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Etats-Unis : Quelques brèves sur le mouvement de révolte en cours

5/6/20, Redlands (Californie) : l’entrepôt d’Amazon en feu

Vendredi 5 juin, vers 5h30, un incendie a ravagé un centre de distribution d’Amazon à Redlands, ville californienne située à 112 km à l’est de Los Angeles. Les bâtiments, plusieurs camions de livraison et leurs marchandises ont été détruits par les flammes. Sur des vidéos, on voit des remorques d’Amazon en feu (cf vidéo ci-contre). Les dégâts sont énormes et le dégagement de fumée a contraint les autorités à fermer l’autoroute (10Freeway) à proximité de la ‘Mountain View Avenue’. L’entrepôt, grand comme trois terrains de football et situé au 2255 sur la ‘West Lugonia Avenue’, appartenait à Kuehne&Nagel, une entreprise multinationale de transport et de logistique qui aide Amazon dans la distribution de commandes (meubles, téléviseurs…).

Il y a deux mois une camionnette d’Amazon avait été incendiée à Los Angeles dans le cadre d’appel à action pour le 1er mai. L’attaque avait alors été revendiquée contre la collaboration d’Amazon dans les rafles et les expulsions de sans-papiers.


Monroe (Etat de New-York) : les ennemis de la révolte anti-keufs ont des noms… et des bagnoles !

Jeudi 4 juin, en fin de soirée à Monroe, au nord de Rochester, des inconnu.e.s ont pris pour cible des véhicules qui appartiendraient soit à des fascistes, soit à des (soutiens des) flics (ou peut-être bien des deux).

En effet, au moins trois véhicules ont été incendiés vers 23h, à l’extérieur de la ville. Des tags ont été inscrits sur leurs carrosseries, tels que « Black Lives Matter » et ses initiales « BLM ». Les autorités ont confirmé l’origine volontaire des incendies, puisque des restes de bouteilles remplies de liquide inflammable auraient été retrouvées sur les lieux.


Minneapolis : 55 millions de dollars, le coût des émeutes

Par ailleurs, on apprend que parmi les multiples attaques incendiaires qui ont fait rage à Minneapolis la semaine précédente, la basilique Sainte-Marie a elle aussi reçu de la visite : jeudi 28/05 à l’aube, des engins incendiaires (sous forme de bouteilles remplies de liquide inflammables) ont été jetés en direction des bancs, endommageant deux d’entre eux et le sol en-dessous. Cette attaque vient s’ajouter aux nombreuses autres, autrement plus destructrices, des saccages de stations-services aux pillages et incendies de supermarchés… Rien que pour la ville de Minneapolis, les premières estimations des dégâts matériels s’élèvent à plus de 55 millions de dollars.


29 et 30 mai : Deux nuits d’émeutes à Seattle

Vendredi et samedi soir (29 et 30/05) ont vu respectivement des manifestations dans Seattle contre la terreur policière et pour contribuer à la lutte brûlante pour les « vies noires ». Ces protestations ont été multiples et les participant.e.s sont venu.e.s de tous les horizons pour affirmer avant tout que les « vies des noirs comptent ». Ces manifestations ont aussi inclus des attaques contre la police, le complexe industriel pénitentiaire, ainsi que contre la gentrification et le capitalisme. Les cibles de rage et de deuil pour George Floyd comprennent, de façon non-exhaustive le centre de détention pour mineurs, de multiples supermarchés ‘Amazon Go’, la prison du comté de King et d’innombrables façades de commerces du centre-ville. Pendant les manifestations au centre-ville de Seattle de ce samedi [30 mai], la police a lancé des grenades de désencerclement et aspergé les protestataires de gaz chimiques irritants en début d’après-midi. Peu de temps après, 6 voitures de police ont été incendiées dans le centre-ville et des pillages se sont répandus dans les couloirs de magasins du centre, jusque tard dans la nuit. On a entendu des gens crier « Réparations » tandis que ça courait dans les rues, les bras chargés de marchandises.

Il ne s’agit en aucun cas d’un compte-rendu officiel des événements qui se sont produits, mais plutôt d’une retransmission de Seattle aux restes du monde : Les vies des Noirs comptent. George Floyd compte. Nous sommes tou.te.s entré.e.s dans un nouveau monde de guerre contre les porcs. Impliquons-nous.

[Traduit de Pugetsoundanarchists, 31/05/20]

États-Unis : Ni garde nationale ni couvre-feu n’arrête la révolte – 30 et 31 mai 2020

Los Angeles le 30.05.2020

Dans de nombreuses villes du pays, les émeutes se sont poursuivies durant tout le week-end des 30 et 31 mai, les flammes et les fumées de la révolte arrivant jusqu’aux portes de la Maison Blanche, à Washington. Le couvre-feu a été décrété dans au moins quarante grandes villes. La Garde nationale, l’armée de réservistes destinée à la défense du territoire, a été mobilisée dans pas moins de 24 états pour renforcer la police et protéger les pompiers, mais sans parvenir à enrayer les destructions et les pillages, qui se sont déroulés un peu partout, notamment à Boston, Philadelphie, mais aussi à Chicago, San Francisco et à Seattle. Depuis le début des émeutes, la police a procédé à au moins 4400 arrestations allant des accusations de « pillages », de « blocage de la circulation » à celle de « non-respect du couvre-feu ».

Barricade à côté de la Maison Blanche, 31.05

Dimanche 31 mai au soir, à Washington, des émeutiers ont incendié l’église Saint-John, aussi appelée l’église des présidents, à proximité de la résidence officielle du chef de l’État. Même si les pompiers ont réussi à maîtriser l’incendie, la violence du rassemblement sur la place Lafayette, juste devant la Maison-Blanche, a pris par surprise les services de sécurité du président : par mesure de précaution, Trump et sa famille ont été mis à l’abri dans le bunker de la Maison Blanche. Par ailleurs, l’immeuble qui abrite le siège du syndicat AFL-CIO, la plus puissante fédération de syndicats des États-Unis et relais traditionnel du parti démocrate, a également été saccagé et incendié. Tard dans la soirée, des feux brûlaient encore aux alentours de la Maison-Blanche, où un drapeau national a été décroché d’un bâtiment officiel pour finir dans le brasier d’une barricade. Des banques ont notamment été saccagées et des bijouteries pillées. Pendant tout le week-end, les abords de la Maison-Blanche ont été le théâtre d’affrontements avec la police et les services secrets, qui se sont pris une pluie de projectiles, pierres, bouteilles et feux d’artifice. Plusieurs dizaines d’agents ont été blessés à des degrés divers.

A Seattle, la nuit de dimanche à lundi a été plus calme que les deux précédentes, où se sont déroulés affrontements, destructions et pillages, notamment dans le centre-ville. Des voitures incendiées, des commerces pillés et des entreprises saccagées (comme un concessionnaire Ferrari). Dans la soirée de dimanche, des groupes de commerçants et de propriétaires armés sont sortis dans la rue pour protéger « leur » quartier et leur propriété face à la révolte en cours…

Dimanche matin dans Seattle

Pillage d’un magasin à Manhattan, 31.05

À New-York, des manifestant.e.s ont investi ‘Union Square’, à Manhattan, et se sont heurtés avec la police sur Broadway. La fille du maire de New York, Chiara de Blasio, a été arrêtée par les policiers alors qu’elle participait à l’émeute. Dans la soirée, des pillages ont eu lieu dans cinq quartiers de la ville, accompagnés d’affrontements sporadiques. Samedi 30 mai, une femme de 27 ans a été arrêtée pour « tentative de meurtre sur des policiers » et « tentative d’incendie criminel ». Elle aurait jeté un cocktail Molotov à travers la vitre-arrière d’un véhicule de police à l’angle de la ‘Eastern Parkway’ et de la ‘Washington Avenue’. L’engin ne s’est malheureusement pas allumé et les flics ont pu sortir du véhicule sans souci. Lors de son arrestation, elle aurait mordu un agent à la jambe, a ajouté la police. La sœur de l’inculpée a aussi été placée en garde à vue pour avoir résisté à l’interpellation.

New-York, 31.05

A Boston, des centaines de personnes se sont affronté aux flics à la nuit tombée. Des magasins ont été saccagés, au moins 21 véhicules de police ont été vandalisés, dont un a été incendié. Ce lundi 1er juin à 3h, la police faisait état de 40 arrestations.

A Philadelphie, des révolté.e.s ont attaqué les flics à coups de pierres et de cocktails Molotov, détruit plusieurs véhicules de police (mettant le feu à au moins deux d’entre eux) et pillé de nombreux magasins. Au cours du week-end d’émeutes, 91 personnes ont été inculpées pour « pillages, violences sur agents et troubles à l’ordre public », parmi les 345 interpellées (207 samedi et 138 dimanche).

Les pillages ont fait rage dans plus de 20 villes de Californie, dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’AP.

Samedi 30 mai, à Los Angeles, plus de 1000 soldats de la garde nationale ont été déployés dans les rues toute la nuit de samedi à dimanche. Pourtant, ça n’a pas empêché les feux et les pillages de se répandre un peu partout. Des émeutiers armés de clubs de golf s’en sont donné à cœur joie. A l’intersection de ‘Third’ et ‘Edinburgh Avenue’, plusieurs voitures de police ont été vandalisées, dont certaines incendiées. Plus tard, les flics sont intervenus avec leurs véhicules lourds de type militaire pour déblayer les rues, tandis que des centaines de manifestant.e.s se dirigeaient vers l’artère commerciale de Beverly Hills avec des pancartes « Mangez les riches ». Des dizaines de vitrines de magasins ont été brisées, et leurs produits de luxe emportés. Les pillages se sont succédé toute la nuit dans le centre-ville. Plus de 500 personnes ont été interpellées, mais seules 18 d’entre elles sont poursuivies pour « pillages, dégradations et troubles à l’ordre public ».

Pillage sur l’avenue Melrose dans le quartier Fairfax samedi 30 mai, à Los Angeles.

Dans la baie de San Francisco, des émeutes ont éclaté à divers endroits, comme dans le ‘San Leandro‘s Bayfair Center’, où des bijouteries et autres magasins de luxe ont été vandalisés et pillés. Des feux se sont déclarés tout au long de la nuit dans le centre-ville d’Oakland, ponctués d’attaques de concessionnaires (comme celui d’un Mercedes-Benz) ou de supermarchés ‘Target’…

Concession Mercedes à Oakland, nuit du 30 au 31/05

A Portland, parmi les multiples attaques, incendies et pillages, le pôle judiciaire de Multnomah abritant la prison du comté et le siège de la police a été saccagé vers 23h : tags, vitres brisées, ordinateurs détruits et départ d’incendie.

A Grand Rapids, dans le Michigan, plusieurs véhicules de police ont été incendiés, des magasins saccagés et pillés, et les vitres du musée d’art de la ville ont volé en éclats.

Les bureaux du secrétaire d’Etat saccagés à Grand Rapids, dans la nuit de samedi à dimanche

Dans la nuit de vendredi à samedi à Indianapolis, une trentaine d’entreprises et de commerces, ainsi que de nombreux véhicules ont été attaqués, détruits par le feu et endommagés.

Durant le week-end, la chaîne de distribution agro-alimentaire ‘Target’ a annoncé la fermeture temporaire de 105 de ses supermarchés présents dans 10 états du pays, en raison des destructions et des pillages à répétition depuis le début des émeutes. Parmi ces 105 magasins fermés, 49 se trouvent en Californie et 33 dans le Minnesota d’où sont parties les émeutes. Les autres se trouvent dans le Colorado, en Pennsylvanie, dans l’Illinois, de New York (12), de Géorgie, de l’Oregon, du Michigan et du Texas.

[Synthèse réalisée à partir de la presse US, 31/05 et 1/06]

Un magasin ‘Target’ à l’air libre, nuit du 30 au 31 mai à Oakland

Pillage d’un magasin de luxe à San Leandro

San Francisco, 31 mai 2020

concessionnaire ferrari attaqué à Seattle, au cours du week-end

Arrestation d’un homme après le pillage d’un magasin CVS à Santa Monica, en Californie

La façade de l’Art Museum de Grand Rapids (Michigan), nuit de samedi à dimanche

Voiture de keufs en feu, à Grand Rapids (Michigan)

Boston, 31.05

Attaque du pôle judiciaire de Portland, 30.05

Philadelphie, dimanche 31 mai

Banque ‘Chase’ en feu à La Mesa, dans le comté de San Diego, en Californie

Nuit du 30 au 31 mai, à Richmond, en Virginie – Incendie du siège national des ‘United Daughters of the Confederacy’ (association raciste et ségrégationniste commémorant les confédérés)

Voiture en feu à Seattle, 30-31/05

Regroupement de propriétaires et de commerçants, s’armant par crainte des émeutes, Seattle, dimanche 31/05

Sabotages contre la normalité numérique

De multiples sabotages des antennes-relais et des câbles Internet ont eu lieu ces dernières semaines, non seulement en France mais partout dans le monde. Il y a probablement des motivations très différentes, parfois puantes (complotisme par exemple). Il y a aussi une conscience partagée de la réduction de la liberté par le développement des nouvelles technologies et des possibilités de freiner le cours normal de l’ordre existant par des sabotages à la portée de chacun et chacune. Il n’en fallait pas moins pour que les services de renseignement commencent à diffuser via les médias le spectre de l’ultragauche et de la mouvance anarchiste, citant au passage quelques sites de compas qui publicisent ces sabotages.

La 5G en cours d’installation est la promesse de l’accélération de la restructuration technologique du capitalisme. Une connexion nouvelle génération, en plus puissant, en plus rapide. L’épidémie de coronavirus a accéléré le processus. Comme le web n’est pas matériel, mais s’appuie bien sur une infrastructure très matérielle (des câbles, des antennes, des bateaux câbliers, des data centers, des usines de production d’énergie, etc.), la 5G a besoin de construire un nouveau réseau d’antennes-relais plus puissantes et plus génératrices d’ondes. En outre, la 5G est conçue pour un nouveau saut qualitatif dans la numérisation du monde et de l’intégralité de la vie. Elle est prévue pour l’installation de l’internet des objets (montres, balances, lits, frigos, etc.), des voitures autonomes, des drones livreurs, de la chirurgie à distance, des usines robotisées et connectées, etc. C’est plus qu’une simple accentuation de ce qui existe déjà. En langage d’ingénieur Recherche et Développement, on parle de « technologie de rupture ».

Concrètement, les machines connectées permettent aux entreprises de connaître les taux de productivité en temps réel de manière individualisée et donc de déterminer en permanence les gestes à réaliser par les salariés. Au passage, on se révolte plus difficilement contre des algorithmes que contre le patron, le cadre ou le contremaître.

L’algorithme supplante l’horloge et le contremaître. Le lit connecté permet lui de connaître votre courbe du sommeil pour optimiser votre récupération. Derrière, il s’agit d’être plus efficace, évidemment. Au passage, vous recevrez des suggestions de somnifères, de séjours à la montagne, etc. Il y a toujours du fric à se faire. Pour donner une idée, gagner quelques nanosecondes pour les flux financiers actuels en améliorant les câbles Internet, c’est gagner quelques milliards d’euros.
Le temps, c’est de l’argent. Le fait que tout soit transparent, de sa consommation alimentaire via les frigos connectés à ses déplacements via les cartes à puce de transport, en passant par sa consommation électrique via les compteurs Linky ou sa production de déchets relevée par des poubelles « intelligentes », va surtout permettre d’anticiper les comportements afin de maximiser l’administration du cheptel humain.

Drones, objets connectés, e-commerce, flash codes, caméras intelligentes sont déjà partout. A Saint-Étienne, le fabricant d’armes Serenicity sous l’égide de la municipalité développe un projet d’implantation de capteurs sonores dans les rues afin de repérer les bruits suspects : klaxons, bris de verre, bombes de peinture aérosols, etc. L’objectif est d’aider à une intervention plus rapide de la police. Les capteurs envoient ainsi un signal aux forces de l’ordre. Les premières phases du projet prévoyaient l’utilisation de drones qui auraient décollé automatiquement suite à la captation du son suspect, mais ce recours a finalement été abandonné. Le projet est en partie financé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine dans le cadre du « Programme d’investissement d’avenir ville et territoires durables ». De quoi faire durer leur monde de merde, en somme. En mai 2019, la réalisation du projet a été repoussée en attente d’un avis de la CNIL. Loin de nous paralyser, cette surveillance peut aussi renforcer notre détermination à agir pour peu qu’on fasse preuve d’un peu d’ingéniosité.

Pas moins de 20 sabotages coordonnés ont eu lieu en région parisienne le 5 mai sur le réseau à fibre optique, faisant cesser le télétravail pour nombre de salariés, freinant les communications de plusieurs commissariats et faisant cesser l’activité de plusieurs entreprises, comme le site de poker en ligne Winamax. Leur système est partout, diffus. Cela en fait quelque chose de vulnérable : des armoires internet à chaque coin de rue, des câbles dans chaque égout, des antennes-relais sur chaque promontoire.

Il y aura toujours quelques citoyens et citoyennes pour promouvoir un alternumérisme et condamner ce genre de sabotages. Mais non, la technique n’est pas neutre et ne dépend pas de l’usage qu’on en fait !
Elle fabrique son monde auquel il faut s’adapter, à l’image des ouvriers et ouvrières captés par le rythme de la machine. Elle fait aussi système dans lequel progrès et catastrophe sont les deux faces de la même médaille. La technique en elle-même contient des potentialités qui seront inévitablement exploitées. Le couteau peut aussi bien servir à couper le pain qu’à planter son adversaire. Le train va avec les déraillements, l’avion avec les crashs, le nucléaire avec la bombe, le numérique avec la surveillance, etc. La question, telle que les Luddites l’avaient perçu, devient alors quelle communauté voulons-nous et à partir de là s’opposer à toute technologie préjudiciable à celle-ci. Il y aura donc toujours des personnes pour tenter de briser la normalité, y compris quand elle prend les allures parfois ludiques de la technologie.

La révolte, c’est la vie… y compris contre le gouvernement de la science.

[Reçu par mail, 12 mai 2020]

Allemagne : Des flammes pour l’école de police, les riches … (Du 21 avril au 9 mai 2020)

9 mai, Bamberg : attaque incendiaire contre l’école de police

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 mai, dans cette ville située à environ 60 km au nord de Nuremberg, trois véhicules de la police fédérale ont été volontairement incendiés sur le parking de leur centre de formation (Aus- und Fortbildungszentrum der Bundespolizei). C’est un vigile lors de sa ronde qui a remarqué les flammes vers 0h45 en train d’engloutir trois fourgonnettes Ford Transit, toutes garées les unes à côté des autres sur ce parking de la Zollnerstraße. Même si les pompiers ont été rapides pour éteindre l’incendie, les véhicules ont bine été détruits. Selon les premiers éléments de l’enquête, les incendiaires inconnus se seraient introduits sur la zone en ouvrant de force une partie du grillage. Les dégâts sont évalués à 20 000 euros.

6 mai, Hambourg : la Mercedes coupée (dans le sens de la longueur)

Dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 mai, une voiture de luxe de marque Mercedes AMG GT a été détruite par le feu sur la Rainvilleterrasse dans le quartier de Ottensen. Les pompiers ont été ultra-rapides, mais leur intervention n’a pas empêché qu’elle soit détruite. Pour se faire un ordre d’idée, ce bolide est vendu à un prix minimum de 91.000 euros.


4 mai, Heeseberg : deux bus incendiés

Alors que jeunes et moins jeunes s’apprêtaient à reprendre le chemin de l’école et du travail, deux bus KVG ont été livrés aux flammes à Heeseberg, dans l’arrondissement de Helmstedt (Basse-Saxe). Un chauffeur de bus, en se rendant au dépôt pour prendre son service vers 5h15, est tombé sur un bus en flammes, qui étaient déjà en train de se propager à l’autre véhicule garé à côté. Les dégâts se chiffrent à au moins 300.000 euros.


21 avril, Hagen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) : incendie de deux voitures de luxe

Dans la nuit de lundi à mardi, deux voitures de richards (une Mercedes Klasse E et une Audi S8) ont été cramées dans la Karlstraße, à Hagen, au sud de Dortmund. Le feu a été mis à l’avant de la Mercedes, garée juste derrière l’Audi. La chaleur des flammes a fait sauter la vitre d’une entreprise située à côté.

[A partir de la presse allemande]

Rothau (Bas-Rhin) : Contre le virus policier

Depuis deux semaines, à Rothau, petite ville du Bas-Rhin d’un peu moins de 1600 habitant-e-s, des banderoles et des tags sont apparus sur les murs et les façades. Disons-le d’emblée, ces messages n’ont strictement rien à voir avec le fait de respecter le confinement et de frapper dans ses mains tous les soirs à 20h pour rendre hommage aux « héros du quotidien en première ligne contre le virus » (soignants, éboueurs et même les forces de l’ordre). Ni même avec une « protestation » confinée, peu importe que ce soit contre le mauvais gouvernement qui prend pas assez soin des pauvres et des exploités ou bien de pseudo-solidarité avec les prisonniers en frappant dans des casseroles à sa fenêtre.

Mais alors, qu’a-t-il pu se passer dans cette bourgade habituellement si paisible pour que certain.e.s réfractaires à l’assignation à résidence générale se mettent soudainement à afficher au grand jour le nom et prénom d’un flic de la mairie ?

Et bien tout simplement le fait d’en avoir plus qu’assez des contrôles et des amendes à répétition par ces laquais de l’ordre… et en particulier par un de ses uniformes qui, sans doute, prend sa sale besogne beaucoup trop à coeur, persuadé d’incarner le nouveau sauveur de la Nation face à l’épidémie. Il saura à l’avenir que de se comporter comme le cowboy du shérif local peut lui valoir quelques soucis, en plus du fait de lui rappeler ce qu’il est réellement: un virus bien plus présent que le coronavirus, pestiféré de toutes part qui pourrit le quotidien des gens sous prétexte de catastrophe sanitaire.


Confinement : des banderoles et des tags visent le policier municipal de Rothau dans le Bas-Rhin

Depuis deux semaines, des banderoles et des tags ont mis en cause le policier municipal de Rothau dans la vallée de la Bruche. La première banderole a été déployée il y a une quinzaine de jours sur les murs de la salle des fêtes, en plein centre du village. Une deuxième a été accrochée quelques jours plus tard. Des tags ont aussi été peints sur la route et sur une façade de maison. Ces inscriptions visent directement le policier municipal de Rothau en indiquant son nom et la phrase « t’es un virus ». 

« Au départ, nous ne voulions pas faire de bruit autour de cette affaire, mais nous avons quand même porté plainte, explique le maire de la commune Marc Scheer. Les gens ne peuvent pas faire n’importe quoi. C’est normal que le policier municipal fasse respecter le confinement. Il faut aussi continuer à sensibiliser les gens sur le sujet ».
Marc Scheer sait de quoi il parle. Médecin à la retraite, il continue à donner des coups de main  dans un Ehpad particulièrement touché par le coronavirus.
Depuis, plusieurs jours, des abus avaient été constatés dans la commune de Rothau. Ils étaient de plus en plus nombreux à ne plus respecter le confinement. Plusieurs familles avaient notamment fêté un anniversaire ensemble. Certains avaient été verbalisés par les gendarmes.

La gendarmerie de Schirmeck mène l’enquête. Elle a notamment réalisé des prélèvements ADN sur les banderoles pour essayer d’en retrouver les auteurs.

[Repris de France Bleu Alsace, 4 mai 2020]

Espenel (Drôme) : Un monument à la gloire de l’armée et de la patrie tagué – Mai 2020

Ce 5 mai, on apprend par le Dauphiné Libéré que « le mémorial de la Résistance à Espenel qui rend hommage aux résistants de la seconde guerre mondiale a été recouvert de larges inscriptions « Contrôle mortifère » ou encore « Résistance fertile ». Inaugurée en 1999, ce site commémore l’attaque du Vercors du 21 juillet 1944 et les résistants des compagnies Pons et Chapoutat morts au combat ainsi que des victimes civiles d’Espenel et de Saillans. Une enquête a été ouverte par les gendarmes de la compagnie de Crest. »

Oriol-en-Royans (Drôme) : Une nouvelle antenne-relais incendiée – 6 mai 2020

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2020, l’antenne-relais TDF d’Oriol-en-Royans, dans la Drôme, a été volontairement incendiée, aux alentours de 2h. L‘opérateur SFR affirme que près de 19.000 lignes téléphoniques de ont été coupés. Bouygues Telecom, l’autre opérateur qui exploite ce pylône, connaît également des perturbations sur son réseau.

« Des milliers d’abonnés du réseau SFR mais aussi de Bouygues Telecom sont privés de téléphone portable après l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi vers 2h sur la commune d’Oriol-en-Royans. Des techniciens de TDF et de SFR sont sur place depuis ce mercredi matin mais les dégâts sont importants. Le préjudice est estimé à plusieurs milliers d’euros selon les premières constatations effectuées sur place.

Des milliers d’abonnés de la Drôme et de l’Isère sont privés de téléphone portable au moins jusqu’à ce vendredi 8 mai. Des abonnés qui vivent à Saint-Marcellin, Chatte, Saint-Paul-les-Romans, Saint-Laurent-en-Royans ou encore Saint-Hilaire-du-Rosier. Cette antenne relais de 45 mètres de haut est visible de loin lorsqu’on circule sur l’A49 entre Valence et Grenoble au dessus de la commune de La Baume-d’Hostun. »

[Repris de France Bleu Drôme-Ardèche, 6 mai 2020]

Ile-de-France : Au sujet du sabotage coordonné contre le réseau de télécommunication

[Exceptionnellement on reproduit ici un article du quotidien Le Parisien du 6/5 sur le sabotage coordonné contre le réseau à fibre optique (internet et téléphonie mobile 4G) qui a eu lieu mardi 5 mai quasi-simultanément et à plusieurs endroits dans le Val-de-Marne].

Sabotage du réseau Internet dans le Val-de-Marne : «Du jamais-vu en vingt ans»

Elles étaient encore environ 20 000 mercredi 6 mai à attendre le 11 mai sans doute encore plus que les autres. Toutes les personnes privées de leur connexion à Internet ou au réseau mobile d’Orange en raison de la gigantesque coupure survenue la veille en Ile-de-France devraient en retrouver l’accès lundi dans la matinée, jour du début du déconfinement. En raison de la panne, beaucoup n’étaient plus en mesure de télétravailler.

Une enquête menée par le SDPJ du Val-de-Marne a démarré pour déterminer l’origine de ce « sabotage intentionnel à grande échelle », « du jamais-vu en 20 ans », d’après un patron d’une importante entreprise Internet qui opère des centres de données dans la zone. Une source policière évoque pour l’heure un préjudice estimé à un million d’euros. Le parquet de Créteil, contacté par le Parisien, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Ce sabotage qui a affecté plus de 50 000 clients mardi ne serait l’acte que « d’une seule personne équipée d’une disqueuse », avance de son côté la direction de la communication d’Orange Ile-de-France, qui précise n’avoir constaté « aucun vol ». Le but « est bien », d’après l’entreprise, « de couper le réseau ».

Sabotages à répétition depuis un mois

Ces coupures interviennent dans un contexte de sabotages à répétition sur l’ensemble du territoire depuis un mois. Avec toujours les mêmes cibles : les outils de communication. « Plus d’une vingtaine » d’actes de sabotages ou destructions symboliques ont ainsi été recensés en France, selon une note confidentielle du Service central du renseignement territorial (SCRT) datée du 23 avril, comme nous le révélions lundi. Avec, pensent les agents, l’ultragauche à la manœuvre.

Contacté, le Parquet national antiterroriste (Pnat) indique être informé des faits et rester « très attentif à ce phénomène de sabotage ». Des spécialistes de l’antiterrorisme estiment que ce sont des faits graves et préjudiciables, mais que la question doit être posée de savoir s’il y a un trouble à l’ordre public par l’intimidation et la terreur, qui est le propre du terrorisme.

Une nouvelle plainte

Mercredi, Orange a déposé une nouvelle plainte suite à la « suspicion d’un nouvel acte de vandalisme sur un autre poste à Vitry ». D’après nos informations, les faits ont eu lieu mardi en deux temps : avenue Danielle-Casanova à Ivry-sur-Seine, où des câbles souterrains ont été coupés dans la matinée. Même procédé l’après-midi dans la zone industrielle de Vitry-sur-Seine, où des techniciens ont également constaté les dégâts.

« Il y a quatre lieux de vandalisme répertoriés pour l’instant », comptabilise-t-on à la direction de la communication d’Orange Ile-de-France, qui précise que ses équipes « se relaient nuit et jour 24 heures sur 24 » pour rétablir le réseau. Deux à Ivry à 500 mètres d’intervalle et deux à Vitry à deux kilomètres d’intervalle. Pour le premier point, 4000 lignes ont été touchées avec un rétablissement progressif entamé mercredi après-midi. Le second lieu ne devrait pas être « important en termes d’impact clients », précise-t-on chez Orange. « Le confinement rend la réparation plus longue et plus difficile, il s’agit de petits locaux où l’on ne peut pas se trouver à plusieurs techniciens », affirme un cadre important chez Orange.

Plusieurs commissariats et hôpitaux ont également été touchés comme le centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (CHIV) qui est « toutefois équipé d’un relais de secours », note-t-on chez Orange, précisant que les hôpitaux « sont prioritaires pour le rétablissement du réseau ». « Notre direction du système d’information a immédiatement réagi pour rétablir un lien réseau, notamment en passant par le réseau du centre hospitalier intercommunal de Créteil », ajoute-t-on à la communication du CHIV.

Le «réseau névralgique» touché

Les pertes de connexions à Internet ou au réseau mobile d’Orange ne sont-elles que la partie émergée d’un gigantesque iceberg ? Plusieurs entreprises dépendantes de datacenters situés près de Vitry, comme le site de poker et de paris Winamax, ont connu une interruption de service temporaire mardi. Mais alors que certaines ont redémarré, d’autres restaient pour l’heure paralysées car la coupure a aussi frappé d’autres fournisseurs d’accès à Internet qu’Orange qui utilisent ce réseau haut débit.

« Ces individus ont forcé les plaques de rue qui protègent les réseaux souterrains de fibres optiques. Ils ont ensuite coupé les gros câbles et pris le temps de tout recouper en de plus petits morceaux pour retarder les réparations qui pourraient prendre des semaines », assure ce patron d’une importante entreprise du numérique.

L’acte de vandalisme opéré équivaut, dit-il, au fait de s’en prendre à un « réseau de lignes à haute tension », car les auteurs ont, toujours d’après lui, « touché le réseau névralgique du réseau Internet français, où sont aussi situés des nœuds internationaux de communication ».

Des coupures «méthodiques et organisées»

Il évoque des coupures « méthodiques et organisées sur une vingtaine de points dans un rayon de 5 km dans le Val-de-Marne », quand Orange n’évoque à ce stade que quatre points de vandalisme, un chiffre confirmé par une source proche de l’enquête. Pour ce professionnel du secteur, la piste d’un « groupe très organisé » est crédible, car la localisation de ces points de passage des câbles est « confidentielle ». Sans compter que le fait de couper des fibres optiques en verre protégées par des gainages nécessite d’être bien équipé.

De soin côté, un haut fonctionnaire spécialiste de ces questions affirme : «Aucun élément ne relie procéduralement à l’ultragauche, mais ce qui frappe est le caractère structuré et planifié de l’action qui ne doit rien au hasard. C’est une première depuis longtemps, même s’il ne faut rien exclure.»

La réparation pourrait prendre « énormément de temps », poursuit une source proche de l’enquête. Parce que les câbles sélectionnés constituent des « points névralgiques », ce que les auteurs qui « cherchaient à nuire le plus possible » ne pouvaient ignorer, explique le même haut cadre chez Orange.

[Par Marion Kremp, Damien Licata Caruso, Jean-Michel Décugis et Fanny Delporte, mercredi 6 mai 2020, 20h33]


Ci-dessous nous reproduisons une carte forcément restreinte et faussée sur les actes de sabotage et de « dégradations » attribués à « l’ultra-gauche » depuis l’instauration du confinement (et un peu avant). Elle a été publiée dans ce même journal dimanche 3 mai 2020, à partir de ce qu’affirment les flics du renseignement, qui y voient forcément des intérêts à transmettre ce genre d’infos à leurs sbires des médias dans la période actuelle, tout en les faussant en partie, en cherchant à les relier les unes aux autres. Ceci dit, elle donne une petite idée des actions et sabotages contre l’Etat et divers entreprises à grande échelle, et notamment contre les réseaux de télécommunications, qui semblent bien se multiplier ces derniers jours et ces dernières semaines.

Cliquer sur la carte pour l’agrandir

Los Angeles, Etats-Unis : Incendie d’une camionnette d’Amazon, rouage de la machine à expulser

Suite à l’appel pour un 1er mai autonome et décentralisé, nous avons mis le feu à une camionnette d’Amazon, dans le comté de Los Angeles.

Nous ne pouvions pas rester les bras croisés à regarder la propagation du Covid-19 transformer les centres de rétention pour sans-papiers de l’ICE en véritables camps de la mort.

Amazon fournit les serveurs Cloud qui hébergent le système de gestion des dossiers d’enquête, la base de données utilisée par l’ICE [1] et d’autres agences fédérales afin de collecter des données publiques et privées permettant de suivre et d’expulser les migrant.e.s. Amazon joue un rôle dans chaque rafle, chaque séparation de famille et chaque décès aux mains de l’ICE. Le but de cette action était d’augmenter les enjeux pour les entreprises qui, comme Amazon, fournissent une infrastructure essentielle pour l’application des lois anti-immigration.

En solidarité avec les migrant.e.s actuellement en grève de la faim, dans les centres de l’ICE de tout le pays. En solidarité avec les travailleur.euse.s des entrepôts et des magasins, qui se sont impliqué.e.s dans des grèves sauvages pour le 1er mai.

Contre l’imposition des frontières et la prolifération de l’État de surveillance

Feu anarchiste


NdT:
[1] Immigration and Customs Enforcement: la police aux frontières des Etats-Unis

[Traduit d’Anarchists Worldwide par attaque.noblogs.org, 4 mai 2020]

Nivillac (Morbihan) : Deux véhicules de gendarmerie cramés au sein de la caserne – 4 mai 2020

Au milieu de la nuit entre dimanche 3 et lundi 4 mai, deux véhicules de patrouille ont été livrés aux flammes dans l’enceinte de la caserne de gendarmerie de Nivillac, ville située à 45 km à l’est de Vannes (Morbihan).

Dans cette ville localisée entre Vannes et Nantes, deux véhicules sérigraphiés ont été incendiés au cœur de la caserne de gendarmerie vers 3h du matin, dans la nuit de dimanche à lundi. « La piste criminelle est l’hypothèse privilégiée, confirme François Touron, le procureur de la République de Vannes. Selon les premiers éléments de l’enquête, les véhicules ont été incendiés à l’aide de carburant. »

Des gendarmes ont été réveillés par l’incendie. Les pompiers, rapidement prévenus, ont pu éteindre les flammes avant que le feu ne se propage davantage au garage, ainsi qu’à d’autres véhicules.

Confiée à la brigade de recherches de Vannes, l’enquête s’annonce, comme souvent lorsqu’il s’agit d’incendie, difficile. D’autant que les incendiaires n’ont pas signé leur geste. « Il n’y a aucune revendication, souligne le procureur de Vannes. Pas de sigle, de tag ou de message pour s’approprier cet acte. »

Tout en rappelant les attaques incendiaires revendiquées par des anarchistes il y a quelques années, les enquêteurs n’excluent pour l’instant aucune piste : « Il faut se montrer très, très prudent, assure une source proche de l’enquête. A ce stade, la piste d’une rancœur locale est aussi à prendre en compte. »

[Repris de l’AFP et du Parisien, 04.03.2020]