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Chili : Contre le sectarisme. Pour une affinité fondée sur la pratique. Quelques mots des compas Mónica et Francisco

Contra Info / mercredi 28 juillet 2021

Face à ce que nous considérons comme des sommations à notre encontre*, nous ressentons la nécessité d’écrire ce texte, afin de clarifier certaines questions.

Comme nous l’avons écrit à plusieurs occasions, individuellement et collectivement, nous entendons l’anarchie non pas comme une réalisation ou un point d’arrivée, mais comme une tension, une confrontation permanente qui se fait à la première personne, en plaçant au centre la recherche de la liberté individuelle.

Pour nous, cette lutte constante a été réelle, nous l’avons menée dans les faits, sans interruption, raisons pour laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui derrière les barreaux. Une situation, celle-ci, qui est ponctuelle et circonstancielle et qui ne nous a pas empêché de continuer à construire des initiatives de lutte ou y participer, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison.

Au fond, pour nous l’anarchie est une éthique et une pratique permanente contre l’autorité, une pratique par laquelle nous avons rencontré d’autres personnes (pas nécessairement des « anarchistes »), ce qui a enrichit et amélioré nos perspectives et nos capacités et qui a forgé des relations étroites de complicité, renforcées au fil des années et des luttes. Affirmer que ces relations n’ont lieu ou ne peuvent avoir lieu qu’avec ceux/celles qui se disent « anarchistes », en plus d’être une mensonge (comme il peuvent le démontrer seulement celles/ceux qui se sont aventuré.e.s sur les chemins du conflit et non ceux/celles qui pensent les fouler, dans leurs rêveries devant à un ordinateur) est quelque chose que nous rejetons, à partir du moment où nous privilégions l’établissement de liens fondés sur des pratiques communes plutôt que sur des étiquettes vides ou des slogans répétés ad nauseam. S’autoproclamer rageusement « anarchistes irréductibles » ne signifie rien, si cela n’est pas accompagné par une pratique de lutte qui le justifie. Sur du papier ont peut tout écrire.

D’autre part – et surtout – le fait de présupposer que les anarchistes ne devraient avoir des relations qu’avec des anarchistes reflète un purisme absurde et un sectarisme qui, sans aucun doute, sont une expression d’autoritarisme. Établir des coordinations et faire des initiatives communes de lutte uniquement parmi ceux/celles qui se définissent comme « anarchistes » signifie restreindre et limiter considérablement nos relations et donc nos possibilités de croissance. Cela signifie s’enfermer stupidement dans des dogmatismes qui nous limitent et qui nous empêchent de nous associer librement. De cette manière, nous voyons que, au nom de la liberté, certain.e.s proposent carrément son contraire, en fondant des sectes sur la base d’étiquettes.

Par là, nous ne voulons pas dire que nous nouons des relations de façon indiscriminée ou que nous n’avons aucune sorte de filtre.

Dans des communiqués précédents, nous avons clairement indiqué les points qui sont pour nous infranchissables : les repentirs, les dissociations et le recours aux institutions correspondent à des lignes rouges et ils constituent des aspects insurmontables qui empêchent de mener toute initiative commune avec ceux/celles qui choisissent des telles voies. Comme on peut le voir, ces points ne correspondent pas à des étiquettes vides, mais à des pratiques concrètes, à des manières de vivre la prison et pas seulement cette dernière. A notre avis, les sommations qui ont été faites ne font que détruire d’un seul coup tout notre discours et tout notre travail, en créant une contradiction totale entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Eh bien, peut-être que pour certain.e.s ce qui compte ou qui aurait de la valeur est seulement ce que l’on dit ou alors les proclamations incendiaires sur internet ou sur les réseaux sociaux. Au contraire, nous donnons la priorité à la pratique et c’est à partir de là que nous établissons des affinités et des ruptures.

Et évidemment les pratiques autoritaires sont un point sur lequel nous ne ferons pas de compromis. Nous n’avons jamais établi des relations de lutte sur la base de l’autoritarisme et l’expérience des prisonnier.e.s anarchistes et subversif.ve.s ne fait pas exception. Les points en communs que nous avons, entre nous tou.te.s, sont beaucoup plus forts que les divergences que nous pouvons avoir, des divergences qui ne représentent évidemment pas des aspects insurmontables, sinon nous deux nous serions retirés de cette initiative dès le début. Les liens qui nous unissent à nos compagnons ont été forgés dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, depuis plus d’une décennie, ce qui a signifié pour nous une relation et une expérience enrichissantes, qui ont sans aucun doute nourri, renforcé et amélioré notre parcours anarchiste. Aujourd’hui, dans cette nouvelle situation d’enfermement, nous avons renforcé encore plus ces liens, ce qui s’est traduit par cette initiative commune, qui n’est pas nouvelle, mais qui, cette dernière année, a vu des mobilisations importantes qui nous permettent d’élaborer des projets intéressants.

Or, comme nous l’affirmions dans l’article « Sur la nécessité de poursuivre la lutte à l’intérieur de la prison… », dans le quatrième numéro de la revue Kalinov Most, nous, les anarchistes, avons brisé certains codes internes aux prisons, des codes qui avaient été établis et reproduits, depuis les années 1980, par les membres des groupes armés de gauche ; des codes qui avaient principalement à voir avec la reproduction, à l’intérieur de la prison, de la logique d’organisation/de parti et aussi avec le fait d’établir une relation de supériorité vis-à-vis du reste de la population carcérale.

Ça va sans dire que nos compagnons sont lointains de ces codes et s’y opposent – cela dans la complexité de la pratique à l’intérieur de la prison, non par un discours confortable fait depuis une maison avec une connexion internet. Ils se sont chargés de maintenir en vie des codes subversifs auxquels nous nous identifions et qu’il nous semble indispensable de concrétiser et de reproduire.

Nous parlons ici d’une position et d’une attitude réfractaire vis-à-vis de l’institution carcérale, ce qui confère une identité particulière, vue et reconnue à la fois par les prisonnier.e.s sociaux.les et par les maton.ne.s. Nous parlons également du fait indéniable de continuer la lutte à l’intérieur de la prison, pour démontrer en pratique que rien ne s’arrête avec l’enfermement, qu’il s’agit simplement d’un autre champ de bataille ; il y a là quelque chose qui rompt avec la victimisation et l’assistanat souvent présents dans la lutte pour la libération des prisonnier.e.s.

Pendant des décennies, les compagnons ont construit et fait avancer une pratique anti-carcérale qui a dépassé les murs, une pratique dont nous faisions partie en étant dans la rue et dont nous faisons partie aujourd’hui en prison. Ce ne sont là que quelques-uns des codes subversifs que nous partageons avec nos compagnons, ce qui renforce nos liens d’affinité dans notre travail quotidien et nous éloigne de ceux/celles qui, même en se disant anarchistes, choisissent des voies distantes de la lutte ou s’en dissocient complètement. Que disent les puristes de ceux/celles qui se proclament « anarchistes » mais prennent complètement les distances de leurs idées et pratiques, lorsqu’elles/ils passent en jugement ou sont emprisonné.e.s ? Peut-être se sentent-ils/elles plus en affinité avec ces dernier.e.s, du moment qu’elles/ils donnent la priorité à une étiquette vide. Encore une fois, nous construisons des relations sur la base de pratiques communes et non sur la base de mots ou de communiqués incendiaires publiés sur internet.

Enfin, nous voyons la nécessité de mentionner le danger représenté par le sectarisme ou le purisme dans nos milieux ; ils portent – en plus des relations autoritaires mentionnées plus haut – à des attitudes d’auto-complaisance qui ne font que nous faire stagner, au lieu d’approfondir ou d’améliorer la lutte.

À partir de notre position clairement anarchiste, fondée sur le conflit permanent et la liberté individuelle, nous allons établir des relations et des coordinations qui nous renforceront et nous rendront plus sûr.e.s de nous, dans ce chemin vers la libération totale.

Comme il l’ont dit il y a quelques années les compas emprisonné.e.s de la Conspiration des Cellules de Feu :
Solidarité avec les prisonnier.e.s anarchistes et les irréductibles de toutes les tendances révolutionnaires !

Aujourd’hui nous disons :
Liberté pour les compagnons Pablo Bahamondes, Marcelo Villarroel, Juan Aliste, Juan Flores y Joaquín García !

Mónica Caballero Sepúlveda
C.P.F San Miguel

Francisco Solar Domínguez
C.P. Rancagua

* Note d’Attaque. Voir les textes suivantes :
Danzando en el abismo (en espagnol, en anglais ou en italien)
Con la anarquía más allá de los limites (en espagnol)
A contracorriente (en espagnol et en anglais)

Berne (Suisse) : Les voitures de la protection anti-incendie peuvent brûler aussi

Barrikade / vendredi 23 juillet 2021

La nuit du 22 juillet, nous avons procédé à une évaluation autonome du risque incendie d’une bagnole appartenant à Contrafeu, une filiale de Securitas. Comme prévu, le résultat a été satisfaisant.

Securitas tire profit de sa participation à la surveillance, au contrôle et à la violence à l’encontre des réfugié.e.s qui sont détenu.e.s ou « hébergé.e.s » de force dans des camps fédéraux, des centres d’asile et des prisons pour personnes qui doivent être expulsées, comme le camp « Bässlergut », à Bâle. Le contrôle et la surveillance de l’espace urbain font également partie des activités de cette entreprise de sécurité. Ce ne sont rien d’autre que des euphémismes pour la terreur, les sanctions et le contrôle des personnes qui ne sont pas ou ne veulent pas être une partie silencieuse et productive de la normalité suisse, capitaliste et raciste.

Ceux qui fournissent du personnel et/ou des infrastructures pour exercer la violence et l’oppression ne doivent pas s’étonner de cette prise en main de soi-même, de la part de ceux/celles qui ne veulent pas accepter ce mépris de l’humanité.

Dans ce sens :
Plus d’incendies solidaires !
Pour un monde sans frontières et sans taules !
A bas la forteresse Europe !
Des salutations solidaires à toutes les personnes touchées par la répression et la violence d’État.

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Prison de Terni (Italie) : Quelques nouvelles de la situation d’Alfredo

Malacoda / mardi 13 juillet 2021

Fin juin, nous avons appris qu’Alfredo avait été transféré à la prison de Terni, où il y a une section pour prisonniers révolutionnaires. Par contre, il est maintenu aujourd’hui encore dans la sections pour les « nouveaux arrivants », même si la période d’isolement imposée par le règlement sur la pandémie de Covid-19 est déjà terminée depuis plusieurs jours.

Nous ne savons pas pourquoi Alfredo est encore en isolement, nous ne connaissons pas les plans de l’Administration pénitentiaire et ils ne nous intéressent pas. Ce que nous savons, c’est que les provocations et les prétextes des matons ne pourront pas effacer les faits : l’existence, au cours des années, d’un anarchisme d’action ne peut pas être effacée par des condamnations judiciaires ou par les prétextes des matons.

L’histoire d’Alfredo, les pratiques dont il est accusé, voilà la contamination qu’ils craignent. Mais cette histoire, ces pratiques ne peuvent pas être placées à l’isolement, aucune cage ne les contiendra ; elles sont le patrimoine du mouvement révolutionnaire.

Au cours des prochains jours, si cette situation continue, nous verrons quelles formes de solidarité publique mettre en oeuvre.

On rappelle l’adresse pour lui écrire :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Quelques compagnons d’Alfredo

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Prison de San Miguel (Chili) : Quelques mots de Mónica Caballero

Anarquia.info / jeudi 1er juillet 2021

Compas, ami.e.s et membres de ma famille,
Une fois de plus, je vous écris depuis une cellule. Je me retrouve enfermée dans la
prison de San Miguel et je resterai en isolement pendant 14 jours, à cause du protocole de prévention du Covid-19 ; après ils vont me classer et m’envoyer dans un module définitif.

Cela fait presque 10 ans que je suis entrée pour la première fois dans une prison, en tant qu’inculpée. Pendant toutes ces années, d’une manière ou d’une autre ma vie a toujours été liée aux prisons, car même si les systèmes de contrôle peuvent changer, leur structure ne change pas pour l’essentiel, elle continue à viser la punition et la repentance.

Il y a presque 10 ans, quand je suis entrée en prison, j’étais pleinement convaincue que l’ensemble des idées et de pratiques anti-autoritaires sont des clés fondamentales pour affronter la domination et pendant tout ce temps, il n’y a pas eu un seul jour où j’ai pensé le contraire. Je marche dans la
prison la tête haute, fière du chemin que j’ai parcouru.

Solidarité avec toutes les luttes anticapitalistes.
Liberté pour les prisonniers politiques mapuches
et pour les prisonniers subversifs et de la révolte !
Newen Peñis [« Force frères », en langue Mapudungun, si on a bien compris ; NdAtt.]

Mónica Andrea Caballero Sepúlveda
Prisonnière Anarchiste

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Italie : L’anarchiste Alfredo Cospito transféré dans la prison de Terni

Malacoda / 1er juillet 2021

Le compagnon anarchiste Alfredo Cospito a été transféré de la section Haute Sécurité 2 de la prison de Ferrara à celle de la taule de Terni.

Voici sa nouvelle adresse :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Le compagnon est en taule depuis le 14 septembre 2012, suite à l’opération répressive qui a porté à son arrestation et à celle d’un autre compagnon, car ils ont été accusés d’avoir tiré sur Roberto Adinolfi, directeur général d’Ansaldo Nucleare, et de l’avoir blessé, le 7 mai de la même année, à Gênes. L’action, revendiquée par la Cellule Olga de la Federazione Anarchica Informale – Fronte Rivoluzionario Internazionale a été aussi revendiquée individuellement par les deux compangons, lors de leur procès, à Gênes. Le compagnon était enfermé dans la section AS2 de la prison de Ferrara depuis 2013.

On rappelle aussi qu’Alfredo, en plus de la condamnation à 9 ans et 5 mois pour l’action contre Adinolfi, a été condamné à 20 ans lors de la première et de la deuxième instance du procès Scripta Manent, qui a eu lieu à Turin à partir de 2017, suite aux arrestations du 6 septembre 2016. Une vingtaine de compagnons ont été inculpés pendant le procès, qui touchait à l’activité de la FAI (ensuite FAI-FRI) en Italie, avec des accusations pour des actions qui ont eu lieu entre 2005 et 2016, ainsi qu’à cause de publications anarchistes et de sites internet administrés par des compagnons. Avec la sentence en appel du 24 novembre 2020, trois compagnons ont été condamnés pour association subversive avec finalité de terrorisme et subversion de l’ordre démocratique, ainsi que pour « provocation aux crimes et délites ». Parmi ces trois compagnons, Anna Beniamino et Alfredo Cospito ont été condamnés pour des actions (des attaques explosives et des colis piégés) réalisées entre 2005 et 2007. De plus, dix autres compagnons ont reçu différentes condamnations, toujours pour « provocation aux crimes et délites ».
Aujourd’hui, en plus d’Alfredo, Anna aussi est enfermée (dans la prison de Messina), car condamnée à 16 ans et 6 mois.

Oublier les prisonniers de la guerre sociale signifie oublier cette guerre elle-même : solidarité révolutionnaire avec les anarchistes emprisonnés.

Des anarchistes solidaires
1er juillet 2021

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Italie : Aux côtés de Natascia !

Il Rovescio / mardi 29 juin 2021

Aux cotés de tous les détenus et les détenues de la prison de Santa Maria Capua Vetere !
Natascia, prisonnière anarchiste, a commencé une grève de la faim le 16 juin, pour s’opposer à son transfert à la prison de SMVC.

A partir de son arrestation, en mai 2019, elle a été transférée à maintes reprises, en plus d’avoir subi la censure du courrier et des nombreuses autres formes de pression interne à la prison. Il y a une claire volonté, de la part de ses juges et geôliers, de l’éloigner et de l’isoler de la solidarité de ceux qui la soutiennent depuis l’extérieur, ainsi que d’affaiblir sa détermination.
Ce dernier transfert est encore plus révélateur, parce qu’il a eu lieu presque en contemporaine avec le début du procès pour l’opération Prometeo, dans lequel Natascia est inculpée, avec deux autres compagnons : ils sont accusés de l’envoi de colis piégés au directeur de l’époque de l’Administration pénitentiaire et aux deux Procureurs Sparagna et Rinaldo.
En fait, ils veulent lui rendre impossible l’organisation de sa défense, étant donné que son avocat est à 1000 km de la prison et qu’ils ont le droit à 10 minutes de communication téléphonique par mois.

Depuis toujours, l’éloignement et l’isolement sont des instruments utilisés par les geôliers pour épuiser l’esprit de ceux qui, malgré l’enfermement, ne veulent pas se plier aux chantages carcéraux ni se soumettre à aucune forme de repentance.

L’éloignement de Natascia des lieux où elle vit a un caractère punitif évident, à cause des limitations que cela impose et aussi à cause du choix de la prison où elle a été envoyée.
A Santa Maria Capua Vetere, les conditions de détention ont toujours été très dures ; un exemple en est l’absence, depuis toujours, d’eau courante : la taule n’est pas raccordée au réseau de l’eau potable.
En avril de l’année dernière a eu lieu l’ainsi-dit « carnage de la Semaine sainte* » : le lendemain des protestations contre l’absence de mesures pour éviter de tomber malades de Covid, plus de 300 matons, cagoulés et équipés en anti-émeute, ont effectué une expédition punitive. Les détenus ont été sorti des cellules, déshabillés et sauvagement tabassés, jusqu’à leur provoquer des lésions graves, comme des traumatismes crâniens, des dents et des os cassés. Selon les dires de l’Administration pénitentiaire et du Commissaire aux prisons pour la région Campanie, les but de cette action était de donner une leçon à ceux qui avaient osé se révolter. Après plus d’un an, à cause de cela 52 matons sont en prison, aux arrestations domiciliaires ou soumis à d’autres mesures.

Contre l’isolement et l’éloignement des prisonniers et des prisonnières !
Contre les prisons spéciales et les régimes de détention différenciés !

Rassemblement solidaire
dimanche 4 juillet, à 14h00
prison de Santa Maria Capua Vetere

* Note d’Attaque : le 5 avril 2020 il y a eu une révolte, rapidement rentrée, dans la prison de Santa Maria Capua Vetere. Entre le 15 et le 16 avril, peu avant Pâques, 300 matons supplémentaires, dont les GOM (les ERIS italiens), arrivent dans la taule pour une « perquisition extraordinaire » et commencent à tabasser systématiquement et à torturer tous prisonniers. L’un d’eux meurt quelques jours plus tard, dans une cellule du mitard.

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Quelques mots de Natascia, en solidarité avec la grève de la faim des prisonniers anarchistes au Chili

Il Rovescio / dimanche 27 juin 2021

J’écris ce lignes pendant mon dixième jour de grève de la faim, en solidarité avec les compagnons chiliens qui sont à nouveau en grève de la faim : vous n’êtes pas seuls.

Une accolade fraternelle pour chaque compagnon enfermé.
Pour une solidarité active et révolutionnaire, partout.

Natascia, prisonnière anarchiste
26 juin 2021

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

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Prison de S. Maria Capua Vetere (Italie) : Une lettre de Natascia sur sa grève de la faim

Malacoda / lundi 21 juin 2021

Heureusement qu’en Campanie on mange bien !

17 juin 2021

Salut les gars !
Voici deux mots de mise à jour, vite fait.

Sans perdre une minute, la nuit après la dernière audience préliminaire de l’opération Scintilla, on m’a embarquée sur un avion pour me renvoyer dans cet endroit de merde : S. Maria Capua Vetere. Je savais que mon transfert dans l’Italie du Nord n’était que temporaire, mais je pensais sincèrement que j’aurais eu un peu plus temps et j’espérais, naïvement, qu’ils auraient au moins lu les différentes demandes que moi et mon avocat avons présentées, pour que je sois envoyée dans une autre taule.

Depuis le jour où on m’a transférée ici, il y a trois mois, je n’ai plus eu la possibilité de communiquer dignement avec mon avocat ; maintenant il y a à nouveau la possibilité de faire des parloirs, du coup il n’y a plus d’appels visio, ni d’appels sur la demande de l’avocat ; il y a un appel par mois, de 10 minutes, même pour les personnes qui sont inculpées dans un procès, même pour les personnes qui sont à 1000 km de chez elles ou du lieu de leur procès. Le directeur peut concéder, s’il est d’humeur, un deuxième appel, extraordinaire, au cours du mois, mais, bien entendu, il n’est pas obligé de le faire et, en tout cas, il est hors de question de dépasser les deux appels par mois. Vingt minutes par mois, dans une petite pièce étouffante, à l’heure et le jour établis, en espérant que ton avocat soit au bureau ce jour-là. Vingt minutes par mois, à partir d’un mois et demi avant le début du procès et jusqu’à aujourd’hui, quand le débat au tribunal est essentiellement clos. Il ne reste plus que deux audiences avant le réquisitoire, deux audiences au cours desquelles on aurait dû raisonner à propos des déclarations des inculpés, de l’examen et du contre-examen, mais apparemment il me faudra raisonner toute seule. Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’il semble qu’on fasse le possible pour m’empêcher une défense « digne »… même, pour m’empêcher toute défense… il ne faut surtout pas que le grandiloquent et un peu morbide château de cartes de l’accusation perde de pièces. C’est bien mieux si cette possibilité, ma défense au tribunal, est réduite au minimum. Je ne vais pas m’étendre ici sur le fait que le procès en visioconférence se marie parfaitement avec cette stratégie, quelque chose dont on a déjà beaucoup (même si peut-être pas assez) discuté. On le sait, en étant mauvaise langue, souvent on devine. Parmi les 20 jours que j’ai passé à la taule de Vigevano, j’ai été 15 jours en isolement sanitaire et un au tribunal, deux autres à préparer mes affaires, entre allée et retour… bref, cela non plus n’a pas été une occasion pour parler avec mon avocat, étant donné que les personnes en isolement ne peuvent pas faire de parloirs. Inutile d’ajouter qu’en ce moment je suis à nouveau en quarantaine.

Bref, trêve de bavardages, je suis lucidement consciente de la stratégie punitive (et préventive ?) que l’Administration pénitentiaire met en place à mon encontre et au même temps je suis prise par la rage et le dégoût, du coup j’ai décidé que, même si je n’ai pas de moyens pour m’opposer concrètement à leurs logiques de vengeance, j’ai au moins la possibilité de ne pas leur laisser faire avec ma collaboration. Quand j’ai appris de mon retour à S. Maria Capua Vetere, le 16 juin à 18h, j’ai immédiatement communiqué le début d’une grève de la faim de durée indéterminée. Je sais que certaines décisions n’appartiennent pas à la direction de la prison, mais je ne vais plus rien manger dans cet endroit de merde. Dommage, parce que les autres femmes enfermées ici font des pizzas superbes… mais je n’ai vraiment plus faim !
A ce jour, aucun médecin ne m’a visitée ni pesée.
Les autres femmes qui sont ici pensent que c’est une bêtise, un signe d’obstination de ma part, d’ailleurs ici il y a des personnes qui risquent des condamnations à PERPÉTUITÉ et qui s’adaptent à ces conditions… mais ça c’est une autre histoire.
Je sais que certains d’entre vous n’ont jamais arrêté de réfléchir aux questions de l’isolement et de la dispersion des prisonniers loin de chez eux… je suis désolée de ne pas pouvoir fournir des nouvelles approches ou des idées « innovantes », mais en ce moment, ayant décidé de façon instinctive de me lancer dans ce nouveau défi, je n’ai pas réussi à penser à rien de mieux qu’à utiliser à nouveau mon corps, en jeûnant.

Je vous ai écrit ces quelques mots d’un trait, dans le même état d’âme qui m’a envahie en voyant à nouveau ces murs de merde : un dégoût absolu.
J’espère de ne pas avoir été trop confuse.

Je vous donne l’accolade, à tout le monde, avec beaucoup de force !
Le ventre vide et la tête haute,
Salud y Anarquia,

Nat

P.S. : une petite remarque quant au tract d’appel pour le rassemblement du 13 juin à Vigevano. Pour mal qu’on puisse se trouver dans une section AS3, où les conditions sont punitives, je ne ferais pas de comparaisons avec le régime 41bis, pour respect avec les personnes qui y sont vraiment soumises. A mon avis, ce parallèle était un peu déplacé. J’espère que personne ne s’offusque de ma remarque et en tout cas, ça a été très beau de vous entendre !

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)

Prison de Brians I (Espagne) : Communiqué des compas arrêté.e.s pour la manif du 27 février

presxs27febrer.noblogs.org / jeudi 17 juin 2021

Liberté pour les gens du Nabat. Liberté pour tou.te.s

Nous sommes les personnes emprisonnées suite à la manifestation du 27 février, à Barcelone, et, vu les nombreux gestes de solidarité e le soutien reçu, nous pensons qu’il est nécessaire de prendre la parole avec ce texte collectif.

Nous sommes 7 individualités avec des parcours de vie et politiques différents, même si souvent ils coïncident. Ce que nous partageons sûrement est notre manière de voir le monde et les relations que nous voulons entre les individus.

Nous aimons la liberté, nous croyons dans l’égalité et dans le partage, nous détestons le pouvoir et nous nous opposons à l’exploitation d’une personne de la part d’une autre.

Bref, nous nous reconnaissons dans l’idéal anarchiste.

Nous sommes conscient.e.s du fait que ce montage policier est dû à nos idées. Nous étions et nous sommes conscient.e.s du conflit social auquel nous participons, et nous savons que l’élection de notre ennemi, le pouvoir et le capital, peut porter à des conséquences comme, par exemple, celles que nous sommes actuellement en train de vivre. Le actes de vengeance de cet ennemi ne nous fait pas peur et elles ne nous démoralisent pas, nous sommes encore – peut-être plus qu’avant – déterminé.e.s à faire ce que nous pouvons pour essayer de changer cet existant horrible.

Nous sommes parfaitement conscient.e.s que notre bataille est loin d’être gagnée. E que jusqu’à ce que ce murs ne seront pas démolis, d’autres amant.e.s de la liberté et d’autres ennemi.e.s de l’ordre social y seront enfermé.e.s.

Cependant, nos idées ne peuvent pas être enfermées. Votre solidarité perce ce murs et nous ne nous sentons ni seul.e.s, ni abattu.e.s, ni emprisonné.e.s. Jusqu’à quand notre lutte continuera, nous serons toujours libres et nous n’aurons peur de rien.

Nous vous remercions pour toute la chaleur et la force que vous nous envoyez et nous espérons de pouvoir vous étreindre bientôt, sur les ruines fumantes de ces murs.

reçu le 17 juin 2021

Albo, Danilo, Emuanuele, Ermann, Jeanne, Luca et María

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Néronde (Loire) : Les « Top Chefs » de l’évasion

Le Progrès / samedi 19 juin 2021

Une importante opération de gendarmerie était en cours ce samedi en fin d’après-midi, dans le secteur de l’aire de repos de la Loire située sur l’A89, à Néronde, à une trentaine de kilomètres de Roanne. Selon nos informations, les militaires recherchent deux détenus en cavale.

Ces derniers s’étaient rendus à un concours culinaire à l’institut Paul-Bocuse, à Ecully (Rhône)
qui recevait samedi pour un challenge culinaire, des duos incarcérés au Puy-en-Velay et également à Moulins-Yzeure dans l’Allier, entre autres, dans le but de préparer leur libération prochaine.
Ils étaient accompagnés par du personnel de l’administration en civil et dans un véhicule banalisé.

Au retour, lorsque le véhicule a fait une halte sur l’aire de repos de la Loire, deux hommes accomplissant leur peine à Moulins-Yzeure se sont rendus aux toilettes mais ne sont jamais revenus. Ils ont « profité d’un arrêt aux toilettes sur l’aire d’autoroute de la Loire, en bordure de l’A89, pour s’enfuir à bord d’une voiture volée sur place », a déclaré Abdelkrim Grini, le procureur de la République de Roanne.

Des patrouilles de gendarmerie de la Loire ont quadrillé le secteur afin de retrouver les fuyards, toujours en cavale cette nuit.

Manque de bol, les flics les trouvent…

Ouest-France / dimanche 20 juin 2021

Deux détenus du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, situé l’Allier, s’étaient évadés samedi 19 juin sur le chemin du retour d’un concours culinaire. Ils avaient profité d’un arrêt sur une aire d’autoroute pour s’échapper. Dans la nuit, les deux détenus ont été retrouvés et interpellés à Chazelles-sur-Lyon (Loire), a-t-on appris auprès du parquet de Roanne.

Les deux hommes interpellés vers 3H30 dans la nuit de samedi à dimanche ont été placés en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Saint-Galmier (Loire).
Les fuyards « dormaient à l’intérieur de la Peugeot 207 qu’ils avaient volée samedi après-midi sur le parking d’une aire d’autoroute, à Néronde (Loire), dont le propriétaire avait laissé les clés sur le tableau de bord », a déclaré à l’AFP Abdelkrim Grini, le procureur de la République de Roanne. […]

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