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Rome (Italie) : deux voitures de matons aux molotovs

traduit de l’italien de RomaToday, 26 juillet 2021 (extrait)

Deux voitures privées d’agents de la Police Pénitentiaire (les gardiens de prison) en service à la section pour femmes de la prison de Rebibbia ont été incendiées suite à un lancer de molotov et détruites par des flammes boutées dans la nuit par des inconnus. C’est le Sappe (syndicat autonome de la police pénitentiaire) qui a fait sortir l’information.

Les flammes ont éclaté dimanche via Bartolo Longo sur le parking de la prison. Une Fiat 500 et une Lancia ont été brûlées. Sur place, les agents du commissariat de San Basilio chargés de l’enquête ont aussi retrouvé une bouteille inflammable qui n’a pas pris.

Turin (Italie) : Début du procès en première instance pour l’opération Scintilla

Il Rovescio / mercredi 21 juillet 2021

Les trois audiences préliminaires pour le procès issu de l’opération Scintilla sont terminées et le Juge d’instruction a confirmé l’ensemble des charges et la mise en accusation des 18 inculpés, pour l’ensemble des chefs d’inculpation.


Bien entendu, l’accusation de provocation aux crimes et délits et celle d’association subversive (article 270 bis du Code pénal) ont été confirmées. Les délits précis, liés à l’association n’ont pas changé non plus. Il s’agit donc du placement de deux jerrycans devant deux distributeurs de billets de la Poste, de la dégradation par incendie, en collaboration avec des détenus, du Centre de Rétention Administrative de Turin et de l’envoi d’un colis incendiaire à l’entreprise Ladisa, qui gérait la cantine de la structure de Corso Brunelleschi.

La prochaine audience du procès est fixée pour le 7 octobre, au tribunal de Turin. Nous rappelons que Carla, après presque un an et demi de cavale et 8 mois de prison, est toujours aux arrestations domiciliaires (depuis un peu plus d’une semaine elle n’a plus de restrictions [elle peut donc recevoir de la visite et communiquer avec des personnes autres que ses colocs ; NdAtt.]. En revanche, toutes les mesures restrictives mineures liées à cette procédure judiciaire sont tombées.

Nous profitons de cette mise à jour pour rappeler que Natascia a été transférée à la prison de Rebibbia. Inculpée dans le procès de l’opération Prometeo, elle est également accusée d’association subversive dans le procès de l’opération Scintilla.

Nous en profitons pour envoyer une pensée chaleureuse à ceux qui restent enfermés.
Liberté pour toutes et tous !

Pour écrire à Natascia :
Natascia Savio
C.C. di Roma Rebibbia femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 – Roma (Italie)
(elle parle aussi français)

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Pozzallo (Italie) : révolte incendiaire dans le centre pour migrants

Dimanche 18 juillet vers 18h30, un incendie s’est déclaré dans le hotspot de Pozzallo, en Sicile (province de Ragusa), après que certains migrants aient mis le feu à leurs matelas. Le Hotspot de l’union européenne enfermait une centaine de migrants, dont une vingtaine de mineurs, arrivés récemment en Italie  à bord d’embarcations de fortune. Enfermés dans cette structure le temps de leur quarantaine-covid, ils devaient ensuite être orientés vers d’autres centres d’accueil de Sicile.

Le bâtiment principal a été mis hors d’usage par l’incendie, et la préfecture a immédiatement « réhabilité » l’ancien bâtiment destiné aux femmes et transféré une vingtaine de migrants à Cifalì, portant leur total restant à 78. Pourtant, ce qui fait que les comptes ne tournent pas rond, c’est que 36 migrants ont réussi à s’évader du Hotspot de Pozzallo grâce à son incendie. Si 7 ont été repris, les autres courent toujours…

[synthèse de la presse italienne, 20 juillet 2021]

Gênes (Italie) : Deux antennes-relais sabotées par le feu

reçu par mail / dimanche 18 juillet 2021

« Avez vous mangé quelque chose qui n’a pas passé ? » demanda Bernard.
Le Sauvage fit un signe de tête affirmatif. « J’ai mangé la civilisation. »
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes

L’oppression: un mal endémique de notre existence

Une brève histoire

L’oppression étatique ou para-étatique remonte à plusieurs milliers d’années et elle est passée par des étapes bien précises, qui commencent avec la naissance des premières villes, devenues par la suite des cités-États, des royaumes, des empires.
Ceux qui choisissaient de vivre en dehors de ces « organisations » pouvaient vivre comme ils le voulaient.

Le premier gouvernement moderne naît avec la Révolution française, il est centralisé, homologuant, il efface les us, les coutumes et les habitudes, remplacés par les directives du parlement.
Les révoltes et les résistances contre ce changement ont été farouches et ont été réprimées de manière également farouche.

Ensuite, la révolution industrielle, la mère de toutes les révolutions, est arrivée.
Avec elle, ont été posées les bases du capitalisme, qui a évolué jusqu’à devenir celui d’aujourd’hui.
Contrairement aux États, le capitalisme ne connaît pas de frontières ; pareil pour les émeutes qui s’y sont opposées et qui ont touché l’Europe et les États-Unis pendant toute le XIXe siècle et une bonne partie du XXe.

A nos jours, la science, acteur fondamental aux côtés de l’État et du capital, entre en jeu.
L’avancée technologique est un autre instrument issu du capitalisme, elle crée du profit et elle ouvre des nouvelles voies au développement industriel.
Des calèches aux voitures, de l’agriculture rurale à celle mécanisée, des guerres combattues avec des arcs et des flèches à celles avec les drones.

Les scientifiques, hommes et femmes, sont toujours prêts à offrir leur soutien à l’autorité et à la répression, à affiner les instruments de la propagande, tels la radio, la télé, la presse, internet, ainsi qu’à fournir les États en armes destructrices et meurtrières.

Des entreprises comme Ansaldo Nucleare, Piaggio Aerospace, Leonardo, Iit et Eni sont les fleurons de l’État italien, en ce qui concerne le développement des secteurs des armements, de la technologie et de l’énergie.
Mais pour nous, anarchistes, elles sont la personnification du mal et, en tant que telles, elle doivent être détruites, à cause des abominations dont elles se rendent coupables.
Chacune de ces entreprises est synonyme de guerres, de dévastations, de pillages.

L’Iit, comme le MIT de Boston, travaille pour créer des robots bipèdes ou quadrupèdes, très sophistiqués, utilisables aussi à des fins répressifs, comme cela arrive déjà aux États-Unis.

Le 24 décembre 2018, la Iit a été attaquée par la F.A.I./F.R.I Groupe d’action immédiate.
Nous relayons un passage de leur revendication :
« On y développe [à l’Iit] des études en neuroscience, « brain technologies » et des recherches génétiques pour la manipulation du vivant. Actif aussi dans le secteur des nanotechnologies, l’Iit mène des recherches sur les nanomatériaux et leur utilisation, ainsi que sur le développement de matériaux pour convertir et stocker l’énergie, dont l’actuel système de production a besoin dans des quantités énormes, pour maintenir la vitesse de la folle course en avant du progrès. […] Au service du capital et de l’État policier qui veille à sa protection, l’Iit est engagé dans la réalisation de systèmes de « computer vision » pour des systèmes utilisables dans l’identification et le contrôle social. »

C’est-à-dire que l’Iit essaye de montrer toujours son visage bien propret, en parlant de robots qui aident les personnes âgées, de recherche contre le cancer ou de bracelets « smarts », appelés iFeel-You, pour déterminer la distance de sécurité entre les gens, en temps de pandémie ; des projets, ces derniers, à combattre quand-même, mais on connaît la vraie nature de ce monstre et les compas qui, le 24 décembre 2018, sont allés toquer à sa porte, avaient déjà clarifié bien de choses.

Leonardo et Piaggio Aerospace produisent « simplement » des armes de guerre qu’ils vendent au reste du monde :
des munitions, des missiles, des torpilles, de l’artillerie, des systèmes de visée, des avions cargo militaires, des avions de chasse F-35, des drones ; ils construisent et testent des moteurs d’avions, ils en construisent des parties, ils développent des technologies spatiales… mais on va s’arrêter ici.
Il y a quelques mois, Leonardo a signé un accord de collaboration avec l’Iit.

Eni, aux côtés de Shell et Chevron, juste pour faire quelques noms, saccage et pollue un peu partout à travers la planète et elle provoque des guerres civiles et de la pauvreté dans les territoires où elle extrait du pétrole.

Ansaldo Nucleare, comme toutes les entreprises nommées ci-dessus, n’a pas besoin d’être présentée : son nom dit déjà beaucoup de choses. Ils construisent des centrales nucléaires et fournissent leurs conseils pour tout ce qui concerne le secteur de l’énergie nucléaire.

Hiroshima et Nagasaki, les tests des armes nucléaires commencés en 1945 aux États-Unis (dans l’océan Pacifique et au Nevada), puis ceux de l’Union Soviétique de l’époque (au Kazakhstan et en Ukraine), de la France (à Moruroa) et après encore Tchernobyl et Fukushima.
Il est évident que ces expériences atroces, comme tant d’autres que nous n’avons pas énumérées, n’ont rien appris aux scientifiques du nucléaire.
Heureusement, de tempe en temps une petite vague de l’océan de souffrance qu’ils provoquent leur revient en arrière : nous ne pouvons pas éviter de rappeler l’acte courageux de deux de nos frères, Alfredo et Nicola, qu’en mai 2012 ont tiré dans la jambe du directeur général de l’époque d’Ansaldo Nucleare, à Gênes.
Un vrai bonheur !

Mais, malgré ça, les guerres, la bombe atomique, la dévastation et la pollution de la Terre planent comme un perpétuel holocauste à venir. La propagande d’État, continuelle et massive, a réussi a faire passer comme bonnes, neutres et nécessaires les prestations de ces usines de la mort.

Le résultat de cette brève analyse historique est qu’aujourd’hui nous vivons dans une société lointaine d’être idyllique, au contraire pour certaines personnes ils s’agit d’un vrai enfer et les responsables de cette situation ont des noms et des prénoms.

Pour ce qui est du futur, eh bien, il ne n’agit certainement pas d’un avenir prometteur, ses prémisses ont été écrites il y a des millénaires et elles suivent leur cours naturel, qui traverse aussi notre époque.
C’est à nous de nous insérer avec force dans le temps et dans l’espace et d’interrompre, même si seulement pendant un court moment, ce flux continuel de faits tyranniques.
Nous en avons les moyens, les idées et la force, donc allons-y !!!

Un Moyen Âge smart

Un général anglais occupé à coloniser d’autres pays assurait qu’un chantier ou une route ont la même valeur d’une garnison.
En Occident, dans ce nouveau millénaire, on assiste a une colonisation de type nouveau, celle de la technologie et de l’industrie, qui doit occuper tout endroit, poussant ses tentacules partout.
Cette pieuvre, en partant des villes, déplie ses appendices jusqu’au cimes les plus hautes.
Elle ne change pas d’avis, même face à des signes préoccupants comme le changement climatique, des épidémies et la pollution, au contraire : en avant toute ! avec le vent en poupe et la confiance dans la science et dans ce tant vanté progrès.

Ce progrès qui nous fait filer à travers les villes avec des voitures et des motos électriques, qui nous enivre avec de plus en plus de dispositifs « de nouvelle génération », qui remplit le ciel avec des drones et des satellites, qui veut nous faire participer à des révolutions « vertes », en nous conseillant d’installer chez nous des panneaux solaires, des éoliennes et des pylônes dans le jardin, des antennes 5G sur le toit.
Certaines de ces inventions ne pourraient pas exister s’il n’y avait pas des matières comme le cobalt, le lithium ou le silice.
Ces éléments sont le cœur et la batterie de tout dispositif électronique et ils sont fondamentaux pour la production de panneaux solaires.

De millier de femmes, d’hommes et d’enfants, de la République Démocratique du Congo à la Bolivie, à l’Argentine et au Chili, sont exploités pour moins de deux dollars par jour dans des mines, pour extraire ce minerai.
Apple, Microsoft, Samsung, Sony, Tesla, BMW, FCA [l’ancien nom de Fiat Chrysler Automobiles, devenue Stellantys après sa fusion avec le groupe PSA ; NdAtt.] sont parmi les sociétés qui s’enrichissent, en collaboration avec leurs gouvernements, en faisant de la propagande, comme un mantra, pour la technologie « verte », qu’ils présentent comme « la dernière chance pour sauver la planète, avant la catastrophe » (dont ils sont s responsables), mais aux dépenses de nombreuses personnes carrément réduites en esclavage.
Sans parler des « grands projets » : des voies rapides et des nouvelles lignes ferroviaires qui percent des montagnes, des ports qui s’élargissent en déversant des tonnes de béton dans la mer, afin de permettre l’amarrage de navires de croisière ou d’énormes vaisseau cargo, des antennes-relais qui défigurent des panoramas et détruisent des écosystèmes et puis des centres commerciaux, des aéroports, des usines, des centrales nucléaires.

Dans ce texte vous ne trouverez pas des réclamations syndicales ou des propositions de boycott d’une marque ou d’une autre, nous ne cherchons pas des clins d’œil de la part de politiciens bien-pensants ni des rencontres avec le Pape. Nous avons déjà parlé, par les faits ; nous nous limitons ici à souligner ces « folies normales » de notre époque, qui servent à alimenter en continu cette société capitaliste boulimique.

Il faut dire que parfois ces projets sont contestés par les populations qui les subissent, mais une fois que le système a gagné le peu de résistance de la part d’une partie de celles-ci (qui, même quand elles se rendent compte du problème, l’acceptent comme moindre mal ou comme prix à payer pour une existence confortable et irresponsable), se faisant fort d’une majorité qui exige plus de confort, plus de « bien-être », il avance presque sans accroc.

Que l’on pense au fait que, avec l’excuse de l’épidémie de Covid-19, les gouvernements ont instauré des vrais États policiers, nous enfermant chez nous avec des vraies arrestations domiciliaires. Peut-être que certaines personne ont refoulé tout cela, pour défendre leur psyché, mais d’autres en portent les cicatrices : que l’on pense à l’augmentation exponentielle de violences domestiques et d’internements contrains en HP – d’autre personnes encore ne sont plus là, tuées en prison ou à la maison par leurs bourreaux.
Et n’oublions pas le déploiement de forces mis en place par l’État italien contre « ses citoyens », pour réprimer des formes de liberté inaliénables, effacées de facto pendant le confinement :
des centaines de barrages routiers, des milliers d’amendes, des hélicoptères, des drones, des hors-bord, la surveillance massive via les GPS des téléphones portables, l’armée, la police, les Carabinieri, les douanes, les polices locales, la protection civile et, pour couronner le tout, la délation des citoyens-shérifs.
Si on y ajoute la propagande asphyxiante de la part de politiciens et journalistes, qui remplissent la télé et les réseaux sociaux, on voit qu’ils ont instillé dans les esprits des gens qui les suivent la peur de la contamination et des paranoïas sociales.
Cet assaut aux médias prédominants a donné un coup de plus a une société déjà prosternée devant les désirs matériaux les plus vils et qui n’a plus rien à demander – à part le mot de passe du Wifi ; en effet, la réponse à tout cela, excepté quelques poches de résistance, c’était des applaudissements et des chansons depuis les balcons.

Bref, la « cage dorée » où la plus grande partie des peuples occidentaux se trouve enfermée est fortement voulue, préconisée et invoquée.
Face à tout cela, les exploités et les exclus luttent pour se tailler une place meilleure, une position de privilège, coûte que coûte.
Tous ceux qui désirent, s’approprient le slogan de l’« american way of life ».
C’est pour cette raison que nous restons à l’écart de toute lutte revendicative, nous n’avons pas d’espoir qu’elle se transforme en quelque chose d’autre.
Nous trouvons plus intéressant de frapper ce qui rend confortable et moelleuse notre prison, même quand cela va à l’encontre de « notre bien », quand il va à l’encontre de ce Moyen Âge étincelant.

La « smart city »

Regarde le monde autour de toi ; que vois-tu ?
Un parc d’attraction sans fin, où tout est transformé en loisir.
Science, politique, éducation sont toutes des manèges de fête foraine.
C’est triste, mais les gens achètent les tickets et y montent.
Il s’agit des ainsi-dites « villes intelligentes », plus précisément « smart city », parsemées de capteurs, traversées par des flux, des réseaux, peuplées par des masses indifférenciées d’usagers connectés, qui tapent hystériquement sur leurs appareils, pour ne pas perdre le contact avec ce qu’ils croient être la réalité.

Les politiciens, les bureaucrates et, surtout, les scientifiques veulent faire passer le concept de smart city comme synonyme d’évolution humaine, quelque chose qui facilite tout mouvement et toute pensée imperceptiblement ébauché par l’individu.
De la voirie aux infrastructures, les nouvelles technologies exploitent la ville selon leur logique : efficacité et profit.
Ce qui en ressort est une société aliénée, frénétique, où le fossé entre riches et pauvres est toujours plus profond et où la surveillance de l’individu est partout.
Dans la logique de la smart city, l’individu est perçu comme un objet ordinaire, à échanger, de la simple marchandise, exactement comme un paquet de biscuits, non pas un être humain conscient, avec sa sensibilité et sa capacité critique, mais un simple « code-barres », programmé pour produire et consommer. Depuis longtemps, la science étudie la manière de ne plus laisser mourir ce type d’individu.
Dans ce cas aussi, une grande partie de l’Occident a accepté et a cru dans ces rêves bidons, qui se sont avérés être des « chaînes », et elle n’arrive plus à s’en passer ; le smartphone en est l’exemple le plus flagrant.

Le smartphone est désormais une extension de nos corps – un vrai exemple de transhumanisme – et, avec ses attractions de fête foraine, il nous jette dans un état de somnambulisme et il nous transforme en promoteurs de cette paix sociale qui satisfait tellement les gouvernements occidentaux.
Moitié des habitants de la planète meurt dans des guerres génocidaires, de faim et de différentes maladies, mais l’autre moitié avance sans s’en apercevoir vers sa mort cérébrale – « le prisonnier qui cire ses chaînes » : la métaphore parfaite d’une société viciées et psychologiquement dissociée.

La smart city est le produit de la pensée scientiste, égoïste et égotiste qui prévaut dans cette partie de la planète, l’humilité est rare et on ne veut pas comprendre que nous sommes le fruit d’un accident de la nature, on pense au contraire d’être au centre de l’univers ou même d’être une quelque forme de divinité.
On poursuit depuis toujours, de manière bornée, l’idéologie du « progrès » et l’on continue à vivre dans une société-prison soft, façonnée par des générations de « détenus » qui nous ont précédés ; cependant, d’une façon ou d’une autre, à notre manière, parfois nous nous évadons de cette prison soft et alors nous pouvons dire « aujourd’hui nous avons vécu ! ».

Attaque !

En tant qu’anarchistes, nous somme en conflit avec l’existant, dans une critique de ce qui nous entoure et une autocritique continuelles, sans jamais perdre de vue le binôme fondamental de la tension anarchiste :
théorie et action.
Dans une époque où nos concepts et nos pratiques sont lointains des « masses populaires », nous n’attendons pas des « grands soirs », nous attaquons ici et maintenant, informellement et sans calculs politiciens.

Nos ennemis de toujours, les femmes et les hommes de l’autorité, affinent de plus en plus leur arsenal fait de fer, de silice et de plastique, mais cela ne doit pas nous démoraliser.
Les moyens pour porter des coups à notre ennemi son nombreux, nous avons choisi l’action violente révolutionnaire !

Nous épousons la philosophie de la propagande par le fait et nous la pratiquerons jusqu’à quand nous pourrons marcher sur les ruines de cette société de plastique. Que les actions directs servent de boussole pour toutes celles et tous ceux qui ont le cœur ardent et qui ont envie de laisser flamber leurs flammes de rage et de vengeance contre ce qui les opprime.
Tout le monde peut le faire, il suffit de le vouloir.

Nous l’avons fait dans la nuit du 18 juillet, en sabotant par le feu deux antennes-relais.

Nous ne courons pas après des dates, nous agissons selon notre propre rythme, mais le hasard a fait qu’en cette période tombe le vingtième anniversaire du G8 de Gênes et de la mort tragique de Carlo Giuliani.
Pendant ces 20 ans, des politiciens, des petits chefs et des politicards du « milieu », des prêtres et même la famille de Carlo, tout le monde a craché sur les éventements de ces jours-là – certains vomissant leurs anxiétés réformistes lointaines de toute vérités, d’autres vomissant des vraies diffamations sur de Carlo.
Nous pouvons nous tromper, mais il est probable que les mêmes analyses de cette époque-là seront présentées à nouveau, les prochains jours.

Au contraire, nous voulons nous souvenir de lui en lui restituant la dignité qu’il mérite, sans hypocrisies, loin de toute idolâtrie.
Carlo, en participant de manière active aux émeutes de ces jours-là, plus précisément en Piazza Alimonda, en portant une cagoule, essayait de projeter un extincteur dans un 4×4 des Carabinieri, mais un sale larbin de l’État l’a assassiné d’un coup dans la tête.

Les flammes que nous avons libéré la nuit dernière, pour incendier ces deux appendices de la domination, nous voulons les dédier à Carlo et à tous les rebelles et les révolutionnaires qui sont morts, à travers le monde, en luttant pour la liberté, l’égalité et la justice sociale.
Voilà quelques-uns des principes qui font partie de ce que nous appelons, philosophiquement et (avec nos moyens) pratiquement, Guerre Sociale.

Solidarité internationale avec toutes et tous les prisonniers anarchistes !
Solidarité avec nos frères et nos sœurs en grève de la faim !
Solidarité avec les compagnons et les compagnonnes soumis à la surveillance spéciale !
Nous envoyons une accolade et un sourire complice à ceux qui sont en cavale !
Pour les compagnons et les compagnonnes qui nous ont quittés avant l’heure :
vos noms luisent dans les flammes par lesquelles nous attaquons !
Pour l’Internationale noire !

Anarchistes pour la destruction de l’existant

Italie – op. Bialystok : Claudio sort de prison

Il Rovescio / vendredi 16 juillet 2021

Le 12 juillet il y a eu les réponses aux requêtes de la défense à la Cour d’assises, dans le cadre du procès Bialystok :

Claudio sort de prison ; il est libre mais il doit pointer trois fois par semaine chez les flics.
– Nico a obtenu le déplacement de son obligation de domicile, dans la ville de Rome.

Allez !

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Prison de Terni (Italie) : Quelques nouvelles de la situation d’Alfredo

Malacoda / mardi 13 juillet 2021

Fin juin, nous avons appris qu’Alfredo avait été transféré à la prison de Terni, où il y a une section pour prisonniers révolutionnaires. Par contre, il est maintenu aujourd’hui encore dans la sections pour les « nouveaux arrivants », même si la période d’isolement imposée par le règlement sur la pandémie de Covid-19 est déjà terminée depuis plusieurs jours.

Nous ne savons pas pourquoi Alfredo est encore en isolement, nous ne connaissons pas les plans de l’Administration pénitentiaire et ils ne nous intéressent pas. Ce que nous savons, c’est que les provocations et les prétextes des matons ne pourront pas effacer les faits : l’existence, au cours des années, d’un anarchisme d’action ne peut pas être effacée par des condamnations judiciaires ou par les prétextes des matons.

L’histoire d’Alfredo, les pratiques dont il est accusé, voilà la contamination qu’ils craignent. Mais cette histoire, ces pratiques ne peuvent pas être placées à l’isolement, aucune cage ne les contiendra ; elles sont le patrimoine du mouvement révolutionnaire.

Au cours des prochains jours, si cette situation continue, nous verrons quelles formes de solidarité publique mettre en oeuvre.

On rappelle l’adresse pour lui écrire :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Quelques compagnons d’Alfredo

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Italie : Haut la tête !

Merci aux compagnonnes et aux compagnons pour cette invitation, nous regrettons de ne pas avoir pu venir plus nombreux. Une présence si réduite de notre part s’explique par les restrictions liées aux lois répressives adoptées par les différents gouvernements, avec le prétexte de la pandémie. On aimerait bien revenir, pour des nouvelles discussions, dès que ça sera possible.

Dans les pages de Vetriolo nous avons défini l’ambiance répressive que l’on vit, en Italie et plus en général dans tout l’Occident démocratique, comme un « tournant autoritaire de type nouveau ». Essayons de mieux nous expliquer, par rapport au sens d’une telle définition.

Une des raisons qui nous ont poussés à chercher une définition spécifique pour l’atmosphère répressive de cette époque historique est notre insatisfaction face aux catégories classiques de l’antifascisme. Certains d’entre nous ne penses pas qu’aujourd’hui existe un danger fasciste. Bien entendu, il y a des nombreux fascistes et ils sont aussi très dangereux, mais certains des compagnons de la rédaction ne pensant pas qu’il existe un danger historique, politique, d’établissement de régimes fascistes en Occident. En effet, nous pensons que le fascisme a été une réponse de l’État face au danger révolutionnaire. Étant donné que, aujourd’hui, il n’y a malheureusement pas le danger d’une révolution sociale, nous ne pensons pas que l’État libéral va se transformer en État fasciste.

Tous les compagnons de la rédaction ne sont pas d’accord avec cette déduction. Par contre, nous sommes tous convaincus de l’inadéquation des catégories classiques par lesquelles le fascisme a été affronté, au cours du siècle dernier. Par exemple, la réponse traditionnelle au fascisme a été incarnée par l’ainsi-dit « frontisme ». Ici en Espagne, vous avez connu le cas classique de « frontisme » : le Front populaire. Le Front populaire est une large alliance de toutes ces forces qui, pour des raisons différentes et souvent radicalement divergentes, s’opposaient à l’avancée des forces de Franco. Il s’agit donc d’une alliance qui voyait ensemble des forces autoritaires et des individualités anti-autoritaires, des forces bourgeoises et des forces prolétariennes. On peur voir les horreurs historiques du Front populaire lorsque des anarchistes deviennent même ministres, dans le gouvernement républicain. Le fait que la révolution sociale n’a pas été vaincue par Franco, mais, avant lui, par les forces du Front populaire est un fait historique : le désarmement des milices, la restitution aux anciens propriétaires ou la nationalisation des entreprises autogérées de Catalogne, le refus de donner leur indépendance aux colonies au Maroc, l’assassinat de nombreux anarchistes de la part des communistes, etc. Des choix, ceux du Front, qui, en plus d’être éthiquement ignobles, ont par ailleurs été contre-productifs même pour la lutte armée contre le fascisme. En Italie, on a connu un exemple encor plus mauvais de frontisme, avec le CLN – le Comitato di Liberazione Nazionale [Comité de Libération National, comprenant tous les partis (à l’exception bien entendu du Parti fasciste républicain), qui a dirigé la Résistance ; NdAtt.]. Le CLN a été une alliance tellement large qu’il a garde ensemble des communistes, des socialistes, des membres de la Démocratie Chrétienne et même des monarchiste. Tous unis, avec l’objectif d’évincer les fascistes et les occupants allemands. Un front tellement élargi qu’il a choisi un ex-dignitaire fasciste, Pietro Badoglio, comme Président du conseil des ministres pour les territoires « libérés ».

Puisque nous pensons que l’antifascisme porte avec soi, dans son ADN, le germe du frontisme, nous préférons ne pas parler de nouveau danger fasciste, pour la période historique que nous sommes en trains de vivre, mais de tournant autoritaire de type nouveau. Cela signifie que aussi la réponse des anarchistes, la seule réponse révolutionnaire possible aujourd’hui, se doit d’être une réponse anti-autoritaire de type nouveau.

Cette hypothèse que nous avançons ne se fonde pas seulement sur les éventements du passé, mais elle trouve une confirmation aussi dans des dynamiques actuelles. Pendant les dix dernières années, nous avons assisté à une lutte pour le pouvoir, partout dans le monde, entre des forces nationalistes, les ainsi-dits souverainistes de la nouvelle droite de Trump, Salvini, Bolsonaro, Orban, etc., et les forces libéristes, les forces de la globalisation, incarnées par les élites européistes, la BCE, le Parti Démocrate aux États-Unis. Ces deux forces qui s’affrontent pour le pouvoir sont toutes les deux nos ennemies. Ces deux factions de la bourgeoisie mondiale sont toutes les deux porteuses du tournant autoritaire de type nouveau. Le fait de nous focaliser seulement sur la lutte contre les droites risquerait de nous transformer en alliés objectifs des libéristes, de l’Union Européenne, des multinationales, de la gauche américaine. On l’a vu justement aux États-Unis, où les luttes antifascistes et antisexistes ont été récupérées, au final, pour amener à la victoire Binden. Un nouveau président qui menace d’être beaucoup plus agressif que Trump en ce qui concerne la politique étrangère (il est déjà en train de menacer la Russie, la Chine et l’Iran).

Les gouvernements changent, mais les politiques restent toujours les mêmes. Le tournant autoritaire de type nouveau a subi une accélération incroyable lors de cette dernière année de pandémie. Tous les gouvernements, de tous les couleurs, ont émané des lois qui sont liberticides en ce qui concerne le temps libre des individus et, en même temps, extrêmement permissives par rapport à la production industrielle. Les contrôle social est passé par les nouvelles technologies, par le amendes, le terrorisme médiatique et l’obéissance de masse. On peut sortir de chez soi seulement pour aller se faire exploiter.

La situation en Italie est particulièrement dure. Pour ce qui concerne la répression de masse, nous avons eu le confinement le plus dur de tout l’Occident. Pendant que 60 millions d’individus étaient littéralement enfermés aux arrestations domiciliaires pour environs 10 semaines, Confindustria [le Medef italien ; NdAtt.] faisait du lobbying afin que leurs usines restent ouvertes, en faisant flamber le nombre des contaminations et en faisant donc rallonger les mesures restrictives pour le reste de la population.

Les lois de répression collective de cette dernière année se sont ajoutées à une législation contre-révolutionnaire déjà très sévère. Les lois spéciales rédigées entre la fin des 70 et le début des 80 du siècle dernier, pour contrer la diffusion de la lutte armée, n’ont jamais été abolies : au contraire, elles ont été progressivement endurcies, au fil de ces derniers trente ans.

Aujourd’hui, des nombreux anarchistes sont soumis à la Surveillance spéciale, une disposition de police qui ne passe même pas vraiment par un tribunal et qui empêche au compagnon qui en est frappé de faire toute activité politique, de participer à des manifestations, de rencontrer des repris de justice, de sortir le soir ou de changer de ville sans en informer à l’avance la police. Si l’on enfreint ces mesures, on risque la prison ou de se faire rallonger la durée de la Surveillance spéciale.

Ces dernières années, des dizaines d’anarchistes ont été arrêtés grâce à l’article 270bis du Code pénal. Un article qui frappe les « associations subversives », donc le simple fait de s’associer, indépendamment du délit précis dont on est accusé. La peine pour le 270bis arrive jusqu’à 15 ans de prison, dans des régimes de détention spéciaux (normalement les prisonniers à caractère politique sont enfermés dans les sections AS2, mais à ce jour il y a encore en Italie trois prisonniers communistes [Nadia Lioce, Marco Mezzasalma et Roberto Morandi, des Brigate Rosse per la Costruzione del Partito Comunista Combattente, les ainsi-dites « nouvelles Brigades rouges » ; NdAtt.] enfermés dans le régime 41bis, la prison dure pour la mafia). L’article 270bis a donc été utilisé, au cours des années, pour frapper non seulement les personnes qui étaient accusées d’avoir effectué des actions directes, mais aussi pour frapper les rédactions de journaux anarchistes, certains blogs, tous les compagnons qui relayaient des revendications d’actions, qui déclaraient leur proximité avec les contenus ou avec les pratiques qui y étaient exprimées, qui organisaient des moments de solidarité ou qui récoltaient de l’argent pour les procès.

Nous voulons raconter tout cela sans aucun victimisme. L’État frappe, souvent au hasard, parce qu’il est attaqué. S’il y a eu une force qui, en ce nouveau siècle, a attaqué le pouvoir, spécialement en Europe et en Amérique Latine, c’est l’anarchisme. Deux compagnons, Anna Beniamino et Alfredo Cospito, ont récemment été condamnés à 16 ans et 6 mois de prison l’une et à 20 ans l’autre, lors d’un maxi-procès qui, au fond, voulait juger toute l’histoire de la Federazione Anarchica Informale. L’histoire de l’insurgence de ces derniers 20 ans est réduite par le pouvoir à l’histoire des vicissitudes criminelles de quelques compagnons. Une histoire qu’ils espèrent pouvoir enterrer en enterrant ces compagnons sous des années de taule.

Mais on ne va pas se plaindre. L’État devient de plus en plus autoritaire, au fur et à mesure que le contrôle social du capitalisme entre de plus en plus en crise. De ce point de vue, il nous semble que l’actuelle pandémie mondiale ne représente pas une nouveauté qualitative, mais un élément d’accélération d’un processus déjà en cours depuis longtemps.

Nous tenons donc à souligner que ce tournant autoritaire de type nouveau, qui frappe les anarchistes et qui frappe désormais toute la société, en général, est en train d’avancer, sans que – en Italie et dans le monde entier – il y ait une modification effective de la forme politique démocratique des États, pour l’instant. Les constitutions n’ont pas été suspendues, les parlements n’ont pas été fermés, les syndicats n’ont pas été dissous. Il s’agit là d’une nouveauté caractéristique du nouveau régime autoritaire du XXIe siècle. Contrairement à il y a 100 ans, le tournant autoritaire d’aujourd’hui a lieu sans coups d’État ni « révolutions fascistes ». Il arrive dans le contexte de la formalité démocratique, voire, en Italie, dans le contexte d’une république parlementaire caractérisée par des gouvernements qui sont généralement faibles et de courte durée. Bref, aujourd’hui l’État est tellement raffiné qu’il est parfaitement en mesure de mettre en œuvre une suspension effective des « libertés » de ses sujets sans porter le moins du monde atteinte à sa structure formelle démocratique, voire en conservant ses crises et ses mésaventures ministérielles.

Nous devons donc éviter de tomber dans le piège d’une dynamique défensive, d’une simple résistance. Il n’y a pas besoin de résister à l’avancée d’un régime dictatorial, il n’y a pas besoin de faire front commun avec les démocrates, les libéraux, la gauche. Il y a plutôt besoin de déclarer la faillite d’une organisation sociale qui se fonde sur l’autorité de l’État et sur la propriété du capital. Nous devons passer à l’attaque, contre une société pourrie, une société qui est désormais gardée en vie en « réanimation ». Couper les tubes de sa perfusion, débrancher la prise. Et recommencer à respirer.

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Gênes (Italie) : Incendie au Pôle technologique Erzelli

Round Robin / mercredi 30 juin 2021

Dans notre époque, le triomphe de la science, de la technologie et de la technique est incessant. Cela ne signifie pas qu’on serait dans un monde de science-fiction ou visionnaire, mais que, dans la dure réalité, la science, après avoir fidèlement servi la politique (l’État) et l’économie (le capital) est maintenant devenue le moteur du nouveau cadre productif et économique.
Jusqu’à la moitié du XX siècle, elle fournissait à l’État les moyens pour la propagande (télé, radio, presse) et ceux pour la répression (des armes), dans le cadre de son monopole historique de la violence, et elle fournissait aussi des moyens de production industrielle qui ont réduit la main-d’œuvre. Depuis le milieu du siècle dernier, le pouvoir de la science n’a cessé de s’accroître, jusqu’à envahir chaque aspect de notre vie et, par les bio- et nanotechnologies, la vie elle-même.

Il semblerait que le monopole de la vérité ait rendu la science omnipuissante, comme cela a été le cas pour l’État avec son monopole historique de la violence.
Par la passé, la Science, l’Église et l’État se sont affrontés pour se disputer le pouvoir ou pour le partage des pouvoirs. A l’heure actuelle, ce sont la science et la technologie qui déterminent et influencent les choix politiques de l’État et les stratégies économiques, sociales et répressives : elles ne sont donc pas neutres.
Le capitalisme finance des armées de techniciens qui se consacrent à la recherche et à la création de nouveaux produits et « ressources » qui peuvent être gérés seulement par des spécialistes, en plus de produits qui, une fois qu’ils sont mis à disposition des masses, façonnent le monde qui nous entoure, en devenant « indispensables » et parfois indestructibles, comme le nucléaire.
Ce processus est rapide comme la croissance de la technique et il a restreint la liberté individuelle. Des algorithmes décident les rythmes de production, des grand serveurs collectent des données, la géolocalisation, les applications nous réduisent à des sujets/objets de consommation. La restriction de la liberté qui a été mise en place par le passé par l’État et le capital a provoqué une résistance farouche de la part des exploités, mais cela ne se produit pas avec la science. Dans l’imaginaire collectif, celle-ci reste neutre et, surtout en Occident, ses produits ont augmenté le confort et la prospérité de la plupart de la population. Face à cette prospérité, le manque de liberté, l’exploitation des ressources, la réduction en esclavage de populations entières, des secteurs de la planète rendus invivables, les migrations provoquées par les guerres et le changement climatique n’intéressent personne.
Managers, chercheurs, technocrates et médias diffusent à l’unisson le message qu’« il ne faut pas avoir peur des technologies », de l’intelligence artificielle et de tout ce qui est lié à des innovations et des automations qui, en tout cas, seront imposées.
Ne nous laissons pas distraire par le faux débat sur l’utilisation des instruments de la vie quotidienne ou par les divisions rhétoriques entre des technologies « bonnes » ou « mauvaises ».
Avec le « Plan national de relance et de résilience » [plan du gouvernement italien d’un montant de quelques 222 milliards d’euros, faisant partie du plan européen Next Generation EU, pour préparer le « post-épidemie », dans le sens d’un développement numérique et prétendument « vert » du pays ; NdAtt.] c’est une restructuration économique qui sera mise en place, pour le bien du capital, des entreprises, des start-up de la technologie et des géants de la high-tech. Les capitalistes et le secteur industriel accueillent à bras ouverts cette injection de liquidité, sous forme d’investissements publics et privés.
Le Recovery Fund [fond européen de soutien à l’économie, à la suite de la pandémie de Covid-19, NdAtt.] est une autre mine d’or. Parmi ceux qui vont bénéficier des investissements il y a les « pôles d’excellence » de la recherche techno-scientifique, les Universités et l’Institut IIT, dans le but d’élargir le parc technologique où sera bâti le centre hi-tech « Énergie et environnement », qui va recevoir environ 80 millions d’euros, comme premier investissement.
En avril 2021, le président du Conseil des ministres Mario Draghi a annoncé la création d’un énième Comité de techniciens et d’experts. Une « task force » qui, plus précisément, s’occupera du Recovery Fund, en dépassant et en accélérant les normes bureaucratiques et toute possible problématique quant à autorisations, interdictions et concessions. De cette façon, ils vont par exemple combler le « retard » par rapport au plan de numérisation et d’installation de la fibre optique sur tout le territoire italien.
Le 1er avril 2021 il y a eu l’accord financier pour Fibercop, la société qui lie les deux plus importants acteurs du réseau internet. TIM [le deuxième opérateur de téléphonie mobile en Italie, filiale de Telecom Italia ; NdAtt.] se chargera, en plus, de fournir les installations des « armoires » de fibre optique présents dans les rues, et la fibre optique sera développée jusqu’aux maisons par Flash Fiber (dont TIM possède le 80 % et Fastweb le 20%). Le Fond d’investissement KKR Infrastructure a participé, aux côtés de ces deux grandes entreprises du secteur numérique, avec le versement à TIM de 2 milliards d’euros (pour un patrimoine qui arrivera à 7,8 milliards).
Pour ce qui concerne les procédures de construction d’infrastructures qui seront accélérées, il y a des grandes œuvres de travaux publics, le dépôt de déchets nucléaires, et la voie sera ouverte à l’installation d’un nombre infini d’antennes : les champs électromagnétiques, les cancers, les radiations, la dévastation de l’environnement sont considérées comme des conséquences acceptables.
Un décret-loi ad hoc sur la « nouvelle gestion », efficace, du gouvernement Draghi, introduira l’ainsi-dit « modèle Gênesois », c’est-à-dire des dérogations aux réglementations sur les appels d’offre, ce qui permettra d’éviter les arrêts administratifs des chantiers à cause de quelque problème ou du manque d’autorisations : feu vert, donc, pour les hommes d’affaire du BTP, pour le clientélisme et la corruption.
A la lumière de tout cela, c’est justement à Gênes qui redémarre le chantier du viaduc autoroutier appelé « Gronda », malgré le fait que même les autorisations pour le chantier ou les permis pour les travaux manquent. Du coup, Autostrade per l’Italia (les spéculateurs qui sont responsables de l’effondrement du Ponte Morandi [grand viaduc autoroutier qui passait derrière Gênes ; il s’est effondré le 14 août 2018, causant 43 morts – 566 personnes ont été évacuées des immeubles situés en dessous ; Autostrade per l’Italia est la société par actions, contrôlée par l’État italien, qui gère le réseau autoroutier de la Péninsule ; NdAtt.]) continuera à enrichir ses managers assassins.
La gestion du Recovery Fund sera donc confiée à un Comité interministériel de techniciens, composé par l’ancien chef de Vodafone [le troisième opérateur de téléphonie mobile en Italie ; NdAtt.] Vittorio Colao (chargé de la « numérisation »), par Enrico Giovannini (infrastructures), Maria Cristina Messa (recherche) et Roberto Cingolani (transition écologique). Les ministres qui ont été chargé directement par la Commission européenne des flux d’argent les plus importants sont Cingolani et Colao, qui auront a leur disposition un budget plus important de n’importe quel autre ministère. La si renommée « transition écologique », sponsorisée par l’ancien directeur de l’IIT [Roberto Cingolani ; NdAtt.], remplira les poches et les comptes bancaires du « cercle d’amis » de l’investissement et du développement technologique-industriel.
La « transition écologique », au delà de cette définition si « verte », n’est pas du tout une opération pour la sauvegarde des pandas en voie d’extinction ou pour le reboisement de la forêt amazonienne, mais une opération politique et économique visant à stimuler, encore et toujours, le système industriel, non pas à l’éliminer ou à le remplacer, comme par magie.
Dans chaque transition économique, il y a toujours une classe au pouvoir qui s’enrichit ; dans le cas actuel, cela se produira par l’accumulation d’une grosse dette publique, que les exploités devront rembourser demain, avec des conséquences désastreuses, bien entendu pour les plus pauvres.
Tandis que des nombreuses personnes sont distraites par une presse qui parle de responsabilité, de sécurité, de masques, de vaccins, de règles de comportement et de sacrifices, il y en a qui continuent à s’enrichir.
Cette dernière année, la pandémie de Covid-19 a accéléré encore plus le processus de technicisation de la société. L’État a abdiqué son pouvoir politique, en secondant sur tout point le Comité technique-scientifique [crée avec le décret-loi du 5 février 2020, le Comitato Tecnico Scientifico a un rôle de consultant du gouvernement italien pour la gestion de la pandémie de Covid-19 ; NdAtt.], qui, sur la base de données et de nombres, a confiné chez eux des millions de personnes, qui pouvaient sortir seulement si elles participaient au processus productif. Production et consommation étaient assurées : voilà les seules libertés octroyées.
Il faudrait réfléchir au fait que les conditions d’exploitations dans lesquelles nous vivons, dans le Capitalisme, ont pu faire identifier une plus grande « liberté de mouvement » avec l’opportunité ou la nécessité d’aller travailler. Une mobilité octroyée, selon laquelle le virus n’est pas plus dangereux sur son lieu de travail que lors d’une balade dans la rue ou dans une forêt, mais il l’est bien plus lorsque l’on fait grève et l’on descend dans la rue pour protester ou pour manifester.
La tendance à la numérisation, à la technicisation et à l’efficacité continuera aussi après la fin de la pandémie. Celle-ci est un événement que l’État, la science et la technologie ont exploité de leur mieux. Face à cela, si les individus, les exploités ne veulent pas se retrouver à vivre, dans un futur pas si lointain, dans un monde où l’on sera écrasé dans une « liberté » liée à sa propre utilité productive, ils doivent combattre sans remords aussi cette nouvelle transformation de la société.

Pour ces raisons, dans la nuit du 19 juin 2021, nous avons détruit par le feu 5 armoires de serveurs de base de données et l’antenne-relais de la 5G du Pôle technologique Erzelli, à Gênes, ainsi que le pylône de la ligne haute tension de Terna, situé à côté.

Solidarité combative internationaliste avec les prisonniers de la guerre sociale ! Lutte permanente contre l’État et le Capital. Pour l’Anarchie !

Italie : L’anarchiste Alfredo Cospito transféré dans la prison de Terni

Malacoda / 1er juillet 2021

Le compagnon anarchiste Alfredo Cospito a été transféré de la section Haute Sécurité 2 de la prison de Ferrara à celle de la taule de Terni.

Voici sa nouvelle adresse :
Alfredo Cospito
C. C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Le compagnon est en taule depuis le 14 septembre 2012, suite à l’opération répressive qui a porté à son arrestation et à celle d’un autre compagnon, car ils ont été accusés d’avoir tiré sur Roberto Adinolfi, directeur général d’Ansaldo Nucleare, et de l’avoir blessé, le 7 mai de la même année, à Gênes. L’action, revendiquée par la Cellule Olga de la Federazione Anarchica Informale – Fronte Rivoluzionario Internazionale a été aussi revendiquée individuellement par les deux compangons, lors de leur procès, à Gênes. Le compagnon était enfermé dans la section AS2 de la prison de Ferrara depuis 2013.

On rappelle aussi qu’Alfredo, en plus de la condamnation à 9 ans et 5 mois pour l’action contre Adinolfi, a été condamné à 20 ans lors de la première et de la deuxième instance du procès Scripta Manent, qui a eu lieu à Turin à partir de 2017, suite aux arrestations du 6 septembre 2016. Une vingtaine de compagnons ont été inculpés pendant le procès, qui touchait à l’activité de la FAI (ensuite FAI-FRI) en Italie, avec des accusations pour des actions qui ont eu lieu entre 2005 et 2016, ainsi qu’à cause de publications anarchistes et de sites internet administrés par des compagnons. Avec la sentence en appel du 24 novembre 2020, trois compagnons ont été condamnés pour association subversive avec finalité de terrorisme et subversion de l’ordre démocratique, ainsi que pour « provocation aux crimes et délites ». Parmi ces trois compagnons, Anna Beniamino et Alfredo Cospito ont été condamnés pour des actions (des attaques explosives et des colis piégés) réalisées entre 2005 et 2007. De plus, dix autres compagnons ont reçu différentes condamnations, toujours pour « provocation aux crimes et délites ».
Aujourd’hui, en plus d’Alfredo, Anna aussi est enfermée (dans la prison de Messina), car condamnée à 16 ans et 6 mois.

Oublier les prisonniers de la guerre sociale signifie oublier cette guerre elle-même : solidarité révolutionnaire avec les anarchistes emprisonnés.

Des anarchistes solidaires
1er juillet 2021

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Italie : Aux côtés de Natascia !

Il Rovescio / mardi 29 juin 2021

Aux cotés de tous les détenus et les détenues de la prison de Santa Maria Capua Vetere !
Natascia, prisonnière anarchiste, a commencé une grève de la faim le 16 juin, pour s’opposer à son transfert à la prison de SMVC.

A partir de son arrestation, en mai 2019, elle a été transférée à maintes reprises, en plus d’avoir subi la censure du courrier et des nombreuses autres formes de pression interne à la prison. Il y a une claire volonté, de la part de ses juges et geôliers, de l’éloigner et de l’isoler de la solidarité de ceux qui la soutiennent depuis l’extérieur, ainsi que d’affaiblir sa détermination.
Ce dernier transfert est encore plus révélateur, parce qu’il a eu lieu presque en contemporaine avec le début du procès pour l’opération Prometeo, dans lequel Natascia est inculpée, avec deux autres compagnons : ils sont accusés de l’envoi de colis piégés au directeur de l’époque de l’Administration pénitentiaire et aux deux Procureurs Sparagna et Rinaldo.
En fait, ils veulent lui rendre impossible l’organisation de sa défense, étant donné que son avocat est à 1000 km de la prison et qu’ils ont le droit à 10 minutes de communication téléphonique par mois.

Depuis toujours, l’éloignement et l’isolement sont des instruments utilisés par les geôliers pour épuiser l’esprit de ceux qui, malgré l’enfermement, ne veulent pas se plier aux chantages carcéraux ni se soumettre à aucune forme de repentance.

L’éloignement de Natascia des lieux où elle vit a un caractère punitif évident, à cause des limitations que cela impose et aussi à cause du choix de la prison où elle a été envoyée.
A Santa Maria Capua Vetere, les conditions de détention ont toujours été très dures ; un exemple en est l’absence, depuis toujours, d’eau courante : la taule n’est pas raccordée au réseau de l’eau potable.
En avril de l’année dernière a eu lieu l’ainsi-dit « carnage de la Semaine sainte* » : le lendemain des protestations contre l’absence de mesures pour éviter de tomber malades de Covid, plus de 300 matons, cagoulés et équipés en anti-émeute, ont effectué une expédition punitive. Les détenus ont été sorti des cellules, déshabillés et sauvagement tabassés, jusqu’à leur provoquer des lésions graves, comme des traumatismes crâniens, des dents et des os cassés. Selon les dires de l’Administration pénitentiaire et du Commissaire aux prisons pour la région Campanie, les but de cette action était de donner une leçon à ceux qui avaient osé se révolter. Après plus d’un an, à cause de cela 52 matons sont en prison, aux arrestations domiciliaires ou soumis à d’autres mesures.

Contre l’isolement et l’éloignement des prisonniers et des prisonnières !
Contre les prisons spéciales et les régimes de détention différenciés !

Rassemblement solidaire
dimanche 4 juillet, à 14h00
prison de Santa Maria Capua Vetere

* Note d’Attaque : le 5 avril 2020 il y a eu une révolte, rapidement rentrée, dans la prison de Santa Maria Capua Vetere. Entre le 15 et le 16 avril, peu avant Pâques, 300 matons supplémentaires, dont les GOM (les ERIS italiens), arrivent dans la taule pour une « perquisition extraordinaire » et commencent à tabasser systématiquement et à torturer tous prisonniers. L’un d’eux meurt quelques jours plus tard, dans une cellule du mitard.

Pour lui écrire :
Natascia Savio
C.C. “F. Uccella”
S.S. Appia 7 bis, km 6,500
81055 – Santa Maria Capua Vetere (Italie)
(elle parle aussi français)