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Pas de quartier pour MAP

On peut dire que le festival MAP aura été très mal accueilli cette année…
Cet événement de « culture washing » au service de la gentrification aura eu la mauvaise idée de s’installer dans le quartier Bonnefoy, où des habitant.e.s toujours vénèr.e.s malgré l’assaut extrêmement violent que subit le quartier n’auront pas manqué l’occasion de crier qu’on ne peut pas se foutre de nos gueules aussi impunément.

C’est d’abord de nombreux tags, collages en opposition au festival qui auront fait surface (big up à « nous sommes ravis que nos expulsions servent la grande cause de l’art »), puis des sabotages d’oeuvres, du recouvrement de peinture à l’arrachage pur et simple.
Et puis nous qui débarquons en plein milieu de cette soirée de vernissage du 2 juillet, zbeulant le paisible spectacle à coup de slogans, d’insultes, de jets d’oeufs et d’envolées instrumentales dodécaphoniques détruisant tout sur leur passage (ici la dissonance assumée afficha criante l’horrible réalité qui se cache derrière la fausse harmonie de l’Art avec un grand A).

Alors qu’on se le dise, on se laissera pas faire avoir si facilement, et on continuera à montrer notre dissensus tant que nous le pourrons.

Nik TESO (aka Grand Matabiau Quai D’Oc)
Nik les artistes-prout
Non à la gentrification des quartiers nord de Toulouse

Quand la bonne
ambiance sent le
cadavre nous n’avons
pas d’autres choix
que de ruiner la fête

juillet 2021

Le Festival MAP Toulouse, la photo au service du Grand Matabiau

feu aux complices de la gentrification

Du 18 juin au 11 juillet aura lieu dans le quartier Bonnefoy le Festival de photo MAP Toulouse.
Ce festival est organisé en partenariat avec Europolia, la société créée par Toulouse Métropole pour diriger l’amménagement du parc des expositions d’Aussonne, mais surtout du futur quartier d’affaires Grand Matabiau Quais d’Oc.

Le lancement de ce festival se fait le même jour que l’ouverture du restaurant Museau Musette dans les locaux de l’ancienne maison des éclusiers, après qu’elle ait été totalement rénovée par Europolia (donc avec l’argent « public). Le local où travaillaient les éclusiers remplacé par une guinguette pour les bobos.

À la carte : jambon, burrata, frites, grillades, ceviche et jambon.

Les gérants -qui d’après la presse locale possèdent déjà plusieurs « affaires » à Toulouse- déclarent être « tombés amoureux du cadre, avec ce côté champêtre, bucolique, au bord de l’eau, en pleine ville« . Ils ajoutent qu’ils croient au « renouveau du quartier, dans le cadre du projet Grand Matabiau, quais d’Oc »

« Renouveau du quartier« , ça sonne bien mieux que « une fois les pauvres virés du quartier avec leurs tacos et kebabs on va pouvoir attirer une clientèle aisée et s’en mettre plein les poches ».

Le fait que le lancement du festival et l’ouverture du restaurant aient lieu le même jour n’est bien évidemment pas le fruit du hasard. En effet un des gérants du restaurant raconte à la presse locale que :

Un parcours sera proposé tout le long de l’avenue de Lyon, avec un départ à la Maison éclusière. Des habitations ont été préemptées à cet endroit pour effectuer des démolitions. Il y aura des affiches collées sur les ouvertures murées. Chaque bâtiment sera dédié à un artiste, avec un petit texte explicatif sur la démarche artistique.

Le festival de photo et le restaurant qui se font mutuellement de la pub, une belle opération chapeautée par Europolia. Un festival qui compte donc afficher ses photos sur des habitations « préemptées » (c’est plus sympa qu’expropriées) et dédier chaque bâtiment non pas aux personnes expulsées mais à un·e photographe !

Voici ce que déclare Europolia :

En lien avec les habitants des quartiers historiques parties prenantes de Grand Matabiau, quaisd’Oc, Europolia souhaite proposer des projets d’urbanisme transitoire. Le premier partenariat a été conclu avec le festival MAP. En 2021, cet événement populaire et ouvert à tous se déroule du 18 juin au 11 juillet au cœur du quartier Bonnefoy et de ses pépites, le jardin Michelet, mais aussi la place Arago et la Maison éclusière au bord du canal du Midi qu’Europolia vient de rénover pour la ville de Toulouse

C’est vrai que « les habitants des quartiers historiques parties prenantes de Grand Matabiau », c’est plus inclusif que « les prolétaires chassé·es de leurs lieux de vie par l’augmentation des loyers, par les expropriations et les expulsions, la démolition d’un des derniers quartiers populaires du centre-ville et son remplacement par un quartier d’affaires pour les riches ».

Et puis « évènement populaire et ouvert à tous » c’est bien plus woke que « évènement culturel élitiste destiné à faire découvrir et à vendre aux bourges et aux bobos leur futur quartier, pendant qu’il y reste encore un peu de pauvres pour le coté authentique ».

Le foutage de gueule a bien trop duré. Nous refusons de jouer les figurant·es dans notre propre quartier. Nous dénoncerons ce festival et les autres initiatives « culturelles » ou « artistiques » de cet acabit comme ce qu’elles sont : le cheval de Troie de la gentrification. Nous dénoncerons les artistes qui y participent comme ce qu’iels sont : des mercenaires de la bourgeoisie. Nous nous attaquerons à leurs expositions, à leurs « oeuvres », dans la rue ou dans leurs galleries et autres résidences d’artistes.

« Lieu Commun », les artistes-gentrificateurs contre la gentrification

Ou comment la sécheresse se plaint de l’incendie

Lieu Commun, Artist Run Space est une résidence d’artistes et un lieu d’exposition d’art « contemporain », qui occupe les locaux d’une ancienne usine textile [1] en plein coeur du faubourg Bonnefoy [2].

Ouvert en 2007 par la mairie de Toulouse et Jean-Cul Moudenc, l’alternance à « gauche » en 2008 n’aura pas remis en cause le soutien de la ville au Lieu Commun. [3], ni le retour de Jean-Cul en 2014. Gageons également que si la liste Archipel Citoyen avait gagné les élections de 2020, le Lieu Commun aurait continué d’être soutenu (et financé) par la mairie.

Voici une liste des partenaires financiers du Lieu Commun :

  • DRAC – Direction Régionale des Affaires Culturelles Occitanie
  • Conseil Régional Occitanie Pyrénées – Méditerranée
  • Conseil Départemental de la Haute-Garonne
  • Mairie de Toulouse
  • Agence du Service Civique

Depuis le premier confinement, le Lieu Commun a ouvert sa chaîne youtube pour pallier à l’interdiction d’acceuillir du public. On retrouve sur cette chaîne plusieurs vidéos qui dénoncent la gentrification du quartier Matabiau-Bonnefoy. On peut en voir ici un exemple.

La dénonciation de la gentrification se retrouve aussi dans des vidéos qui ne sont à priori pas « politiques », comme par exemple ici dans cette vidéo de la street artiste mondialement connue Mademoiselle Kat. On la voit déambuler de nuit dans le faubourg, collant ses oeuvres sur les murs, et faisant « non » du doigt aux peleteuses qui détruisent les immeubles avenue de Lyon.

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la gentrification c’est pas bien !
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pratique d’être une collabo de moudenc on se fait même pas arrêter par les flics en plein collage !

On retrouve cette dénonciation de la gentrification chez un autre artiste affilié au Lieu Commun, « El MootMoot » et ses fameux chats, qui sont parfois agrémentés d’un nique teso, voire même d’acab ou de 1312.

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« nike teso » mais pas trop quand même

Que les choses soient claires :
Si la mairie et les pouvoirs publics ont installé le Lieu Commun dans cette usine, c’est pour deux raisons : éviter que des personnes l’occupent illégalement (un squat), et … gentrifier le quartier.
A Paris, à New York, à Istanbul, Nantes ou Toulouse, la recette est la même, elle est bien connue : installer des artistes (de préference d’art « contemporain » ou de « street art ») pour faire grimper les prix du quartier, le rendre « attractif », et une fois la gentrification terminée, virer les artistes pour donner leurs locaux aux promoteurs immobiliers. C’est exactement ce qui est en train d’arriver à Mix-Art Myris [4]. Dans cette tambouille là, les artistes sont à la fois complices et victimes de la gentrification. Mais surtout complices.

A ce stade là, une question s’impose : les artistes du Lieu Commun sont-iels des imbéciles, ou se foutent-iels de nos gueules ? J’ose espérer que la première hypothèse est la bonne, parceque s’il s’agit de se foutre de nos gueules, nous qui sommes viré·es du quartier où nous sommes né·es, où nous avons vécu, où nous avons nos souvenirs, nos ami·es, notre famille, ce serait vraiment grave.

Vous voulez lutter contre la gentrification ? CASSEZ VOUS. Et laissez nous vos locaux, nous saurons en faire bon usage.


[1] les chemises d’Armagnac

[2] au 25 rue d’Armagnac

[3] en 2007 il s’agissait de 3 structures qui depuis ont fusionné pour donner donc « Lieu Commun »

[4] cheh

Le quartier est infesté d’artistes-gentrificateurs, citons par exemple l’Atelier TA au 32 rue des Jumeaux, et l’Atelier L’Imagerie au 33 bis rue Arago (à deux pas du Lieu Commun). Ces trois ateliers/galleries d’artistes-gentrificateurs ont pour point commun d’être installées dans d’anciennes usines textiles, mais seul le Lieu Commun prétend lutter contre la gentrification.

Berlin & Flensburg (Allemagne): retour sur des actions faites en février

– Berlin : bris de vitres post-expulsion
(traduit de l’allemand de Chronik, 14 février 2021)

Chaque expulsion, chaque attaque des gestionnaires de la misère contre nous, qui nous nous auto-organisons, sera vengée. Le campement dans l’anse de Rummelsburg dans le quartier de Lichtenberg était un des lieux qui faisait obstacle aux projets des dominants. Des projets immobiliers comme le Coral World, mais aussi le grand projet de la ville des riches qui ne tolère pas de zones d’ombre, d’espaces non commerciaux et aucune «pauvreté» visible. Par l’isolement ou des ravalements cosmétiques de surface, les injustices sociales doivent être reléguées à la sphère privée, où ils peuvent bien ensuite développer leurs effets dévastateurs. Ainsi, on transforme la pauvreté en misère, et pendant que les privilégiés boivent leur cannette au soleil, les exclu.e.s meurent de froid ou de solitude, ou gisent sans vie sous les salves de tirs dans leur logis.
Cette nuit du 14 février, nous avons rendu visite à l’un des acteurs de cette gestion de la misère.

La liste des attaques contre des locaux de partis en 2020 nous a inspiré – elle démontre l’absence de respect vis-à-vis de ces soi-disants représentant-e-s du peuple. Ces dernier-e-s s’enivrent de leur pouvoir, de pouvoir, depuis leur bureau ou leur home office, abattre des forêts pour la protection du climat, ordonner des expulsions de sans-papiers pour le maintien de la dignité humaine, planifier des cabanes pour sans-abris pour leur propre protection et envoyer leurs flics à chaque coin de la ville.

L’un de ces responsables de bureau est Sebastian Schlüsselburg, membre de la Commission berlinoise pour la sécurité intérieure et député du parti Die Linke dans le district de Berlin-Lichtenberg. Tandis qu’il dormait dans son logement de luxe financé par les impôts et ne pensait sûrement pas aux personnes expulsées et dépouillées par lui et son parti dans l’anse de Rummelsburg, nous avons totalement défoncé à coups de marteaux sa permanence dans la rue Karl-Lade. Sa face collée sur les vitres nous a encore dégoûté lorsque nous cognions dessus.

Nos salutations les plus chaleureuses aux personnes qui ont réagi spontanément à l’évacuation et à la team qui a caillaissé la mairie de Lichtenberg. Action speaks louder than words!

Plein de courage aux expulsé-e-s !

R.I.P. Maria B., assassinée par des flics légitimés démocratiquement.

– Flensburg (Schleswig-Holstein): le gentrificateur perd ses véhicules
(traduit de l’allemand de Chronik, 21 février 2021)

SHZ. Dimanche soir vers 20h, une voiture de service de l’investisseur hôtelier de Flensburg, Jan Duschkewitz, est partie en fumée à Holsteingang près du vieux lycée.

Jan Duschkewitz est un investisseur dans le très contesté hôtel de la gare. Des autonomes ont annoncé que pour chaque arbre abattu, une voiture serait incendiée.

En janvier déjà, plusieurs véhicules d’entreprise de Duschkewitz avaient été dégradés. Son entreprise, de même que l’établissement de son co-investisseur, Ralf Hansen, sont actuellement sous protection policière.

[Publié avec d’autres récits d’actions le 4 mars 2021 sur Sans Nom.]

Carnaval sauvage et populaire à Toulouse

LE 7 MARS 2021
GRAND CARNAVAL SAUVAGE ET POPULAIRE
RDV à 14H30 AU PARC DE BONNEFOY
DANS LA DETER ET LA BONNE HUMEUR 🙂

GRAND CARNAVAL SAUVAGE ET POPULAIRE

La crise, le virus, le confinement, le couvre-feu, le travail,
le télétravail, des interdictions, des fermetures à tout va,
c’est ce qui forge notre quotidien depuis maintenant des mois.
Ça nous isole, ça nous déprime
et pour beaucoup, ça écorche à vif notre santé mentale.

Le Carnaval c’est l’inversion des normes,
des règles mornes qui régissent nos vies,
c’est remettre des paillettes et des couleurs dans la ville,
revivre un moment de liesse populaire
pour les petits et les grands.

Se réapproprier la rue l’espace d’un instant.

Ce qui hier nous paraissait si simple et aujourd’hui si loin.

A l’heure où les espaces de liberté son réduits
à la taille de nos appartements,
les lieux de rassemblement aux rayons du supermarché.
Bosser, consommer, ça vous a fatigués ?

Alors faisons subir à Monsieur Carnaval la vindicte populaire.
Car monsieur carnaval est de ceux qui nous contraignent.
Il pourrait être ton patron, le maire qui ferme les lieux alternatifs,
ton mec jaloux, le relou qui klaxonne au feu rouge,
ton propriétaire qui te harcèle,
les flics qui te dressent un procès verbal,
l’assureur qui mise sur tes emmerdes.

Bref, tu te sens confiné, stressé, à deux doigts d’exploser ?

Le 7 MARS, arrête ton char, ramène ton char,

tes casseroles, tes instrus, ton accoutrement le plus bariolé,
invente un masque qui te ressemble,
oublie tes papiers et viens faire du bruit dans la rue !!!

DesConfettisDeconfines@riseup.net

PDF - 3.5 Mo
PDF - 1.5 Mo

On pourra se rencontrer le dimanche 28 fevrier à 16H dans le parc de Bonnefoy.
Les chars, battucadas, fanfares, sont les bienvenues 🙂

Carnaval sauvage et populaire à Toulouse

LE 7 MARS 2021
GRAND CARNAVAL SAUVAGE ET POPULAIRE
RDV à 14H30 AU PARC DE BONNEFOY
DANS LA DETER ET LA BONNE HUMEUR 🙂

GRAND CARNAVAL SAUVAGE ET POPULAIRE

La crise, le virus, le confinement, le couvre-feu, le travail,
le télétravail, des interdictions, des fermetures à tout va,
c’est ce qui forge notre quotidien depuis maintenant des mois.
Ça nous isole, ça nous déprime
et pour beaucoup, ça écorche à vif notre santé mentale.

Le Carnaval c’est l’inversion des normes,
des règles mornes qui régissent nos vies,
c’est remettre des paillettes et des couleurs dans la ville,
revivre un moment de liesse populaire
pour les petits et les grands.

Se réapproprier la rue l’espace d’un instant.

Ce qui hier nous paraissait si simple et aujourd’hui si loin.

A l’heure où les espaces de liberté son réduits
à la taille de nos appartements,
les lieux de rassemblement aux rayons du supermarché.
Bosser, consommer, ça vous a fatigués ?

Alors faisons subir à Monsieur Carnaval la vindicte populaire.
Car monsieur carnaval est de ceux qui nous contraignent.
Il pourrait être ton patron, le maire qui ferme les lieux alternatifs,
ton mec jaloux, le relou qui klaxonne au feu rouge,
ton propriétaire qui te harcèle,
les flics qui te dressent un procès verbal,
l’assureur qui mise sur tes emmerdes.

Bref, tu te sens confiné, stressé, à deux doigts d’exploser ?

Le 7 MARS, arrête ton char, ramène ton char,

tes casseroles, tes instrus, ton accoutrement le plus bariolé,
invente un masque qui te ressemble,
oublie tes papiers et viens faire du bruit dans la rue !!!

DesConfettisDeconfines@riseup.net

PDF - 663.3 ko
PDF - 3 Mo

On pourra se rencontrer le dimanche 28 fevrier à 16H dans le parc de Bonnefoy.
Les chars, battucadas, fanfares, sont les bienvenues 🙂