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Sabotages contre la normalité numérique

De multiples sabotages des antennes-relais et des câbles Internet ont eu lieu ces dernières semaines, non seulement en France mais partout dans le monde. Il y a probablement des motivations très différentes, parfois puantes (complotisme par exemple). Il y a aussi une conscience partagée de la réduction de la liberté par le développement des nouvelles technologies et des possibilités de freiner le cours normal de l’ordre existant par des sabotages à la portée de chacun et chacune. Il n’en fallait pas moins pour que les services de renseignement commencent à diffuser via les médias le spectre de l’ultragauche et de la mouvance anarchiste, citant au passage quelques sites de compas qui publicisent ces sabotages.

La 5G en cours d’installation est la promesse de l’accélération de la restructuration technologique du capitalisme. Une connexion nouvelle génération, en plus puissant, en plus rapide. L’épidémie de coronavirus a accéléré le processus. Comme le web n’est pas matériel, mais s’appuie bien sur une infrastructure très matérielle (des câbles, des antennes, des bateaux câbliers, des data centers, des usines de production d’énergie, etc.), la 5G a besoin de construire un nouveau réseau d’antennes-relais plus puissantes et plus génératrices d’ondes. En outre, la 5G est conçue pour un nouveau saut qualitatif dans la numérisation du monde et de l’intégralité de la vie. Elle est prévue pour l’installation de l’internet des objets (montres, balances, lits, frigos, etc.), des voitures autonomes, des drones livreurs, de la chirurgie à distance, des usines robotisées et connectées, etc. C’est plus qu’une simple accentuation de ce qui existe déjà. En langage d’ingénieur Recherche et Développement, on parle de « technologie de rupture ».

Concrètement, les machines connectées permettent aux entreprises de connaître les taux de productivité en temps réel de manière individualisée et donc de déterminer en permanence les gestes à réaliser par les salariés. Au passage, on se révolte plus difficilement contre des algorithmes que contre le patron, le cadre ou le contremaître.

L’algorithme supplante l’horloge et le contremaître. Le lit connecté permet lui de connaître votre courbe du sommeil pour optimiser votre récupération. Derrière, il s’agit d’être plus efficace, évidemment. Au passage, vous recevrez des suggestions de somnifères, de séjours à la montagne, etc. Il y a toujours du fric à se faire. Pour donner une idée, gagner quelques nanosecondes pour les flux financiers actuels en améliorant les câbles Internet, c’est gagner quelques milliards d’euros.
Le temps, c’est de l’argent. Le fait que tout soit transparent, de sa consommation alimentaire via les frigos connectés à ses déplacements via les cartes à puce de transport, en passant par sa consommation électrique via les compteurs Linky ou sa production de déchets relevée par des poubelles « intelligentes », va surtout permettre d’anticiper les comportements afin de maximiser l’administration du cheptel humain.

Drones, objets connectés, e-commerce, flash codes, caméras intelligentes sont déjà partout. A Saint-Étienne, le fabricant d’armes Serenicity sous l’égide de la municipalité développe un projet d’implantation de capteurs sonores dans les rues afin de repérer les bruits suspects : klaxons, bris de verre, bombes de peinture aérosols, etc. L’objectif est d’aider à une intervention plus rapide de la police. Les capteurs envoient ainsi un signal aux forces de l’ordre. Les premières phases du projet prévoyaient l’utilisation de drones qui auraient décollé automatiquement suite à la captation du son suspect, mais ce recours a finalement été abandonné. Le projet est en partie financé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine dans le cadre du « Programme d’investissement d’avenir ville et territoires durables ». De quoi faire durer leur monde de merde, en somme. En mai 2019, la réalisation du projet a été repoussée en attente d’un avis de la CNIL. Loin de nous paralyser, cette surveillance peut aussi renforcer notre détermination à agir pour peu qu’on fasse preuve d’un peu d’ingéniosité.

Pas moins de 20 sabotages coordonnés ont eu lieu en région parisienne le 5 mai sur le réseau à fibre optique, faisant cesser le télétravail pour nombre de salariés, freinant les communications de plusieurs commissariats et faisant cesser l’activité de plusieurs entreprises, comme le site de poker en ligne Winamax. Leur système est partout, diffus. Cela en fait quelque chose de vulnérable : des armoires internet à chaque coin de rue, des câbles dans chaque égout, des antennes-relais sur chaque promontoire.

Il y aura toujours quelques citoyens et citoyennes pour promouvoir un alternumérisme et condamner ce genre de sabotages. Mais non, la technique n’est pas neutre et ne dépend pas de l’usage qu’on en fait !
Elle fabrique son monde auquel il faut s’adapter, à l’image des ouvriers et ouvrières captés par le rythme de la machine. Elle fait aussi système dans lequel progrès et catastrophe sont les deux faces de la même médaille. La technique en elle-même contient des potentialités qui seront inévitablement exploitées. Le couteau peut aussi bien servir à couper le pain qu’à planter son adversaire. Le train va avec les déraillements, l’avion avec les crashs, le nucléaire avec la bombe, le numérique avec la surveillance, etc. La question, telle que les Luddites l’avaient perçu, devient alors quelle communauté voulons-nous et à partir de là s’opposer à toute technologie préjudiciable à celle-ci. Il y aura donc toujours des personnes pour tenter de briser la normalité, y compris quand elle prend les allures parfois ludiques de la technologie.

La révolte, c’est la vie… y compris contre le gouvernement de la science.

[Reçu par mail, 12 mai 2020]

Rothau (Bas-Rhin) : Contre le virus policier

Depuis deux semaines, à Rothau, petite ville du Bas-Rhin d’un peu moins de 1600 habitant-e-s, des banderoles et des tags sont apparus sur les murs et les façades. Disons-le d’emblée, ces messages n’ont strictement rien à voir avec le fait de respecter le confinement et de frapper dans ses mains tous les soirs à 20h pour rendre hommage aux « héros du quotidien en première ligne contre le virus » (soignants, éboueurs et même les forces de l’ordre). Ni même avec une « protestation » confinée, peu importe que ce soit contre le mauvais gouvernement qui prend pas assez soin des pauvres et des exploités ou bien de pseudo-solidarité avec les prisonniers en frappant dans des casseroles à sa fenêtre.

Mais alors, qu’a-t-il pu se passer dans cette bourgade habituellement si paisible pour que certain.e.s réfractaires à l’assignation à résidence générale se mettent soudainement à afficher au grand jour le nom et prénom d’un flic de la mairie ?

Et bien tout simplement le fait d’en avoir plus qu’assez des contrôles et des amendes à répétition par ces laquais de l’ordre… et en particulier par un de ses uniformes qui, sans doute, prend sa sale besogne beaucoup trop à coeur, persuadé d’incarner le nouveau sauveur de la Nation face à l’épidémie. Il saura à l’avenir que de se comporter comme le cowboy du shérif local peut lui valoir quelques soucis, en plus du fait de lui rappeler ce qu’il est réellement: un virus bien plus présent que le coronavirus, pestiféré de toutes part qui pourrit le quotidien des gens sous prétexte de catastrophe sanitaire.


Confinement : des banderoles et des tags visent le policier municipal de Rothau dans le Bas-Rhin

Depuis deux semaines, des banderoles et des tags ont mis en cause le policier municipal de Rothau dans la vallée de la Bruche. La première banderole a été déployée il y a une quinzaine de jours sur les murs de la salle des fêtes, en plein centre du village. Une deuxième a été accrochée quelques jours plus tard. Des tags ont aussi été peints sur la route et sur une façade de maison. Ces inscriptions visent directement le policier municipal de Rothau en indiquant son nom et la phrase « t’es un virus ». 

« Au départ, nous ne voulions pas faire de bruit autour de cette affaire, mais nous avons quand même porté plainte, explique le maire de la commune Marc Scheer. Les gens ne peuvent pas faire n’importe quoi. C’est normal que le policier municipal fasse respecter le confinement. Il faut aussi continuer à sensibiliser les gens sur le sujet ».
Marc Scheer sait de quoi il parle. Médecin à la retraite, il continue à donner des coups de main  dans un Ehpad particulièrement touché par le coronavirus.
Depuis, plusieurs jours, des abus avaient été constatés dans la commune de Rothau. Ils étaient de plus en plus nombreux à ne plus respecter le confinement. Plusieurs familles avaient notamment fêté un anniversaire ensemble. Certains avaient été verbalisés par les gendarmes.

La gendarmerie de Schirmeck mène l’enquête. Elle a notamment réalisé des prélèvements ADN sur les banderoles pour essayer d’en retrouver les auteurs.

[Repris de France Bleu Alsace, 4 mai 2020]

Espenel (Drôme) : Un monument à la gloire de l’armée et de la patrie tagué – Mai 2020

Ce 5 mai, on apprend par le Dauphiné Libéré que « le mémorial de la Résistance à Espenel qui rend hommage aux résistants de la seconde guerre mondiale a été recouvert de larges inscriptions « Contrôle mortifère » ou encore « Résistance fertile ». Inaugurée en 1999, ce site commémore l’attaque du Vercors du 21 juillet 1944 et les résistants des compagnies Pons et Chapoutat morts au combat ainsi que des victimes civiles d’Espenel et de Saillans. Une enquête a été ouverte par les gendarmes de la compagnie de Crest. »

Nivillac (Morbihan) : Deux véhicules de gendarmerie cramés au sein de la caserne – 4 mai 2020

Au milieu de la nuit entre dimanche 3 et lundi 4 mai, deux véhicules de patrouille ont été livrés aux flammes dans l’enceinte de la caserne de gendarmerie de Nivillac, ville située à 45 km à l’est de Vannes (Morbihan).

Dans cette ville localisée entre Vannes et Nantes, deux véhicules sérigraphiés ont été incendiés au cœur de la caserne de gendarmerie vers 3h du matin, dans la nuit de dimanche à lundi. « La piste criminelle est l’hypothèse privilégiée, confirme François Touron, le procureur de la République de Vannes. Selon les premiers éléments de l’enquête, les véhicules ont été incendiés à l’aide de carburant. »

Des gendarmes ont été réveillés par l’incendie. Les pompiers, rapidement prévenus, ont pu éteindre les flammes avant que le feu ne se propage davantage au garage, ainsi qu’à d’autres véhicules.

Confiée à la brigade de recherches de Vannes, l’enquête s’annonce, comme souvent lorsqu’il s’agit d’incendie, difficile. D’autant que les incendiaires n’ont pas signé leur geste. « Il n’y a aucune revendication, souligne le procureur de Vannes. Pas de sigle, de tag ou de message pour s’approprier cet acte. »

Tout en rappelant les attaques incendiaires revendiquées par des anarchistes il y a quelques années, les enquêteurs n’excluent pour l’instant aucune piste : « Il faut se montrer très, très prudent, assure une source proche de l’enquête. A ce stade, la piste d’une rancœur locale est aussi à prendre en compte. »

[Repris de l’AFP et du Parisien, 04.03.2020]

Les faux amis du déconfinement

Certaines voix médiatiques se font entendre depuis quelques jours appelant au déconfinement, notamment par souci de préserver les libertés individuelles. Mais c’est une conception particulière de la liberté, celle où autrui est une limite plutôt qu’une extension de ma propre liberté, et surtout une liberté qui s’incarne dans la valorisation du capital et l’acquisition de marchandises. Une liberté du libéralisme, c’est-à-dire une liberté qui s’appuie sur l’exploitation et s’acoquine avec l’arbitraire.

Nous sommes dans des sociétés basées sur l’exclusion radicale, où certains et certaines peuvent être considérés comme superflus. A l’image des déchets qui s’accumulent avec la consommation, de plus en plus de personnes sont considérées comme des rebus. Le durcissement des peines de cette machine à broyer qu’est la Justice et les prisons sont aussi là pour accueillir les rebus de nos sociétés. La taule est d’abord un outil d’élimination sociale – qui est parfois purement et simplement une élimination physique, particulièrement dans ces temps épidémiques où le pouvoir choisit de laisser crever prisonniers et prisonnières dans leur cage.

L’immunité collective prônée dans un premier temps dans les pays anglo-saxons face à l’épidémie du coronavirus est motivée par une forme de darwinisme social propre au capitalisme : les jeunes, les bien-portants et les riches s’auto-immuniseront pour la plupart, tandis que les vieux, les inutiles et les bouches à nourrir crèveront. Certains chiens de garde du libéralisme sont ainsi montés au créneau après quelques semaines de confinement. C’est le cas d’Eric le Boucher, journaliste ayant frayé dans la commission d’Etat sur la libération de la croissance en 2008, macroniste convaincu, qui appelle dans les colonnes des Echos au déconfinement au nom des libertés individuelles, mais surtout pour « accélérer la reprise d’activité » en « acceptant les morts qui vont avec ». Qu’on ne s’y trompe pas, les politiques de confinement mises en place dans la précipitation sont d’abord là pour sauvegarder l’économie et la relancer au plus vite. C’est pourquoi certains et certaines peuvent se retrouver en télétravail, pendant que d’autres doivent s’exposer au virus en allant au turbin, y compris pour honorer les contrats d’armement. L’appareil productif doit être le moins désorganisé possible, même au prix d’une désorganisation partielle temporaire. L’armée de réserve doit être préservée, mais si le surnuméraire peut y passer, tant mieux. Le capitalisme fonctionne ainsi.

C’est comme si une fraction toujours plus importante de la population était excédentaire, en trop. Ce darwinisme social, basé sur l’idée que la vie repose sur la lutte concurrentielle pour l’existence et dont les formes les plus modernes se retrouvent aujourd’hui dans les théories génétiques et sociobiologiques, est un pilier du capitalisme. Si l’arbitraire du confinement et l’accélération du contrôle social sont à combattre , encore faut-il préciser les motivations clairement. Ce n’est certainement pour revenir à la “normale” comme le rêvent ces chiens de garde, c’est-à-dire une société où les morts quotidiennes moins médiatiques, les vies amputées et les boulots idiots étaient relativement acceptés par la majorité des gens. Cette normalité est à détruire pour faire place à une société plus désirable. Ce n’est pas la peine de sortir d’un confinement pour retourner se confiner dans la même société absurde, cynique et autoritaire dans laquelle s’est propagé le coronavirus.

[Publié sur Plague & Fire, 12/04/2020]

Liban : La révolte est plus forte que leur couvre-feu – Avril 2020

Au Liban, même si le confinement instauré le 14 mars prenait fin ce lundi, les mesures de « déconfinement » n’en restait pas moins drastiques, avec notamment l’instauration d’un couvre-feu. Cela n’a pourtant pas empêché d’enflammer les rues (et surtout les banques). Dans la soirée de lundi 27 avril à Tripoli, au nord du pays, des milliers de personnes ont bravé le confinement et le couvre-feu en descendant dans les rues pour incendier de nombreuses banques et s’affronter aux milices armées de l’Etat. Au moins un véhicule militaire a été brûlé par un jet de cocktails Molotov. La répression opérée par l’armée est féroce: 40 personnes ont dû être hospitalisées, et un jeune homme de 26 ans est décédé après avoir été blessé par balle lors d’affrontements avec les militaires.

Des hommes, des femmes et des enfants ont défilé dans les rues, aux cris de « Révolution ! Révolution ! ».
Les manifestants ont été repoussés par l’armée au moment où ils voulaient rejoindre la maison d’un parlementaire auquel ils sont hostiles. Certains ont jeté des pierres, l’armée a répliqué par des tirs en l’air pour disperser la foule dans la zone de la place al-Nour. Entre autre, un jeep de l’armée et plusieurs agences bancaires ont été incendiés par des jets de cocktails Molotov.
Le même soir, les locaux de la banque centrale à Sidon (sud) ont été visés par des pierres et des pétards, selon l’Agence nationale de l’information. C’est dans cette ville samedi soir qu’un engin explosif avait été jeté contre une banque.

Ces derniers jours, plusieurs manifestations ont eu lieu en journée, notamment avec des cortèges de voitures dans la capitale, malgré le confinement instauré le 14 mars par les autorités qui ont aussi adopté un couvre-feu nocturne.

Dans la soirée du 26 avril, plusieurs banques libanaises à Tripoli et Mina (Nord) ont été attaquées à coups de cocktails Molotov par des inconnus. Ces attaques font suite à des faits similaires à Tyr et à Saïda au Liban-Sud, au cours du week-end écoulé, alors que le Liban affronte sa pire crise économique et financière depuis 30 ans.
Pendant la nuit, un groupe de personnes s’en est pris à la façade de la banque Byblos à Mina, avant de prendre la fuite. Dans le centre-ville de Tripoli, ce sont les agences de la BLOM Bank et de la BBAC qui ont été la cible de cocktails Molotov lancés par des hommes portant des masques sanitaires.

Les Forces de sécurité intérieure se sont déployées sur les lieux, tandis que des agents de la Défense civile ont éteint un début d’incendie qui s’était déclaré devant la BBAC.

« Les politiciens détournent notre attention avec le coronavirus pour pouvoir continuer de nous voler », scandaient, le 16 avril, des manifestants, avant de se faire tabasser par les forces de l’armée.

Le Liban avait connu le 17 octobre 2019 un vaste mouvement de révolte, dont la place Al-Nour de Tripoli a été durant de longs mois le centre névralgique de la révolution du 17 octobre : certains jours des centaines de milliers de personnes descendre dans la rue à travers tout le pays, pour crier leur colère et agir en conséquence. Les banques ont régulièrement été prises pour cible, accusées par la rue de complicité avec le pouvoir politique et d’avoir contribué à l’endettement public effréné et la faillite de l’Etat. Depuis des mois, une très grave crise économique sévit au Liban, amplifiée par la pandémie de coronavirus et les mesures préventives qui en ont découlées.

Environ 45% de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon des estimations officielles. En 2020, l’économie devrait connaître une contraction massive de 12%, selon le Fonds monétaire international (FMI). Le Liban connaît aussi une dépréciation de sa monnaie nationale face au dollar, ayant entraîné une forte inflation.

Le Coronavirus est le dernier des soucis des Libanais qui crèvent de faim.. Le total de personnes ayant contracté le virus depuis le 21 février s’élève à 672. Et il y a eu  21 décès jusqu’à présent.

Banque cramée à Tripoli, dans la soirée du 27 avril 2020

[Repris principalement de ‘L’Orient-Le Jour’, 28.04.2020, avec quelques ajouts à partir de Démesure]

Munich, Allemagne : Sabotage incendiaire des installations ferroviaires et d’internet – 17 avril 2020

Reportage de Munich : Incendies des installations de la Deutsche Bahn et d’internet

Grâce à des contacts avec des employés de la Deutsche Bahn (société ferroviaire allemande), j’ai appris que la police et la presse ont minimisé deux faits à Munich. Vendredi 17 avril, des câbles ont été incendiés le long de la voie ferrée à Allach et Johanneskirchen. Ces tronçons sont utilisés pour le trafic des grandes lignes et le trafic (péri)urbain, ainsi que pour la circulation des marchandises. Sur le site en question, étaient entreposés non seulement des câbles de signalisation, mais aussi, comme c’est souvent le cas, des câbles en fibres optiques. La plupart du temps, ces câbles se trouvent sous des dalles en béton le long des voies ferrées, ceux en fibres optiques étant marqués par des ondulations. Ces incendies ont provoqué des retards pendant plusieurs jours pour la Deutsche Bahn, étant donné qu’elle a dû dévier ses trains. On ne connaît pas les conséquences sur les câbles à fibres optiques, car les médias les ont dissimulées.


Dépêche des journaflics, 17/04/20 :

Incendie sur les installations ferroviaires – Johanneskirchen
Vendredi 17.04.2020, vers 2h, des employés de la Deutsche Bahn ont remarqué un foyer d’incendie tout proche de la gare de Johnneskirchen. Ils ont informé la police fédérale en composant le numéro d’urgence.
Les employés de la DB ont pu éteindre eux-mêmes les flammes, de sorte qu’aucun dommage majeur ne survienne.
Selon les premiers éléments de l’enquête, des inconnus ont mis le feu à des conduites de câbles.
Le Kommissariat 43 (atteintes à la sûreté de l’État) s’est saisi de l’enquête.

Dépêche des journaflics, 20/04/20 :

Incendie sur les installations ferroviaires – Allach
Vendredi 17.04.2020, entre 1h et 3h du matin, une conduite de câbles de la DB a été incendiée à la gare d’Allach. Les dégâts causés par l’incendie ont été si importants que les systèmes de signalisation entre Allach et Karlsfeld sont tombés en panne et que la ligne a dû être fermée. Par la suite, cet incident a entraîné de fortes perturbations du trafic dans ce secteur.

[Traduit de l’allemand d’indymedia (article censuré entre-temps) par Sans Attendre, 26.04.2020]

Besançon (Doubs) : Quatre matons fracassés – 24 avril 2020

Ce 24 avril, quatre matons de la Maison d’Arrêt de Besançon ont subi l’assaut surprise de deux codétenus.
L’attaque a laissé de sévères traces du côté des geôliers : dent déchaussée, côtes cassées, douleurs cervicales, main enflée…

Selon l’Est Républicain, « tout serait parti d’une vidéo diffusée sur l’application Snapchat, tournée depuis une cellule bisontine grâce à un téléphone clandestin. Une opération de fouille a effectivement permis la découverte de deux appareils, cachés dans la cellule des demi-frères. Conformément aux règles internes de l’établissement pénitentiaire, il avait été décidé de séparer les deux trublions en guise de sanction. C’est à cette occasion que les codétenus ont tenté de se rebeller. […]
Depuis mi-mars, la maison d’arrêt de Besançon est soumise à de fortes restrictions, destinées à diminuer le risque de propagation du Covid-19. Ces nouvelles mesures comprennent notamment la suspension des parloirs et de toutes les activités collectives. […]

Lyon : Se déconfiner pour caillasser les banques – Avril 2020

A Lyon comme ailleurs, certaines banques sont en partie fermées au public en ces temps de confinement… Mais ce serait une erreur de croire que la rage envers ces institutions, qui vivent de la misère du plus grand nombre et de la destruction de la planète, s’estomperait et se laisserait confiner…

En effet, les journaflics lyonnais se sont émus le week-end dernier de l’attaque de plusieurs agences bancaires du 2ème arrondissement, au coeur de la Presqu’île.

Ce sont entre autres des agences de la BNP et de la Société Générale, situées place Bellecour et rue Victor-Hugo, qui ont eu portes et vitrines brisées, probablement à coups de pierres.

Peut-être bien que ce sont ces mêmes agences qui avaient lourdement pâti de l’émeute « gilets jaunes » quelques jours avant le confinement, le 14 mars dernier. Les banquiers pensaient certainement profiter de l’Etat d’urgence (sanitaire) pour se refaire une beauté… Et ben c’est raté ! Quelques individus, après avoir chaussé gants et masques, sont sortis détruire quelques responsables d’un virus bien pire que celui dont on nous rabâche les oreilles depuis plus d’un mois… Celui du capitalisme qui chaque année tue des millions de personnes à travers le globe.

[A partir du Progrès et de LyonMag, 18 et 19.04.20]

Bologne, Italie : Parloir sauvage à la prison de la Dozza – 16 avril 2020

Le 16 avril au matin, en réponse à l’appel des proches de détenus de Rome et des gens solidaires qui les ont soutenus pour retourner publiquement à la prison de Rebibbia, une dizaine de compas ont atteint les murs de la prison de la Dozza, à Bologne, pour saluer les prisonniers et apprendre de leur bouche comment évolue la situation entre les murs, plus d’un mois après la révolte.

Les compas ont réussi à parler à quelques personnes enfermées : certaines d’entre elles se trouvent dans la section AS3 qui, après la mort de Vincenzo par le covid-19 le 2 avril, a dû être fermée pour faire de la place aux détenus de la section judiciaire (celle dévastée au cours de la révolte). Les transferts prévus pour vider l’AS3 ont été interrompus probablement après l’annonce des contaminations qui ont suivi. En effet, au cours des dernières semaines, plus de 30 détenus ont été transférés dans les prisons de San Gimignano et de Tolmezzo. Pour ces prisons, il est impossible d’imaginer une amélioration des conditions d’incarcération (si on arrive seulement à les imaginer). Les détenus ont été testés positifs au virus alors que les transferts avaient déjà eu lieu, et en toute logique, cela a déclenché la colère des autres personnes emprisonnées. Quel protocole suivent le DAP [Département de l’Administration Pénitentiaire] et compagnie pour protéger la santé des détenus pendant les transferts ? Aucun, évidemment, parce que préserver la santé des détenus n’est pas une chose importante pour ces messieurs : nous le savions déjà et nous ne sommes pas étonnés.

Depuis l’intérieur, les voix ont remercié pour la présence et ont parlé de conditions désespérées. Les détenus ont signalé que nombre d’entre eux étaient malades et qu’ils n’avaient pas encore reçu de masque. Par ailleurs, nous savions déjà que Roberto Ragazzi, chef de la médecine pénitentiaire du Secteur de la Santé de la province bolognaise, dans une circulaire interne du 24 février, avait donné comme instruction à tous les professionnels de santé de ne pas utiliser de masque lors des visites aux détenus, à l’infirmerie et dans les cabinets médicaux de la Dozza, de peur de générer des inquiétudes et des tensions au sein de l’établissement. De l’intérieur, les prisonniers ont signalé aussi qu’ils sont tous privés de promenade depuis des semaines, qu’ils n’ont pas accès à des appels vidéo pour remplacer les parloirs mais seulement à un appel téléphonique de 10 minutes par semaine – à leur frais.

Après 15 minutes environ, le groupe de compas a été rejoint par un déploiement disproportionné de la Digos, de matons, voitures et flics anti-émeutes. Les compas ont tous et toutes été contrôlés et fouillées, avec en prime une amende pour violation du décret (les compas avec des gants et des masques, les flics sans la distance de sécurité, décidément moins soucieux de la « prévention ») . Ce contrôle a eu lieu à un endroit visible depuis les cellules : c’est pourquoi un soutien de la part des détenus s’est manifesté avec des cris et des insultes contre les flics, en inversant les rôles dont nous avons l’habitude.

ON NE CESSERA PAS DE LE RÉPÉTER AUJOURD’HUI : LA SEULE SÉCURITÉ, C’EST LA LIBERTÉ !

– Texte publié sur roundrobin.info, le 18 avril 2020

[Traduction reçue par mail]