler des moyens qu’ils utilisent pour recouvrer les dettes.
Nous voyons que l’État se moque de nous, avec de prétendus projets de loi visant à limiter le harcèlement de ces sociétés, alors qu’ils ne sont même pas capables d’arrêter ce que fait un agent de recouvrement.

Nous savons à quoi nous mènera le programme des banques pour se débarrasser des prêts en retard de payement. Des coups de pression pour le payement des recettes et des ventes aux enchères, voilà le scénario pour l’avenir.
Les gens doivent réagir et tôt ou tard ils le feront.

Nous visons les sociétés de recouvrement de manière incessante, persistante, agressive, comme nous le faisons pour n’importe quel parasite de l’État et n’importe quel patron.

Que la période à venir ne soit pas difficile seulement pour les pauvres qui décrochent le téléphone et entendent des sociétés de recouvrement les menacer.

REFUSER LA PEUR EST LE PREMIER PAS EN AVANT

Syndicat Noir

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Athènes (Grèce) : Attaque incendiaire contre un concessionnaire Ford

Dark Nights / jeudi 15 juillet 2021

Attaque incendiaire contre un concessionnaire Ford, en souvenir des révoltes après le meurtre de George Floyd

Le 1er juillet à l’aube, rue Chaldari, dans le quartier de Gyzi, nous avons mené une attaque incendiaire contre le concessionnaire Ford. Résultat : au moins deux véhicules et la façade de l’entreprise ont été réduits en cendres.

Le choix de cette cible précise n’est pas dû au hasard. Il s’agit d’un géant américain, avec des filiales dans le monde entier, qui joue un rôle dominant sur la scène capitaliste mondiale. En particulier, son fondateur Henry Ford a introduit en 1913 un modèle d’organisation du travail dans lequel les travailleur.euse.s effectuent un ensemble de mouvements déterminés, répétés pendant de nombreuses heures. Le travail de l’un.e, coupé et aliéné, simple brique de l’ensemble de la production, influence le travail de l’autre, en chaîne, augmentant l’intensité et le rythme de la production et du travail. De plus, la possibilité du refus et de la résistances pendant le travail est réduite, puisque tous les mouvements des travailleur.euse.s sont interdépendants et forment une chaîne. Cela a été une forme historique de répression et de surveillance des travailleur.euse.s.

De plus, le rapport de Ford avec les flics américains est chose largement connue. C’est l’une des entreprises qui a renforcé la répression menée par l’État américain, en fournissant des équipements et des véhicules. Même en Grèce, dans la région de Laconie, Ford Motor Hellas a fourni aux flics anti-émeute de l’OPKE, pour la deuxième fois, un véhicule d’une valeur de 48 000 euros. Le maire de Sparte entretient d’excellentes relations avec cette entreprise et le maire adjoint Thanasis Karlaitis, ancien flic, a souligné : « Espérons que d’autres entreprises suivront l’exemple de Ford, pour le bien des citoyens ».

Un an avant que nous écrivions ces lignes, George Floyd a été maltraité à mort et assassiné par des flics américains. Des émeutes sauvages ont éclaté dans une grande partie des États-Unis, la cause principale étant l’oppression de la communauté afro-américaine et plus encore. Des protestations ont éclaté au niveau international, de pays en pays. En Grèce, plusieurs actions ont eu lieu. Pour notre part, un an après, nous maintenons vive la flamme et la mémoire des morts et des opprimés de notre classe. Nous voulons relier les énergies de ces jours-là avec celles d’aujourd’hui.

Dans les usines Ford et dans les usines basées sur l’exploitation de l’Amérique des siècles passés, le sang a coulé, suite aux requêtes ouvrières (comme la journée de 8 heures). Des revendications qui, aussi évidentes qu’elles puissent paraître, semblent d’autant plus vulnérables dans les griffes du gouvernement néo-fasciste le plus horrible de l’Occident de l’ère post-communiste. Le projet de loi Hadjidákis [Kostís Hadjidákis, ministre grec du Travail et des Affaires sociales depuis janvier 2021 – en mars dernier il a proposé une loi qui, entre autres, libéralise le nombre d’heures de travail et augmente les heures supplmenteire qu’un patron peut demander à ses employé.e.s ; NdAtt.] est une abomination méprisable qui vient détruire toute trace de dignité parmi la base de la société. Des contrats individuels, la conversion des heures supplémentaires en jours de congé et leur augmentation, la réduction du payement des heures supplémentaires, un suivi électronique des heures travaillées, le ciblage et l’inventaire des grévistes, une intensification du travail par l’extension du télétravail, la suppression du dimanche férié, la facilitation des licenciements, etc.

Il est évident que, dans les conditions inédites que nous vivons avec la pandémie et l’intensité de la crise, les patrons veulent un désert social où l’individu est contrôlé, il travaille, il est contrôlé en travaillant et il est de plus en plus isolé. Dans le même temps, la guerre commerciale des laboratoires pharmaceutiques devient impitoyable, les États se militarisent et les sociétés se transforment en vastes prisons. Dans le même contexte, le capitalisme devient encore plus vorace envers l’environnement et la nature sauvage.

Plus le capitalisme et la terreur avancent à toute vitesse, plus le cadre nous devient clair : nous sommes le feu et la vie. Nous détruisons ce monde pourri par l’attaque. Nous faisons appel à toutes les personnes qui gardent leurs yeux ouverts et leurs sens sauvages en éveil : soyez vigilant.e.s. Par les moyens les plus simples ou les plus complexes, donnons une perspective de réponse et brisons l’habitude et l’aliénation. La bataille est entre nos mains.

PS : Il y a un an, notre compagnon Vassilis Magos a été assassiné par les flics. Cette action est un rappel du fait qu’il est à nos côtés dans les moments les plus difficiles. C’est le moins que l’on puisse dire, face à ce qui s’est passé. Que la mémoire écrase l’oubli et que notre haine résonne dans les rues.

FEU DANS LA SOCIÉTÉ DE CONTRÔLE
L’ANARCHIE OU RIEN

Des milliers de soleils de la nuit

Solidarité avec Abtin Parsa et les anarchistes d’Iran

Note de l’Anarchist Bure Cross : dans cet article, on relaie (trop tard) l’appel pour une semaine de solidarité (12-19 Juillet 2021) avec l’anarchiste Abtin Parsa, publié par la Federation of Anarchism Era. On relaie aussi un texte d’Abtin Parsa publié le 8 Juillet 2021 sur sa situation actuelle. Enfin, on relaie une série d’articles d’Abtin Parsa de 2018 à propos des expériences de torture et d’emprisonnement des anarchistes en Iran.

Vous pouvez trouver plus de nouvelles de la Federation of Anarchism Era sur :

  • Leur site web asranarshism.com. Il ne semble pas être accessible par Tor au moment d’écrire cet article – si vous utilisez Tor, vous pouvez passer par un proxy web gratuit pour y accéder.
  • Leur compte Twitter @asranarshism, qui diffuse actuellement des informations sur les soulèvements et émeutes en cours en Iran et la répression très dure qui a lieu dans la rue.

Cet article est également disponible en anglais.

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Appel international pour une semaine de solidarité avec Abtin Parsa (12-19 Juillet 2021)

Publié initialement sur https://asranarshism.com/1400/04/18/international-call-for-a-week-of-solidarity-with-the-anarchist-abtin-parsa-12th-19th-of-july-2021

L’anarchiste Abtin Parsa est un ancien prisonnier politique iranien athée emprisonné par le régime islamique pendant un an et demi en 2014. Abtin Parsa, âgé de 16 ans à l’époque, a été arrêté par l’IRGC [1] pour un discours public anti-islamique et anti-étatique dans son lycée, « Shahid Chamran », dans la ville de Zarqan. Même après sa sortie de prison, Abtin a continué à subir des pressions et des contrôles par le régime islamique, ce qui l’a obligé à s’enfuir en Grèce en 2016.

Les menaces de mort du régime islamique ont accompagné Abtin Parsa lors de son arrivée en Grèce. Il a reçu à plusieurs reprises des menaces de mort de la part de diverses organisations et personnes affiliées au régime islamique iranien. En 2017, alors que les manifestations anti-étatiques se déroulaient dans tout le pays, Abtin Parsa a montré sa solidarité avec les protestations dans un message vidéo. Quelques jours plus tard, le régime iranien a manipulé et modifié ce message vidéo et l’a diffusé à la télévision nationale pour accuser l’anarchiste persécuté Abtin Parsa d’enseigner aux manifestant.e.s comment fabriquer des explosifs.

L’anarchiste persécuté Abtin Parsa a obtenu un asile politique de 3 ans en Grèce en 2017. La même année, Abtin Parsa a rejoint le mouvement de résistance en Grèce et a commencé à lutter contre l’oppression systématique perpétrée par l’État grec contre la classe ouvrière, en particulier les migrants. Au cours de ces luttes, Abtin Parsa a été arrêté et même torturé à plusieurs reprises par l’État grec, notamment :

En juillet 2018, il a été torturé par la police grecque pour ses activités politiques contre l’État grec, au cours desquelles plusieurs parties de son corps ont été gravement endommagées, et des vertèbres de son dos ont été brisées.

En août 2019, il a été arrêté près de son domicile par la police grecque et accusé de porter une arme alors qu’il n’avait qu’un petit coupe-papier. Abtin a refusé de fournir ses empreintes digitales à la police pour protester contre la façon dont la police le traitait, lui et d’autres migrants, et le tribunal l’a condamné à trois mois de prison et à une amende de 180 euros. (prison avec sursis)

En novembre 2019, alors que la police antiterroriste lance une opération de grande envergure pour trouver des indices sur une organisation révolutionnaire (Autodéfense révolutionnaire), sa maison et quelques autres camarades sont perquisitionnés par la police antiterroriste. Pendant l’opération de la police anti-insurrectionnelle, un anarchiste et une autre personne ont été emprisonnés, et deux autres anarchistes ont été arrêtés puis temporairement libérés. Lors de la descente de la police contre-insurrectionnelle au domicile de l’anarchiste persécuté Abtin Parsa, tous les documents de son asile politique, qui se trouvaient dans la maison, ainsi que ses autres biens, ont été confisqués par la police contre-insurrectionnelle.

En février 2020, l’anarchiste persécuté Abtin Parsa a été contraint de quitter Athènes par décision politique, afin de mener une vie plus secrète dans une autre ville et d’échapper au contrôle de la police, en raison du contrôle excessif exercé par la police contre-insurrectionnelle sur son domicile, ses déplacements et même ses relations personnelles.

En mars 2020, l’anarchiste persécuté Abtin Parsa a été arrêté par la police anti-insurrectionnelle pour terrorisme.

Alors que l’asile politique de l’anarchiste persécuté Abtin Parsa arrivait à la fin de sa durée de trois ans, divers journaux grecs ont cité le ministère grec de l’Immigration qui a déclaré que l’asile politique de l’anarchiste persécuté Abtin Parsa avait été révoqué en raison de son arrestation le 30 mars 2020.
Après que l’État grec a révoqué l’asile politique de l’anarchiste persécuté Abtin Parsa, celui-ci a fui la Grèce et a demandé l’asile politique aux Pays-Bas.

En avril 2021, Abtin Parsa a été arrêté par des policiers néerlandais et accusé d’avoir organisé un soulèvement de migrants contre l’État néerlandais. (Ici vous pouvez trouver des infos sur la communauté anarchiste de migrants dans l’AZC Echt [2] : https://www.indymedia.nl/node/49617). Suite à son arrestation en avril 2021, l’anarchiste persécuté Abtin Parsa risque 5 ans de prison.

Aujourd’hui 8 juillet, l’État néerlandais a rejeté la demande du camarade Abtin Parsa concernant l’arrêt de sa procédure d’extradition vers la Grèce et a formellement décidé de l’extrader vers la Grèce. Lisez la déclaration du camarade Abtin Parsa ici : https://asranarshism.com/1400/04/17/bourgeois-justice-wants-to-extradite-me-anyway [Note de l’Anarchist Bure Cross: vous pouvez aussi lire la déclaration dans cet article]

En tant que fédération anarchiste locale d’Iran et d’Afghanistan, nous appelons à une semaine de solidarité internationale avec l’anarchiste Abtin Parsa (12-19 juillet 2021).

Federation of Anarchism Era

[1] Note de l’Anarchist Bure Cross: Islamic Revolutionary Guard Corps, branche des forces armées iraniennes.
[2] Note de l’Anarchist Bure Cross: Asielzoekerscentrum Echt, centre de rétention administrative pour migrants dans la ville d’Echt, au sud des Pays-Bas

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La justice bourgeoise veut m’extrader de toute façon – Abtin Parsa, 8 Juillet 2021

Initially published on https://asranarshism.com/1400/04/17/bourgeois-justice-wants-to-extradite-me-anyway

Aujourd’hui, jeudi 8 juillet 2021, l’État néerlandais vient de rejeter ma demande concernant l’arrêt de la procédure d’extradition à mon encontre en y joignant par e-mail, une ordonnance officielle d’extradition. J’ai la ferme intention de faire appel, de porter l’affaire devant les tribunaux, mais il est clair que la justice bourgeoise a de toute façon l’intention de m’extrader vers la Grèce.

Si je suis extradé vers la Grèce, mon plus gros problème ne sera pas d’y faire de la prison, car au-delà de ça, je suis aussi et surtout accusé de terrorisme par le régime théocratique iranien (en 2017, lors du soulèvement étudiant, j’ai été accusé d’avoir enseigné aux manifestant.es la fabrication de bombes artisanales, accusation diffusée à la télévision nationale iranienne), mon principal problème est donc le risque de me faire extrader de la Grèce vers l’Iran. J’ai déjà été torturé et emprisonné dans les prisons du régime théocratique d’Iran en 2014-2015, cette fois les adeptes d’Allah me tueront très certainement. C’est aussi ce que veut la justice bourgeoise européenne, parce qu’elle se sera ainsi débarrassée de moi par la même occasion.

Où est la solidarité ? Est-ce ainsi que les camarades occidentaux traitent leurs pairs venu.e.s du Moyen-Orient ? La vie d’un immigrant non-blanc, queer et anarchiste vaut-elle moins que cela ? N’avons-nous pas combattu côte à côte pendant des années contre l’ennemi commun dans les rues d’Europe ? Alors pourquoi la majorité des mouvements politiques occidentaux restent-ils silencieux sur cette affaire, dont la décision déterminera bientôt mon sort, ma vie, ma mort ? Pourquoi les mouvements LGBT occidentaux restent silencieux ? La vie d’une personne queer et non-binaire ne vaut-elle pas qu’on la soutienne ? Camarades, ce silence restera inscrit dans l’histoire des luttes de gauche et anarchistes, et restera sans aucun doute une honte historique sur le front des mouvements politiques occidentaux.

Abtin Parsa
8 juillet 2021

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Expériences de torture et d’emprisonnement des anarchistes en Iran

Publié initialement comme une série d’articles par la Federation of Anarchism Era sur:

Avertissement de l’Anarchist Bure Cross : ce texte aborde les sujets de torture et de viol.

Première partie

Pendant des heures, ils ont poussé ma tête sur une table en fer. Dans cette pièce, il y avait un baril d’eau suspendu au plafond. Du tonneau, de petites gouttes d’eau coulaient sur la table en fer. Je devais me taire et écouter les gouttes d’eau avec agonie.

À l’époque, j’avais 16 ans avec des opinions anarchistes et des croyances athées. J’ai été torturé à cause de mes opinions athées et de ma position anti-gouvernementale alors que j’étais étudiant à l’école Shahid Chamran à Zarghan, en Iran.

Le nom de la personne qui m’a torturé était Seyed Jaáfari ; du moins, c’est comme ça qu’ils l’ont appelé.

Pendant l’interrogatoire, la plupart du temps, une bouteille en verre vide était sur la table ; je n’avais pas d’autre choix, je devais tout accepter, même des choses que je n’avais jamais fait ; ils m’ont dit si vous n’acceptez rien de ce que nous vous disons, nous vous violerons avec cette bouteille vide. Nous nous sommes battus pour la liberté, pour l’égalité, nous avons été torturés, sous la menace. J’avais à peine seize ans en tant que prisonnier politique anarchiste en Iran. Il y avait beaucoup de gens là-bas dont certaines étaient des filles, les responsables des Gardiens de la Révolution les violaient chaque jour ; quand j’étais au centre de détention, ma chambre était près de la chambre de torture, je pouvais entendre leurs voix et leurs gémissements ; mon moral était totalement anéanti, j’ai voulu me suicider plusieurs fois, mais je pensais que je devais survivre pour pouvoir raconter que ce qui s’était passé là-bas ; j’ai dû survivre pour me venger. Maintenant je suis en Grèce mais je n’oublierai pas et je ne pardonnerai pas.

Abtin Parsa / 6 octobre 2018

Deuxième partie

Bien qu’ils m’aient permis de continuer ma scolarité à cause de mon âge, j’étais constamment sous contrôle à l’école, parfois même certaines personnes m’ont attaqué à l’école, m’ont battu et ont menacé de me violer moi et ma famille.

Après environ un an et demi et après de nombreux types de torture mentale et physique, alors que j’avais environ 17 ans et demi, il me semblait que ma période de condamnation avait expiré ; je voulais vraiment partir de Zarghan parce que j’en avais marre de cette ville ; même s’ils m’ont permis de partir, ils m’ont averti et menacé de beaucoup de choses, y compris de révéler ce qui m’était arrivé. Bref, dès que possible, j’ai quitté Zarghan pour Shiraz pour vivre dans une nouvelle ville, en fait c’était comme l’exil.

J’ai commencé une nouvelle vie à Shiraz sous les faux noms Dariush et Yashar, même si je savais que le changement de nom n’allait pas suffire à ce qu’ils me perdent de vue. Je souffrais gravement de maladie mentale à cause de la torture qui s’était passée. Après un certain temps, je suis entré dans une nouvelle école à Shiraz pour une courte période, mais en fait, mes pensées étaient très éloignées de ce que le système écrivait dans les livres d’école. Tout ce qui existait dans mon esprit était la lutte et la révolution pour la liberté et l’égalité. À Shiraz aussi vite que possible, j’ai essayé de trouver de nouveaux camarades intéressés par la lutte. Nous avons finalement créé un groupe politique de cinq personnes (mobarezaneh shiraz), mais cela n’a pas bien fonctionné. De plus, à cause des préoccupations de certains camarades sur des questions de sécurité, nous avons dissous le groupe, après certaines activités, dont la publication d’une déclaration anti-gouvernementale.

Cette mauvaise expérience d’activité politique avec le collectif dans un contexte pratique m’a forcé à avoir activité politique sur Internet mais moi, en tant qu’anarchiste, j’ai préféré le contexte pratique. Alors je pensais brûler l’un des centres gouvernementaux, l’une des idées était de faire exploser le quartier général de l’Imam Jomeh qui se trouvait dans la rue Karimkhan Zand.

Abtin Parsa / 16 octobre 2018

Troisième partie

À l’été 2016, la municipalité a clôturé la place située en face du quartier général de l’Imam Jomeh. Le travail était devenu beaucoup plus difficile car la clôture occupait l’espace nécessaire à la réalisation d’une attaque explosive ; en fait, il n’y avait pas d’autre choix que d’attaquer avec des Molotov, mais cela n’aurait fait aucun dégât donc inévitablement l’opération a été arrêtée.

La leçon que j’ai apprise ce jour-là était le pouvoir de la patience. Parfois, vous devez attendre des années et surveiller la cible.

Presque toutes les semaines, j’ai vérifié l’objectif, afin de mettre à jour les coordonnées dans mon esprit.

Lors de l’un des jours où je vérifiais mes cibles, à proximité de l’une des cibles – un magasin fasciste – j’ai trouvé une personne qui vendait des livres sur la place Karimkhan Zand.

En faisant plus attention, je compris que la plupart des livres étaient des livres dont la vente et la possession étaient interdites en Iran, je suis passé sans manifester mon intérêt, mais le lendemain j’y suis retourné pour parler avec lui et acheter des livres.

Après quelques semaines, nous sommes devenus amis, et il m’a dit qu’il avait plus de livres qu’il ne pouvait pas apporter ici parce qu’ils étaient plus illégaux.

À cette époque, j’avais une petite boutique devant le centre d’enregistrement de Shiraz, je comptais y vendre des livres parce que j’avais besoin d’argent pour faire des choses plus sérieuses ; maintenant que j’y pense, ça a été l’une de mes plus grosses erreurs car ça a été le début d’une boutique de livres interdite, ce qui m’a par la suite obligé à fuir l’Iran.

Par contre, l’activité que j’ai eue sur Internet m’a fait faire la connaissance d’une fille communiste-féministe qui vivait à Téhéran, au bout d’un moment, on s’est rendu compte qu’on s’intéressait l’un.e à l’autre, mais on avait vraiment pas beaucoup d’informations l’un.e sur l’autre, à part quelques discussions politiques.

Abtin Parsa / 16 octobre 2018

Quatrième partie

Rencontre avec un camarade révolutionnaire à Shiraz. Puisqu’il est toujours en Iran, on ne va publier aucune information personnelle, je l’ai connu, et je lui ai demandé une rencontre en face à face pour parler.

Mais pour une telle réunion et pour échapper aux agences de renseignement du régime iranien, il fallait une opération de contre-espionnage. Donc, après qu’il ait accepté l’invitation à se rencontrer, j’ai imaginé deux moments et lieux différents ; premier moment et lieu pour la première rencontre, et deuxième moment et lieu pour que, si on n’arrive pas à se rencontrer lors de la première occasion, on puisse se rencontrer au deuxième moment et lieu (parc Azadi dans le centre de Shiraz à 16:00).

J’ai donné une photo de moi à notre ami commun et lui ai demandé de m’envoyer une photo de lui car c’était très important pour nous qu’on puisse se reconnaître facilement.

Ensuite, je lui ai envoyé les détails de la réunion, via notre ami commun.

La personne qui arrive la première au point de rencontre ne doit pas rester au même endroit ; elle doit bouger.

Une fois qu’on s’est repéré, on doit établir un contact visuel.

On ne se rapprochera jamais trop l’un de l’autre.

On doit s’assurer que personne ne nous poursuit, il doit donc commencer à marcher et je le suivrai après m’être assuré que personne ne l’a poursuivi, je toucherai mes vêtements plusieurs fois comme si j’avais chaud, puis il devra faire la même chose.

En cas de danger, la réunion sera annulée et on se retrouvera au deuxième moment et lieu.

La réunion était bien faite, mais mon évasion forcée de Shiraz à Téhéran ne nous a jamais permis d’avoir un projet commun.

Abtin Parsa / 17 octobre 2018

Cinquième partie

Fuite de Shiraz vers Téhéran.

La question a toujours existé dans mon esprit : pourquoi celleux qui se disent pacifiques ne considèrent pas la violence du système contre les gens comme des attaques terroristes, alors que si nous retournons la violence au système, ils nous traitent de terroristes.

En fait, ils font partie de ce système, ce système qui parle de paix car il veut que l’usage de la violence ne soit que son monopole.

Oui mes camarades révolutionnaires (je ne connais pas beaucoup d’entre vous), quand on a volé des riches pour obtenir de l’argent pour continuer la lutte des guerillas, ils nous ont traités de violents et de voleurs mais ils n’ont jamais dit que les vrais voleurs sont ceux qui ont des biens et ne les partagent pas avec des gens qui sont dans le besoin, ils ne disent jamais que les vrais violents sont les banques qui violent notre communauté avec l’argent tous les jours, quand il y a eu des morts parmis les fascistes et les autorités du régime iranien, ils nous ont appelé terroristes, mais ils n’ont jamais dit que les vrais terroristes sont ceux qui ont tué notre liberté et notre égalité, alors continuons jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’autorité.

Pour effectuer des opérations plus sérieuses j’avais besoin de plus d’argent, je pensais voler un des magasins du quartier Mali Abad de Shiraz qui est un quartier bourgeois, mais une maladie au cours du dernier mois de ma présence à Shiraz m’a empêché de mener à bien toute opération, je ne pouvais même plus vendre les livres interdits.

Et dans ces circonstances j’ai remarqué quelques mouvements autour de moi. Ça a commencé une nuit où j’étais rentré de ma petite boutique de la rue Koye Zahra à Shiraz quand j’ai réalisé que j’étais poursuivi par une personne intangible, je suppose que c’était un agent du renseignement, alors je voulais en être sûr, et aussi si c’était nécessaire, avoir la capacité stratégique d’attaquer, pour cette raison j’ai rapidement bifurqué vers d’autres rues. La personne concernée a bifurqué également, mais à cause de ma maladie, j’ai préféré fuir que de l’affronter, puis, le plus tôt possible, grâce un téléphone portable j’ai contacté l’un des camarades révolutionnaires de Téhéran je lui ai expliqué ma situation autant que possible, très vite pour protéger les informations j’ai détruit mes notes et dans un bus je suis allé à Téhéran, on s’est rencontré à Téhéran dans certaines conditions de sécurité et il a été décidé de quitter l’Iran ensemble.

Abtin Parsa / 11 novembre 2018

Sixième partie

Après quelques jours d’errance au niveau de la frontière entre l’Iran et la Turquie, nous avons finalement réussi à nous échapper par une nuit froide. Nous étions sûrs que si nous ne pouvions pas nous échapper rapidement, ils nous trouveraient.

La situation politique en Turquie n’était pas meilleure qu’en l’Iran avec un dictateur stupide comme Erdogan, j’ai préféré ne pas y faire d’activités politiques, alors nous avons décidé de nous enfuir en Grèce.

Enfin, nous avons atteint la petite île de Samos en Grèce dans les environs d’Izmir.

Pendant le séjour dans le camp de Samos, le régime iranien, qui a été informé de mon évasion, a déclaré avoir arrêté mes deux camarades de lutte.

Ils ont dit que j’étais responsable d’eux, en fait ils prévoyaient indirectement de me ramener en Iran en me mettant la pression.

Ils ont même publié certaines informations sur mes camarades pour me prouver leurs intentions.

Mais j’ai décidé de ne pas retourner en Iran car je savais que mon retour ne les aiderait pas, et que je ne ferais que me livrer au régime iranien.

Finalement, ils ont émis ma fatwa (meurtre), ce qui signifie que tous ceux qui me tuent iront au paradis. Peu de temps après, nous avons été attaqués au camp, mon camarade a été blessé par un couteau et j’ai été battu.

On a demandé de l’aide au UNHCR [1]. Finalement, après avoir pris conscience de la gravité de l’affaire, l’UNHCR m’a proposé de parler avec Interpol. Mais aucune réponse ne m’a été donnée sauf que la Grèce est un pays sûr.

Abtin Parsa / 17 janvier 2019

[1] Note de l’Anarchist Bure Cross: Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Bristol (UK) : Une action contre un journaliste du Bristol Post

Act for freedom now! / lundi 19 juillet 2021

AVERTISSEMENT ! Aux agents de l’État : nous aussi, nous recueillons des renseignements !

Un message pour Simon Chapman

En tant que photographe free-lance, dans une course effrénée pour te faire de la thune rapidement, tu prends des photos qui révèlent l’identité des gens, alors qu’il est tout à fait possible de prendre des images sous un angle différent, sans montrer de visages. Ce financement inconsidéré de ton train de vie te vaut un rappel : prend ça comme un avertissement !

Il y a eu de nombreuses manifestations, récemment, et Simon Chapman est allé à la plupart de celles-ci, afin de se faire un nom (et du fric). C’est pourquoi nous lui avons rendu visite…

40 Stafford Road, St. Werburghs, Bristol.

Nous avons tagué « Simon Chapman Photo-Flic » sur sa maison et « c’est le Big Brother » sur sa porte. Nous espérions pouvoir nous en prendre aussi à sa voiture (une Ford Focus grise immatriculée DE53 XZS) mais elle ne se trouvait pas là quand nous lui avons rendu visite.

Chapman est le secrétaire de la section de Bristol du Syndicat national des journalistes. Il a vendu des images de personnes au Daily Telegraph et au Mirror et il vend régulièrement ses photos au Bristol Post (qui a derrière soi une longue histoire de publication de photos venant de la police ; ce journal encourage les gens à la délation et à signaler les allées et venues des « personnes suspectes »). Les images de Chapman montrent souvent des personnes dans des situations incriminantes. Dans sa soif de célébrité et d’argent, il collecte des preuves pour l’État et il tire profit du fait de mettre en danger des personnes.

A Bristol, l’histoire de l’action directe a toujours intéressé la presse à grand tirage (en particulier le Bristol Post).
Maintenant plus que jamais, des autoproclamés experts, activistes et journalistes free-lance font leurs carrières en interprétant les actions des autres. Des actes de rébellion sont passivement conditionnés pour devenir des appâts pour gagner de la visibilité sur internet, ils sont utilisés comme capital culturel dans une forme audacieuse de gentrification et aussi utilisés par l’État comme preuve à son avantage dans le vieil discours (mais qui malheureusement continue) sur les « bonnes » et les « mauvaises » formes d’action/d’anarchisme.

Comme beaucoup d’autres, Simon Chapman a fait sa carrière en acquérant de la considération dans les milieux activistes, avant de s’en servir pour lancer sa carrière dans la presse grand public.

Nous n’avons pas de photo de Chapman, mais il est de taille moyenne, sans barbe et il porte toujours des habits neutres. Il a toujours un téléobjectif ridicule sur son appareil photo et souvent aussi un grand sac à dos avec une protection imperméable.

Il porte presque toujours un chapeau de type « bob » et des chaussures de marche et il se comporte avec beaucoup d’assurance, lorsqu’il se pavane en prenant des photos. Peut-être que, maintenant, il regardera un peu plus autour de soi, au lieu de toujours attirer l’attention sur les autres.

Les temps ont changé, depuis les émeutes de Bristol de 2011, et l’État de surveillance est plus généralisé… Mais pas omniscient. Cette action veut rappeler à tous ceux qui aident la police dans ses enquêtes, en documentant des moments de rébellion, que nous aussi nous avons des yeux… et que nous vous observons.

Chapman n’est qu’un seul individu, dans une ville remplie d’autoproclamés experts en médias, journalistes « alternatifs » et organes de presse… mais n’oubliez pas que la surveillance fonctionne dans les deux sens et que nous vous suivons de près.

Nous refusons d’être médiatisé.e.s ou présenté.e.s sous un faux jour. Nous ne parlons que pour
nous-mêmes.

A plus, dans les rues !

Volos (Grèce) : Attaque incendiaire contre l’usine AGET

Dark Nights / vendredi 23 juillet 2021

Volos : Attaque incendiaire contre l’usine AGET, de la part de la Cellule d’Action Directe « Vassilis Maggos »

L’ACTION REMPLACE LES LARMES

Au petit matin du dimanche 18 juillet, nous avons placé un engin incendiaire sous les transformateurs du poste électrique d’AGET [ΑΓΕΤ, AGET Heracles, entreprise de matériaux de construction, filiale de LafargeHolcim ; son usine de Volos est la plus grande cimenterie d’Europe ; NdAtt.], située à l’intérieur de cette usine.

Nous avons mené cette action pour rendre hommage à notre compagnon Vassilis Maggos*, exactement un an après sa mort. Nous n’oublions pas et ne pardonnerons pas les auteurs de son tabassage et de ses tortures. L’usine AGET est un fléau pour la ville de Volos, elle montre attitude autoritaire des institutions du pouvoir à l’encontre de l’environnement et la société de Volos. Ils sont les responsables moraux des événements de l’année dernière, qui ont conduit à la mort de notre compagnon, et cela ne sera pas oublié, jusqu’à quand nous ne verrons pas les cendres et les ruines de cette usine.

Dans ce contexte, nous avons offert plusieurs litres d’essence et de nombreuses flammes à ceux qui, jour après jour, donnent le cancer à une ville entière. Le système a caché l’action parce qu’il se sent et ils est vulnérable, nous confirmant que la peur a commencé à changer de camp. C’est l’affaire de tout le monde de prendre sa propre vie en main, en termes militants.

Les larmes pour Vassilis deviendront leurs cauchemars.
Et même si nous ne gagnerons jamais, nous nous battrons toujours !

Cellule d’Action Directe « Vassilis Maggos »
Dimanche 18 juillet 2021

* Note d’Attaque : le 14 juin 2020, lors d’une manifestation à Volos, Vassilis Maggos a été durement tabassé par les flics. Les coups ont duré pendant sa garde-à-vue, jusqu’à lui casser sept côtes et à atteindre des organes vitaux. Le 13 juillet, Vassilis a été retrouvé mort dans sa chambre par sa mère.

Turin (Italie) : Début du procès en première instance pour l’opération Scintilla

Il Rovescio / mercredi 21 juillet 2021

Les trois audiences préliminaires pour le procès issu de l’opération Scintilla sont terminées et le Juge d’instruction a confirmé l’ensemble des charges et la mise en accusation des 18 inculpés, pour l’ensemble des chefs d’inculpation.


Bien entendu, l’accusation de provocation aux crimes et délits et celle d’association subversive (article 270 bis du Code pénal) ont été confirmées. Les délits précis, liés à l’association n’ont pas changé non plus. Il s’agit donc du placement de deux jerrycans devant deux distributeurs de billets de la Poste, de la dégradation par incendie, en collaboration avec des détenus, du Centre de Rétention Administrative de Turin et de l’envoi d’un colis incendiaire à l’entreprise Ladisa, qui gérait la cantine de la structure de Corso Brunelleschi.

La prochaine audience du procès est fixée pour le 7 octobre, au tribunal de Turin. Nous rappelons que Carla, après presque un an et demi de cavale et 8 mois de prison, est toujours aux arrestations domiciliaires (depuis un peu plus d’une semaine elle n’a plus de restrictions [elle peut donc recevoir de la visite et communiquer avec des personnes autres que ses colocs ; NdAtt.]. En revanche, toutes les mesures restrictives mineures liées à cette procédure judiciaire sont tombées.

Nous profitons de cette mise à jour pour rappeler que Natascia a été transférée à la prison de Rebibbia. Inculpée dans le procès de l’opération Prometeo, elle est également accusée d’association subversive dans le procès de l’opération Scintilla.

Nous en profitons pour envoyer une pensée chaleureuse à ceux qui restent enfermés.
Liberté pour toutes et tous !

Pour écrire à Natascia :
Natascia Savio
C.C. di Roma Rebibbia femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 – Roma (Italie)
(elle parle aussi français)

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Santiago (Chili) : Sur la « reformalisation » des accusation contre Mónica et Francisco

Publicacion refractario / mardi 20 juillet 2021

Mercredi 14 juillet 2021, les compas Mónica et Francisco, ont eu leur audience de « reformalisation » des accusations, de la part du Parquet Sud, devant la 11ème Tribunal de Garantie.

A travers une audience en visioconférence, Mónica, de la prison de San Miguel, et Francisco, de la prison de Rancagua, ont écouté le monologue du procureur Claudio Orellana, qui a reformulés les accusations, tout en maintenant les mêmes délits et les mêmes chefs d’accusation en vertu de la loi sur le contrôle des armes, du code pénal et de la justice militaire, mais ajoutant aussi quelques petits détails.

L’extension de la période d’enquête, qui a déjà été prolongée de près d’un an, est prévue pour le mois d’août. Face à la possibilité que l’enquête soit close ou que le tribunal ne donne pas un autre délai, le parquet a décidé de reformuler les accusations, de façon que la procédure reste cohérente et sans faille, au cas où l’on arriverait au procès.

En résumé, les compas sont toujours accusé.e.s des délits suivants :

Francisco : envoi de deux colis explosifs contre le 54e commissariat de police et contre l’ancien ministre de l’Intérieur Hinzpeter, ce qui donne 2 délits d’envoi d’explosif, 2 tentatives d’homicide contre des policiers, 1 tentative d’homicide qualifié contre Hinzpetter, 6 blessures légères contre des policiers, 1 délit d’usurpation d’identité et 1 délit de dégradation aggravée.

Mónica et Francisco : double attaque explosive contre le centre Tánica, ce qui donne 2 délits de pose d’engin explosif sur la voie publique.

Mónica : de la marijuana aurait été trouvée dans un lieu commun de la maison perquisitionnée, ce qui porte au délit de trafic illicite de stupéfiants, en petite quantité.

Le même jour que la « reformalisation », un rassemblement a été appelé dans le centre de Santiago. Pour geste des autorités, une réponse de la rue. Les choses sont claires : les compas ne sont pas seul.e.s !

Solidarité et complicité avec Mónica et Francisco !
Sédition contre l’État policier !

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Gênes (Italie) : Deux antennes-relais sabotées par le feu

reçu par mail / dimanche 18 juillet 2021

« Avez vous mangé quelque chose qui n’a pas passé ? » demanda Bernard.
Le Sauvage fit un signe de tête affirmatif. « J’ai mangé la civilisation. »
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes

L’oppression: un mal endémique de notre existence

Une brève histoire

L’oppression étatique ou para-étatique remonte à plusieurs milliers d’années et elle est passée par des étapes bien précises, qui commencent avec la naissance des premières villes, devenues par la suite des cités-États, des royaumes, des empires.
Ceux qui choisissaient de vivre en dehors de ces « organisations » pouvaient vivre comme ils le voulaient.

Le premier gouvernement moderne naît avec la Révolution française, il est centralisé, homologuant, il efface les us, les coutumes et les habitudes, remplacés par les directives du parlement.
Les révoltes et les résistances contre ce changement ont été farouches et ont été réprimées de manière également farouche.

Ensuite, la révolution industrielle, la mère de toutes les révolutions, est arrivée.
Avec elle, ont été posées les bases du capitalisme, qui a évolué jusqu’à devenir celui d’aujourd’hui.
Contrairement aux États, le capitalisme ne connaît pas de frontières ; pareil pour les émeutes qui s’y sont opposées et qui ont touché l’Europe et les États-Unis pendant toute le XIXe siècle et une bonne partie du XXe.

A nos jours, la science, acteur fondamental aux côtés de l’État et du capital, entre en jeu.
L’avancée technologique est un autre instrument issu du capitalisme, elle crée du profit et elle ouvre des nouvelles voies au développement industriel.
Des calèches aux voitures, de l’agriculture rurale à celle mécanisée, des guerres combattues avec des arcs et des flèches à celles avec les drones.

Les scientifiques, hommes et femmes, sont toujours prêts à offrir leur soutien à l’autorité et à la répression, à affiner les instruments de la propagande, tels la radio, la télé, la presse, internet, ainsi qu’à fournir les États en armes destructrices et meurtrières.

Des entreprises comme Ansaldo Nucleare, Piaggio Aerospace, Leonardo, Iit et Eni sont les fleurons de l’État italien, en ce qui concerne le développement des secteurs des armements, de la technologie et de l’énergie.
Mais pour nous, anarchistes, elles sont la personnification du mal et, en tant que telles, elle doivent être détruites, à cause des abominations dont elles se rendent coupables.
Chacune de ces entreprises est synonyme de guerres, de dévastations, de pillages.

L’Iit, comme le MIT de Boston, travaille pour créer des robots bipèdes ou quadrupèdes, très sophistiqués, utilisables aussi à des fins répressifs, comme cela arrive déjà aux États-Unis.

Le 24 décembre 2018, la Iit a été attaquée par la F.A.I./F.R.I Groupe d’action immédiate.
Nous relayons un passage de leur revendication :
« On y développe [à l’Iit] des études en neuroscience, « brain technologies » et des recherches génétiques pour la manipulation du vivant. Actif aussi dans le secteur des nanotechnologies, l’Iit mène des recherches sur les nanomatériaux et leur utilisation, ainsi que sur le développement de matériaux pour convertir et stocker l’énergie, dont l’actuel système de production a besoin dans des quantités énormes, pour maintenir la vitesse de la folle course en avant du progrès. […] Au service du capital et de l’État policier qui veille à sa protection, l’Iit est engagé dans la réalisation de systèmes de « computer vision » pour des systèmes utilisables dans l’identification et le contrôle social. »

C’est-à-dire que l’Iit essaye de montrer toujours son visage bien propret, en parlant de robots qui aident les personnes âgées, de recherche contre le cancer ou de bracelets « smarts », appelés iFeel-You, pour déterminer la distance de sécurité entre les gens, en temps de pandémie ; des projets, ces derniers, à combattre quand-même, mais on connaît la vraie nature de ce monstre et les compas qui, le 24 décembre 2018, sont allés toquer à sa porte, avaient déjà clarifié bien de choses.

Leonardo et Piaggio Aerospace produisent « simplement » des armes de guerre qu’ils vendent au reste du monde :
des munitions, des missiles, des torpilles, de l’artillerie, des systèmes de visée, des avions cargo militaires, des avions de chasse F-35, des drones ; ils construisent et testent des moteurs d’avions, ils en construisent des parties, ils développent des technologies spatiales… mais on va s’arrêter ici.
Il y a quelques mois, Leonardo a signé un accord de collaboration avec l’Iit.

Eni, aux côtés de Shell et Chevron, juste pour faire quelques noms, saccage et pollue un peu partout à travers la planète et elle provoque des guerres civiles et de la pauvreté dans les territoires où elle extrait du pétrole.

Ansaldo Nucleare, comme toutes les entreprises nommées ci-dessus, n’a pas besoin d’être présentée : son nom dit déjà beaucoup de choses. Ils construisent des centrales nucléaires et fournissent leurs conseils pour tout ce qui concerne le secteur de l’énergie nucléaire.

Hiroshima et Nagasaki, les tests des armes nucléaires commencés en 1945 aux États-Unis (dans l’océan Pacifique et au Nevada), puis ceux de l’Union Soviétique de l’époque (au Kazakhstan et en Ukraine), de la France (à Moruroa) et après encore Tchernobyl et Fukushima.
Il est évident que ces expériences atroces, comme tant d’autres que nous n’avons pas énumérées, n’ont rien appris aux scientifiques du nucléaire.
Heureusement, de tempe en temps une petite vague de l’océan de souffrance qu’ils provoquent leur revient en arrière : nous ne pouvons pas éviter de rappeler l’acte courageux de deux de nos frères, Alfredo et Nicola, qu’en mai 2012 ont tiré dans la jambe du directeur général de l’époque d’Ansaldo Nucleare, à Gênes.
Un vrai bonheur !

Mais, malgré ça, les guerres, la bombe atomique, la dévastation et la pollution de la Terre planent comme un perpétuel holocauste à venir. La propagande d’État, continuelle et massive, a réussi a faire passer comme bonnes, neutres et nécessaires les prestations de ces usines de la mort.

Le résultat de cette brève analyse historique est qu’aujourd’hui nous vivons dans une société lointaine d’être idyllique, au contraire pour certaines personnes ils s’agit d’un vrai enfer et les responsables de cette situation ont des noms et des prénoms.

Pour ce qui est du futur, eh bien, il ne n’agit certainement pas d’un avenir prometteur, ses prémisses ont été écrites il y a des millénaires et elles suivent leur cours naturel, qui traverse aussi notre époque.
C’est à nous de nous insérer avec force dans le temps et dans l’espace et d’interrompre, même si seulement pendant un court moment, ce flux continuel de faits tyranniques.
Nous en avons les moyens, les idées et la force, donc allons-y !!!

Un Moyen Âge smart

Un général anglais occupé à coloniser d’autres pays assurait qu’un chantier ou une route ont la même valeur d’une garnison.
En Occident, dans ce nouveau millénaire, on assiste a une colonisation de type nouveau, celle de la technologie et de l’industrie, qui doit occuper tout endroit, poussant ses tentacules partout.
Cette pieuvre, en partant des villes, déplie ses appendices jusqu’au cimes les plus hautes.
Elle ne change pas d’avis, même face à des signes préoccupants comme le changement climatique, des épidémies et la pollution, au contraire : en avant toute ! avec le vent en poupe et la confiance dans la science et dans ce tant vanté progrès.

Ce progrès qui nous fait filer à travers les villes avec des voitures et des motos électriques, qui nous enivre avec de plus en plus de dispositifs « de nouvelle génération », qui remplit le ciel avec des drones et des satellites, qui veut nous faire participer à des révolutions « vertes », en nous conseillant d’installer chez nous des panneaux solaires, des éoliennes et des pylônes dans le jardin, des antennes 5G sur le toit.
Certaines de ces inventions ne pourraient pas exister s’il n’y avait pas des matières comme le cobalt, le lithium ou le silice.
Ces éléments sont le cœur et la batterie de tout dispositif électronique et ils sont fondamentaux pour la production de panneaux solaires.

De millier de femmes, d’hommes et d’enfants, de la République Démocratique du Congo à la Bolivie, à l’Argentine et au Chili, sont exploités pour moins de deux dollars par jour dans des mines, pour extraire ce minerai.
Apple, Microsoft, Samsung, Sony, Tesla, BMW, FCA [l’ancien nom de Fiat Chrysler Automobiles, devenue Stellantys après sa fusion avec le groupe PSA ; NdAtt.] sont parmi les sociétés qui s’enrichissent, en collaboration avec leurs gouvernements, en faisant de la propagande, comme un mantra, pour la technologie « verte », qu’ils présentent comme « la dernière chance pour sauver la planète, avant la catastrophe » (dont ils sont s responsables), mais aux dépenses de nombreuses personnes carrément réduites en esclavage.
Sans parler des « grands projets » : des voies rapides et des nouvelles lignes ferroviaires qui percent des montagnes, des ports qui s’élargissent en déversant des tonnes de béton dans la mer, afin de permettre l’amarrage de navires de croisière ou d’énormes vaisseau cargo, des antennes-relais qui défigurent des panoramas et détruisent des écosystèmes et puis des centres commerciaux, des aéroports, des usines, des centrales nucléaires.

Dans ce texte vous ne trouverez pas des réclamations syndicales ou des propositions de boycott d’une marque ou d’une autre, nous ne cherchons pas des clins d’œil de la part de politiciens bien-pensants ni des rencontres avec le Pape. Nous avons déjà parlé, par les faits ; nous nous limitons ici à souligner ces « folies normales » de notre époque, qui servent à alimenter en continu cette société capitaliste boulimique.

Il faut dire que parfois ces projets sont contestés par les populations qui les subissent, mais une fois que le système a gagné le peu de résistance de la part d’une partie de celles-ci (qui, même quand elles se rendent compte du problème, l’acceptent comme moindre mal ou comme prix à payer pour une existence confortable et irresponsable), se faisant fort d’une majorité qui exige plus de confort, plus de « bien-être », il avance presque sans accroc.

Que l’on pense au fait que, avec l’excuse de l’épidémie de Covid-19, les gouvernements ont instauré des vrais États policiers, nous enfermant chez nous avec des vraies arrestations domiciliaires. Peut-être que certaines personne ont refoulé tout cela, pour défendre leur psyché, mais d’autres en portent les cicatrices : que l’on pense à l’augmentation exponentielle de violences domestiques et d’internements contrains en HP – d’autre personnes encore ne sont plus là, tuées en prison ou à la maison par leurs bourreaux.
Et n’oublions pas le déploiement de forces mis en place par l’État italien contre « ses citoyens », pour réprimer des formes de liberté inaliénables, effacées de facto pendant le confinement :
des centaines de barrages routiers, des milliers d’amendes, des hélicoptères, des drones, des hors-bord, la surveillance massive via les GPS des téléphones portables, l’armée, la police, les Carabinieri, les douanes, les polices locales, la protection civile et, pour couronner le tout, la délation des citoyens-shérifs.
Si on y ajoute la propagande asphyxiante de la part de politiciens et journalistes, qui remplissent la télé et les réseaux sociaux, on voit qu’ils ont instillé dans les esprits des gens qui les suivent la peur de la contamination et des paranoïas sociales.
Cet assaut aux médias prédominants a donné un coup de plus a une société déjà prosternée devant les désirs matériaux les plus vils et qui n’a plus rien à demander – à part le mot de passe du Wifi ; en effet, la réponse à tout cela, excepté quelques poches de résistance, c’était des applaudissements et des chansons depuis les balcons.

Bref, la « cage dorée » où la plus grande partie des peuples occidentaux se trouve enfermée est fortement voulue, préconisée et invoquée.
Face à tout cela, les exploités et les exclus luttent pour se tailler une place meilleure, une position de privilège, coûte que coûte.
Tous ceux qui désirent, s’approprient le slogan de l’« american way of life ».
C’est pour cette raison que nous restons à l’écart de toute lutte revendicative, nous n’avons pas d’espoir qu’elle se transforme en quelque chose d’autre.
Nous trouvons plus intéressant de frapper ce qui rend confortable et moelleuse notre prison, même quand cela va à l’encontre de « notre bien », quand il va à l’encontre de ce Moyen Âge étincelant.

La « smart city »

Regarde le monde autour de toi ; que vois-tu ?
Un parc d’attraction sans fin, où tout est transformé en loisir.
Science, politique, éducation sont toutes des manèges de fête foraine.
C’est triste, mais les gens achètent les tickets et y montent.
Il s’agit des ainsi-dites « villes intelligentes », plus précisément « smart city », parsemées de capteurs, traversées par des flux, des réseaux, peuplées par des masses indifférenciées d’usagers connectés, qui tapent hystériquement sur leurs appareils, pour ne pas perdre le contact avec ce qu’ils croient être la réalité.

Les politiciens, les bureaucrates et, surtout, les scientifiques veulent faire passer le concept de smart city comme synonyme d’évolution humaine, quelque chose qui facilite tout mouvement et toute pensée imperceptiblement ébauché par l’individu.
De la voirie aux infrastructures, les nouvelles technologies exploitent la ville selon leur logique : efficacité et profit.
Ce qui en ressort est une société aliénée, frénétique, où le fossé entre riches et pauvres est toujours plus profond et où la surveillance de l’individu est partout.
Dans la logique de la smart city, l’individu est perçu comme un objet ordinaire, à échanger, de la simple marchandise, exactement comme un paquet de biscuits, non pas un être humain conscient, avec sa sensibilité et sa capacité critique, mais un simple « code-barres », programmé pour produire et consommer. Depuis longtemps, la science étudie la manière de ne plus laisser mourir ce type d’individu.
Dans ce cas aussi, une grande partie de l’Occident a accepté et a cru dans ces rêves bidons, qui se sont avérés être des « chaînes », et elle n’arrive plus à s’en passer ; le smartphone en est l’exemple le plus flagrant.

Le smartphone est désormais une extension de nos corps – un vrai exemple de transhumanisme – et, avec ses attractions de fête foraine, il nous jette dans un état de somnambulisme et il nous transforme en promoteurs de cette paix sociale qui satisfait tellement les gouvernements occidentaux.
Moitié des habitants de la planète meurt dans des guerres génocidaires, de faim et de différentes maladies, mais l’autre moitié avance sans s’en apercevoir vers sa mort cérébrale – « le prisonnier qui cire ses chaînes » : la métaphore parfaite d’une société viciées et psychologiquement dissociée.

La smart city est le produit de la pensée scientiste, égoïste et égotiste qui prévaut dans cette partie de la planète, l’humilité est rare et on ne veut pas comprendre que nous sommes le fruit d’un accident de la nature, on pense au contraire d’être au centre de l’univers ou même d’être une quelque forme de divinité.
On poursuit depuis toujours, de manière bornée, l’idéologie du « progrès » et l’on continue à vivre dans une société-prison soft, façonnée par des générations de « détenus » qui nous ont précédés ; cependant, d’une façon ou d’une autre, à notre manière, parfois nous nous évadons de cette prison soft et alors nous pouvons dire « aujourd’hui nous avons vécu ! ».

Attaque !

En tant qu’anarchistes, nous somme en conflit avec l’existant, dans une critique de ce qui nous entoure et une autocritique continuelles, sans jamais perdre de vue le binôme fondamental de la tension anarchiste :
théorie et action.
Dans une époque où nos concepts et nos pratiques sont lointains des « masses populaires », nous n’attendons pas des « grands soirs », nous attaquons ici et maintenant, informellement et sans calculs politiciens.

Nos ennemis de toujours, les femmes et les hommes de l’autorité, affinent de plus en plus leur arsenal fait de fer, de silice et de plastique, mais cela ne doit pas nous démoraliser.
Les moyens pour porter des coups à notre ennemi son nombreux, nous avons choisi l’action violente révolutionnaire !

Nous épousons la philosophie de la propagande par le fait et nous la pratiquerons jusqu’à quand nous pourrons marcher sur les ruines de cette société de plastique. Que les actions directs servent de boussole pour toutes celles et tous ceux qui ont le cœur ardent et qui ont envie de laisser flamber leurs flammes de rage et de vengeance contre ce qui les opprime.
Tout le monde peut le faire, il suffit de le vouloir.

Nous l’avons fait dans la nuit du 18 juillet, en sabotant par le feu deux antennes-relais.

Nous ne courons pas après des dates, nous agissons selon notre propre rythme, mais le hasard a fait qu’en cette période tombe le vingtième anniversaire du G8 de Gênes et de la mort tragique de Carlo Giuliani.
Pendant ces 20 ans, des politiciens, des petits chefs et des politicards du « milieu », des prêtres et même la famille de Carlo, tout le monde a craché sur les éventements de ces jours-là – certains vomissant leurs anxiétés réformistes lointaines de toute vérités, d’autres vomissant des vraies diffamations sur de Carlo.
Nous pouvons nous tromper, mais il est probable que les mêmes analyses de cette époque-là seront présentées à nouveau, les prochains jours.

Au contraire, nous voulons nous souvenir de lui en lui restituant la dignité qu’il mérite, sans hypocrisies, loin de toute idolâtrie.
Carlo, en participant de manière active aux émeutes de ces jours-là, plus précisément en Piazza Alimonda, en portant une cagoule, essayait de projeter un extincteur dans un 4×4 des Carabinieri, mais un sale larbin de l’État l’a assassiné d’un coup dans la tête.

Les flammes que nous avons libéré la nuit dernière, pour incendier ces deux appendices de la domination, nous voulons les dédier à Carlo et à tous les rebelles et les révolutionnaires qui sont morts, à travers le monde, en luttant pour la liberté, l’égalité et la justice sociale.
Voilà quelques-uns des principes qui font partie de ce que nous appelons, philosophiquement et (avec nos moyens) pratiquement, Guerre Sociale.

Solidarité internationale avec toutes et tous les prisonniers anarchistes !
Solidarité avec nos frères et nos sœurs en grève de la faim !
Solidarité avec les compagnons et les compagnonnes soumis à la surveillance spéciale !
Nous envoyons une accolade et un sourire complice à ceux qui sont en cavale !
Pour les compagnons et les compagnonnes qui nous ont quittés avant l’heure :
vos noms luisent dans les flammes par lesquelles nous attaquons !
Pour l’Internationale noire !

Anarchistes pour la destruction de l’existant

San Francisco (USA) : Des queers ont vandalisé la maison de merde du sénateur Scott Weimer, au Castro

Indybay / mercredi 7 juillet 2021

Pourquoi nous avons pris pour cible Wiener [Scott Wiener, membre du Sénat de Californie, démocrate et ouvertement homosexuel – il habite dans le quartier du Castro, le « quartier gay » de San Francisco, largement gentrifié ; NdAtt.], le 5 juillet… et pourquoi vous devriez faire de même !


Soyons clair.e.s : LES PÉDÉS DÉTESTENT WIENER ! Nous en avons marre du capitalisme arc-en-ciel, et nous en avons marre de cette ordure embourgoisie de Wiener. N’oubliez pas qu’un politicien gay reste un politicien. Un proprio gay reste un proprio. Une policière guine reste un flic. En parlant de ça, que pensons-nous du fait que le « progressiste » Wiener pompe les dons des politiques pour de la police, qu’il criminalise les pauvres et fait de la propagande pour les sociétés immobilières ? Oh, il en fait juste assez pour rester un toutou libéral aux yeux des ignorant.e.s. Mais jamais assez pour changer le monde.

Soyons clair.e.s : UNE PRIDE® SOUS LA HOULETTE DES ENTREPRISE NE SIGNIFIE RIEN POUR DES SALAUD DE QUEERS COMME NOUS ! Nous avons attaqué la maison de Wiener au 4096 17th Street, pendant votre précieux week-end de l’Empire Day [détournement d’Independence Day, la fête nationale états-unienne, le 4 juillet ; NdAtt.] et c’est pour une raison. Mort à l’Amérique (gay) et à vos drapeaux arc-en-ciel – vous ne voyez pas à quel point ils sont trempés dans le sang des queers assassiné.e.s ici et ailleurs ? Mort à la société qui laisse les queers pourrir en prison, sous l’oppression et sans droits. Nous sommes parmi les premier.e.s à mourir. Vous pensez qu’un putain de signe arc-en-ciel de la part de SoulCycle [entreprise qui gère des centres de fitness et qui a été critiqué pour ses choix homophobes ; NdAtt.] puisse faire pardonner tout cela ?

Soyons clair.e.s : Wiener représente le pire des gays « progressistes » et traîtres : des merdes en mode « loi et ordre », mollasson.ne.s, aseptisé.e.s, riches, libéraux.les, pro-business, emballé.e.s dans un paquet appétissant pour les masses.

Non, non, non. Il n’y a qu’un seul commandement, et c’est ça : SOYEZ GAY. COMMETTEZ DES CRIMES. Avez-vous envisagé, euh, de voler quelque chose ? Peut-être de crever les pneus de la Tesla de ce connard de gars pro-tech, pendant qu’il ne regarde pas ? De détourner un camion d’Amazon Prime (n’oubliez pas de donner un pourboire au pauvre conducteur) ? De changer les serrures et d’expulser votre proprio ? D’emmerder un soi-disant « bon » sénateur gay ?

Si oui, félicitations : vous avez peut-être encore une chance. Si non, bon, continuez à y penser jusqu’à ce que vous trouviez la bonne réponse.

P.S. Fuck toutes vos caméras de merde dans le Castro. L’état de surveillance est pathétique.

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