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Berne (Suisse) : Les voitures de la protection anti-incendie peuvent brûler aussi

Barrikade / vendredi 23 juillet 2021

La nuit du 22 juillet, nous avons procédé à une évaluation autonome du risque incendie d’une bagnole appartenant à Contrafeu, une filiale de Securitas. Comme prévu, le résultat a été satisfaisant.

Securitas tire profit de sa participation à la surveillance, au contrôle et à la violence à l’encontre des réfugié.e.s qui sont détenu.e.s ou « hébergé.e.s » de force dans des camps fédéraux, des centres d’asile et des prisons pour personnes qui doivent être expulsées, comme le camp « Bässlergut », à Bâle. Le contrôle et la surveillance de l’espace urbain font également partie des activités de cette entreprise de sécurité. Ce ne sont rien d’autre que des euphémismes pour la terreur, les sanctions et le contrôle des personnes qui ne sont pas ou ne veulent pas être une partie silencieuse et productive de la normalité suisse, capitaliste et raciste.

Ceux qui fournissent du personnel et/ou des infrastructures pour exercer la violence et l’oppression ne doivent pas s’étonner de cette prise en main de soi-même, de la part de ceux/celles qui ne veulent pas accepter ce mépris de l’humanité.

Dans ce sens :
Plus d’incendies solidaires !
Pour un monde sans frontières et sans taules !
A bas la forteresse Europe !
Des salutations solidaires à toutes les personnes touchées par la répression et la violence d’État.

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Italie : Une lettre de Divine sur son expulsion

Malacoda / mardi 15 juin 2021

Bonjour à tou.te.s.

Le matin du 15 juillet 2019, j’ai trouvé les flics chez moi ; ils m’ont demandé de les suivre pour aller signer une notification.

Une fois au commissariat, j’ai découvert que la notification concernait mon expulsion de l’Italie, prévue pour le lendemain ; ils m’ont donc embarqué en direction l’aéroport de Malpensa [près de Milan ; NdAtt.].

Évidemment, le jour même de ma rétention, il y a eu un procès moyenâgeux : tout était déjà décidé en avance.

Le lendemain, à l’aéroport, un flic m’a dit que mon expulsion avait été bloquée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), du coup au lieu de me relâcher et voilà, insatisfaits de la décision de la CEDH, ils ont décide de m’enfermer dans le CRA de Bari.

Jusqu’à là les flics avaient respecté les lois, mais dans le CRA de Bari les flics sont tout sauf « respectueux des lois ». Je voudrais souligner quelques éléments, par rapport au CRA :
1. il est interdit d’introduire des caméras ou autres à l’intérieur du CRA ;
2. les téléphones sont fournis par l’administration de la structure ;
3. quand tu rentres, tu es est fouillé comme à l’entrée en prison (la taule est décidément mieux), tes affaires personnelles sont gardés par les flics, si t’as de l’argent, celui-ci est compté et lui aussi « gardé » (ou plutôt empoché, étant donné qu’à ma sortie j’ai presque dû me faire tabasser pour l’avoir) ;
4. la structure est formée par des ailes (souvent tu es enfermé dans une aile avec tes compatriotes), j’étais dans une aile avec une majorité d’Albanais.
A l’intérieur de l’aile, l’air est écœurante (une mélange d’odeur d’urine et d’excréments), les toilettes sont en face des chambres, il y a en plus un salon avec une télé, où on mange, et une petite cour pour prendre de l’air.
– Les chambres sont constituées par des simples files de lits, où il n’y a même pas de draps.
– Les toilettes n’ont pas de WC et l’air y est irrespirable, avec des morceaux d’excréments et de l’urine collés depuis des décennies aux murs des toilettes et des douches (les douches sont à côté des latrines)
– Les lavabos sont eux aussi à côté des latrines (et eux aussi pleins d’excréments)
5. La nourriture est droguée avec des médicaments psychotropes tranquillisants.

Maintenant, presque deux ans après, il y a eu l’audience définitive de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a délégué au gouvernement italien la décision quant à mon expulsion ; celui-ci évidemment, m’a expulsé.

La liste est longue, mais les choses principales sont celles que je viens d’écrire. Je ne suis pas surpris par le traitement accordé aux sans-papiers. Je ne suis pas surpris par le fait qu’ils veuillent m’expulser, d’ailleurs l’État c’est l’État et, en tant que tel, il veut sauvegarder ses intérêts ! On sait comment l’État se comporte avec ses ennemis. Rien ne doit nous surprendre, mais, au contraire, cela doit nous préparer à donner un coup de poing plus fort, tout en essayant d’esquiver les coups. C’est nous qui devons les surprendre, pas l’inverse.

Divine

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