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[Radio] Carapatage #19 : contre les prisons, la répression et le contrôle

Épisode spécial de Carapatage !

Une émission « spéciale », avec des brèves dont un retour sur le procès aux assises de personnes arrêté suite aux émeutes de beaumont sur oise. Une discussion autour du film « Ils nous ont volé nos nuits », deux chroniques de livre, lecture d’un poème et de chansons !

Carapatage épisode 19 : émission spéciale !
Une émission « spéciale », avec des brèves dont un retour sur le procès aux assises de personnes arrêté suite aux émeutes de Beaumont-sur-Oise. Une discussion autour du film « Ils nous ont volé nos nuits », deux chroniques de livre, lecture d’un poème et de chansons !

Sommaire de l’émission :

  • Brèves
    • 00:02:25 : Retour sur la manif du 19/06 au Mesnil Amelot
    • 00:04:50 : Blog de chronique judiciaire : la Selette
    • 00:08:10 : Retour sur le procès des émeutiers de Beaumont
    • 00:25:27 : Chanson d’une attaque de constructeur de prison à Montreuil
    • 00:27:30 : Concerts de soutien aux inculpés du 8/12/20
    • 00:33:40 : Autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuit, Nos robaron las noches »
  • 00:51:05 : Chronique du livre de Kae Tempest, Inconditionnelles, editions l’Arche
  • 01:02:00 : Chronique du livre de Chloé Mehdi, Rien ne se perd, 2017, editions jigal
  • 01:17:00 : Lecture du poème « Ce qu’il reste – les restes » d’Assata Shakur, issu du recueil « Je transporte des mots, on les appelle des explosifs »
À propos de Carapatage :

Contre les prisons, la répression et le contrôle, à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire, en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur, en échangeant ce qu’on a vu, lu et entendu.

Carapatage est contre les prisons et l’enfermement, les centres de rétention administrative, l’enfermement psychiatrique, les centres éducatifs fermés et l’enfermement des mineurs dans différents centres, le débordement de l’enfermement à l’extérieur par des dispositifs comme le bracelet électronique, le contrôle qui s’exerce dans les foyers de sans-papiers, de l’aide sociale à l’enfance ou à destination des femmes précaires.

La prison est l’aboutissement d’un système répressif et normatif, dans la continuité de la police et de la justice — auxquels on s’oppose aussi —, qui n’existe pas de façon neutre, qui ne s’exerce pas à n’importe quel endroit et sur n’importe qui, mais derrière lesquels il y a des intérêts capitalistes, racistes, néocoloniaux et patriarcaux, entre autres choses. La prison permet de forcer l’acceptation des normes et des lois : elle est la clé de voûte de l’exercice du pouvoir de l’État.

Site internet de l’émission : https://carapatage.noblogs.org
En direct tous les premiers et troisièmes mercredis du mois de 20h30 à 22h :

  • sur 89.4 FM en région parisienne
  • sur le site de Radio Libertaire
    Reprise des émissions en septembre !

Karabola ! Contre les CRA !

Une soirée Karaoké/Tombola en soutien aux luttes contre les centres de rétention et face à la répression pendant le confinement, le samedi 26 juin au squat le marbré (39 rue des deux communes à Montreuil), de 16h à 22h.

Les centres de rétention administrative (CRA) sont des prisons où l’État enferme les personnes qu’il considère en situation irrégulière sur le territoire français, afin de les expulser. Malgré la pandémie, les CRA sont remplis de gens. Et la situation à l’intérieur est invivable : à la violence de l’enfermement et des matons, s’ajoutent les conditions sanitaires désastreuses. Pour résister aux expulsions, les prisonniers-ères s’organisent en refusant les tests PCR, obligatoires pour passer les frontières. Mais plusieurs d’entre eux ont été condamné.e.s à des peines de prison ferme ou placé.e.s à nouveau en CRA pour un total de 180 jours.

Pour s’opposer à ce prolongement du temps de rétention, les prisonniers du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot se sont révoltés le 20 janvier 2021. Deux bâtiments du site ont cramé. Au total, 44 places en cellule sont restées inutilisables pendant plusieurs semaines. Pour cette révolte, sept personnes ont été jugées au tribunal de Meaux le 5 mars dernier. Au procès, les inculpés ont été solidaires entre eux, en refusant de répondre aux questions de la procureure et des juges.

Mais, au bout de 12 heures d’audience et d’un très court délibéré, les inculpés ont tous été jugés « coupables » de « rébellion commise en réunion » et, pour quatre d’entre eux, de l’incendie du CRA. Ils ont été condamnés à des peines de prison ferme, de quatre à seize mois, à l’exception d’une personne qui a pris douze mois avec sursis.

Pour soutenir les inculpés de l’incendie, l’assemblée contre les CRA d’Île-de-France a notamment organisé une cantine, qui s’est tenue le 27 février dernier au squat le Marbré, à Montreuil. Mais les flics, accompagnés du propriétaire du bâtiment, ont profité de cette occasion pour expulser le lieu. Une centaine de policiers ont débarqué, ont encerclé le squat et annoncé vouloir arrêter une « fête illégale ». Ils nous ont nassé-e-s dans le hangar du Marbré et nous ont contrôlé.e.s, pour ensuite expulser « illégalement » le lieu, laissant les habitant-e-s sans domicile et toutes celles et ceux qui le fréquentent sans espace d’organisation. Non seulement la cantine a été interrompue mais en plus nous nous sommes fait verbaliser pour “réunion interdite”. Depuis quelques semaines, nous recevons les amendes. A ces amendes, s’ajoutent toutes celles que nous avons dû payer depuis le début du confinement pour les rassemblements et parloirs sauvages organisés pour soutenir les retenu-e-s.

La lutte doit continuer ! En 20 ans, le nombre de places en CRA a doublé et les projets de construction se poursuivent : à Lyon, à Bordeaux, près d’Orléans, mais aussi au Mesnil-Amelot. Il y a quelques semaines, nous avons appris qu’un nouveau CRA de 64 places allait sortir de terre. En tout, le gouvernement vise 800 places supplémentaires en rétention en France en 2023 par rapport à 2018, soit 60% de plus !

Contre la répression pendant le Covid, pour les personnes enfermées et les camarades verbalisé-e-s, nous organisons une soirée de soutien le 26 juin 2021 au Marbré.

Au programme :

• une discussion autour de la lutte contre les CRA d’Île-de-France et du procès qui a eu lieu le 5 mars dernier à Meaux, animée par l’Assemblée générale contre les CRA de 16h à 18h30
• une tombola (avec des tickets à prix libre) et un karaoké qui s’étaleront sur toute la soirée à partir de 19h
• une exposition pour retracer la construction des CRA en France jusqu’au tout récent projet de nouveau CRA au Mesnil-Amelot, et lire des témoignages des personnes enfermées à l’intérieur
• …et pour vos papilles, des crêpes et des cocktails sans alcool (à prix libre également)

Nous espérons que nous serons nombreu-x-ses pour cette fête.

SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER.ES DES CRA ET DES PRISONS ! LIBERTE ET PAPIERS POUR TOUS ET TOUTES !

Rassemblement au TGI le 7 juin à 13h30 en soutien à Corine, GJ arrêtée le 1er mai

Rassemblement devant le tribunal de Paris 23e chambre/1 le 7 juin 2021 à 13h30 pour soutenir Corine, gilet jaune d’Occitanie qui passe en procès après son arrestation à Paris le 1er mai.

Corine, Gilet jaune d’Occitanie, s’est faite arrêter pendant la manifestation du 1er Mai 2021 à Paris.

Après 24 heures de garde à vue, elle est présentée au juge en comparution immédiate pour :

  • Rébellion lors de son arrestation ;
  • Attroupement en vue de commettre des dégradations et refus de prélèvement ADN le 3 mai 2018.

Elle demandera un report de son procès, afin de pouvoir préparer sa défense. Le juge contre toute attente la placera en détention provisoire jusqu’au procès prévu le 7 juin 2021.

Cette décision sera justifiée par 2 précédentes arrestations et condamnations durant des manifestations Gilets jaunes à Toulouse. Mais le Juge va mettre en avant des éléments que réfute la prévenue : « Être armée en manif ».
Ce qui pose la question de la neutralité de la décision et de la présomption d’innocence, puisque le juge se base sur des éléments encore non jugés !

Son avocat fera une demande de mise en liberté le 11 mai qui sera de la même façon rejetée.

Heureusement Corine sera relâchée le 17 mai suite à une nouvelle demande, mais reste anxieuse quant au rendu de son jugement le 7 juin, au vu de l’acharnement que subissent depuis le début les Gilets Jaunes.

Nous, porte-parole de son comité de soutien, dénonçons un acharnement contre Corine et plus généralement sur le mouvement des Gilets jaunes dans son ensemble, une volonté politique de terroriser cette opposition incontrôlable que représente ce mouvement social.

Nous appelons à un rassemblement devant le tribunal de Paris 23e chambre/1 le 7 juin 2021 13h30 pour soutenir cette mère de famille.

Contre le plan prison, projection du film « le déménagement »

Contre les constructions de nouvelles prisons, projection du film « le déménagement », samedi 8 mai de 16h à 20h au squat le marbré, 39 rue des deux communes à Montreuil.

« 15 000 nouvelles places pour 2027 », voilà l’enième plan de construction massive de prisons annoncée par l’État depuisquelques années. Plusieurs chantiers sont déjà lancés, certains sont en préparation tandis que d’autres n’ont pas encore de sites prévus.

Chaque nouveau plan est justifié par un souci d’amélioration des « conditions de détention ». On invoque encore une fois la volonté de tendre vers l’objectif d’un-e prisonnier-e par cellule. Pourtant la même histoire se répète toujours, les nouvelles cages seront rapidement remplies et « surpeuplées ». Mais même si cela se réalisait, serait-ce pour autant souhaitable ? Être enfermé-e demeure une condition insupportable peu importe la taille ou le confort de la cellule. Par contre il s’agit bien de perfectionner la gestion et le contrôle des prisonnier-e-s avec le choix des sites, l’architecture des bâtiments et les moyens techniques pour limiter les évasions, les révoltes et les communications avec l’extérieur.

Le film « Le déménagement », réalisé en 2011 par Catherine Réchard, aborde le déménagement de la vieille prison Jacques-Cartier en centre ville de Rennes jusqu’à la commune périphérique de Vezin-le-Coquet, dans un établissement fraîchement construit au milieu de rien. Les interviews de détenus réalisés avant et après le transfert mettent le doigt sur l’ambivalence posée par le passage d’une prison vétuste à une prison moderne. On y voit l’espoir d’une amélioration du confort quotidien contrecarré par une réalité de contrôle et d’isolement exacerbés.

La projection de ce film sera l’occasion de discuter de l’enfermement, des changements qui s’opèrent au fil des nouvelles constructions et réformes de la justice ainsi que des perspectives de luttes contre les projets en cours.

À vous y voir !

Actualité des CRA, témoignages de la situation au CRA de Vincennes, et parloire sauvage au CRA du Mesnil Amelot

En ce moment dans la prison pour étrangers de Vincennes, aucun retenu ne peut recevoir de visites : Témoignages de retenus de Vincennes pendant le 3éme confinement et récit d’un parloir sauvage au CRA du Mesnil Amelot.

Vincennes sous le 3e confinement.

En ce moment dans la prison pour étrangers de Vincennes, aucun retenu ne peut recevoir de visites.
Il y a trois bâtiments, un qui sert de sas d’entrée covid où les retenus sont en quarantaine à leur arrivée, un qui sert pour les cas positifs, et le bâtiment 1 qui regroupe la plupart d’entre eux et qui est donc surchargé. Les retenus une fois au bâtiment 1 avaient droit aux visites jusqu’ici.
Sauf que depuis une semaine que des cas de covid ont été découverts au Bâtiment 1, plus personne ne peut être en contact avec l’extérieur. Les flics en profitent pour restreindre un peu plus leurs « libertés » : les gens n’ont plus accès à leurs propres affaires au coffre.
Voici un témoignage de retenus du CRA 1 dans ce contexte .

« Je suis un retenu administratif au CRA de Vincennes 1. On est confinés on a plus de visite, mais les vols continuent toujours, les JLD aussi continuent à prolonger les gens.
Comme on a plus de visites y a des cas de vols entre nous. Quand tu vas à l’accueil, ils te disent « ouais tu remplis une fiche tu fais une plainte on va superviser les caméras » … mais ils donneront jamais suite à la plainte qu’ils t’ ont demandé de faire, que t’as remplie, jamais ils vont t’appeler.
Tu vas voir l’ASSFAM aussi pareil… Ils font pas de démarches, ils disent ouais que les arrivants ils sont prioritaires. Quand ça fait un bout de temps que t’es là, ceux qui viennent d’arriver ils ont priorité parce qu’ils doivent passer devant le JLD.
On sait plus où donner de la tête. Ils nous incitent à s’entretuer entre nous, pour qu’ils puissent rajouter sur notre dossier, pour nous envoyer en prison, ça leur facilite la tâche, comme ça ils vont rajouter refus de test PCR, refus de reconduite à la frontière, plus coups et blessures ou trucs de ce genre…Mais heureusement ya du soutien et ya un peu d’expérience parmi nous donc on essaie de se soutenir, de se serrer les coudes, mais yen a ils pètent les plombs facilement, c’est pas tout le monde qui peut tenir, ce genre de trucs là. »

« On est confinés, là je viens de passer au JLD il m’a donné 15 jours. Franchement on est dans la merde ici. Ya le covid partout, ya des gens malades, l’ASSFAM il fait rien, ils sont là juste pour… je sais même pas. Franchement on est dans la merde, la galere ici… Le juge tout le temps il te donne quinze jours, quinze jours, il va te dire « tu as refusé de faire le test » et te renouveler tout le temps tout le temps. »

Parloir sauvage au Mesnil : « la prochaine fois on sort tous ! »

Aujourd’hui, plusieurs personnes se sont retrouvées devant le CRA du Mesnil Amelot pour exprimer leur solidarité avec les prisonniers-es, particulièrement en ce moment où les cas de Covid se multiplient, les bâtiments sont partiellement confinés (visites interdites) et les flics profitent du Ramadan pour mettre encore plus la pression que d’habitude aux prisonnier-es. Il y a quelques jours, une grève de la faim avait eu lieu et faire un parloir sauvage servait aussi à exprimer notre soutien à cette lutte.

Une personne enfermée dans le CRA raconte : « Là il y a au moins 20 personnes qui ont le covid et ils font rien, les gens ils sont toujours là tous ensemble, on va tous manger ensemble et il y a des bâtiments où les visites sont interdites et d’autres non. »

Visiblement les gens à l’intérieur ont bien entendu, ils ont répondu en criant « Liberté », ont frappé contre les grilles et la manif à l’intérieur a continué même alors qu’on partait :

« Il y a eu beaucoup de bruit de l’autre côté du bâtiment, on a entendu des gens qui criaient « Libérez les », « Liberté », on a crié aussi il y a eu du bordel »

« La prochaine fois il faut que vous veniez à 100 ! » « la prochaine fois on sort tous ! »

Pour une fois, pas de problème particulier avec les keufs qui n’ont visiblement pas été assez réactifs : on a seulement croisé 3 flics en civil qui faisaient semblant de faire leur lacet pour prendre des photos des plaques des voitures et des gens à l’intérieur.

En ce moment encore plus que d’habitude et alors que nos possibilités de s’organiser et d’être ensemble dans la rue sont toujours plus réduite, c’est important qu’on continue nos actions !

Soyons solidaires avec les prisonniers-ères, liberté pour toustes !

A bas les cra !

[Tract] Contre la construction d’une nouvelle prison en Seine-Saint-Denis (et partout ailleurs…)

Plusieurs taules sont prévues en Île‐de-France dont une maison d’arrêt à Tremblay‐en‐France, en Seine‐Saint‐Denis. Et ce, à côté de l’actuelle prison de Villepinte qui compte déja 600 places.

Chaque dizaine d’années, l’État décide de construire des prisons. Le dernier plan prévoit 15000 nouvelles cellules. Plusieurs taules sont prévues en Ile‐de-France dont une maison d’arrêt à Tremblay‐en‐France, en Seine‐Saint‐Denis. Et ce, à côté de l’actuelle prison de Villepinte qui compte déja 600 places.

Les études préalables ont été effectuées, l’appel d’offres a été lancé, les travaux devraient débuter en 2022, pour 700 nouvelles places en 2025.
Une nouvelle prison ce n’est pas pour enlever des matelas au sol de l’ancienne, c’est pour enfermer plus. À Tremblay, comme pour les autres projets futurs ou en cours.

Dire que l’on est contre la prison, ce n’est pas toujours compréhensible. La prison c’est pourtant la menace permanente et réelle face à ceux et celles qui se révoltent ou qui sont dans les galères du quotidien. C’est pourquoi, à travers ces lignes, on veut tenter de voir comment lutter contre les constructions de nouvelles prisons.

CONSTRUIRE POUR ENFERMER TOUJOURS PLUS

L’image des prisonnier-e-s entassé-e-s les un-e-s sur les autres dans 9m2 est tout le temps utilisée pour justifier la construction d’une nouvelle prison. La future maison d’arrêt de Seine-Saint-Denis ne fait pas exception à la règle. Déjà en 1991 lorsque la prison actuelle de Villepinte a été mise en service, le « programme des 13000 » places dans lequel elle s’inscrivait visait officiellement à limiter la surpopulation carcérale. Intéressant de noter que 5 ans plus tard la taule était déjà occupée à 116%. Aujourd’hui elle enferme plus d’un millier de personnes pour environ 600 places et cette situation désastreuse sert de prétexte à la construction d’un énième lieu d’enfermement. L’histoire nous apprend que les nouvelles prisons servent à enfermer toujours plus de monde et non pas à vider celles existantes.

Les considérations des constructeurs de taules sont en effet bien éloignées de la question du bien-être des détenu-e-s, contrairement à ce que laissent entendre les discours d’État. La modernisation des prisons ne vise pas à améliorer les conditions de détention mais à faciliter la gestion carcérale notamment en limitant les possibilités de révoltes et d’évasions. Les prisons sont équipées de toujours plus de technologies de contrôle : grilles resserrées aux fenêtres, murs anti‐bruits, caméras, brouilleurs d’ondes…
Chaque espace est sous surveillance dans un souci de limiter au maximum les contacts entre les détenu-e-s et avec l’extérieur, ce qui renforce l’isolement et l’emprise de l’administration pénitentiaire (AP).

La multiplication de divers degrés d’enfermement du plus sécuritaire au plus permissif constitue un système de la carotte et du bâton pour limiter les vélléités de révolte et briser les solidarités en incitant à une forme de compétition entre prisonnier-e-s. Par exemple dans le module « Respect », mis en place en 2016 dans la prison de Villepinte, les détenus sélectionnés par l’AP ont les clefs de leurs cellules. En contrepartie ils doivent suivre un programme de 25h par semaine (qui comprend entre autre des cours sur les « valeurs de la République ») et sont évalués en permanence, avec la menace de retourner en régime portes fermées au premier incident.

En parallèle des plans de constructions de prisons, le pouvoir met toujours en avant des mesures plus humanistes pour faire passer la pillule sécuritaire.
L’accent est mis par exemple sur la réinsertion, avec la mise en place de nouveaux lieux d’enfermement, les structures d’accompagnement vers la sortie (SAS) qui sont sensées permettre d’orienter les prisonnier-e-s en fin de peine vers le monde du travail. La « réinsertion » se traduit généralement dans la réalité par garder sous main de justice des personnes qui ont fini de tirer leur peine, avec bien souvent le chantage du travail.
Les peines « alternatives » sont également à l’honneur avec l’ouverture des travaux d’intérêt général (TIG) aux entreprises ou la possibilité pour les juges de condamner directement au bracelet électronique. Là encore ça constitue une extension du contrôle, vu que les peines « alternatives » permettent surtout de punir dans des situations qui n’auraient pas abouti à une incarcération.

Par le développement en parallèle des prisons et de la surveillance hors les murs l’État s’offre les moyens de contrôler une partie toujours plus grande de la population.

ON NE VEUT NI UN ENFERMEMENT DIFFÉRENT, NI DES PUNITIONS DIFFÉRENTES.

On ne veut pas que le projet d’extension de la taule de Villepinte se concrétise car on refuse qu’un lieu d’enfermement de plus ne s’ajoute à ce monde de contrôle et de punition que l’on n’a pas choisi.
On a envie que toutes les taules soient détruites, et la justice qui va avec, parce qu’on a des désirs de liberté loin des logiques de pouvoir et de domination de l’État. Ce dernier développe toujours plus ses moyens de répression (plan prison, loi sécurité globale, etc.) qui nous maintiennent dans un environnement quadrillé. Ceci notamment dans le but qu’on reste sagement dans les rôles étriqués que l’État, le capitalisme et les autres structures de pouvoir nous imposent.

Les taules sont des lieux de souffrances, où des gens sont enfermés entre quatre murs, souvent dans des conditions dégueulasses, subissant la violence et le bon vouloir des maton-ne-s. Elles sont de plus en plus construites loin de nos yeux en périphérie des villes, contribuant à isoler les prisonnier-e-s de leurs proches et du monde. L’existence
des taules va de pair avec le boulot quotidien des juges, flics et autres pourritures exécutant la justice et le maintien de l’ordre établi qu’on veut voir disparaître. Elle repose sur le besoin de punition, de contrôle et de menace des personnes pauvres et de toutes celles qui dérangent.

Et quand bien même la justice vise parfois des problèmes auxquels on fait face, qui nous font du mal directement, la punition n’a jamais fait disparaître les mécanismes pourris produits par un monde de dominations (culture du viol, harcèlement au travail, etc.). Au final, elle ne fait que maintenir des logiques de pouvoir et nous dépossède de nos propres moyens de gérer les conflits.

La justice, souvent loin de « protéger » les gens, sert avant tout les intérêts des puissant-e-s (continuer à se faire de la thune, maintenir leur pouvoir, etc.). Les lois édictées par ces dernier‐e-s pour ces dernier‐e-s, nous sont imposées sans qu’on ait prise dessus. On ne veut ni un enfermement différent, ni des punitions différentes.

TRRRREMBLAY CONSTRUCTEURS DE PRISONS !

Quand un nouveau projet de prison voit le jour, c’est une occasion de s’opposer au système carcéral et à son extension. Faire en sorte qu’une prison ne se fasse pas, ce sont autant de cellules qu’on n’aura pas à détruire.

On entend souvent que c’est peine perdue de vouloir s’opposer à la « volonté » de l’État, ou qu’il existe des moyens démocratiques pour donner son avis. Mais nous savons bien que suivre les règles de l’État ne fait que renforcer sa légitimité et nous empêche d’agir directement par nous-mêmes contre ce qui nous opprime. L’État intègre parfois à ce genre de projet des étapes de « participation citoyenne » dans un souci d’acceptabilité. Personne n’est dupe que durant les enquêtes publiques ou autres débats démocratiques, il n’est jamais question du projet en soi ni des logiques qui vont avec. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas y participer à sa manière. Certaines l’ont d’ailleurs fait en allant perturber la réunion publique de présentation du projet à Villepinte en septembre 2020. En octobre, d’autres ont redécoré la mairie de cette même ville de
tags hostiles à la prison et saboté ses serrures avant une permanence de Marie-Claire EUSTACHE, chargée de mener l’enquête publique. Celle-ci est close depuis octobre 2020 et la publication de ses résultats permettra la « déclaration d’utilité publique » nécessaire pour procéder à l’expropriation des terrains où est prévue la construction. Une simple formalité car l’appel d’offres pour la conception et la réalisation a été lancé avant même le début de l’enquête. Il y aura sans doute d’autres moments pour venir jouer les trouble-fêtes !

La construction d’une prison révèle tout un pan de ce qui est nécessaire à son existence. En effet, un lieu d’enfermement ne sort pas de nulle part, il ne peut voir le jour que par le travail d’un ensemble de personnes et d’entreprises. Certaines sont déjà connues pour avoir menéles études d’impact du projet (Egis, Technosol, Even conseil, CDVIA, B&L
évolution, cabinet Earth avocats). D’autres vont bientôt être choisies pour la conception et la construction, peut-être parmi les entreprises du BTP comme Bouygues, Eiffage ou Vinci qui continuent de construire de nombreux lieux d’enfermement. À cela s’ajoutent celles qui fourniront les éléments spécifiques comme les portes, les serrures, les barreaux, les meubles, les barbelés, les systèmes de surveillance et de brouilleurs d’ondes, etc. Avant le début du chantier, il est possible de saboter la machine qui se met en branle. Car ces entreprises ont des bureaux, des lieux de productions, des entrepôts, des véhicules, ainsi que du matériel, des données informatiques et du personnel circulant entre ces différents sites. Autant de cibles disséminées sur le territoire qui offrent des prises concrètes et accessibles pour enrayer le processus de construction.

Par la lutte contre de nouvelles prisons on entend aussi s’attaquer à celles existantes. Cela peut passer par prolonger à l’extérieur les révoltes individuelles ou collectives qui se produisent régulièrement à l’intérieur. Quelle que soit l’étanchéité des murs, il y aura toujours des brêches pour déjouer les moyens de contrôle et maintenir une communication entre le dedans et le dehors.

Cela peut également passer par s’attaquer à tout ce qui travaille à l’existence de la prison. À bien y regarder, la prison ne se résume pas à quatre murs protégés par des gardes armés. Des universités où est théorisée la nécessité de l’enfermement et de son perfectionnement, aux écoles pour matons ou éducateurs en passant par les médias qui diffusent le discours sécuritaire et les entreprises qui assurent le nettoyage et le ravitaillement des prisons, la taule s’appuie sur le travail de tout un tas de gens à l’extérieur. Elle repose aussi sur les entreprises qui profitent des peines dites alternatives et sur les infrastructures technologiques qui permettent le contrôle hors les murs.

Peu importe par quel bout on s’y prend, il y a toujours moyen d’agir !

mars 2021

Version PDF du tract

Pour nous contacter : nilaniailleurs[at]riseup.net

Première demande de mise en liberté pour E., incarcéré suite à la manif contre Génération Identitaire

E. s’est fait arrêter lors d’un contrôle préventif à l’occasion de la contre-manif contre Génération Identitaire. Son refus de donner ses empreintes a servi de motif pour l’incarcérer en préventive dans l’attente de son jugement qui aura lieu le 29 mars. La première audience de demande de mise en liberté est fixée mercredi 3 mars à 13h3O au TGI de Paris chambre 23/2. Soyons nombreux pour le soutenir et contre l’incarcération systématique suite aux refus d’empreintes !

Du refus d’empreinte à la préventive…

« Ases est dans les geôles du roi ! » Thucydide.

Samedi 20 février dernier, à Paris, une contre-manifestation était organisée pour s’opposer à la manif des fachos de Génération Identitaire. Ces racistes de merde ont pu faire leur baroud d’honneur avec sono, discours, médias & compagnie, tandis que la contre-manifestation elle, était empêchée, notamment par le biais de fouilles et de contrôles préventifs aux abords de la manif. Un de ces contrôles a eu lieu place du 18 juin 1940 à Montparnasse avant la manif qui n’a pas pu avoir lieu, elle. Les flics trouvent dans la poche d’E. un cadenas de vélo et sa clef, et décident tout naturellement de l’embraquer pour « port d’arme par destination » et « groupement en vue de commettre… », placé en garde à vue au commissariat du Ve, il est prolongé puis déferré après 48h pour passer en comparution immédiate au TGI de Paris pour les chefs d’inculpation précédents et le refus de fichage.

A l’audience, E. refuse la comparution immédiate et l’absence de fond n’est donc pas traitée, cette sale proc’ de proc’ demande alors le placement en détention sous prétexte qu’en l’absence d’empreintes digitales à comparer avec celles inscrites au FNAEG, on ne pourrait pas produire la certitude qu’il correspond bien à sa pièce d’identité, qu’il avait pourtant fournie. L’audience a donc exclusivement tourné autour de la question de comment réprimer le refus de signalétique et la sentence est venue confirmer la position militante de la proc’ et des juges en la matière, en prononçant l’incarcération automatique en dépit des garanties de représentation (qui habituellement sont prises en considération dans les procès sur la question de la mise ou non en détention) avec commission rogatoire pour prélever les empreintes.

Même jour, même audience, un fasciste belge passionné de forge de l’autre côté de la manif passait en procès (défendu par un avocat tenant à affirmer son appartenance de gauche et dont la plaidoirie consistait à dire que les échauffourées n’avaient été causées que par les antifas…). Lui, a fourni toute sa signalétique et était en possession de deux balles de 9 mm (une percutée, l’autre non) ainsi que des cartouches de masque à gaz et des fumigènes, et se présentant comme membre de l’organisation « Amis et Boucliers » (!?). Même salle, deux ambiances (2 mois avec sursis et aucune chicanerie militante dans le réquisitoire et les questions de la juge…). On ne souhaite la prison à personne et même pas à nos pires ennemis mais il était clair qu’un cadenas de vélo mettait une bien plus mauvaise ambiance que deux balles, pour ces juges, aujourd’hui. A l’issue de l’audience, cette sale juge de juge a prononcé contre E. un mandat de dépôt sous les cris de rage d’un public peu nombreux mais solidaire.

Il est primordial de réagir face à cette tentative de normaliser l’incarcération pour les refus de signalétique. En solidarité avec E. et tous les inculpés de cette manifestation, contre la préventive systématique lors des refus de signalétique, soyons nombreux

Mercredi 3 mars 2021 à 13h30, au TGI de Paris, chambre 23/2 pour l’audience de demande de mise en liberté

Refusons de participer à notre propre fichage !
Liberté pour tous et toutes !
Feu à toutes les prisons !
Défendons-le / Attaquons-les !

Camarades et compagnons solidaires de E.
contact : mothrarising@riseup.net

Le tract d’appel est téléchargeable ici :

Méfions-nous des avocat-e-s de la trempe de Zuper Zorro

Avant de vous jeter dans la gueule de la répression, sachons repérer les baveux avec qui on ne peut vraiment pas s’entendre !

Quand on a le malheur d’être confronté·e aux flics, aux juges et à toutes les formes de la violence d’État, on se rend compte assez vite que l’important, c’est de ne jamais rester isolé·e face à cette machine à broyer les vies.

Parfois on est tenté·e de penser qu’avec un ou une bonne avocat·e, ça roule, on ne restera pas seul·e, on sera soutenu·e, c’est bon quelqu’un s’occupe de nous. Dans nos rapports avec la justice, ces personnages en robes noires font partie du décor, on s’en sert comme on peut, on se sent souvent perdu·e et on fait confiance, alors qu’en vrai on aimerait bien pouvoir se défendre sans intermédiaire.

Mais parfois on fait de mauvaises rencontres. On ne vous parle pas des avocat·e·s qui bossent H24 avec les flics, la préfecture ou la pénitentiaire, on vous parle de ce qu’on nommerait un « faux-ami ». Un avocat, car pour le coup c’est un mec, qui s’arrange toujours pour être « sur la photo » des rassemblements contre les violences policières, un avocat qui prend ces violences policieres comme un fonds de commerce pour servir ses ambitions politicardes, un avocat qu’on a beaucoup trop vu et entendu dans les manifs contre la loi sécurité globale, un avocat étiqueté LDH pour faire joli sur la boutonnière, un avocat qui s’imagine être devenu un go-between entre la goche réformiste et les « milieux radicaux », un avocat qui renifle les bonnes affaires mais s’en balance bien de ses « client·e·s ».

Cet avocat, c’est même pas la peine de citer son blaze, il attend que ça pour crier au lynchage. D’ailleurs facile, sur les moteurs vous tapez « avocat violences policières » et vous avez la réponse. Disons que ses initiales sont à l’opposé de celles de Zuper Zorro.

Zuper Zorro a « déconné ». Pendant une des manifestations LSG, en novembre, il n’a pas supporté que des membres des « milieux radicaux » pètent trois vitrines et mettent le feu à un show-room de grosses cylindrées. Zuper Zorro s’est même empressé de sortir un tweet comparant les black blocs aux fachos, avant de le supprimer. Avec ses potes des syndicats de journalistes, ils ont sorti un communiqué afin de « condamner avec la plus grande fermeté les violences contre les policiers » et que tout ça c’était la faute de quelques manifestant·e·s « non pacifiques ». Et… Et vous savez quoi ? Il n’y a pas si longtemps, ce triste personnage, pour se faire mousser, s’est même permis de proclamer « c’est moi l’avocat des black blocs » pendant une garde à vue, incitant un interpellé à changer d’avocat et à le désigner, lui Zuper Zorro !

Zuper Zorro n’agit pas seul, ce serait trop facile à repérer. Lui et sa clique d’avocat·e·s dominant·e·s et sexistes, odieux avec leurs propres stagiaires et collaborat·eurs·rices, « prennent » les affaires les unes après les autres. Mais ne les suivent pas. Dès qu’un drame éclate, encore un mort entre les mains de la police, l’éclairage médiatique est propice à l’apparition de ces avocats vautours, les re-sta du barreau, cape noire et loup de Zuper Zorro, toujours les premiers à se tourner vers une caméra ou un micro.

Alors oui, le boulot technique de droit, il est fait. C’est pas la question. Le problème c’est qu’au bout de quelques semaines, quand l’attention médiatique retombe, Zuper Zorro risque fort d’être aux abonnés absents. « Mais vous inquiétez pas, quelqu’un de mon cabinet va bien s’occuper de vous… » Pour les moins chanceuses et chanceux qui le désigneraient (les moins médiatisables en fait), vous risquez même de vous retrouver laché·e·s seul·e·s face au keufs au comico ou face au proc au tribunal.

Les Zuper Zorro sont du genre à s’apitoyer sur le sort de leurs client·e·s en pleine audience, feignant d’assurer leur défense alors qu’ils ne cherchent qu’à les infantiliser pour mieux les dissocier du reste du cortège et des vilains casseurs ou black blocs. Ou alors ils produisent des vidéos, font citer des tas de « témoins » pour jouer la carte de l’innocentisme à 2 balles, et tant pis si ça en met d’autres dans la merde, ou si la personne poursuivie aurait préféré une défense plus politique. Tant que Zuper Zorro peut faire des effets de manches lors de l’audience et se pavaner dans les médias, tout va bien.

Zuper Zorro est du genre aussi à jacasser dans les salons sur les ravages des armes du maintien de l’ordre. Mais le lendemain il est aussi capable de plaider, devant le tribunal administratif ou le conseil d’État, pour demander l’interdiction des LBD mais seulement pendant les manifestations de voie publique… pas pendant les opérations policières punitives opérées dans les quartiers populaires. Encore de la dissociation. Du même type que celle prônée par les avocats réacs qui se sont autoproclamés défenseurs des gilets jaunes. Une dissociation d’autant plus dégueulasse pour un baveux qui se targue de défendre des familles issues des quartiers populaires. Il les « défend » un jour pour le lendemain les lâcher en épousant des thèses réformistes qui considèrent certain-e-s populations plus légitimes que d’autres à se faire mutiler par des armes de guerre.

Zuper Zorro est toujours très cool avec l’argent. « Non mais les honoraires c’est pas urgent on verra ça plus tard, on va d’abord vous sortir de là »… Et au bout de quelques semaines, il y a des chances que la facture soit zuper zalée. En plus ça n’aime pas trop l’aide juridictionnelle les Zuper Zorro, non c’est galère l’aide juridictionnelle, t’es payé une misère et tu mets des années à toucher le blé, le ministère de la Justice c’est pas Zuper Payeur. Mais Zuper Zorro sait être généreux : il fait plein d’affaires « pro bono ». C’est un truc pour dire « je te facture pas, c’est pour moi ! » Une fois on a même aperçu un Zuper Zorro à la sortie d’un commissariat, grand manteau blanc au vent, mégaphone à la main, proclamant qu’il prenait tous les dossiers des personnes en garde à vue pro bono. Oyez ! Zuper Zorro est dans la place !

Seulement, dans une affaire de violences policière, d’autant plus quand il s’agit d’un crime, ça peut durer des années. Et à la fin, c’est plus pro bono du tout. Alors un conseil : négociez les tarifs dès le début. Et demandez de payer au forfait, les Zuper Zorro vont vous enfumer avec leurs honoraires « à l’acte », pour eux c’est jackpot, la moindre lettre de demande d’acte, le temps de passer deux coups de fil, chaque instant est facturé.

Dans la bande à Zuper Zorro, on est tres susceptible. On ne supporte pas l’affront de se faire larguer pour un-e autre avocat·e. On adore aussi gérer seul la communication de chaque affaire. Quand il trouve que là, l’affaire prend une tournure croustillante, « punaise la vidéo elle est vraiment trash les médias vont adorer », hop, Zuper Zorro sort un tweet massacreur ou écrit un communiqué sur l’affaire, sans informer auparavant ses « client·e·s » qui découvriront la chose dans la presse. Alors quand on parvient à se faire tirer le portrait dans le journal Le Monde, comme le fit le préfet Didier Lallement, c’est un peu la consécration.

En fait les Zuper Zorro sont des politicards qui construisent leurs carrières sur nos luttes, et pire encore, sur la détresse des victimes de violences policières et de leurs proches. Qu’ils disparaissent du paysage !

L’Amicale des Accusé-e-s Averti-e-s

Communiqué du journal L’Envolée suite à la censure du n°52 dans les prisons françaises.

Le 4 janvier dernier, par une « note de la direction » placardée dans toutes les prisons, l’administration pénitentiaire (AP) a interdit la diffusion du n° 52 du journal L’Envolée aux prisonnier·e·s abonné·e·s ; en même temps, elle a porté plainte pour diffamation et injure. Depuis vingt ans, L’Envolée soutient que les prisonniers, les prisonnières et leurs proches sont les mieux placés pour énoncer quelques vérités sur la prison. À travers cette censure et cette plainte, il s’agit de réduire au silence cet espace de libre expression, d’information et d’élaboration collective d’une critique de la prison.

https://lenvolee.net/y-a-que-la-verite-qui-blesse/

L’Envolée publie des textes et des lettres qui décrivent le quotidien carcéral, dénoncent les conditions de détention et luttent contre l’enfermement. Notre journal est un porte-voix pour celles et ceux qui ont été mis au ban de l’humanité ; en effet, aucune parole de prisonnier·e·s ne peut être rendue publique hors du contrôle de l’administration pénitentiaire : conversations téléphoniques et parloirs peuvent être écoutés ; les courriers sont lus systématiquement et les passages « dérangeants » censurés. De plus, pour trop de gens à l’extérieur, toute parole sortie des prisons est forcément une parole infâme, toujours suspecte d’exagération ou de mensonge.

Les pages mises en cause par l’AP reviennent sur plusieurs morts en détention.

Le 9 septembre 2020, Idir est mort au quartier disciplinaire de Lyon-Corbas – deux semaines avant sa sortie. L’AP affirme qu’il s’est pendu mais sa famille et ses proches ne croient pas à cette version, qui est aussi mise en doute par des témoignages de prisonniers.

Le 14 avril 2018, Jaouad a trouvé la mort au quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses. Ses voisins de cellule ont immédiatement dénoncé un « meurtre maquillé en suicide » et mis en cause une équipe de matons violents, qu’ils appelaient « l’escadron de la mort ».

Il est aussi question de la mort « suspecte » de Sambaly à Saint-Martin-de-Ré en 2016, et de Jean-Christophe Merlet, un prisonnier handicapé à vie après avoir été roué de coups par une équipe de surveillants de cette prison.

C’est à l’administration pénitentiaire de prouver qu’aucun de ses agents n’humilie ni ne tabasse ceux dont elle a la garde.

Tous les trois jours en moyenne, l’administration pénitentiaire signale une nouvelle mort au sein de la population pénale. Administrativement, les prisonniers et les prisonnières sont « sous l’entière responsabilité de l’AP » ; il s’agit donc – a minima – de non-assistance à personne en danger. Quand une personne enfermée met fin à ses jours, c’est bel et bien la prison qui la tue, car le choc de l’enfermement, les conditions de vie inhumaines et la longueur des peines plongent certains prévenus et condamnés dans le désespoir.

Mais ceux et celles qui connaissent la réalité carcérale pour l’avoir éprouvée dans leur chair parlent parfois de « morts suspectes » à propos de certains suicides en prison. Des surveillants pénitentiaires humilient et tabassent à l’abri des hauts murs des prisons, particulièrement dans les quartiers disciplinaires (QD) et dans les quartiers d’isolement (QI) ; et trop souvent, des prisonniers meurent. Les prisonniers et les prisonnières savent ce qui les attend quand ils et elles dénoncent ces violences : intimidations et punitions implacables. Ils sont souvent mis au cachot, ou font l’objet d’un transfert disciplinaire, ou les deux.

Lorsque des proches ne croient pas à la version officielle après un décès en détention, l’AP et la justice invoquent tantôt des « problèmes de santé », tantôt une « consommation de stupéfiants », bien souvent des « troubles psychiatriques »… et presque toujours des « violences à l’encontre des surveillants ». Comme celle des prisonniers et prisonnières, la parole des familles est presque invariablement reçue avec méfiance ; quand ce n’est pas avec mépris.

Là où la parole est censurée ; là où les prisonniers sont punis s’ils dénoncent ce qui se passe ; là où les seules images disponibles sont celles de l’AP ; là où les proches ne sont pas entendus… ce serait à L’Envolée de prouver la réalité des violences pénitentiaires dont elle se fait l’écho ?

Eh bien non ! C’est à l’administration pénitentiaire de prouver qu’aucun de ses agents n’humilie ni ne tabasse ceux dont elle a la garde. Que ceux qui administrent la prison et ceux qui la défendent se chargent de démontrer qu’elle ne tue pas, que l’enfermement n’est pas indigne, que ce n’est pas une torture !

Le journal a déjà été poursuivi, notamment lorsque nous avons publié des lettres dénonçant les pratiques des Équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris, ces surveillants cagoulés mobilisés pour réprimer les mouvements de protestation à l’intérieur des prisons), et quand des prisonniers ont dénoncé la torture blanche des quartiers d’isolement (QI, qui ont remplacé les QHS – quartiers de haute sécurité de sinistre mémoire).

Comme chaque fois, nous ferons de la plainte à laquelle nous allons faire face une occasion de plus de faire entendre des récits et opinions sortis de ces lieux où une violence d’État s’exerce loin des regards. Puisque la prison reste un gigantesque angle mort de notre société, puisse la censure qui frappe aujourd’hui L’Envolée permettre à un plus grand nombre d’entendre enfin la voix des premier·e·s concerné·e·s !

L’Envolée, le 29 janvier 2021

Réunion mensuelle de la caisse de solidarité kaliméro

Kaliméro est une caisse de solidarité avec les prisonnier·ère·s de la guerre sociale en cours. La prochaine réunion mensuelle aura lieu jeudi 14 aux 48, Rue Jules Lagaisse à Vitry sur Seine à 19h.

La prison est un des rouages de ce système basé sur l’exploitation et la domination que nous voulons raser au sol, c’est pourquoi nous envoyons des mandats à celles et ceux accusé·e·s d’actes de révolte dont on est solidaires.

Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous pour alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger sur nos pratiques face à la répression, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Elle est également un moment de discussion autour des possibles moyens d’esquive, de résistance et d’auto-organisation offensive contre la machine judiciaire et carcérale.

Dans un souci de régularité, ces rencarts ont été fixés le 2e jeudi de chaque mois à 19h. Suite à l’expulsion des Condos (ou se déroulaient auparavant les réunions), nous nous retrouvons chaque mois dans un lieu différent.
La prochaine réunion de kalimero aura lieu le jeudi 14 à 19h à Kunda, au 48 rue Jules Lagaisse à Vitry sur Seine.

Pour envoyer de l’argent, pour demander des informations, ou pour être tenus au courant des prochains rendez-vous de la caisse et être inscrit·e·s sur la mailing-list de Kaliméro, écrivez à kalimero(at)riseup.net

On peut (re)lire des textes d’appel à différentes initiatives de soutien à la caisse ayant lieu ces dernières années. Le dernier en date étant ici.

et un flyer :